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22.6.21

Carry On


TW (à surligner si vous souhaitez) : violence physique et morale / sang (blessures, meurtres) / homophobie / traumatisme


❝ Simon Snow déteste cette rentrée. Sa petite amie rompt avec lui ; son professeur préféré l'évite ; et Baz, son insupportable colocataire et ennemi juré, a disparu. Qu'il se trouve à l'école de magie de Watford ne change pas grand-chose. Simon n'a rien, mais vraiment rien de l'Élu. Et pourtant, il faut avancer, car la vie continue… ❞


Depuis que j’ai lu Fangirl (ça remonte à quelques années déjà), j’avais très envie de lire ce roman mettant en scène les personnages de Simon Snow, l’Élu du Monde Magique, et de son ennemi mortel, le vampire Baz. A la base de simples personnages de fiction dans une fiction (vous me suivez toujours ?), il était temps pour eux d’être au centre d’une saga. 

Je remercie d’ailleurs Marine, du blog L’antre littéraire de Marine, de l’avoir choisi dans le cadre du Challenge Livra'deux pour Pal'Addict. Malheureusement, malgré son côté addictif et divertissant, je ne ressors pas aussi enthousiaste. C’est un bon roman, mais il cumule trop de choses plus ou moins négatives pour que je puisse pleinement l’apprécier.

Le roman est déjà particulier dans son introduction : nous n’allons pas suivre Simon lors de ses débuts à l’école de magie… mais plutôt lors de sa dernière année ! De ce fait, il faut rapidement suivre pour raccrocher tous les éléments entre eux, notamment la relation entre les personnages principaux, leurs rapports avec la Magie, la situation chaotique avec le Humdrum, les complots contre le Mage (tuteur de Simon accessoirement). L’univers créé par l’autrice est sympathique, et bien qu’on pense forcément à Harry Potter sur beaucoup d’aspects ça reste maîtrisé, drôle, inventif mais aussi impitoyable. Oui, la magie n’a pas que de bons côtés, et certaines histoires sont tragiques.

Seulement voilà, avec un univers en béton, difficile de ne pas s’y perdre… Et pour le coup, des intrigues secondaires pourtant intéressantes se retrouvent sans conclusion, ou sont bâclées à la vitesse de la lumière pour retourner au fil rouge (l’inconvénient majeur de commencer sur la dernière année de scolarité). C’est assez dommage : Nicodemus, Lucy, Fiona, Ebb ; des personnages aux destins particuliers, avec leur importance, mais qui ne servent qu’à réciter LA phrase faisant avancer la quête de Simon et Baz. Ni plus ni moins.

Autre soucis que j’ai eu avec ce roman : l'attitude et le traitement autour de deux personnages principaux, à savoir Simon et Agatha. J’isole Penny et Baz qui sont vraiment attachants, avec une personnalité aboutie, et dont j’ai adoré chaque scène, chaque répartie, chaque famille et histoire personnelle. Mais pour le « couple » soi-disant parfait, non, j’avais envie de les claquer à chaque intervention. L’un est irréfléchi, têtu, ayant rendu la première partie du récit imbuvable et long ; la deuxième est froide, capricieuse, je ne vois pas son intérêt dans le groupe. Mais avec le recul sur la fin de ce premier tome, elle reste cohérente avec ses convictions. Elle est d’ailleurs la seule à ne pas aimer la magie, à vouloir traîner qu’avec des Normaux (des gens sans magie), et je pense que c’est un point qui aurait dû être mieux traité. Cependant, là encore, difficile de faire mieux en se plongeant dès la fin de leurs études.

Pour la romance, je suis mi-figue mi-raisin : quelques scènes sont mignonnes et drôles (merci Baz), mais c’est encore trop en arrière-plan pour en profiter pleinement. Cependant, j’ai apprécié les autres thématiques traitées : les personnages LGBTQ+, la manipulation mentale exercée sur un enfant, le racisme, les injustices sociales, la guerre et ses dommages… De belles valeurs à défendre, mais aussi de la prévention contre certains abus. J’ai l’habitude avec Rainbow Rowell (même si je sais qu'elle est controversée depuis un moment).

Le dernier mot
Je m'attendais à apprécier un peu plus ce roman... Une première partie extrêmement lente, beaucoup de questions sans réponse (bâclant des intrigues secondaires), des connexions à faire rapidement car on entame l'histoire de Simon lors de sa dernière année d'école de magie... Malgré tout, c'est divertissant, et j'apprécie pas mal Baz et Penny. Je ne dis pas non pour la suite, par curiosité - et pour voir s'il y a une amélioration !


30.3.21

L'île de l'aventure, tome 1



❝ La vie d'Alana n'a rien d'extraordinaire : elle va a l'école, fait ses devoirs et obéit à ses parents. À vrai dire, son quotidien l'ennuie profondément, elle qui rêve de voyages, de découvertes et d'aventures. Quand elle apprend un jour l'existence du " Forfait escapade sur une île déserte ", elle n'hésite pas une seconde à s'inscrire ! 
Sur place, elle va pouvoir développer son propre village et se lier d'amitié avec ses voisins : Carl, un coq fainéant, et Clémence, une hamster énergique. Tandis qu'elle essaye au mieux d'agencer son île paradisiaque, Alana se met un objectif en tête : inviter le chanteur légendaire Gégé Laclasse. 
Mais pour le convaincre de venir, elle va devoir mettre les bouchées doubles, et surtout réussir à faire travailler les villageois de concert. Aura-t-elle la motivation nécessaire, ou laissera-t-elle son île et ses rêves derrière elle ? ❞


Je ne cours pas après les romans jeunesse d'habitude, mais il suffit de pas grand-chose pour me faire craquer. En l'occurrence, si vous êtes comme moi fan du jeu Animal Crossing (et notamment de l'opus sur Switch), ce roman est plus que tentant ! J'ai donc passé un très bon moment, certes assez court, mais plein de bonne humeur et d'amour pour la licence.

Alana est une jeune fille qui s'ennuie beaucoup dans son quotidien. Elle voudrait vivre de nouvelles aventures loin de ses parents et de son école ; et lorsqu'elle découvrira la possibilité de s'envoler vers une île lointaine pour développer de ses propres mains un village, elle n'hésitera pas ! Sur place, elle rencontrera ses deux nouveaux voisins, le gérant de l'île et d'autres personnages aussi mignons que drôles. Mais Alana a une autre idée derrière la tête : gagner le concours de la plus belle île, qui verra alors accueillir la star Gégé Laclasse (oui bon, c'est moins stylé que Kéké Laglisse mais droit d'auteur, tout ça tout ça...).

C'est un roman jeunesse, alors l'histoire va très vite et passe par l'essentiel, à savoir gagner le concours en développant au maximum Bora-Borours, l'île d'Alana. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas la licence, la surprise peut être sympathique avec l'univers coloré, amusant et rempli d'animaux mignons et attachants ; mais pour les autres rien de bien nouveau car ce premier tome reprend les premiers jours passés dans le jeu. 

Pourtant, c'est avec un brin de nostalgie que j'ai suivi les péripéties d'Alana, ayant adoré mon expérience de jeu dans ces moments, ainsi que la sensation de nouveauté et de liberté. Déterrer des fossiles, compléter le musée, attraper des poissons, planter des arbres fruitiers, faire venir de nouveaux habitants, construire ses premiers meubles : chaque chapitre aborde une étape importante dans le développement de l'île, mais aussi chez la jeune fille.

En effet, cette dernière a un caractère bien trempé et une obstination qui ne plaira pas toujours à son entourage ; elle en fera d'ailleurs plusieurs fois les frais au cours du récit. Il y a de belles petites leçons sur le savoir-vivre, l'écoute des autres, le respect et le travail en équipe. J'aime quand même son énergie positive, elle a une bonne évolution avec ses nouveaux amis Carl et Clémence.

