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22.6.21

Carry On


TW (à surligner si vous souhaitez) : violence physique et morale / sang (blessures, meurtres) / homophobie / traumatisme


❝ Simon Snow déteste cette rentrée. Sa petite amie rompt avec lui ; son professeur préféré l'évite ; et Baz, son insupportable colocataire et ennemi juré, a disparu. Qu'il se trouve à l'école de magie de Watford ne change pas grand-chose. Simon n'a rien, mais vraiment rien de l'Élu. Et pourtant, il faut avancer, car la vie continue… ❞


Depuis que j’ai lu Fangirl (ça remonte à quelques années déjà), j’avais très envie de lire ce roman mettant en scène les personnages de Simon Snow, l’Élu du Monde Magique, et de son ennemi mortel, le vampire Baz. A la base de simples personnages de fiction dans une fiction (vous me suivez toujours ?), il était temps pour eux d’être au centre d’une saga. 

Je remercie d’ailleurs Marine, du blog L’antre littéraire de Marine, de l’avoir choisi dans le cadre du Challenge Livra'deux pour Pal'Addict. Malheureusement, malgré son côté addictif et divertissant, je ne ressors pas aussi enthousiaste. C’est un bon roman, mais il cumule trop de choses plus ou moins négatives pour que je puisse pleinement l’apprécier.

Le roman est déjà particulier dans son introduction : nous n’allons pas suivre Simon lors de ses débuts à l’école de magie… mais plutôt lors de sa dernière année ! De ce fait, il faut rapidement suivre pour raccrocher tous les éléments entre eux, notamment la relation entre les personnages principaux, leurs rapports avec la Magie, la situation chaotique avec le Humdrum, les complots contre le Mage (tuteur de Simon accessoirement). L’univers créé par l’autrice est sympathique, et bien qu’on pense forcément à Harry Potter sur beaucoup d’aspects ça reste maîtrisé, drôle, inventif mais aussi impitoyable. Oui, la magie n’a pas que de bons côtés, et certaines histoires sont tragiques.

Seulement voilà, avec un univers en béton, difficile de ne pas s’y perdre… Et pour le coup, des intrigues secondaires pourtant intéressantes se retrouvent sans conclusion, ou sont bâclées à la vitesse de la lumière pour retourner au fil rouge (l’inconvénient majeur de commencer sur la dernière année de scolarité). C’est assez dommage : Nicodemus, Lucy, Fiona, Ebb ; des personnages aux destins particuliers, avec leur importance, mais qui ne servent qu’à réciter LA phrase faisant avancer la quête de Simon et Baz. Ni plus ni moins.

Autre soucis que j’ai eu avec ce roman : l'attitude et le traitement autour de deux personnages principaux, à savoir Simon et Agatha. J’isole Penny et Baz qui sont vraiment attachants, avec une personnalité aboutie, et dont j’ai adoré chaque scène, chaque répartie, chaque famille et histoire personnelle. Mais pour le « couple » soi-disant parfait, non, j’avais envie de les claquer à chaque intervention. L’un est irréfléchi, têtu, ayant rendu la première partie du récit imbuvable et long ; la deuxième est froide, capricieuse, je ne vois pas son intérêt dans le groupe. Mais avec le recul sur la fin de ce premier tome, elle reste cohérente avec ses convictions. Elle est d’ailleurs la seule à ne pas aimer la magie, à vouloir traîner qu’avec des Normaux (des gens sans magie), et je pense que c’est un point qui aurait dû être mieux traité. Cependant, là encore, difficile de faire mieux en se plongeant dès la fin de leurs études.

Pour la romance, je suis mi-figue mi-raisin : quelques scènes sont mignonnes et drôles (merci Baz), mais c’est encore trop en arrière-plan pour en profiter pleinement. Cependant, j’ai apprécié les autres thématiques traitées : les personnages LGBTQ+, la manipulation mentale exercée sur un enfant, le racisme, les injustices sociales, la guerre et ses dommages… De belles valeurs à défendre, mais aussi de la prévention contre certains abus. J’ai l’habitude avec Rainbow Rowell (même si je sais qu'elle est controversée depuis un moment).

Le dernier mot
Je m'attendais à apprécier un peu plus ce roman... Une première partie extrêmement lente, beaucoup de questions sans réponse (bâclant des intrigues secondaires), des connexions à faire rapidement car on entame l'histoire de Simon lors de sa dernière année d'école de magie... Malgré tout, c'est divertissant, et j'apprécie pas mal Baz et Penny. Je ne dis pas non pour la suite, par curiosité - et pour voir s'il y a une amélioration !


