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3.7.21

Les Carnets de l'Apothicaire, tome 3


! ATTENTION AUX SPOILERS DANS LE RESUME !


❝Après avoir réussi à sauver Lifa, Mao Mao est conviée à la réception d'hiver, un grand banquet qui réunit les personnalités les plus importantes de la cour intérieure. La jeune apothicaire ne s'y rend pas seulement en tant que dame de compagnie, mais aussi comme goûteuse de Gyokuyo… 
C'est donc devant une assemblée médusée que Mao Mao déguste une soupe empoisonnée... qui n'était pas destinée à sa maîtresse ! En effet, c'est la cadette des quatre concubines, Lishu, qui semblait visée. Quelle vérité se cache derrière cette étrange manigance ? ❞


Une fois de plus le coup de cœur se confirme avec ce troisième tome, toujours aussi intéressant d’un point de vue scénaristique et avec un graphisme de qualité !

Dans ce tome on va avoir l’occasion de quitter la Cour Impériale et ses complots pour visiter le Quartier des plaisirs, lieu où Mao Mao a grandi avec son maître, un apothicaire de grande renommé. Seulement, la jeune fille n’est pas au bout de ses peines puisque dès son arrivée chez elle une affaire sordide a lieu...

J’ai adoré avoir un peu plus de détails sur la Cour et son fonctionnement, notamment le système des épingles que la protagoniste a obtenu dans le précédent tome. Cela apporte des quiproquos à la pelle qui m’ont bien fait rire, surtout du côté de Jinshi !
Aussi, le dénouement sur l’empoissonnement des concubines se voit un peu plus développé, mettant en valeur les connaissances de Mao Mao, ce qui me satisfait encore plus.

Pour cette dernière, on découvre des petits détails sur sa vie d’avant, sur le pourquoi elle a tant de connaissances et ses relations avec ses anciennes « partenaires ». L’intrigue principale dans le Quartier des plaisirs est fascinante, troublante dans ses révélations, avec une touche dramatique. J’espère avoir l’occasion de lire d’autres histoires de ce genre dans les prochains tomes.

Je suis également ravie de découvrir une autre facette de Jinshi, mon petit chouchou qui reste encore mystérieux sur certains points. Le voir jaloux, fatigué et triste lui donne de la profondeur, loin de l’image 100 % taquin dont on a l’habitude. Et je suis encore plus attachée à lui désormais !

Le dernier mot
Je deviens vraiment accro à ce manga, avec son histoire, ses personnages et son univers ! Je suis ravie d'en savoir plus sur le Quartier des Plaisirs ainsi que sur le maître de Mao Mao, ça coupe un peu avec les intrigues de la Cour. Aussi, j'ai adoré les scènes avec Jinshi, qui se montre sous un nouveau jour ! Je reste toujours fascinée par ces histoires de complots, de poisons... Vite la suite !

Chroniques des tomes précédents

12.6.21

Les Carnets de l'Apothicaire, tomes 1 & 2


❝  À 17 ans, Mao Mao a une vie compliquée. Formée dès son jeune âge par un apothicaire du quartier des plaisirs, elle se retrouve enlevée et vendue comme servante dans le quartier des femmes du palais impérial ! Entouré de hauts murs, il est coupé du monde extérieur. Afin de survivre dans cette prison de luxe grouillant de complots et de basses manœuvres, la jeune fille tente de cacher ses connaissances pour se fondre dans la masse.

Mais, quand les morts suspectes de princes nouveau-nés mettent la cour en émoi, sa passion pour les poisons prend le dessus. Elle observe, enquête... et trouve la solution ! En voulant bien faire, la voilà repérée... Jinshi, haut fonctionnaire aussi beau que calculateur, devine son talent et la promeut goûteuse personnelle d'une des favorites de l'empereur. Au beau milieu de ce nid de serpents, le moindre faux pas peut lui être fatal ! 


Une sortie très attendue lors de sa publication française, et bien que les couvertures soient ravissantes j’ai attendu un petit moment avant de me plonger dedans. Son succès est amplement mérité, ce manga est une vraie petite pépite graphique qui va rejoindre mes coups de cœur de 2021 !

L’histoire se focalise sur une jeune femme, Mao Mao, et son destin quelque peu particulier. Elle a grandi dans le quartier des plaisirs avec comme père un apothicaire de renom, puis a été enlevée et vendue comme servante à la Cour Impériale. Pourtant, elle ne se laisse pas abattre, quitte à sortir des sentiers battues avec son caractère… et ses connaissances en poison ! De ce fait, elle sera vite repérer lors d’une sordide affaire, devenant goûteuse pour une des ravissantes favorites de l’empereur, à savoir Gyokuyo.

J’ai accroché dès les premières pages à l’ambiance et l’univers. Découvrir la Cour, ses complots, ses personnes influentes, ainsi que le quotidien des servantes et le curieux métier de Mao Mao ; tout est distillé au fur et à mesure des chapitres et des événements que vit la protagoniste. Pas d’indigestion d’informations donc, et cela apporte de la cohérence. En deux tomes la concurrence entre les favorites (et leurs servantes) fait rage, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, et le ton est donné pour la suite.

Je suis fascinée par l’aspect « apothicaire », bien mis en scène pendant les enquêtes et expliqué de façon simple et efficace. Les intrigues politiques ne sont pas compliquées à comprendre, bien qu’il faut retenir (rapidement) les noms des personnalités gravitant autour de l’Empereur, ainsi que leur place et leur passif. Surtout au niveau des personnages féminins car ce manga leur apporte une place importante, peu importe leur condition. Et c’est un excellent point que je retiens.

Je suis également marquée par les personnages introduits dans ces deux premiers tomes, à savoir Mao Mao et Jinshi. La jeune femme sort des carcans avec son caractère : implacable, intelligente, serviable, avec une tendance à (un peu trop) aimer les poisons, quitte à en consommer régulièrement pour sa culture personnelle ! Pour ce qui est de Jinshi, cet homme garde une aura bien mystérieuse autour de lui : joueur, séducteur, souriant, j’ai encore du mal à cerner ses vraies ambitions par rapport à Mao Mao, mais j’aime déjà la dynamique entre ces deux-là ! Je suis donc curieuse d’en savoir plus sur lui dans les prochains tomes.

Là où le manga m’a le plus charmé, c’est au niveau du graphisme. C’est propre, c’est très expressif, c’est détaillé au niveau des décors et des costumes, et les couvertures sont splendides. En tout cas, en terme de narration et d’illustration, c’est une réussite de mon côté. Il me tarde de me plonger dans la suite !

Le dernier mot
En l’espace de deux tomes j’ai eu un coup de cœur pour ce manga. Des personnages principaux marquants, une histoire intrigante, une part d’originalité et un style de dessin soigné. Il me tarde de découvrir les futures péripéties de Mao Mao à la Cour car le titre est prometteur !