La fan que je suis a également adoré retrouver les personnages phares de la licence (avec des prénoms détournés, ça reste un roman non-officiel) : Archibou (aka Thibou) reste mon petit préféré, avec son phrasé et sa personnalité. J'espère que par la suite j'aurais l'occasion de croiser d'autres têtes connues, car il y a de quoi faire avec le jeu de base !

Le dernier mot
Etant fan de la licence Animal Crossing depuis mon enfance, je ne pouvais pas passer à côté de ce petit roman jeunesse, avec lequel j'ai passé un bon moment. On retrouve tous les éléments de la licence, avec nostalgie et mignonnerie, en suivant l'aventure d'une petite fille attachante du nom d'Alana. C'est drôle, ça détend, une vraie petite douceur fidèle à l'esprit du jeu. 
Autre point positif : la couverture signé Massimo Di Leo qui est magnifique !

20.10.20

Winterwood


Winterwood : La forêt des âmes perdues
- Shea ERNSHAW -
Editions Rageot / 400 pages / 17€50
Parution le 21 octobre 2020

Ma note finale : 14/20


« Certains disent que les bois de Wicker Woods sont magiques. Hantés, mêmes.

Nora Walker, héritière d’une longue lignée de sorcière, sait à quoi s’en tenir : toutes les femmes de sa famille partagent un lien particulier avec la forêt. Et c’est ce lien qui met Oliver Huntsman sur sa route. Lorsque l’adolescente le retrouve, gelé, au milieu de ces arbres inquiétants, elle n’en croit pas ses yeux. Oliver, c’est le garçon du Camp de Redressement pour jeunes en difficulté qui a disparu en pleine tempête de neige voilà deux semaines. Il devrait être mort. Et pourtant, il est là, vivant. 

Que s'est-il passé durant cette nuit inquiétante ? Quel secret cache le jeune homme ? »


Je remercie NetGalley France ainsi que les éditions Rageot pour m'avoir permis de découvrir l'autrice et sa plume. N'ayant pas lu The Wicked Deep : La malédiction des Swan sisters, j'étais curieuse de connaître son univers avec son deuxième roman. J'ai passé un bon moment de lecture avec la jeune Nora, mais le roman comporte quelques défauts qui ont fait descendre mon enthousiasme.

Petit aparté : j'ai volontairement occulté la deuxième partie du résumé car à mon sens elle évoquait des événements avancés dans l'histoire qui peuvent gâcher la surprise, et je pense que c'est pour cela que j'ai deviné LA révélation finale du roman dès le début. C'est assez dommage pour le coup.

Ainsi, l'histoire se penche sur Nora, une sorcière qui n'a pas de don de la nuit, contrairement à toutes ses ancêtres. Sa mère n'étant pas branchée magie, et son père étant inconnu au bataillon, la jeune femme se sent vite seule, avec pour seule compagnie une forêt dangereuse et redoutable. Une nuit, elle va croiser Oliver, un jeune homme qui a disparu il y a quelques semaines lors d'une nuit de tempête ; et alors qu'il était censé ne pas avoir survécu il s'avère parfaitement vivant. Nora va essayer de percer les secrets d'Oliver, de la forêt de Winterwood, mais aussi comprendre ses sentiments naissants envers l'intriguant personnage.

Pour commencer ma chronique, je préfère parler du positif. Le gros point fort du roman est sans aucun doute l'ambiance. L'autrice a parfaitement maîtrisé les descriptions des environnements, les nombreuses pensées chaotiques de l'adolescente, les mystères qui s'accumulent sans réponses concrètes, ainsi que les visites nocturnes (presque mortelles) en pleine forêt. C'est très descriptif comme récit, mais j'ai adoré le côté sombre qui se dégage de chaque chapitre. C'est également sympathique de faire alterner les points de vue entre Nora et Oliver, afin de saisir la psychologie des deux protagonistes.
J'ai aussi aimé en savoir plus sur la famille Walker, leurs parcours, leur pouvoirs, leurs destins ; j'aurais voulu en lire plus sur elles car elles sont fascinantes !

Ce sont ces points qui font que j'ai malgré tout passé un bon moment de lecture, car malheureusement il y a des éléments qui ne m'ont pas séduite. Tout d'abord, comme je l'ai évoqué précédemment, le résumé était trop spoilant. De ce fait, dès le premier chapitre et la découverte d'Oliver, j'ai senti le coup venir, et chaque indice m'a conforté dans mon opinion. J'étais donc déçue quand la révélation a éclaté à la fin du roman, car il n'y avait pas de surprise. Aussi, j'étais frustrée par des dialogues entre Nora et d'autres personnages, car je me demandais sans cesse à quel moment Nora allait comprendre que quelque chose cloche.

L'autre point qui me dérange est l'épilogue. Je trouve cela trop facile, surtout après une telle montée en tension - qui objectivement est bien écrite et intéressante à suivre. Je n'ai pas non plus était emballée par la romance qui a pris une proportion importante dans la seconde moitié du roman, alors que la première partie s'en sortait bien sans.


En conclusion, j'ai passé un bon moment de lecture : ce roman colle parfaitement à la saison et à Halloween qui approche avec son ambiance sombre et mystérieuse (Wicker Woods donne réellement des frissons), mais il a des défauts qui m'ont fait passer à côté d'une partie de l'histoire. Si je me suis attachée à Nora avec ses valeurs et sa personnalité, ce n'est pas vraiment le cas des autres personnages, principaux et secondaires, et la fin ne m'a pas totalement convaincue, tout comme les révélations principales.

6.10.20

Roses de printemps


Le collectionneur, tome 2 : Roses de printemps - Dot HUTCHISON
Amazon Publishing France - 347 pages - 4€99 (ebook) ou 9€99 (broché)
2020

Ma note finale : 15/20
« Quatre mois après l’explosion du « Jardin », où de très jeunes femmes étaient séquestrées, les agents du FBI Brandon Eddison, Victor Hanoverian et Mercedes Ramirez continuent de gérer « l’après » et d’aider les survivantes traumatisées à se reconstruire.

Mais avec l’hiver qui s’achève, une nouvelle épreuve attend les trois agents : comme à chaque début de printemps depuis plus d’une décennie, une jeune femme sera bientôt retrouvée morte dans une église, la gorge tranchée et son cadavre entouré de fleurs.

C’est ce qui est arrivé à la sœur de Priya Sravasti. Désormais, elle et sa mère sont installées dans le Colorado où elles tentent de prendre un nouveau départ. Mais les fantômes du passé ressurgissent et Priya semble être la nouvelle cible du tueur. Pour le coincer, le FBI compte sur l’aide de la jeune femme. Mais le danger n’est pas forcément là où ils le croient… Et si, contre toute attente, c’était la proie elle-même qui devenait finalement le prédateur ? »
Je ne suis pas une adepte de thriller, j'en ai lu très peu dans ma vie de lectrice, pourtant c'est un genre qui ne me déplaît pas, surtout lorsqu'un résumé capte mon attention. Celui-ci a clairement suscité mon intérêt : j'aime ce qui est sombre, un peu glauque, et si le tueur est toujours dans la nature depuis autant de temps cela promet de la tension. Je remercie NetGalley France et Amazon Publishing France d'avoir mis à disposition l'ebook, car j'ai passé un bon moment de lecture !

Nous allons essentiellement suivre Priya, une jeune femme qui garde encore des séquelles d'un tragique événement survenu il y a un cinq ans : sa grande sœur, Chavi, a été assassinée par un tueur en série qui sévit toujours. En s'installant avec sa mère dans une nouvelle ville, en attendant le grand saut en France, le cauchemar revient : des fleurs, le langage préféré du tueur, sont déposées régulièrement devant sa porte. A chaque fleur correspond une fille assassinée, et c'est au tour de Priya de devenir sa proie. Elle peut évidemment compter sur des amis du FBI, un groupe de vétérans jouant aux échecs et sa mère pour continuer à vivre, à espérer... et plus ?