16.2.20

[CHRONIQUE] Wings, tome 1


Wings, tome 1 - Aprilynne PIKE
Editions Pocket Jeunesse - 324 pages - 17€50
2011

Ma note finale : 13/20

☆☆☆

" Laurel est une jeune lycéenne comme les autres, à quelques exceptions près. Elle ne supporte pas le soleil, elle n'a jamais froid et préfère vivre en plein air. Mais le plus étrange, c'est cette fleur dont les pétales ressemblent à des ailes et qui pousse... dans son dos !
Laurel n'est pas humaine, et son extraordinaire métamorphose est inévitable. Elle devra désormais se partager entre deux mondes... et deux natures. "

☆☆☆

Bonjour tout le monde ! Il est temps de vous parler de ma dernière lecture en date, après avoir abandonné le roman La voix des ombres (la frustration est présente) de Frances Hardinge.

En faisant un petit tour du côté des romans jeunesses de ma bibliothèque je suis tombée sur ce premier tome de la saga fantastique Wings : j'ai tout de suite été attirée par la sublime couverture et le résumé, qui me promettait un univers rempli de fée, de magie, et avec comme protagoniste une adolescente dont la vie va bousculer soudainement. Rien de bien original, c'est un scénario vu et revu, mais ça ne me dérange pas, je voulais juste une lecture simple pour décompresser et me remotiver.

J'ai dévoré le roman en trois heures à peine, j'étais à fond dedans jusqu'à la dernière page mais en refermant ce tome le seul bilan que je peux formuler est le suivant : c'était agréable, sans plus. Je dénombre deux gros défauts qui m'empêche d'être entièrement positive dans mon avis, bien que l'auteure possède des idées intéressantes !

L'un des points forts que j'apprécie beaucoup restera l'univers de l'auteure, et ce qu'elle a créée avec les fées et leur organisme, leurs ennemis les trolls, Avalon et la légende d'Arthur, de Merlin et Oberon. C'est assez fourni en détail, captivant, et c'est bien distillé tout au long des chapitres, du coup je n'ai pas été submergée par toutes les informations à retenir. J'ai surtout apprécier le mélange entre le monde végétal et le pouvoir des fées, je n'ai pas l'habitude de ce type de liaison mais ça fonctionne.

Hélas l'auteure a mal équilibré son récit en introduisant son univers de cette façon (la saga comportant quatre tomes) : le tome est donc trop descriptif et terriblement lent ; seuls les derniers chapitres bougent un peu plus, et heureusement car l'histoire tournait vite en rond... C'est bien dommage, et j'espère que le second tome démarrera plus rapidement !

Si je devais parler maintenant du gros point négatif, celui qui m'a fait grincer des dents à plusieurs reprises : la romance. Je sais que c'était la mode à l'époque dans les livres fantastiques jeunesse/young-adult (pour ne citer que Twilight par exemple), mais je n'aime pas ce qui est gnangnan et trop guimauve, avec la rencontre du type parfait dès les premiers chapitres, et encore moins les triangles amoureux. Pas de chance, je suis gâtée ici *tousse*, et j'avoue avoir survolé quelques passages inintéressants entre Laurel et David, je ne pense plus avoir l'âge et/ou l’intérêt pour apprécier ces moments...

Je n'ai rien contre Laurel, qui bien qu'énervante question cœur reste une adolescente attachante, agréable à suivre, et courageuse dans les moments difficiles. Elle n'est pas tout le temps à geindre sur ce qui lui arrive, et quand c'est le cas elle se ressaisit plutôt rapidement. Bon point supplémentaire donc ! Par contre David est un cliché du jeune garçon mignon, intelligent, bienveillant et beau gosse, impossible d'accrocher à ce personnage.

Le deuxième prétendant de Laurel, Tamani, est cependant un petit coup de cœur, et c'est d'ailleurs grâce à lui qu'on en apprend plus sur la véritable nature de Laurel. Il va aussi redonner du pep's, du cynisme et du piquant dans les dialogues et la confrontation finale avec l'antagoniste. J'ai plus qu'adoré l'intensité des passages entre lui et Laurel, surtout le dernier chapitre qui est juste incroyable. Et si vous êtes comme moi, une grande adoratrice des elfes, sachez que Tamani en est un. Ce personnage était donc définitivement fait pour me plaire, bien que je déplore sa courte présence dans ce tome !