27.3.21

Outsiders, tome 1


[TW] Sang / violence (meurtres, affaires criminelles)


❝ Ema est une lycéenne pleine d'énergie et de ressources. Quand sa grande sœur ne donne plus de nouvelles, elle se lance sur sa piste au beau milieu de la nuit... pour la retrouver évanouie dans les bras d'un vampire en plein combat contre un loup-garou ! Repérée, elle est assommée et emportée par le suceur de sang. Mais son kidnappeur n'est autre que Tamaki, un collaborateur de sa sœur ! Plus étonnant encore, celui qu'il affrontait est à la fois son employé et son protégé, Taiga...

Les deux créatures surnaturelles cohabitent dans la clandestinité, alors même que leur nature les destine à se détruire mutuellement. Comment peuvent-elles bien vivre ensemble ? Depuis des siècles, le vampire se sert de son pouvoir d'amnésie pour cacher leur identité et se fondre dans la société humaine. Étrangement, sa technique ne fonctionne pas sur la jeune fille... Elle accepte de garder leur secret, mais est bien décidée à les tenir à l'œil ! ❞


Et oui, rien que le résumé laisse présager le pire : une énième histoire de vampires et de loups-garous, avec des secrets, de beaux messieurs puissants et torturés, et une jeune fille qui se retrouve plongée dans leur quotidien par hasard. Pourtant, la fana de ce genre d'histoires que je suis a plutôt bien aimé ce tome d'introduction, car il a de bons atouts.

C'est donc l'histoire d'Ema que nous allons suivre, alors qu'elle découvre que des créatures mythiques existent littéralement dans son monde. Pour cette lycéenne orpheline férue d'honneur et de justice, c'est un comble, surtout que Tamaki et Taiga sont loin d'être discrets lorsqu'ils se tapent dessus (la sœur d'Ema en fait d'ailleurs les frais). Mais derrière cette colère se cache des sentiments contradictoires et deux passés sombres, remettant en cause l'éternel rivalité qu'on colle systématiquement aux vampires et aux loups-garous. Dans cette situation, la jeune fille est plutôt curieuse : elle va donc travailler avec eux afin d'en savoir plus - et aussi un peu pour surveiller leurs bêtises.

L'angle du récit est intéressant et permet au manga de se démarquer un peu du lot : au lieu de se pencher sur le combat entre deux créatures fantastiques et leur rivalité, la mangaka décide d'aborder leur coexistence "presque" pacifique, et surtout leur envie de lutter contre les criminels vampiriques ou lycanthropes. Alors après quelques chapitres purement introductifs pour incruster Ema dans ce duo, nous sommes plongés de suite dans une enquête qui apporte déjà pas mal d'éléments sur l'univers d'Outsiders. Et chez moi, ça a marché !

Ema est un peu difficile à apprécier dans un premier temps. Elle a une histoire dure et compliquée, mais je la trouve trop tête brûlée et absorbée par ses idéaux. Cependant, elle connaît déjà une belle évolution dans ce tome, surtout avec Taiga et Tamaki, et je suis curieuse de voir ses prochaines interactions avec eux. 
Pour ce qui est des deux hommes, je suis déjà attachée à eux car ils ont une bonne dynamique "chaotique-neutre". Ca se tape dessus et ça se parle mal, mais ils sont aussi bosseurs et désireux de débarrasser la ville de toute menace venant de leurs clans. Quelques éléments sont distillés dans ce tome, permettant de comprendre que tout n'est pas aussi beau dans la vie d'un immortel, et qu'un loup-garou vit avec pas mal de contraintes. Bref, je trouve leur duo intriguant et efficace !

Je reste cependant plus mitigée au niveau des dessins... Autant certaines planches sont belles, avec une bonne dynamique lors des scènes d'actions, autant certains dessins ont des traits brouillons, avec des expressions du visage pas franchement jolies. Un résultat inégal donc, mais qui ne m'a pas empêché d'apprécier ma lecture.

Le dernier mot
Un premier tome qui me rend curieuse pour la suite. Pas très compliquée de faire craquer la fana de vampire en moi, mais il y a une petite part d'originalité qui fait la différence. La dynamique des trois protagonistes est intéressante, surtout que chacun à sa personnalité et ses fardeaux. Si on garde le format enquête, ça me convient aussi. A voir ce que le second tome aura dans le ventre !

5.1.21

Aria - The Masterpiece, tome 1



❝ Au XXIVe siècle, la planète Mars a été terraformée sur le modèle de Venise. Elle abrite maintenant une magnifique cité bâtie sur les eaux, où les canaux jouent le rôle de routes et les bateliers celui de guides incontournables pour naviguer dans les méandres de cette ville au charme légendaire…

Akari, terrienne d'origine, réalise un rêve d'enfance quand elle débarque à Néo-Venise afin de commencer son apprentissage du métier d'ondine, qui fera d'elle une professionnelle de la gondole. Pour cela, elle entre chez ARIA, une société tenue par… un chat doué d'intelligence ! L'unique employée, la belle et douce Alicia, sera son mentor et sa protectrice dans ce monde dont Akari a tout à apprendre... ❞

Aria est une excellente découverte, je ne m'attendais pas à être aussi charmée par ce Néo-Venise reposant et par les péripéties d'Akari dans sa nouvelle vie. Je cherchais une lecture doudou et je suis bien tombée !

Ce premier tome est assez introductif : on y découvre le quotidien d'Akari, une jeune terrienne qui débarque sur Aqua, à Neo-Venise, afin de devenir ondine. Ce métier est incroyable mais aussi très dur, pourtant la protagoniste est déterminée à conduire des gondoles et aider les gens. C'est avec son insatiable curiosité et sa bonne humeur permanente qu'elle apprend chaque jour de nouvelles choses, du secret que cache son patron "chat" aux coutumes de la ville.

Le manga est purement contemplatif, avec une pointe de poésie et de nostalgie. Ici, pas d'action, de personnes à sauver, de danger imminent. Il faut simplement se laisser porter par le récit, s'émerveiller en même temps qu'Akari devant des feux d'artifice, le temps de Néo-Venise, le professionnalisme des autres ondines. J'ai adoré en savoir plus sur l'univers de la mangaka, qui est fascinant et intriguant.

J'apprécie déjà les principaux personnages de l'histoire. Akari est adorable et optimiste, elle m'a fait pas mal rire aussi à cause de ses maladresses. J'ai très envie de lire la suite de son parcours, ainsi que celui de son amie Aika. Alicia est une ondine sérieuse et douée, elle apporte également une bonne énergie et de la douceur. Il faut apprécier le côté étrange des directeurs des agences d'ondines, cela fait partie du charme du titre et ça a fonctionné chez moi - en même temps j'aime bien les chats, je ne suis pas difficile !

Autre petit détail important : c'est une réédition de deux titres de la mangaka, à savoir Aria et Aqua. L'objet-livre est d'une très bonne qualité, avec un format un peu plus grand qu'un manga classique, des pages couleurs, des dorures sur la couverture. Je trouve que c'est une belle réédition qui met en valeur ce titre atypique aux nombreux atouts !

Le dernier mot
Ce premier tome est une parfaite introduction à un monde contemplatif et poétique. Dès les premières pages j'ai passé un bon moment avec Akari et les autres personnages peuplant Néo-Venise. J'apprécie cet univers, sa lenteur, ses décors. Il me tarde de découvrir la suite !