Ce que j'ai d'abord aimé dans ce titre, ce sont les multiples points de vue. On suit tour à tour Eddison, un officier du FBI entouré de ses partenaires Vic et Mercedes, afin d'en savoir plus sur l'enquête, ses coulisses, ses complications. Priya reste au centre de l'histoire, mais le plus surprenant reste le point de vue du tueur, qui vient parsemer l'histoire de ses "pensées" envers les futures victimes. Cela donne au récit une large palette d'émotions, avec une pointe de tension, d'horreur et de suspens, car jusqu'au bout j'ai douté d'un tas de personnages. Je ne suis cependant pas surprise par l'identité du tueur, il faisait partie de ma liste, et là réside ma petite déception sur ce roman. Je m'attendais à être un peu plus surprise...

Je n'ai pas lu le premier tome de cette saga - à propos de l'affaire du Jardinier - , et bien que l'on retrouve quelques personnages issue de cette histoire cela ne m'a pas gênée pour comprendre le roman. Ainsi, j'ai vite appréciée Inara et Bliss, qui sont pourtant assez complexes, marquées à vie par cet épisode. Je serais curieuse de lire ce premier tome car il pourrait également me plaire !

Le rythme est assez lent, et je l'accorde : ça ne plaira pas à tout le monde. Pourtant, je ne me suis pas ennuyée, bien que vers la fin je sentais que l'enquête tournait en rond - jusqu'au moment fatidique où j'ai renoué avec l'intrigue. L'atmosphère se construit doucement, avec son lot de potentiels suspects, et on découvre petit à petit ce qu'il se passe depuis presque une décennie autour de cette affaire de meurtre. C'était bien construit, les éléments étaient positionnés au bon endroit afin de ne pas en savoir trop dès le début.

Je me suis tout de suite attachée à Priya. Malgré ce qu'elle a vécu, elle reste déterminée, intelligente ; elle enquête de son côté, ne laisse rien au hasard, ne baisse pas les bras lorsque l'étau se resserre sur ses épaules. J'ai aimé ses relations avec Eddison, sa mère, les vétérans rencontrés aux échecs : c'est triste, émouvant, sincère, avec une dose de complicité qui m'a fait chaud au cœur - et qui réconforte après certains passages angoissants. Cette jeune femme remet aussi en question la notion de justice, en évoquant régulièrement le deuil, le suicide, la reconstruction, la vengeance. Je reste fascinée par son état d'esprit - et impossible de reste de marbre face à l'énergie qu'elle dégage.


En conclusion, j'ai passé un bon moment de lecture avec ce thriller. Priya a été une protagoniste incroyable et attachante, et les autres personnages sont tout aussi intéressants et complexes à suivre. L'enquête est glauque à souhait, mais je reste un peu déçue de l'identité du serial killer, qui ne m'a pas provoqué la surprise que j'attendais le plus. Je recommande quand même ce roman si vous aimez le genre !

30.9.20

Final Fantasy XV : The Dawn of the Light


Final Fantasy XV : The Dawn of the Future
- Jun EISHIMA -
Editions Mana Books - 395 pages - 17€
2020

Ma note finale : 19/20

☆☆☆

« Lutter contre les dieux ou se soumettre au destin ? Voilà la question à laquelle seront confrontés les personnages de The Dawn of the Future.

Sauveur d’un nombre incalculable de vies menacées par le Mal de la planète, Ardyn était destiné à devenir le premier roi du Lucis, mais fut finalement rejeté et exilé.

Alors que l’empire du Niflheim vit son dernier jour, le commandant Aranea Highwind se voit confier la protection d’une jeune fille très spéciale.

L’Oracle Lunafreya est ressuscitée et découvre en sortant de son sommeil de mort que son corps a changé : elle possède à présent un nouveau pouvoir.

Après avoir contemplé l’éternité, Noctis est désormais prêt à affronter son destin en tant que Roi élu.

À travers ces histoires, une aube nouvelle se lève sur Éos. »

☆☆☆

Ce livre est composé de quatre nouvelles autour de l’univers du jeu vidéo Final Fantasy XV – qui est un de mes plus gros coup de cœur vidéoludique de ces dernières années. Sans rentrer dans les détails car l’histoire de la création du jeu est complexe, il faut juste garder en tête que tout n’a pas pu être fait, notamment au niveau des contenus additionnels – permettant d’ajouter des histoires supplémentaires, d’approfondir des personnages, d’éclaircir des événements passés sous silence, et de proposer une fin alternative. Faute d’avoir ce contenu jouable, ce roman est sorti, afin de contenter les fans. J’étais donc impatiente de mettre la main dessus, et il n’a pas fait long feu dès sa réception. J’ai passé un excellent moment de lecture !

Nous suivons donc les histoires de quatre personnages, à savoir Ardyn, Aranea, Lunafreya – appelée par son diminutif Luna -, ainsi que Noctis – le personnage principal du jeu. Au programme : destins cruels, tragédies familiales, menaces divines, nuit éternelle menaçante et vengeance millénaire. Chaque histoire a son personnage à suivre, sa propre temporalité et son importance pour le reste du récit. Le livre propose d’ailleurs au début un récapitulatif des événements du jeu, afin de rafraîchir la mémoire, et c’est un bon point !

Je ne peux pas être objective quand il s’agit de Final Fantasy XV. J’ai donc dévoré sans modération ce roman dès que je l’avais en main, et j’ai été comblée par son contenu. La traduction est d’ailleurs réussie : j’ai retrouvé les intonations de chaque personnage dans les dialogues, et voir certaines phrases du jeu copiées mot pour mot à des moments clés de l’intrigue, c’était sympathique. Bien que je connaissais déjà l’histoire d’Ardyn, la toute première du recueil, j’ai été surprise par le reste, bien que cela reste cohérent avec l’univers de base. On retrouve d'ailleurs les thématiques principales de cet opus, ce qui me plaît d'autant plus.

Je suis ravie de voir qu’Aranea et Luna sont plus approfondies que dans le jeu. Ce sont des deux personnages féminins qui ont tellement à apporter, de par leur caractère, leur rôle dans le destin de Noctis, leur force. J’ai donc adoré les suivre, surtout Luna qui doit apprendre à déconstruire ses croyances en tant qu’Oracle et accepter la terrible vérité autour de celui qui tire les ficelles depuis le début… Son évolution est marquante et bluffante.

La conclusion du roman est complètement différente de celle du jeu, mais sincèrement, j’aime les deux versions. L’une est plus amère et tragique, l’autre est épique et remplie d’espoir et d’amour. Mon seul regret est que, bien évidemment, je ne pourrais jamais vivre ces événements sur l’écran, et ce constat est terrible après ma lecture !


En conclusion j’ai passé un excellent moment, entourée de personnages qui m’ont marqué il y a presque deux ans maintenant. Pour les fans de la licence et de cet opus en particulier, je ne peux que le recommander pour terminer en beauté l’aventure de Noctis et sa bande, malgré la malchance autour du jeu. Merci Mana Books d’avoir traduit en français ce roman que j’attendais avec une grande impatience !

19.9.20

La Neuvième Maison


Alex Stern, tome 1 : La Neuvième Maison
Leigh BARDUGO
Editions de Saxus (Fantasy) - 525 pages - 19€90
2020

Ma note finale : 18/20

☆☆☆

« Alex " Galaxy " Stern a vécu une adolescence chaotique. Élevée à Los Angeles par une mère hippie, elle a abandonné l'école très jeune pour se retrouver dans un monde sombre, violent et sans avenir.

À 20 ans, elle est la seule survivante d'un horrible massacre inexpliqué, et c'est sur son lit d'hôpital qu'elle se voit offrir une seconde chance : rejoindre la prestigieuse université Yale en intégrant la maison Léthé. Cette entité, appelée La Neuvième Maison, surveille les huit sociétés secrètes de Yale ; ces dernières forment les futurs décideurs ainsi que les personnes influentes et pratiquent la magie sous différentes formes, bien souvent sinistres et dangereuses.