En conclusion ce premier tome souffre de grosses lenteurs et d'une romance guimauve à souhait, dont je ne trouve mon compte que lorsque Tamani est dans les parages. Cela dit l'univers est fascinant, l'auteure semble avoir de bonnes idées et l'histoire se lit facilement (je me suis prise au jeu malgré tout), et rien que pour ça je lui laisse une seconde chance. Je suis donc curieuse de connaître la suite des aventures féeriques de Laurel, ses déboires contre les trolls, l'évolution de sa relation avec Tamani, et pourquoi pas en (sa)voir plus sur Avalon !

13.1.20

[CHRONIQUE] Le prince de la brume


Le prince de la brume – Carlos Ruis ZAFON
Éditions Pocket – 188 pages – 6€95
2012

 Ma note finale : 16/20

☆☆☆

« 1943, Angleterre.
Pour fuir la guerre, la famille Carver s'installe dans un village perdu sur la côte. Mais, à peine franchie la porte de la maison, des événements étranges se produisent...

Avec leur nouvel ami Roland, Alicia et Max Carver vont peu à peu percer les secrets de la vieille demeure et apprendre l'existence d'un certain Caïn, surnommé le Prince de la Brume. Un personnage diabolique revenu s'acquitter d'une dette très ancienne...

Voilà les trois enfants lancés à la découverte d'épaves mystérieuses, de statuettes enchantées, de gamins ensorcelés... Une aventure extraordinaire qui changera leur vie à jamais. »

☆☆☆

Ce roman est en réalité une relecture, puisque je l’ai lu il y a quelques années maintenant et que je n’en garde que de vagues souvenirs – à part celui d’avoir adoré l’histoire - . Je suis sincèrement contente que mon ressenti soit le même aujourd'hui, que la magie des mots, du mystère, de la terreur et de la mélancolie fonctionne toujours. Je ne pense cependant pas relire la suite de cette trilogie, car les deux autres tomes ne m’avaient pas laissé un souvenir extraordinaire.


C’était donc un réel plaisir de plonger aux côtés de Max, Alicia et Roland, pendant cet été de 1943 où leurs destins vont basculer à cause d’une seule personne : le prince de la brume, Caïn, dont l’ingéniosité et le sadisme à de quoi faire frémir. Il n’a qu’un seul et unique but lors de son retour d’entre les morts : se venger. Mais de qui ? De quoi ? Et surtout comment les enfants vont-ils survivre face à lui ?

Même si on le voit peu dans le récit, la présence de cet antagoniste est glaçante, sinistre, omniprésente – par le biais de souvenirs ou d’apparitions soudaines - . Rarement j’ai ressenti ceci lors d’une lecture, même si dans mes souvenirs j’en avais eu beaucoup plus peur ! Il y a pas mal de suggestions, de phénomènes paranormaux, d'histoires d'immortalité et de malédiction : c’est bien écrit, bien amené, et ce dès les premières pages, avec l’arrivée de la famille Carver dans leur nouvelle maison. Je n’adhère pas à toutes les formes d’horreurs présentes, mais c’est cohérent du début à la fin.

Je me suis rapidement attachée à la petite bande. Bien que je ne suis pas une fan de romance, je suis contente de ne pas avoir des tas de passages dessus, l’auteur se concentrant sur Caïn, son histoire et ses mauvais coups sur les protagonistes. Je trouve d’ailleurs que le couple Alicia/Roland est formé trop rapidement pour paraître crédible. Heureusement que Max possède une grande curiosité qui a fait avancer le récit plus d’une fois, surtout pour obtenir des révélations de la part du grand-père de Roland. Ce sont d’ailleurs mes passages préférés du roman, j’ai aimé ce retour dans le passé afin d’en savoir plus sur les précédents habitants de la maison de Max et de comprendre les phénomènes étranges qui se passe.