14.3.20

[CHRONIQUE] Les Mémoires de Vanitas, tomes 6 & 7


Les Mémoires de Vanitas, tomes 6 & 7 - Jun MOCHIZUKI
Editions Ki-oon (Shonen) - 208 pages (T6) et 240 pages (T7) - 7€90 le tome
2019 (T6) et 2020 (T7)

Ma note finale pour les deux tomes : 19/20

☆☆☆

Résumé du tome 6, ATTENTION AUX SPOILS !

" Vanitas et Noé ont quitté Paris pour aller enquêter sur la Bête du Gévaudan, qui, d'après la rumeur, serait en réalité un maudit. Malheureusement, ils ne sont pas les seuls sur l'affaire : l'Église a elle aussi envoyé ses chasseurs, tandis que lord Ruthven a chargé son bourreau d'abattre le monstre...

Il n'en fallait pas plus pour transformer la forêt en véritable champ de bataille ! Mais alors qu'il s'apprête à utiliser son grimoire pour mettre fin à l'affrontement, l'héritier de la lune bleue perd le précieux ouvrage... Et celle qui le récupère n'est autre que Chloé d'Apcher, la sorcière d'argent, qui vient également d'enlever Noé ! "

☆☆☆

Mon avis sur le tome 6 :

Quel plaisir de replonger dans un de mes mangas préférés, tout droit sorti de l'imagination de l'une de mes mangakas préférées - à savoir Jun Mochizuki ! Dans ce tome on en découvre enfin plus sur Chloé, la sorcière d'argent, et le mystère autour de la bête du Gévaudan. Le danger reste en arrière-plan, sans pour autant disparaître, et Noé profite de sa situation pour enquêter de son côté ; j'ai aimé l'ambiance tendue et un peu glauque instaurée tout au long des chapitres. 

J'ai adoré toutes les révélations apportées au compte-goutte, tout comme j'ai été touchée par les relations tissées entre Chloé, Jean-Jacques, Ruthven et Jeanne. Je suis particulièrement fan du flash-back sur la vie de Chloé, où l'on apprend la vie qu'elle a mené loin du monde, ses peurs, ses rencontres, sa lente descente dans les enfers. La mangaka a vraiment un don pour créer de tels personnages, si bien qu'il m'est impossible de détester chacun de ces vampires.

L'humour fait toujours mouche chez moi - Jeanne m'a bien fait rire au tout début -, tout comme les moments tragiques. Je regrette cependant la présence de Vanitas : bien que je ne le porte pas encore dans mon cœur ses interactions houleuses avec Noé et son aura mystérieuse m'ont un peu manqué, vu sa presque absence ici. Je reste très curieuse de connaître la tournure que vont prendre les événements puisque la plupart des protagonistes vont au même endroit - pour des objectifs différents - !

☆☆☆

Mon avis sur le tome 7 :

Ce tome comporte plus d'actions que le précédent, pour mon plus grand plaisir, surtout que ce tome marque le retour d'Adolphe : je suis intriguée par ce personnage au tempérament de feu, qui haït les vampires de tout son être. Au fur et à mesure des chapitres l'ambiance devient tendue, notamment parce que la plupart des personnages principaux se rejoignent aux alentours du château de la bête du Gévaudan. Certains veulent tuer la Bête, d'autres veulent la sauver, et d'autres encore convoitent une mystérieuse machine : les confrontations sont inévitables, et revoir des visages familiers m'a fait très plaisir !

J'ai adoré en savoir plus sur Jeanne et Chloé, elles sont touchantes et attachantes, j'aime les liens tissés entre elles. Et que dire de leur force de caractère, les sacrifices et/ou les manigances qu'elles acceptent pour sauver leurs proches ! Je suis ravie d'avoir aimé ces personnages dès leur première apparition. Secrètement j'espère que tout va s'arranger, mais je connais la mangaka, et je m'attends à tout...

Le déroulement de cet arc ne cesse de m'intriguer et de me plaire, surtout avec une révélation pareille sur l'entité qui vole les noms véritables des vampires. Attendre désormais la sortie du tome 8 va être compliquée, mais je suis impatiente de lire la suite et de connaître le destin de la sorcière d'argent et de la bête du Gévaudan (et peut-être son dénouement ?)

26.12.19

[CHRONIQUE] ReLIFE, tomes 1 & 2


ReLIFE, tomes 1 & 2 – YAYOISO
Éditions Ki-oon (Shonen) – 180 pages (T1) / 186 pages (T2) - 9€65
2016
Se procurer le tome 1 / le tome 2 sur Gibert

Ma note finale : 15/20

☆☆☆

« À 27 ans, la vie d’Arata est loin d’être celle qu’il imaginait dix ans plus tôt : sans travail, sans petite copine, il n’a même pas le courage d’avouer à ses amis qu’il est sans emploi et se force à jouer la comédie. Son erreur a été de démissionner de son premier poste seulement trois mois après son entrée dans l’entreprise. Sur un CV, ça ne pardonne pas ! Chaque entretien d’embauche se solde par un échec. Cerise sur le gâteau : sa mère lui porte le coup de grâce en lui annonçant la fin de son soutien financier d’ici un an…

Arata est au bord du gouffre quand le mystérieux Ryo Yoake, employé de l’institut de recherche ReLIFE, frappe à sa porte et lui propose de participer à une expérience de réinsertion sociale, qui passe par… une année de retour au lycée ! Le jeune homme n’a rien à perdre. Il avale la pilule qui lui redonnera l’apparence de ses 17 ans et reprend le chemin de la terminale. Sa nouvelle vie d’adulte parmi les ados commence… »

☆☆☆

Je poursuis petit à petit la découverte des mangas proposés par ma bibliothèque, notamment avec ce titre que j’ai déjà vu à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux. A vrai dire, le résumé m’a pas mal attiré : cette histoire de seconde vie lycéenne, de nouveau départ, avec un avis et surtout une critique sur la société japonaise, le tout sur fond de slice of life adolescente et pleine de sensibilité : je dis oui ! A la fin du deuxième tome je ressors ravie – et un peu chamboulée - de cette lecture, bien que loin d’avoir eu un coup de cœur pour ce manga.


Tu leur ouvres un chemin tout tracé : est-ce vraiment une bonne chose pour eux ?

Les erreurs de jeunesse, les blessures et les frustrations sont de vraies leçons de vie.

C’est important aussi, tu ne crois pas ?


Le premier tome est très abordable en terme de rythme et d’histoire, surtout pour introduire les différents personnages que l’on va suivre, en particulier le jeune Arata dont la vie va basculer lorsqu’un homme de l’institut ReLIFE lui propose une pilule miracle. Mais qu’a-t-elle de si miraculeuse ? Elle permet de rajeunir de dix ans, et dans le cas d’Arata cela va le conduire à l’âge de dix-sept ans : il devient ainsi un objet d’étude pour l’institut, avec à la clé l’opportunité de trouver un travail stable au bout d’un an de lycée. Cette seconde chance et ce retour dans un parcours scolaire ne va pas se faire sans soucis, mais il va (ré)apprendre à dialoguer avec ses camarades, trouver la motivation, rire un bon coup, mais aussi aider ses nouveaux amis à affronter les obstacles du chemin vers la vie d’adulte en société.