Alex a été choisie, car elle possède un pouvoir rare et mystérieux : elle peut voir les fantômes. Alors que son mentor a disparu, elle va devoir enquêter sur le meurtre d'une jeune fille. Ce qu'elle va découvrir va bien au-delà de l'horreur... »

☆☆☆

C’est probablement LA sortie de 2020 que j’attendais le plus : je n’ai beau avoir lu que la saga Six of Crows, mon amour pour la plume de Leigh Bardugo me donne envie de découvrir tous ses autres romans. Et pour le Pumpkin Autumn Challenge, celui-ci est juste parfait. J’en ressors conquise

On va suivre le parcours d’Alex Stern, jeune femme de 20 ans, pendant sa première année à l’université de Yale. Mais cette année scolaire est loin d’être ordinaire : en effet, elle a été choisie pour intégrer la Neuvième Maison, celle qui veillera sur les huit autres, afin que la magie et ses rituels restent secrets. Alex a un don plutôt rare : elle peut voir les fantômes aussi nettement que les humains, mais cela est devenue une malédiction pour elle. Alex sera accompagnée d’un tuteur, Darlington, et devra tout mettre en œuvre pour réussir sa nouvelle mission. Mais quand ce dernier disparaît mystérieusement et qu’un meurtre étrange arrive près de l’université, elle va devoir se débrouiller et rester en vie coûte que coûte.

Je tiens à préciser une petite chose avant de donner mon avis. Au début du roman il y a une page où se trouve des TW, et il est important de les prendre en compte avant de commencer à lire le roman. C’est violent, mature, et des sujets sensibles sont abordés/décrits avec précision. Ça reste destiné à un public adulte, donc c’est mieux d’être prévenu à l’avance, ce qui est un bon point de la part de la maison d’édition !

D’abord, je suis sous le charme de l’univers. Je m’y attendais de la part de l’autrice, elle arrive à me mettre dans le bain en peu de temps. C’est sombre, oppressant, mystérieux, avec des touches d’action et une toute petite goutte de romance. Le rythme de l’histoire est assez lent, et j’en conviens que pour toutes les raisons citées juste avant ce roman ne pourra pas plaire à tout le monde. Il faut aimer lire des descriptions de l’univers, des explications sur les sociétés secrètes, les multiples recherches d’Alex pour son enquête, ses réflexions, ses pistes. Perso, j’adore ça, c’est maîtrisé, et j’ai passé un excellent moment – ce pavé a d’ailleurs tenu deux jours entre mes mains.

La narration a également une petite particularité qui nécessite une grande concentration pendant la lecture : l’alternance des récits au passé et au présent. Le suspens a fonctionné chez moi, tout comme les révélations, et c’était une bonne idée de découvrir Alex et Darlington ainsi.

J’ai aimé suivre ce duo, aussi piquant que touchant. J’étais souvent frustrée, surprise ; j’ai même plusieurs fois rigolé devant leur répartie et le caractère cynique de Darlington – qui est mon personnage préféré du roman, et ce dès sa première apparition. Ils sont bien campés, crédibles, fascinants. L’évolution d’Alex est incroyable à voir – tout comme les liens qu’elle créé avec Pammie et North, et le destin de Darlington est… surprenant, pour ne rien spoiler !
Les personnages secondaires sont également réussis : que ce soit les amies d’Alex, la professeur Belbalm, le doyen Sandow, l’inspecteur Turner, et les suspects mêlés dans cette affaire : on les apprécie ou on les déteste, mais ils donnent du relief dans le quotidien de la jeune femme.

La tension qui monte crescendo à la fin de l’enquête est incroyable, et je ne suis déçue que d’une seule chose : la suite n’est toujours pas sortie, il va falloir rester sur ces dernières paroles ; c’est terrible – mais bien joué !


En conclusion c’est un petit coup de cœur pour le premier tome de cette saga. Leigh Bardugo a réussi son entrée dans la littérature adulte, avec ses propres codes et son style qui m’a déjà séduite par le passé. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde avec Alex et Darlington, tout comme j’ai adoré plonger dans cet univers détaillé et fouillé. Il me tarde de découvrir la suite lorsqu’elle sera publiée !

31.8.20

Errabundus


Errabundus - Gustave AUGUSTE
Autoédité - 87 pages - 12€
2019

Ma note finale : 14/20

☆☆☆

« À l’ère où ciel et mer ne faisaient qu’un, les dragons régnaient sur notre monde. De leurs écailles naquirent le règne aquatique et les hommes, de leurs ailes s’envolèrent les plumes des premiers oiseaux. L’équilibre demeure depuis entre les royaumes, cependant le Ciel arrache parfois à la Mer un de ses habitants par l’œuvre d’un mystérieux coup de foudre. Rares sont les victimes de ce sort, désignées comme des hybrides d’homme et d’oiseau, à survivre ensuite à la vie près de la mer.

Frappé par cette malédiction, le jeune roi Lazare espère rejoindre seul le royaume des Cieux pour se débarrasser des ailes qui ornent ses bras. Depuis Paris, Diane veille sur lui, en proie à bien des tourments. Parviendra-t-elle à l’aider ou deviendra-t-elle la chaîne qui l’empêche d’avancer ? A l’instar d’Enzo, figure à la fois protectrice et destructrice, qui s’immisce peu à peu entre nos deux héros. »

☆☆☆


Un petit roman illustré qui attendait sagement depuis novembre dernier dans ma PAL, suite à une convention nantaise – Art to Play -. Honnêtement, j’ai craqué juste pour la couverture, sans avoir lu une seule phrase du résumé. Je voulais me garder une part de surprise, du moins jusqu’à ce que je me penche réellement dessus. Je dois dire que je suis encore incertaine sur mon avis final, malgré un petit temps de réflexion.

C'est une histoire à deux voix : celle de Diane, une adolescente de notre monde [TW viol pour les premières pages sur son histoire], et celle de Lazare, un jeune roi maudit devant partir en exil après un mystérieux incident. Tous les deux sont liés par un amour tendre, maladroit mais aussi terriblement destructeur au fur et à mesure du temps qui s’écoule. Ce sont ces fragments de joie et de chaos que l’on va suivre, et ce rythme cassé ne m’a pas tant déboussolée que cela. Seulement, la narration va vous réserver des surprises, jusqu’à la révélation ultime que je n’ai pas tout de suite vu venir, mais qui est cohérente et « logique » avec le récit.

J'ai été touchée par leur quête d'identité (la reconstruction de soi et la recherche de sa propre sexualité, avec une représentation LGBTQ+), ainsi que par la complexité de leur sentiment. Si Diane et Lazare sont intéressants à découvrir, je suis plutôt perplexe par Enzo, qui est un pilier commun aux deux histoires, à chemin entre onirisme et réalité, mais dont je n'ai pas apprécié le caractère, trop étrange et distant.

A vrai dire, ce qui est spécial avec ce titre, c'est qu'il y a des moments où j'ai sincèrement aimé le trio, et d’autres où j’ai purement détesté les personnages et leur choix, alors que leurs souffrances, leurs erreurs sont celles de tas d'adolescents de nos jours. Je n'étais peut être pas le public visé principalement, d’où ma difficulté à comprendre quelques gestes, quelques paroles... Du coup, la romance est passée à côté de moi la plupart du temps, alors qu’elle reste un point crucial du livre...

Le gros point positif reste les illustrations, absolument magnifiques et poétiques ! J’ai la nouvelle édition, celle de 2018, avec un complément de croquis à la fin, et je suis fascinée par le travail de recherche qui a pris pas mal d’années à son auteur. Les portraits du trio disséminés dans l’histoire sont superbes, et j'aime la représentation du trio, surtout Diane ❤


En conclusion, j’ai passé un bon moment, c’est certain, surtout avec un objet livre d’une belle qualité. J’ai été touchée par quelques passages, mais d’autres éléments m’ont agacé, au point d'être parfois insensible aux trio, leur choix et ses conséquences. Pourtant, il y a des éléments intéressants, sous fond de poésie et de fantastique, qui peuvent concerner pas mal de personnes et qui sauront mieux se trouver dans cette tragique histoire d’amour et d’amitié. 
Cette introduction à son prochain roman, Anthemisa Fall, donne le ton et introduit correctement l’univers de l’auteur, mais je ne pense pas que je m’y plongerai à sa sortie.