Pourtant, si je n’ai qu’un seul gros point négatif à citer, c’est au sujet de l’épilogue. La fin est bien trop précipitée, froide dans les sentiments – alors que tout le monde n’est pas concerné par le happy end -, et pas mal de personnages sont tombés dans l’oubli : je pense à la petite sœur de Max et Alicia, ainsi que leurs parents. Je n’ai pas non plus eu le sentiment d’un village « vivant », même si le coin semble perdu, je n’aurai pas dit non à quelques personnages supplémentaires…

☆☆☆

En conclusion cette relecture confirme mon impression sur ce roman : c’est toujours un bon moment à passer avec ce trio uni le temps d’un été contre une entité maléfique ; et bien que l’auteur maîtrise son récit et propose une forme d’horreur et de fantastique qui me plaît je reste déçue par cette fin expédiée en trois pages. Certes, le récit est court et l'auteur se concentre sur l'essentiel, mais je garde un petit goût amer pour le sort de quelques personnages, et la non-utilité d’autres...

27.11.18

[Chronique] Dracula


• Dracula 
1897
Bram STOKER
Editions Pocket
511 pages
• 5€50 

"Répondant à l'invitation du conte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu'éprouver une angoisse grandissante. Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l'apesanteur...
Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d'un homme qui n'est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres..."

Un grand classique de la littérature que j'avais hâte de découvrir, et j'ai profité d'Halloween pour m'y plonger complètement. J'en ressors plutôt conquise, et je ne suis pas déçue des aventures de Jonathan, Mina et leur compagnie !

Je ne m'attendais pas à ça du côté de l'histoire, et ce n'est peut être pas plus mal. L'épisode dans le château de Dracula est assez court, je pensais qu'on allait y être plus longtemps. En vérité cela sert d'introduction au légendaire vampire et à ses préparations pour son voyage à Londres, avec l'aide (involontaire) de Jonathan. J'aime beaucoup le personnage de Dracula : mystérieux, effrayant, maléfique, très malin, il est tel que je me l'imaginais. Le reste du livre est consacré aux quotidiens mouvementés et étranges de Mina, Lucie et du docteur Seward, à travers des entrées de journal, des lettres, des télégrammes. Cela donne au récit un aspect découpé dans la narration et dans le temps, il faut donc être vigilant à qui écrit quoi et le destinataire mais je n'ai pas été perdue une seule fois.

Pendant la majorité du livre nous suivons ainsi le groupe de protagoniste à travers leur découverte de l'étrange, leur enquête pour sauver Lucie, leur connaissance des plans de Dracula et leur course-poursuite de ce dernier afin d'aider Mina. Si l'histoire est prenante j'ai trouvé pas mal de longueurs à certains moments, surtout dans la période où Van Helsing essaye de leur dire qu'un vampire est parmi eux. Le récit aurait gagné en vitesse si le chasseur de vampire avait voulu partager son opinion dès le début, même si je sais que le scepticisme est le gros problème de son public. Pire, il y a des pavés de dialogues avec des personnages secondaires qui m'ont fait lire quelques pages en diagonales, surtout quand le patois est utilisé... Je trouve également la fin expéditive, je m'attendais à un combat plus long, plus glorieux face à Dracula, même si la poursuite est intense. Ces déceptions restent évidemment mineures face au plaisir que j'ai globalement éprouvé à chaque chapitre.

Du côté des personnages j'avoue avoir un coup de cœur pour Mina, qui malheureusement souffre de sa condition de femme à l'époque de l'écriture. Elle est intelligente, gentille, optimiste et aide énormément le groupe (qu'est-ce qu'ils auront fait sans elle, vraiment ?), et cela m'a fait du mal de voir qu'elle soit considérée comme faible par certains hommes du livre, et qu'on a même voulu l'écarter de l'enquête... Jonathan est un bon personnage, il forme un beau couple avec Mina et je ne peux qu'approuver la force et le courage que son amour lui donne ; pareil pour Van Helsing qui est fascinant à lire et impose sa réflexion. Je suis plus réservée pour le docteur Seward, Quincey Morris, Lucie et Arthur. Ils sont tous importants pour l'histoire et apporte une touche de douceur, d'amour, de détermination, de tragédie à travers les épreuves de Dracula, mais je ne garderai pas un souvenir impérissable d'eux.

En conclusion je suis contente d'avoir lu ce roman qui attendait sagement depuis trois ans dans ma bibliothèque, je l'ai lu au bon moment ce qui fait que j'ai pu l'apprécier comme il se doit. Malgré les longueurs et d'autres petites déceptions mineures cela reste une très bonne lecture, Dracula m'a fasciné et s'est montré à la hauteur de mes attentes !