C’est sans doute pour ce côté trop introductif, peu approfondi du côté des personnages et un poil lourd niveau gags que je n’ai pas tant accroché que cela au premier tome, malgré ma curiosité grandement piquée par Ryo Yoake, son travail d’observateur, les véritables objectifs derrière le projet ReLIFE : j’ai clairement senti qu’il y a des choses pas claires derrière ceci, surtout dans les conditions du test, et j’espère vraiment en savoir plus dans les prochains tomes !

Pourtant, à partir du deuxième tome, j’ai été assez surprise par la tournure des événements et par quelques personnages. J’ai moins ri, même si l’humour est toujours présent, mais j’ai été touchée par deux personnages en particulier : Chizuru Hishiro et Rena Kariu (surtout cette dernière). Leurs caractères sont différents, à l’opposé même ; mais leur duo porte à la perfection ce tome et son intrigue. La mangaka aborde des thématiques fortes pour la période de l’adolescence, bien traitées à mon sens, et criant de vérité. La timidité, le mal-être, la jalousie, l’obsession de la perfection et des bons résultats, la compétition, comprendre l’attitude et la parole d’un autre individu (et se méprendre sur un sourire), l’amour à sens unique… Il y a pas mal de réflexions, de passages qui m’ont rappelé bien des moments que j’ai traversé, des pensées que j’ai eu (et que j’ai toujours parfois). Et rien que pour ces émotions et la fin du deuxième tome je vais continuer ce manga qui a pas mal de potentiel !

Cela dit, si j’avais un petit reproche à lui faire, c’est bien au niveau du graphisme. Je ne suis pas spécialement fan des dessins et de leur qualité par moment (il y a des cases « pixelisées » dans les gros plans). Les personnages masculins sont assez similaires au niveau des visages, ce qui rend la compréhension des dialogues compliquée. Je n’ai rien non plus contre la colorisation entière des planches (ce qui est peu courant pour un manga !), mais je pense que c’est surtout à cause de ce point que je n’adhère pas au résultat final. Le manque d’habitude sans doute... Ce n’est donc qu’une question de goût personnel, et je sais que cela plaît à pas mal de personnes d’après des avis que j’ai lu sur Livraddict ou Babelio. J’ai par ailleurs bien conscience que c’est une web-série à la base, donc je ne jugerai jamais sévèrement le travail de la mangaka qui arrive à s’en sortir avec une histoire prenante et des personnages haut en couleur !

☆☆☆

En conclusion je ressors plutôt conquise de ma lecture, bien que ce ne soit pas un coup de cœur graphique. Ma curiosité est piquée sur pas mal de points, que ce soit le scénario, les zones d’ombre autour de ReLIFE et quelques personnages touchants. Il faut aller plus loin que le premier tome pour mieux cerner le potentiel du manga, et c’est pour cela que j’ai nettement plus appréciée le deuxième tome qui, je l’espère, annonce la couleur pour la suite !

12.10.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 6


« Haru a été enlevée pour servir de repas au chef du gang des Lions ! Alors que Legoshi s'apprête à voler à son secours, Louis refuse de s'impliquer... Qu'à cela ne tienne, le carnivore ira seul. Heureusement, Gohin est là pour lui prêter main-forte, et le loup arrive à temps pour sauver celle qu'il aime !

Les deux lycéens se retrouvent seuls dans la ville nocturne, avec juste assez d'argent pour une chambre d'hôtel. Dans ce moment d'intimité suffocante, Legoshi décide de révéler à la lapine ce qui pèse sur sa conscience depuis trop longtemps : lui aussi a déjà failli la dévorer... »


Comme d’habitude, et vous connaissez la chanson si vous suivrez mes chroniques régulièrement : je ne présente plus le coup de cœur que j’ai avec ce manga, et la mangaka tient l’exploit de toujours me surprendre avec la suite. J’ai donc dévoré à la vitesse de la lumière ce sixième tome, et j’attends de pied ferme le septième, car les choses vont définitivement bouger !

Ce tome n’est rien d’autre qu’un tome de transition, surtout après toute l’action que l’on a eu avec le sauvetage d’Haru : on reprend pile où l’on s’est arrêté, avec Legoshi qui va se livrer – avec peine – à la lapine. Ce duo complexe et victime de leurs instincts est une fois de plus au cœur de l’histoire, mais pas que, pour mon plus grand plaisir : Juno revient sur les devants et va de son côté tenter de conquérir son comparse loup. Les deux filles font d’ailleurs des étincelles entre elles à cause de leur caractère, ce qui m’a bien fait rire. Pour ce qui est de Louis, j’avais deviné ce qui allait lui arriver, et cette nouvelle voie me conforte dans l’idée que ce personnage sort du lot parmi les autres. Je suis donc curieuse de voir ce que mon petit chouchou va désormais accomplir ! Que dire de la toute fin, où la question de l’élection du prochain Beastar est mis sur le devant : le prochain tome promet déjà d’être intense.

La mangaka continue de livrer petit à petit des informations sur son univers, ce qui ne cesse de me plaire : quelle surprise d’apprendre cette vérité sur les chiens et les chats ! Cela ajoute une dimension plus cruelle mais réaliste sur leur société contrôlée de A à Z. La fête de la météorite est à son apogée, c’était vraiment un événement sympathique à suivre – et marquant pour la plupart des protagonistes -.
Par ailleurs, j’ai adoré le chapitre sur le début de l’amitié entre Jack et Legoshi, ils sont vraiment adorables malgré leur différence de caractère. J’ose espérer plus souvent ce type de chapitres, et pourquoi pas sur les autres partenaires de dortoir de Legoshi !

Chaque personnage a ici bien changé : Haru ne semble plus aussi certaine de son attirance pour Louis, puisque Legoshi la trouble ; ce dernier ne lâche pas l’affaire avec la lapine ; Juno avance ses pions pour gagner en popularité et toucher à son but ; Louis suit une voie plus sombre mais il garde son courage et ses aspirations. Tous ses personnages me fascine, mais à un point, vous n’imaginez pas !

En conclusion ce tome est à l’image de toute la série jusqu’à maintenant : une réussite sur le plan de l’univers, de la société et des critiques à son sujet, des personnages et leur construction complexe. Attendre la suite dans un peu plus d’un mois va être difficile, surtout vu ce qu’annonce les dernières pages en matière d’intrigue !

1.10.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 5


Beastars, tome 5 – Paru ITAGAKI
Éditions Ki-oon (Seinen) – 191 pages – 6€90


Attention aux spoils dans le résumé !