29.8.20

The book of Ivy, tome 2


The book of Ivy, tome 2 : The revolution of Ivy - Amy ENGEL
Editions Pocket (Jeunesse) - 282 pages - 6€95
2017

Ma note finale : 13/20

☆☆☆

« J'ai tout perdu. Mon foyer. Ma famille. L'homme que j'aime.
Ce serait si facile de capituler, de fermer les yeux et d'attendre que la faim et la soif et raison de moi. Ou bien qu'une bête sauvage me trouve. Ou même un autre survivant... Mais je refuse d'abandonner. J'en ai terminé avec la lâcheté. Il est temps pour moi d'agir, enfin.
Bishop me l'avait bien dit, cet univers hostile ne pardonne pas la moindre erreur. Et au-delà de la barrière, c'est encore pire. L'hiver approche, et si je veux survivre, il va me falloir trouver de l'eau, des vivres, un abri. D'autres condamnés avec lesquels m'allier. Mais surtout, je vais devoir faire un choix : dois-je oublier ma vie d'avant, me venger de ceux qui m'ont trahie... ou mener, purement et simplement, la révolution ?
Car je ne suis plus une Westfall, ni une Lattimer. Simplement Ivy. Et je suis enfin libre. »

☆☆☆

Chronique du tome précédent → tome 1

☆☆☆


J'avais plutôt bien aimé le premier tome, même si la lecture remonte un petit peu, et il me tardait de découvrir ce que la suite avait dans le ventre. Surtout au vue des idées apportées durant la nouvelle vie d’Ivy Lattimer et la conclusion déchirante. Et... j'ai été globalement déçue.

Pour restituer le contexte après les événements du premier tome, Ivy se retrouve maintenant seule. Abandonnée par sa famille car elle n’a pas assassinée Bishop, l’homme qu’elle aime désormais, mais à qui elle a choisi de mentir pour le protéger. Derrière les barrières de Westfall, un nouveau monde s’ouvre à elle, et il lui faut survivre. Mais pour quoi faire désormais ? Pour protéger qui ? Car les dangers sont nombreux et plus proches que ce qu’elle ne pense... De plus; l'hiver approche, ce qui ne va pas faciliter ses conditions de vie.

Sincèrement, je me suis rapidement ennuyée pendant plus de la moitié du livre. Je ne suis pas contre ce renouveau dans le cadre du récit, qui a de bonnes idées et pouvait permettre de l'action à foison, ainsi que de la tension. Mais les péripéties et les rencontres d'Ivy hors de Westfall se succèdent trop vite sans s’attarder à créer une atmosphère apocalyptique ; cette dernière s’en sort à chaque fois, et surtout elle a de la chance. Beaucoup de chance, ce qui n’apporte pas toujours de la crédibilité à ce monde extérieur sauvage. Aussi, tout ce qui tourne autour du personnage de Mark Laird m’a dérangé, mis mal à l’aise [TW pédophilie/viol].

Si j'ai aimé le nouveau duo Caleb/Ash et leur histoire – car tout n’est pas mauvais dans cette partie, heureusement -, j'ai eu plus d'une fois envie de baffer Ivy, voir même Bishop. Leur relation amoureuse était insupportable à suivre tant elle tournait en rond, sous fond de mensonges, d'énervements injustifiés... Pour finalement se transformer en couple de YA classique et sans surprise. Quel dommage d’avoir gâché ce qui faisait leur charme dans le premier tome.

Pendant cette première partie donc (soit les deux tiers du roman), on ne revient à aucun moment sur ce qu'il se passe à Westfall. Après la tentative de meurtre ratée de Bishop, il y avait de quoi provoquer un certain chaos. Et la famille d'Ivy dans tout ceci ? Et cette histoire de révolution promise par le résumé, et surtout par le titre ? J'ai dû attendre la page 180 (sur 286) pour espérer relancer mon intérêt pour le titre, et mon enthousiasme est vite retombé. Le dénouement est bâclé faute de temps pour développer les enjeux politiques. Ivy ne m'a pas donné l'impression d'amener une révolte, ce qui est le comble avec ce titre ! Au contraire, elle a été spectatrice du début à la fin, ce qui m'a réellement déçue. Le sort de certains personnages est prévisible, tout comme l'épilogue et le choix final d'Ivy. Je suis juste contente du destin d'un des personnages secondaires rencontrés dans le premier tome, c'était bien joué là-dessus.


En conclusion je ressors peu satisfaite par cette fin de saga. C'est assez dommage car c'est une dystopie qui avait des pistes intéressantes, un couple au caractère trempé mais attachant, et surtout des tas d’éléments pouvant introduire un final émouvant, impactant : une vraie révolution. L’auteure a fait des choix particuliers pour ce second tome – surtout pour l’intrigue, et si je m’attendais à autre chose je ne peux que m’en prendre à moi-même. Je n’ai aucun doute sur le fait que ce deuxième et dernier tome trouvera son public, et que c’est une dystopie plutôt sympathique qui fera passer un excellent moment à d’autres lecteur.ices.

19.8.20

Le jeu d'Hiroki

 

Le jeu d'Hiroki - Eric Sinabre
Editions Didier Jeunesse (Mon marque-page +) - 224 pages - 12€90
2020

Ma note finale : 16/20

☆☆☆

« Lorsqu’Hiroki découvre une vieille console vidéo dans les cartons de son père, il est au comble de l’excitation. Ni une ni deux, le voilà déjà les manettes à la main, avec son amie Emiko, pour tenter une partie. Contre toute attente, le jeu choisi fonctionne alors qu’il n’est plus en réseau depuis des années, et de l’autre côté de l’écran, quelqu’un l’appelle à l’aide !
Au cœur du Japon, la périlleuse enquête de deux enfants aux frontières du réel et du virtuel. »

☆☆☆

Je tiens à remercier NetGalley France ainsi que Didier Jeunesse pour leur confiance. J’étais plutôt intriguée par le résumé, et la couverture m’inspirait également. Je suis donc plutôt contente d’avoir passé un très bon moment avec ce roman, et surtout d’avoir ressenti autant de nostalgie à de nombreuses reprises !

Hiroki déménage avec son père à Hitachi, un endroit assez calme. En déballant les cartons, le petit garçon tombe sur une ancienne console appartenant à son père, la GeoNec 3. Un des jeux l’interpelle tout de suite : Kogen. En effet, ce qui s’apparente à un MMORPG (un jeu de rôle et d’aventure en ligne et en multijoueur) était le jeu le plus prometteur de son époque ; mais depuis les serveurs sont fermés, et impossible pour Hiroki d’y jouer avec son amie Emiko. Pourtant, un soir, l’improbable se passe : Hiroki arrive à se connecter dessus avec le personnage de son père ; plus curieux, un personnage différent des autres s’adresse directement à lui. Ce fantôme, Abondance, a besoin d’aide, et seul le garçon peut la sauver. Qui se cache réellement derrière ce personnage ? Que vont découvrir Hiroki et Emiko à travers ce jeu ? Je vous laisserai le découvrir le 09 septembre !

J’ai été enthousiaste dès les premières pages lues. Que ce soit le personnage d’Hiroki, son amitié avec Emiko, la joie et la curiosité qu’il éprouve avec ce nouveau jeu, les thématiques qui me sont familières (le Japon, sa culture et les jeux vidéo) : tous les éléments étaient présents pour me plaire.

Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’était à ce que j’allais ressentir en lisant ce roman jeunesse. Passer un bon moment, c’est une chose, et je sais qu’un jeune public appréciera cette aventure avec Hiroki ; mais ressentir de la nostalgie, avoir la sensation de jouer soi-même à Kogen (avec une excellente description des environnements du jeu ainsi que sa musique), ce sont des détails qui ne peuvent que me parler, étant une joueuse passionnée de RPG et jeux d’aventure depuis l’enfance. L’immersion a été totale grâce à la plume de l’auteur. Et que dire des quelques références à une de mes licences préférées, The Legend of Zelda : ma corde sensible est touchée !


Les personnages sont attachants, parfois drôles sur certains dialogues ; j’ai aimé suivre leur relation et les échanges entre eux. Si j’ai tout de suite appréciée Hiroki et Emiko, j’ai eu un peu plus de mal avec l’oncle Daisuke au début. Cependant, il est d’une précieuse aide pour les enfants et apporte beaucoup d’humour au récit. J’ai vite changé d’avis sur son compte !

Le seul point négatif que j’ai trouvé à ce roman, c’est sa conclusion. L’enquête des enfants était fascinante, entourée de mystères, avec une petite dose de danger. J’avais réellement envie d’en savoir plus sur l’identité d’Abondance et son passé, mais une fois la vérité découverte le tout se clôture en quelques pages, sans finalement comprendre les événements passés et ses raisons. Je sais que cela reste du jeunesse, mais il me manquait de l’approfondissement sur ces points – surtout que c’est un sujet important et d’actualité, surtout pour un pays comme le Japon.


En conclusion, j’ai adoré ma lecture, que j’ai dévoré d’une traite sans m’en rendre compte. Malgré une conclusion un peu trop précipitée, tout le reste du roman est une bonne surprise. Sa thématique principale autour du jeu vidéo, ses personnages attachants, le style d’écriture immersif et efficace de l’auteur ; je ne connaissais pas Eric Senabre mais je suis heureuse de l’avoir découvert sur ce titre, et cela me donne envie de lire ses autres romans !

28.7.20

The paper magician, tome 3


The paper magician, tome 3 : The master magician - Charlie N. HOLMBERG
Editions Amazon Crossing - 214 pages - 9€99
2017

Ma note finale : 16/20

☆☆☆

« Ceony Twill a tu un secret pendant toutes ses études, secret qu’elle a même caché à son mentor, Emery Thane. Elle a découvert qu’elle est capable de pratiquer d’autres magies que la sienne – un talent qui a longtemps été jugé impossible.
Alors que Ceony est sur le point de terminer son apprentissage et d’obtenir son diplôme, tout se complique soudainement. Emery, son mentor, l'envoie chez un autre magicien, qui est censé être son examinateur lors de l’examen final. Mais Coeny se heurte à la haine farouche qu'il voue à Emery, et qui rejaillit sur elle.
En même temps, un tueur surgi de son passé s'évade de la prison où il était détenu. Elle s'engage alors à sa poursuite dans une folle course à travers l'Angleterre, pour le retrouver et protéger ceux qu'elle aime. »

☆☆☆

Chroniques des tomes précédents → tome 1 / tome 2

☆☆☆


Ce dernier tome conclut plutôt bien cette trilogie. J’ai sincèrement adoré suivre les aventures de Ceony et Emery dans cet univers original rempli de magie de papier, de feu, de verre, de caoutchouc, mais aussi de terribles Exciseurs manipulant le sang...

Il est temps pour Ceony de passer son examen final et devenir ainsi Plieuse, surtout après les terribles événements qui a lieu il y a deux ans (cf le tome 2). Son impatience a une raison précise : en délaissant son statut d’apprentie, elle pourra enfin épouser Emery dans les règles, car les relations entre les professeurs et les élèves sont fortement désapprouvés dans leur société. Je précise juste une chose, surtout si vous n’avez pas lu la saga : les élèves sont majeurs. Donc en aucun ces relations sont problématiques ; c'est juste que l'histoire se déroule dans l'Angleterre du début du XXe, alors il faut respecter certaines conventions, même les plus arriérées...

J’ai adoré découvrir l’examen final de Ceony, voir les sorts qu’elle concocte pour s’en sortir (avec des clins d’œil aux tomes précédents), et surtout d’assister à ses manipulations des autres magies, malgré le lourd secret qu’elle doit garder à ce sujet afin d’éviter une mauvaise utilisation de ce savoir. En parallèle, elle va enquêter sur Saraj, un terrible Exciseur qui s'est évadé et rôde encore dans les alentours. Ceony cherche la vengeance, peu importe les conséquences.

Cet examen apporte un renouveau dans le décor et les personnages que Ceony côtoie : Emery est un peu plus en arrière-plan (il m’a d’ailleurs manqué à certains moments) ; du coup bienvenue au magicien Bailey et son apprenti Plieur Bennet. J’avoue que je n’ai pas réussi à m’attacher aux deux garçons, c’est dommage. Malgré son passif houleux avec Emery je n’excuse pas le comportement agressif et froid de Mg Bailey, et Bennet est trop lisse et pas assez utile à l’intrigue pour le cerner correctement.

Un autre (petit) reproche : il y a peu de péripéties et d’action dans ce tome, contrairement aux aventures précédentes. Le combat final s’expédie en un chapitre à peine, et je m’étais attendue à plus de difficulté pour retrouver la trace de Saraj. Je sais qu’il y a souvent eu des facilités scénaristiques depuis le début, mais je m’attendais à quelque chose de plus explosif et intense !


En conclusion, je reste contente de ma lecture et de cette trilogie dans sa globalité, même si elle a quelques défauts, heureusement mineurs. Je suis très fière de l’évolution de Ceony, qui se met moins en danger, est plus prévoyante et devient plus mature. J’ai adoré la suivre ici, car elle ne se laisse plus faire et s’assume complètement, surtout avec Emery. Je suis donc un peu triste de quitter ce petit monde, surtout avec un univers fascinant et atypique, mais l’épilogue est choupi à souhait alors je n’ai aucun regret !

24.7.20

L'Héritage des rois passeurs


L'Héritage des rois passeurs - Manon FARGETTON
Editions Milady (Fantasy) - 473 pages - 8€20
2016

Ma note finale : 16/20

☆☆☆

« La dernière héritière d'une lignée royale doit fuir notre monde et retourner dans celui de ses ancêtres pour échapper aux hommes qui veulent l'éliminer. Là-bas, une princesse rebelle rentre chez elle pour prendre ce qui lui est dû : le trône d'Ombre. Voici l'histoire de deux femmes, de deux mondes imbriqués, de deux retours simultanés qui bouleverseront une fois de plus le destin tortueux du royaume d'Ombre. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ? »

☆☆☆


C'est mon tout premier contact avec la plume et l’imagination de Manon Fargetton ; à la fin de cette lecture le bilan est positif, et ça ne sera certainement pas le dernier roman de l’autrice que je lirais, j'ai même déjà quelques titres dans ma wish-list !

L'une des grandes qualités de ce livre : l'univers. C'est riche, fascinant, bourré de détails qui donne de la profondeur au récit ; c’est vraiment chouette d’avoir une fantasy française d’aussi bonne qualité ! On parle de deux mondes connectés entre eux, Ombre et Rive ; de politique – la couronne d’Ombre change bientôt de tête - ; de féminisme ; de magie ; de vengeance ; de dieux exilés ; d’histoires de famille compliquées ; de voies à trouver. La guerre dans les territoires alentours est souvent évoquée, mais reste en arrière-plan face aux événements qui se déroule autour de Ravenn et Enora.

Les complots, les double jeu, les manipulations et les secrets sont nombreux, et j'ai adoré me plonger dedans. Ainsi, si vous aimez ce type de récit et si vous avez envie de plonger dans des intrigues complexes et prenantes : ce roman pourrait bien vous plaire !

J’avais pensé au tout début que l’histoire tournerait uniquement autour des deux jeunes femmes, à savoir Ravenn et Enora. La première est l’héritière controversée d’Ombre, la deuxième souhaite se venger de sa famille décimée devant ses yeux, à Rive (notre monde). Mais je me suis trompée, et ce n’est pas plus mal : des tas d’autres personnages gravitent autour d’elles, avec leur propre histoire, leur méfiance, leur conviction. J’ai adoré découvrir tous ces liens bouger, se croiser, s’en aller. J’ai d’ailleurs une grande préférence pour Ravenn, qui est juste incroyable et remplie d’audace. De plus, elle représente fièrement la communauté LGBT puisqu’elle est lesbienne. Un autre bon point pour ce roman qui défend la diversité.