« Bill est tombé sur une information sensible : Louis, le cerf que toute l'école admire, est en fait le rescapé d'un abominable trafic de "proies vivantes'. Mais quand le tigre tente d'utiliser ce tuyau à son avantage, il se retrouve avec un pistolet braqué sur le crâne... L'ancienne victime n'a aucune intention de reprendre le rôle, et les carnivores qui se mettront en travers de son chemin en feront les frais !
De son côté, Legoshi est toujours aux prises avec ses émotions. Incapable de s'éloigner de Haru, il finit par lui déclarer ses sentiments, seulement elle ne veut rien entendre ! Les deux lycéens ignorent encore que des fauves tapis dans l'ombre attendent justement la fin de leur conversation pour s'emparer de la petite lapine... »


J'ai trouvé une petite baisse de régime dans ce tome, qui m'a donc un peu moins plu que les précédents ; cela dit il reste tout aussi intéressant et addictif, avec beaucoup d'action, de surprise, de retrouvaille et encore une fois une fin qui donne qu'une seule envie : se précipiter sur la suite !

Haru est dans un sacré pétrin et je me doutais que ce tome serait entièrement consacré à son sauvetage. Je suis loin d'être déçue par Legoshi, qui n'a peur de rien et prend tous les risques pour sauver celle qu'il aime ; tandis que Louis se heurte à des adultes égoïstes et se retrouve impuissant face à la détermination du grand loup gris. J'étais dégoûtée pour lui... La scène entre ces deux personnages est d'ailleurs d'une telle violence et d'une telle puissance qu'elle fait clairement partie de ma scène préférée du tome. Ils vont continuer d'évoluer malgré tout : Legoshi en assumant son statut de carni et Louis en assumant son passé. Je crains d'ailleurs un peu ce qui va se passer pour ce dernier, sa situation ne me rassure pas vraiment...

Je suis contente de recroiser Gohin, le docteur panda croisé précédemment dans l'histoire, il me fait bien rire car il n'a pas sa langue dans sa poche, mais c'est sans doute le seul adulte "bienveillant" du coin, en n'hésitant pas une seule seconde à aider Legoshi dans sa folle tentative de sauvetage. Par contre Juno est pas mal absente ici, ce que je trouve un peu dommage car il y avait une possibilité de la faire réagir plus que ça aux événement en cours. J'espère la revoir un peu plus par la suite !

De son côté Haru m'a fait beaucoup de peine et j'étais en colère - et également terrifiée - envers ses agresseurs et ce qu'ils lui font subir [TW VIOLENCE] : harcèlement moral, obligation de se dénuder, viol [FIN TW VIOLENCE]. Elle perd plus d'une fois son courage et son humanité, et le testament qu'elle rédige dans son esprit m'a mis les larmes aux yeux. Je comprends désormais bien mieux ce personnage donc la personnalité est complexe, elle est loin d'une fille "facile" et une simple "allumeuse". Voir que Legoshi a finalement une place dans son cœur lui rend de l'espoir, et je trouve leur relation unique vraiment bien construite et fascinante à découvrir. Je suis curieuse de connaître sa réaction quand elle va apprendre le terrible fardeau que porte Legoshi depuis un bout de temps.

Je suis ravie que la mangaka parvienne une fois de plus à élargir son univers : on découvre tout ce qui est malsain et corrompu chez les adultes, le Gang des Lions, les trafics d'animaux... C'est à nouveau un tome sombre, oppressant et cruel qui est livré ici. Certaines scènes sont très dures, j'avoue que je n'ai pas été sereine à chaque page. Les personnages continuent d'évoluer à leur manière, bien que j'ai trouvé plus d'amertume dans la narration et les pensées des protagonistes. Je pense que le sixième tome sera sous le signe des bouleversements majeurs, et l'idée ne me déplaît pas !


" Oui, après 18 années de vie insignifiante, une lapine insignifiante disparaît. Je n'ai pas pu avouer mes sentiments à la personne que j'aime, je ne sais même pas pourquoi je suis née, ou ce que vaut ma vie. Je ne pars qu'avec des regrets ! "

24.9.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 4


Beastars, tome 4 – Paru ITAGAKI
Éditions Ki-oon (Seinen) – 208 pages – 6€90


Attention aux spoils dans le résumé !

« Pour préparer le festival de la météorite, le club de théâtre envoie un groupe de carnivores faire des achats en ville. Mais les lycéens s'égarent dans ce décor inconnu... Leurs pas les mènent jusqu'aux ruelles d'un sinistre marché, un lieu où les êtres vivants sont une denrée comme une autre.

Si Bill convainc facilement le reste de la petite équipe de se laisser tenter, Legoshi s'enfuit, écœuré... et tombe entre les griffes d'un mystérieux panda. L'animal, qui se prétend docteur, le met en garde contre les risques d'une amitié avec une lapine : d'après lui, le jeune loup finira inévitablement par dévorer Haru un jour ! »


J’avais conclu ma dernière chronique là-dessus : je pressentais l’importance de Legoshi, Louis, Haru et Juno, tant dans les liens qu’ils vont tisser entre eux que dans le lot de surprise et d’émotion qu’ils peuvent me réserver. Ce tome a frappé juste, très fort, et l’histoire prend désormais un tournant différent à cause des jeux de pouvoir, de manipulation et de séduction… Ce tome est une réussite, une fois de plus.

Le principal fil rouge du tome tourne autour des sentiments entre la quatuor cité précédemment, et ce pour mon plus grand plaisir. La complexité est de mise : jalousie, amour, doute, pouvoir, manipulation, secret ; la mangaka nous gâte par la psychologie assez riche de ses personnages. Chaque chapitre est une claque et un avancement décisif pour les événements à venir.

Je suis contente d’en savoir plus sur le début de la relation entre Louis et Haru, le cerf rouge est d’ailleurs plus naturel avec elle, plus avenant et souriant. C’est une autre facette de lui que j’ai découvert et qui me plaît bien. Que dire de son terrifiant passé ? Je comprends mieux son souhait et son ambition de devenir Beastar, bien que désormais il ne soit plus le seul de l’institut à vouloir le titre – ça ajoute un peu de piment, je trouve l’idée excellente -. Je suis par ailleurs émue par une petit scène vers la fin, décidément ce personnage ne cesse de ravir mon cœur.

Legoshi va en voir de toutes les couleurs lui aussi, surtout en apprenant que Louis connaît Haru, et plutôt bien même… Plus de doute possible sur ses sentiments, et le voir prendre conscience de cette vérité – qui va mettre un peu à mal sa relation avec Louis – est l’un de mes moments préférés de ce tome, sans l’ombre d’un doute. Il reste toutefois maladroit avec la lapine lorsqu’il a l’occasion de lui parler à plusieurs reprises, mais il continue dans la voie qu’il a choisi, en cherchant sans cesse un équilibre juste entre sa personnalité et son statut de carni. Il a sacrément évolué depuis le premier tome : il commence à s’assumer un peu plus ! Je trouve ce personnage extrêmement bien construit et fascinant à suivre, je me demande ce qu’il me réserve encore !

Juno a été une grande surprise, et cela m’a bien plu. Elle est de la même espèce que Legoshi, pourtant elle est différente de lui sur des tas de points. En l’occurrence, elle sait très bien ce qu’elle veut, comment l’obtenir, et ne semble pas s’arrêter à cause de la concurrence. La jalousie va aussi lui rendre visite, car elle découvre que le cœur de Legoshi est déjà pris par une autre femme… Je devine déjà plusieurs scénarios possibles, et je me demande ce qu’elle a encore sous le coude. C’est un personnage au fort potentiel, j’espère que la mangaka saura la mettre encore plus en avant par la suite.

Haru est l’objet de toutes les convoitises, et je m’attache toujours un peu plus à elle ; sa peur de vivre dans un monde en tant qu’herbi, ses doutes sur ses sentiments, sa sexualité, ce dont elle a envie de vivre mais qui ne sera pas éternel – son histoire avec Louis entre autre, les relations inter-espèce n’étant que des relations à court terme pour s’amuser -, tant de problème pour un si petit individu. Cependant elle a un fort caractère qui la rend à la fois amusante et bouleversante. J’aime la façon dont l’histoire tourne autour de ce personnage, et je pense que le prochain tome sera dans cette continuité, ce qui va énormément me plaire je pense !

Les dessins sont toujours aussi excellents, l’univers en devient captivant, soigné, expressif, oppressant. Je suis amoureuse des détails apportés dans les regards, la taille des différents protagonistes, le mélange de scènes qui sont tantôt dans l’obscurité totale ou avec une utilisation majeure du noir comme fond, tantôt dans une douce lumière bienveillante et révélatrice des sentiments. L’anthropomorphisme est une belle réussite, je tiens aussi à souligner ce point, tout est si naturel dans la gestuelle et les postures.

En conclusion ce tome m’a encore emporté du début à la fin dans l’univers de Beastars. De plus une de mes attentes principales a été comblé donc je ne peux ressortir que satisfaite de cette lecture ! La tournure que prend l’histoire principale devient plus torturée et angoissante, et je sens que je ne suis pas au bout de mes surprises pour ce qui est des protagonistes et de leur évolution. Il me tarde de lire le cinquième tome, de découvrir le résultat de ce festival de la météorite et de voir comment Legoshi va réagir à propos d’un événement.


« J'ai le souffle court, je me sens dos au mur, je souffre en permanence... Haru, tu peux sourire comme ça, alors ? Il faut que tu arrêtes parce que maintenant, c'est très clair ! Je suis tombé amoureux de toi ! »

17.9.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 3


Beastars, tome 3 – Paru ITAGAKI
Editions Ki-oon (Seinen) – 192 pages – 6€90
2019


Attention aux spoils dans le résumé !

« Blessé lors de la représentation d'Adler, Louis n'a d'autre option que de confier son rôle à Bill... Mais, après avoir découvert le secret du tigre, Legoshi entre dans une rage folle ! Le spectacle tourne alors au règlement de comptes... Tandis que réalité et fiction s'entremêlent, le public est fasciné et la pièce devient un véritable succès.

Les élèves doivent maintenant préparer un nouvel événement de taille : le festival de la météorite ! Pour ce faire, il va falloir que les membres du club de théâtre se rendent en ville... sauf que, de son côté, Legoshi ne pense qu'à une chose : retrouver la lapine du club de jardinage ! »


La mangaka réussit l’exploit de faire un tome encore meilleur que le précédent ! C’est toujours plus sombre, toujours plus mature, l’univers continue de se développer petit à petit ; mais elle sait nous dévoiler tout ceci avec parcimonie, histoire de nous donner envie de dévorer la suite. Sans mauvais jeu de mot. En tout cas c’est l’effet que ça me donne, je dis un énorme oui pour la suite !

L’histoire de ce tome est séparée en deux parties bien distinctes : d’abord la première partie reste centrée sur l’institut Cherryton et ce qu’il se passe entre ces murs, avec les conséquences de la dernière représentation du spectacle de théâtre sur la troupe et ses futures stars. C’est également l’occasion de voir un lien particulier se tisser entre Haru et Legoshi, entre préjugés, harcèlements et quiproquos. Je suis ravie de les revoir ensemble, même pour si peu de temps, et malgré les rumeurs et les remous que cela risque de causer. Il y a de la timidité, de la maladresse, des non-dits, les hormones d’adolescents aussi, de la peur à cause des instincts de chacun – manger ? fuir ? -, mais la discussion qu’ils entretiennent est forte de sens dans cet univers. Je ne sais pas encore jusqu’où cette relation va aller, surtout qu’à ma grande surprise Louis semble aussi bien connaître Haru, et à ce sujet je voudrais en savoir plus ! Je sens que ce trio va beaucoup me plaire.

Le chapitre qui sert de coupure à l’histoire était sympathique, et une fois de plus on apprend comment cette société existe et le rôle de chacun en son sein : si précédemment nous en savons plus sur l’importance de la tonte des carnis en été, et que le festival de la météorite approche à grand pas, il ne faut pas négliger les poules pondeuses qui font les meilleurs œufs pour les sandwichs de l’institut ! Je trouve cette petite touche d’humour et de tranche de vie rafraîchissant et divertissant, j’espère que par la suite il y aura d’autres chapitres de ce style.

Enfin, la deuxième partie est à mes yeux la plus fascinante jusqu’ici. Au revoir l’institut et bonjour la ville ! Voir Legoshi et quelques personnes de la troupe de théâtre évoluer dans ce secteur renouvelle le récit et apporte son lot de glauque, de situation oppressante, de vérité sur la vie d’adulte ; une fois de plus Legoshi va devoir s’affronter lui-même et savoir ce qu’il veut garder, oublier, expérimenter… Son aventure dans le marché noir et sa rencontre avec le docteur panda vont le faire évoluer, j’étais contente de voir que malgré tout il ne souhaite pas céder à ses pulsions, même si c’est difficile, et même s'il va devoir reconsidérer sa relation avec Haru, jugée dangereuse par monsieur le panda. C’est décidément un personnage fort appréciable qui ne cesse de s’affirmer et de me plaire, à contrario de Bill qui continue de m’exaspérer, je ne l’aime définitivement pas. Je reste néanmoins un peu choquée et dégoûtée par ce qu'il se passe dans ce fameux marché noir, je ne suis pas pressée d'y retourner...

Le tome introduit par ailleurs un nouveau personnage féminin : Juno, une louve, qui va avoir le coup de foudre pour Legoshi – normal puisqu’ils sont de la même espèce -. Je ne sais pas encore trop quoi penser d’elle, mais je suis sûre qu’elle va prendre de l’importance par la suite, alors je réserve mon opinion pour le prochain tome !
A mon grand regret Louis est assez écarté dans ce tome, au profit des autres protagonistes. Je ne dis pas non car c’était important de croiser des chemins et d’entamer des dialogues, mais sa prestance m’a un peu manqué après son discours auprès des journalistes. Peut être pour revenir en force dans le quatrième tome ? Je l’espère vivement !

En conclusion ce troisième tome était une réussite, encore plus que les deux premiers tomes. Les dessins sont toujours d’une excellente qualité (les jeux avec les regards bon sang, je suis fan), tout comme l’histoire qui ne cesse de se complexifier et de s’enrichir, même dans les plus petits détails. J’ai enchaîné les surprises, les fous rires, les tensions – surtout dans la deuxième partie -, mais la mangaka sait exactement où elle va et ce qu’elle doit nous montrer, en laissant toujours planer des mystères et des zones d’ombres. Legoshi, Haru, Louis, Juno : ce sont les personnages dont je suis curieuse de voir les liens évoluer, tout comme j’ai hâte de voir ce qu’ils vont m’offrir en terme d’histoire personnelle et d’émotion.