J’apprécie également Hank, qui cache bien son jeu, ainsi que Charly, dont la naïveté et le sourire font réellement du bien, même dans les heures les plus sombres de l’histoire. Enoc’h est une bonne surprise, bien que j’ai mis du temps à m’attacher à ce personnage ; cela dit il apporte beaucoup de précision sur la magie, et ce sont des détails que j’aime particulièrement dans des romans fantasy. Je suis néanmoins moins enthousiaste pour Julian et Jana. Ils sont importants pour le déroulé du récit, mais je n’ai pas réussi à accrocher à leur évolution et leur caractère.

Finalement, le seul gros bémol à mes yeux reste Enora et son histoire de vengeance. Je n’ai pas été séduite par son destin du début à la fin, malgré les quelques bonnes idées. Découvrir les Passeurs, leur lignée et leur pouvoir m’a fait plaisir, mais à côté de tous les autres personnages je l’ai trouvé trop en retrait, trop bloquée par son passé et son but. Elle passe donc à côté de beaucoup de choses, et l’épilogue été peu convaincant à son sujet pour me faire changer d’avis sur elle.

La fin est douce amère et ça ne me dérange pas : tout le monde n’a pas son happy end, et je sais que c'est un détail qui ne plaira pas à tout le monde. Quelques personnages partent au devant de leur destin pour chercher leur place dans Ombre ; pour les autres les pertes sont lourdes, quelque soit le camp. Le changement est à l’horizon, avec une note d'espoir. Bien des mystères restent en suspens une fois le roman fermé : qu’est-ce qui se passe exactement du côté de Sav-Loar et des magiciennes protégées là-bas ? Est-ce qu’Ombre va enfin pouvoir vivre en paix, ou du moins dans de meilleures conditions avec ce nouveau propriétaire de la couronne ? Quel sera l’avenir de la plupart des protagonistes ? Je n’ai rien contre les fins ouvertes, et j'ignore encore si dans Les Illusions de Sav-Loar j'aurais mes réponses ; j’aime simplement me rendre compte de tous les possibles envisageables, c'est une liberté plutôt agréable.


En conclusion j’ai vraiment adoré ma lecture, voir les intrigues prendre leur temps pour se mettre en place et révéler à chaque chapitre des éléments sur l’univers de l’autrice, ainsi que les dialogues intelligemment écrits, parfois drôle, parfois touchant. Si j’ai adoré quelques personnages, certains n’ont pas réussi à me charmer et à m’emporter dans leur histoire personnelle, mais une chose est sûre : il y a eu un travail extraordinaire pour donner à chacun une aussi bonne consistance et une dose de crédibilité. Je compte bien lire le deuxième roman qui se passe dans le même univers, pour voir ce que l’autrice a encore sous le coude !

24.6.20

Hunger Games : La ballade du serpent et de l'oiseau chanteur


Hunger Games : La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur – Suzanne COLLINS
Éditions Pocket (Jeunesse) – 604 pages – 19€90
2020

Ma note finale : 16/20

☆☆☆

« C'est le matin de la Moisson qui doit ouvrir la dixième édition annuelle des Hunger Games. Au Capitole, Coriolanus Snow, dix-huit ans, se prépare à devenir pour la première fois mentor aux Jeux. L'avenir de la maison Snow, qui a connu des jours meilleurs, est désormais suspendu aux maigres chances de Coriolanus. Il devra faire preuve de charme, d'astuce et d'inventivité pour faire gagner sa candidate. Mais le sort s'acharne. Honte suprême, on lui a confié le plus misérable des tributs : une fille du district Douze. Leurs destins sont désormais liés. Chaque décision peut les conduire à la réussite ou à l'échec, au triomphe ou à la ruine.
Dans l'arène, ce sera un combat à mort. »

☆☆☆

𝓛a neige se pose toujours au sommet.


Hunger Games est l’une des rares dystopies qui continue de me plaire encore aujourd’hui, tant par les personnages introduits par l’autrice – ainsi que leur évolution – que par les sujets traités et sa politique. Je ne pouvais qu’être impatiente de me pencher sur ce préquel qui met en avant l’antagoniste principal de la trilogie, à savoir le président Snow, lors d’un tournant majeur dans sa vie. Panem n’en a pas encore fini d’être à feu et à sang, et dans l'ensemble c'était une bonne lecture.

On va donc suivre Coriolanus Snow, jeune homme brillant, à travers son parcours de mentor des Hunger Games : c’est en effet la nouveauté principale de la dixième édition et sa promo doit renouveler ces « jeux » servant de punition aux districts rebelles afin qu’un plus grand nombre s’y intéresse. Pas de chance, la famille Snow est au bord de la misère, et la jeune fille qu’il doit mener à la victoire vient du district le plus pauvre, le Douze. Lucy et son mentor vont devoir se faire confiance pour s’en sortir chacun, mais leur relation va être plus intime que cela, et ils changeront définitivement aux cours des prochains événements.

C’est un préquel globalement fascinant, toujours fluide à lire et à appréhender, surtout dans les idéologies que chaque personnage défend – qu’elle soit bonne ou non -. Sont donc évoqués la guerre, ses ravages, le traitement des perdants et des rebelles, la politique, la survie et ce que les hommes sont prêts à faire/devenir pour gagner et sauver sa peau. C’est toujours aussi cruel à suivre, avec des moments forts en terme d’émotions mais aussi en terme de réflexion. En tout cas je n’ai pas été insensible à cette lecture ! Aussi, les références à la trilogie sont nombreuses et bien placées, j'aime le petit plus que cela apporte à l’univers.

Le roman est composé de trois parties, trois pans importants de l’évolution de Snow ; elles ont toutes leur importance mais la dernière m’a souvent ennuyée par ses longueurs et ses répétitions. Si j’ai adoré suivre les premiers pas entre Coriolanus et Lucy, découvrir son quotidien à l’école, ainsi que les jeux et la tension jusqu’au moment de la victoire, l’après Hunger Games m’a un peu refroidi. Je ne suis pas particulièrement fan de la romance Lucy/Coryo, j'ai été dérangé par certains aspects de cette relation, surtout chez le jeune homme. La dernière partie est pourtant gourmande sur cette relation, alors je n'ai pas été gâté. Ce qui est dommage car Sejanus avait apporté un plus avec son intrigue, sans parler de cette terrible fin qui m’a tenu en haleine sur plusieurs pages – mais qui retombe à plat faute d’explications supplémentaires -. Je n’ai rien contre les fins ouvertes, mais là c’est une occasion manquée de faire une fin en apothéose, et c’est ce qui m’a le plus déçu avec le préquel.

En tout cas j'ai adoré détester Coriolanus, bien qu'il n'était pas fondamentalement mauvais au début ; seulement il a été endoctriné par un mauvais entourage, malgré la présence chaleureuse et la bonté de sa cousine Tigris. Cette dernière fait partie de mes personnages préférées de ce roman, avec la flamboyante et mystérieuse Lucy, issue d’une troupe de musicien qui ne fait ni partie des districts ni du Capitole. Sejanus m’a également touché, mais il m’a la plupart du temps énervée par son impulsivité et son manque de raisonnement. La Dr. Gaul a, sans l’ombre d’un doute, décrochée le prix de la personnage la plus terrifiante/timbrée du livre, et je comprends mieux comment le président Snow est devenu irrécupérable au fil du temps.


En conclusion j’ai passé un très bon moment de lecture, bien que ce roman comporte des défauts et des petites déceptions qui le classe, selon moi, légèrement en-deçà de la trilogie principale. Pourtant, il reste intéressant à lire, ne serait-ce que pour approfondir le personnage de Snow, ainsi que les débuts des Hunger Games, lorsque le Capitole n’était pas encore totalement remis des attaques des rebelles. Je le recommande donc pour ceux qui, comme moi, aime déjà la saga de base et souhaite prolonger l’expérience !