« - Nous vivons dans un monde complexe, chacun se débrouille comme il peut, entre les secrets, les contraintes et les conflits... C'est pourquoi dans l'absolu une décision n'est jamais ni bonne ni mauvaise !
Par contre, celui qui a des convictions finit toujours par se distinguer, même s'il exprime cette foi de façon grossière ou naïve… En tout cas, c’est mon avis ! »

10.9.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 2


Beastars, tome 2 – Paru ITAGAKI
Editions Ki-oon (Seinen) – 192 pages – 6€90
2019


Attention aux spoils dans le résumé !

« Malgré la mort d'un des principaux comédiens du club de théâtre, Louis refuse d'abandonner : la représentation d'Adler aura lieu comme chaque année... Legoshi se retrouve donc à faire le guet pour une répétition nocturne tout ce qu'il y a de plus clandestine.

Mais il y a pire... Dans la pénombre, la fuite d'une petite créature réveille les plus sombres instincts du loup, qui manque de dévorer l'inconnue ! Le carnivore est horrifié. Et pour ne rien arranger, voilà qu'il tombe nez à nez avec Haru, la jolie lapine du club de jardinage... qui n'est autre que sa proie de la veille ! »


Je l’avais déjà dit dans ma chronique du tome précédent : je n’étais pas loin du coup de cœur et j’attendais la lecture de ce second tome pour me prononcer à ce sujet. Bingo : je suis tombée dans l’univers de Beastars les deux pieds en avant, je suis juste fan du résultat !

On poursuit la découverte de l’Institut Cherryton, avec ses clubs – en plus du théâtre on découvre celui de jardinage et celui de journalisme - ; on aperçoit même un cours un peu particulier mais qui s’inscrit dans la bonne logique du manga : l’éco-journée, où tous les élèves doivent se rendre dans une salle propre à leur espèce afin d’être en adéquation avec la biologie de leur corps et éviter des accidents par la suite ! C’est ici que j’ai constaté que la mangaka a encore bien des choses à nous faire découvrir, son histoire est bien construite, solide, cohérente. J’espère qu’elle continuera à me fasciner de ce point de vue-ci !
Le tome reste majoritairement axé sur la représentation d’Adler et les derniers préparatifs ; cela va apporter son lot d’émotion, de surprise et de classe absolue, tout en permettant de voir un peu mieux d’autres facettes de Legoshi, Louis, et d’un nouveau personnage : Bill, un tigre à l’apparence sympathique mais qui cache bien son jeu également… Lorsque le rideau tombe pour la dernière fois sur la troupe, je n’avais qu’une envie : foncer dans la suite – j’ai déjà acheté tous les tomes sortis à ce jour, quand je vous dit que le coup de cœur est présent -

Je valide mes premières impressions : Louis et Legoshi portent à eux deux une grande partie du manga et de sa force, et je suis complètement sous le charme de leur relation extrêmement complexe et fascinante. Je ressens pourtant rarement de la tension quand je lis un livre, mais certaines scènes m’ont fait vivre une expérience particulière, j’en redemande volontiers !
Louis reste une personne froide, assurée et droite dans ses chaussures, pourtant à plusieurs reprises on peut voir cette façade s’effondrer : perte de sang-froid, manipulation, stress, envie de tout contrôler ; je ne sais pas si tout est volontaire dans ses intentions mais quoiqu’il arrive il restera mon personnage préféré.

Pas loin derrière Legoshi a aussi un excellent développement : timide, mal à l’aise avec Haru à cause d’un petit incident (cf. le tome 1), discret ; il va pourtant plus d’une fois prendre des initiatives, montrer un peu plus sa personnalité et assumer sa nature de loup, ce qui rend une scène à la fin du tome absolument mémorable à mes yeux. Sa naïveté va finir par causer un quiproquo assez cocasse qui m’a fait mourir de rire.

Haru ne m’a pas si surprise que cela, je me doutais bien que les rumeurs n’étaient pas totalement infondées, pourtant elle ne mérite pas cet isolement dans son club de jardinage, surtout qu’elle semble passionnée par ses activités. Cette réputation lui colle à la peau, mais je trouve ça adorable que Legoshi puisse penser différemment. Mieux : il souhaite la revoir malgré tout et est heureux à cette simple pensée -ah, l’amour -. J’espère sincèrement que j’apprécierai ce duo singulier.

Les autres personnages secondaires restent assez en retrait, bien qu’ils participent à rendre l’institut vivant et unique en son genre ; seul Bill va prendre un peu d’importance pendant la représentation d’Adler. Je ne suis pas spécialement attachée à ce tigre dont une révélation m’a assez dégoûté de sa personnalité. Il aura eu une bonne leçon j'espère !

Les dessins restent toujours particuliers à appréhender, mais je suis déjà habituée au style, qui se fond totalement dans l’univers et l’ambiance du titre. Il y a tellement de jeux dans les regards, l’ombre et la lumière, la différence de taille entre certains personnages, tout est réfléchi et important. Les visages sont très expressifs sans être dans l’exagération : la mangaka a réussi à créer des anthropomorphes attachants par leurs personnalités mais aussi par leurs traits et leurs attitudes.

En conclusion ce second tome est une excellente fin d’introduction à l’univers de Beastars : le ton est donné, il y a encore beaucoup de mystères dont je suis curieuse de découvrir les réponses, les personnages principaux sont tous attachants et complexes ; cela faisait un petit moment qu’un manga ne m’avait pas rendue si enthousiaste. La suite est déjà dans ma PAL alors je ne vais pas attendre très longtemps pour dévorer le troisième tome !


« Le fait que je sois fort, moi, un loup... ce n’est pas quelque chose de positif. Toi, par contre, c'est différent ! Ta force, elle a du sens. Elle est juste ! Demain, c'est elle que tout le monde viendra admirer... »

2.9.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 1


Beastars, tome 1 - Paru ITAGAKI
Editions Ki-oon (Seinen) - 208 pages - 6€90
2019


" À l'institut Cherryton, herbivores et carnivores vivent dans une harmonie orchestrée en détail. La consommation de viande est strictement interdite, et les dortoirs sont séparés en fonction des régimes alimentaires. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes… mais la culture ne peut étouffer tous les instincts. Quand le cadavre de l'alpaga Tem est retrouvé déchiqueté sur le campus, les méfiances ancestrales refont surface !