18.6.20

ACOTAR, tome 2


Un palais d’épines et de roses, tome 2 : Un palais de colère et de brume – Sarah J. MAAS
Éditions France Loisirs – 715 pages – 21€90
2018

Ma note finale : 19/20

☆☆☆

! ATTENTIONS AUX SPOILS DANS LE RÉSUMÉ ET MA CHRONIQUE !


« Après avoir survécu aux défis d’Amarantha, Feyre est devenue une Fae et a hérité de pouvoirs qui échappent à son contrôle.
Mais son cœur est resté celui d’une humaine, et elle ne peut effacer ce qu’elle a dû commettre pour sauver Tamlin et la Cour du Printemps…

Elle ne peut non plus oublier qu’elle a conclu un marché avec Rhysand, le redoutable Grand Seigneur de la Cour de la Nuit. Une semaine par mois, elle doit séjourner à ses côtés, dans son palais.
D’abord réticente, Feyre découvrira pourtant qu’il est loin d’être le Fae cruel et manipulateur qu’elle croyait connaître. Avec lui, elle va apprendre à dompter ses pouvoirs. Et douter de ce qu’elle ressent pour Tamlin…

Mais au-delà de la Cour de la Nuit, une menace se profile. Car les desseins du roi d’Hybern pourraient bien ébranler tout le royaume des immortels. »

☆☆☆

⌜ - 𝓐 tous ceux qui rêvent en contemplant les étoiles, Rhys, déclarai-je.
(..)
- Aux étoiles qui entendent les vœux et aux rêves exaucés, répondit-il. ⌟


J’avais déjà chroniqué le premier tome ici, si jamais vous ne l’avez pas encore lu. En résumé j’étais satisfaite de certains points mais la saga avait encore besoin de corriger certains défauts pour que je l’apprécie plus. Avec ce second tome je comprends mieux pourquoi tout le monde s’efforcer de me dire qu’il était largement meilleur que le précédent : le coup de cœur est présent.

L’histoire se complexifie et s’approfondit grâce à la venue de Feyre dans la Cour de la Nuit, plus précisément dans la magnifique cité secrète de Velaris. Le pacte qui lie la protagoniste avec Rhysand est toujours d’actualité, et ce dernier a décidé de l’embarquer lors de son mariage avec Tamlin, empêchant l’échange de vœux. Si la jeune femme n’est pas enthousiaste par sa nouvelle situation, elle va pourtant comprendre que sa vie à la Cour du Printemps n’avait rien d’un conte de fée. Elle n’est plus étouffée par Tamlin et sa jalousie, plus privée de liberté à cause d’un homme égoïste, et ses cauchemars s’atténuent. C’est donc dans ce cadre de vie offert par le mystérieux Rhysand, Grand Seigneur de la Nuit, que Feyre va se reconstruire, comprendre ses nouveaux pouvoirs, se faire de précieux amis, faire le point sur ses sentiments, et sauver Prythian de la menace imminente du roi d’Hybern.

On s’éloigne complètement de la réécriture du conte de La Belle et la Bête et des contraintes imposées par cette référence, et quand je vois le résultat final je ne peux qu’approuver les choix de l’autrice. Elle a repris les ingrédients que j’appréciais déjà dans son premier tome – l’ambiance sombre et mature, des personnages aux forts caractères, un univers fascinant mais encore bien flou -, et elle m’a transporté dans un nouveau Prythian qui m’a surprise, enchantée, terrifiée. Voir de multiples cours différentes, rencontrer plus de monde, connaître les menaces qui pèsent sur les deux mondes, découvrir la puissance et les traditions des Faes (que ce soit en général ou uniquement ceux de la Cour de la Nuit) ; j’ai été heureuse de toutes ces informations et de les découvrir sous les yeux de Feyre, cela donne énormément de consistance à la saga. Par ailleurs j’ai rapidement apprécié la nouvelle personne qu’elle était devenue, je l’ai trouvé plus raccord avec elle-même et épanouie. Je pourrais bien chipoter sur quelques longueurs, mais honnêtement les 700 pages se sont vite envolées, et je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer.

Évidemment, rien de tout ceci n’aurait été possible si le deuxième personnage principal restait Tamlin – dont j’avais décrit mon dégoût dans ma précédente chronique -. Ici, il reste fidèle à son rôle, et même pire, ce qui le classe directement dans les personnages de fiction dont je ne peux plus blairer la présence. Son attitude envers Feyre est à vomir, et ses décisions pour la « sauver » et protéger son peuple sont impardonnables à mes yeux. Je regrette cependant la quasi absence de Lucien : il apparaît de temps en temps mais il a peu d’interaction et c’est dommage, car il mérite mieux que ça. Mais au vu de la révélation finale qui le concerne je me doute qu’il ne restera plus en arrière. Il me tarde de découvrir son histoire.

Vous l’avez donc bien compris, le personnage central dans ce second tome est Rhysand, un personnage étrange rencontré dans le premier opus, et dont les véritables intentions sont encore obscures. Il fait peur par la dangerosité de son pouvoir, personne ne connaît son royaume, et surtout il était du côté d’Amarantha, l’antagoniste qui a asservi la quasi-totalité de Prythian. Il ne part pas gagnant avec Feyre, mais pourtant au fur et à mesure des chapitres je m’y suis énormément attachée. Et j’ai surtout compris ses agissements. Je suis heureuse de voir Feyre se reconstruire avec lui, malgré ses taquineries, son humour décadent, sa réputation. A côté de Tamlin, il brille par sa loyauté envers son royaume, son sens du sacrifice, ses rêves de liberté et d’égalité. Jamais il n’enferme la protagoniste, jamais il ne dira un mot plus haut que l’autre, et il lui laissera toujours le choix à chaque situation. Je trouve d’ailleurs le message super important, et ça fait du bien de traiter sérieusement le sujet du consentement. 
Aussi, il m’a plus d’une fois touchée, tout comme il m’a plus d’une fois fait mourir de rire. Ses liens avec ses amis – sa famille – sont également touchants à découvrir. J’ai ma petite préférence pour Mor – ce n’est pas pour rien qu’elle est la cousine de Rhysand -, bien que Cassian, Azriel et Amren sont chacun attachant et fascinant à leur façon.

Je suis également surprise – dans le bon sens – à propos des deux sœurs de Feyre, Nesta et Elain. Elles vont avoir un rôle très précis dans ce tome, et j’ai adoré leur dévouement pour protéger le monde des humains et aider leur petite sœur. Un autre personnage important fait son entrée dans ce jeu de pouvoir et de complot : Ianthe, une Grande Prêtresse loin d’être ce qu'elle paraît, et que j’ai détesté dès la première apparition. J’ai vite flairé le coup car son évolution était prévisible, mais je ne dirais rien de plus à ce sujet, à vous de le découvrir si vous vous lancez dans la saga.

La fin est magistrale, tant par les révélations que par la nouvelle situation qu’elle instaure pour chacun des personnages principaux. Au programme : beaucoup de bouleversements, de mensonges, de jeux d’influence, et une guerre imminente. Sans compter un amour intemporel et indéfectible qui m’a marqué profondément et qui mérite une meilleure fin. J’ai vraiment hâte de me procurer le troisième tome de cette saga et d’en découvrir le dénouement !


En conclusion j’ai bien fait de pousser jusqu’au second tome pour savoir si la saga pouvait me convaincre : ce tome est largement au-dessus que le premier en tout point. Un univers approfondi, des personnages attachants et mieux construits, une ambiance magique à la fois sublime et terrifiante, un rythme plus maîtrisé. Je n’ai pas pu lâcher le livre avant d’en connaître les dernières mots, et je n’avais plus été aussi happée par une histoire depuis Le Faiseur de rêves. Je comprends les éloges à son sujet, et il me reste maintenant plus qu’à me plonger dans le dernier tome dès que je l’aurais sous la main !