Legoshi est la cible de toutes les suspicions. Parce qu'il était proche de Tem, parce qu'il est une des dernières personnes à avoir été vues en sa compagnie, et surtout… parce que c'est un loup. Pourtant, sensible et timide, il fait son possible pour réprimer ses instincts. Hélas, ses efforts sont vains face au vent de discrimination qui souffle sur le pensionnat…

Le seul qui pourra apaiser ce climat de terreur est le Beastar, le leader de l'école. Pour l'heure, les candidats se préparent, les élections approchent... Le favori n'est autre que le cerf Louis, étoile incontestée du club de théâtre auquel appartient Legoshi. Bien décidé à remettre les carnivores à leur place, il fait mine de ne pas craindre les crocs acérés du loup gris. Mais peut-être serait-il mieux avisé de ne pas le sous-estimer ! "


Si le résumé vous fait penser à Zootopie, en moins mignon, c'est normal : la plupart des thématiques abordées sont similaires, mais le traitement est largement différent ! J'ai enfin cédé à la curiosité en découvrant le premier titre de ce manga qui fait pas mal parler de lui - en bien -, et je comprends totalement ces avis favorables à son sujet. Ce n'est pas LE coup de cœur, mais il n'en est pas loin car j'ai adoré ma lecture !

Rien que l'histoire avait tout pour m'intriguer : des individus anthropomorphes classés en deux catégories, les herbivores d'un côté et les carnivores de l'autre ; des instincts primaires compliqués à retenir ; un meurtre qui va bousculer ce fragile équilibre ; le personnage de Legoshi qui semble à l'opposé d'un "vrai méchant loup" et qui va être la cible d'une peur et d'une méfiance injustifiées... Il faut dire qu'avec le temps je commence à avoir un petit faible pour les seinen et ce qu'ils dégagent comme message, comme ambiance mature et sombre ; à la fin de ce premier tome cette tendance se confirme une fois de plus !

L'univers est oppressant dès les premières pages avec le meurtre d'un des élèves de l'institut Cherryton et les répercussions que cela va avoir. Si on ne cherche pas forcément à enquêter sur ce meurtre - ce qui est un peu surprenant mais ce sera peut être le cas par la suite ? -, on va cependant faire connaissance de Legoshi, ce loup dont tous les herbivores se méfient "par instinct" alors qu'il est calme, discret et peu bavard. Ainsi on découvre petit à petit le club de théâtre et la pièce qui va bientôt se jouer, l'élection du Beastar - un grand événement -, sa vie auprès de ses camarades carni mais aussi sa petite voix intérieure qui lui souffle de croquer sans retenu dans une proie pour se soulager, la proie en question n'étant rien d'autre qu'une camarade herbi... Le rythme est lent et assez introductif, ce qui est normal pour un premier tome, mais j'ai adoré me plonger petit à petit dans cet univers qui semble bien prometteur !

J'ai déjà des petits chouchous dont je suis impatiente de voir leur évolution et d'en découvrir plus sur leur histoire : Legoshi et Louis.
Legoshi a un caractère solitaire et renfermé, loin de la nature du "méchant loup" qu'on lui donne à tort et à travers à cause de préjugés et de rumeurs, et si ça a collé directement avec moi j'ai été agréablement surprise de voir ce qui lui arrive lors d'une nuit noire, avec une herbi en face de lui. On sent la lutte interne et le dégoût qu'il s'inspire lui-même, cela va lui laisser des marques et le rendre plus complexe qu'initialement prévu. Je suis donc curieuse de voir comment il va se comporter par la suite !
J'ai également apprécié Louis dès sa première apparition. Il est le favori pour devenir le prochain Beastar, ce qui pour un herbi est quelque chose de très important. C'est un cerf pourvu d'ambition, classe, sûr de lui, provocateur, il n'a pas sa langue dans sa poche quitte à se faire des ennemis et attache beaucoup d'importance à la pièce de théâtre dont il joue le rôle principal avec ferveur et passion. Sa relation avec Legoshi est d'ailleurs étrange, particulière : se sert-il de Legoshi sans aucune honte ou préfère-t-il le garder à l’œil en restant en terme correct avec lui ? Seul Louis a sa petite idée, mais comme tout personnage de ce manga il reste complexe et mystérieux à appréhender. Il me tarde cependant de voir l'évolution de leur lien, je les trouve fascinant ensemble.

Je n'ai pas d'avis spécifique sur les autres personnages, il est encore trop tôt pour affirmer une préférence ou non. Cela dit ils ont leur propre personnalité et c'est un bon point, je ne me suis pas perdue dans cette multitude de nouvelles têtes à chaque chapitre. La petite Haru, un lapin nain, semble se dégager toutefois du lot à cause de son histoire avec une fille de l'institut, ce qui va la conduire à être rejetée des autres et isolée - encore une fois par la faute de rumeurs et de réputation salace -. Sa rencontre fortuite et terrifiante avec Legoshi est d'ailleurs un des points forts du tome, je suis impatiente de voir ce qu'il va désormais se passer entre ces deux-là.

Les dessins peuvent donner parfois l'impression d'être "brouillon", "bâclé" ; c'est faux - évidemment , c'est ce qui donne le charme à ce titre et conforte cet atmosphère lourde, oppressante, voire brutale dans quelques scènes. Les personnages restent cependant tous identifiables, ils sont expressifs, les plongées dans les pensées de Legoshi sont à la fois effrayantes par leur noirceur et touchantes quand il se remet en question, Louis est valorisé pour montrer son charisme, bref les planches sont travaillées et c'est ainsi qu'on se retrouve avec un manga atypique qui me plaît et me donne envie de courir acheter la suite !

En conclusion c'est une bonne surprise que j'ai ressenti en fermant ce premier tome. Je pense d'ailleurs avoir été un peu trop bavarde dans cette chronique, mais j'avais terriblement envie de vider mes pensées sur ce titre qui mérite le détour. Si par la suite il y a un peu plus d'action et toujours autant de complexité du côté des personnages - avec son lot de surprise -, je pense que ce manga pourra devenir mon préféré de l'année !


" - Je veux dire, merci ! Si tu n'étais pas intervenu, je...
- Tu aurais dû jouer la comédie de la défaite, pas vrai ? Tu comptes continuer encore longtemps dans cette voie ? J'aurais tort de te sous-estimer... Tu es plus "grand méchant loup" que ce que je croyais ! "

19.8.19

[CHRONIQUE] Lost Children, tomes 1 à 3


Lost Children, tomes 1 à 3 - Tomomi SUMIYAMA
Editions Ki-oon (Seinen) - 190 pages (T1) / 180 pages (T2 & T3) - 7€90 le tome
2018


Résumé du tome 1 :
" Ran, spécialiste de l’arme blanche, est un soldat embarqué dans un groupe de rebelles. Dans une société régie par un système de castes, les Gathiya sont voués à une vie de misère. Ils placent leurs espoirs de changement dans l’armée révolutionnaire à laquelle appartient le jeune garçon. Mais lui rêve d’autre chose : retrouver Yuri, son frère de cœur, sa seule famille…

Loin des combats qui rythment le quotidien de Ran, Yuri mène une vie de recueillement dans un village sacré caché au cœur de la jungle. Mais il est lui aussi confronté à la violence des hommes qui s’entre-déchirent dans des luttes de pouvoir. Dans toute cette folie, il ne peut oublier l’existence de son ami. "


Une fois de plus j'ai emprunté ce manga à la bibliothèque sans trop savoir à quoi m'attendre, j'étais juste fascinée par les couvertures et le résumé du premier tome. Ce n'est pourtant pas le genre sur lequel je me penche en matière de manga, mais je ressors satisfaite de ma lecture, bien que ce ne soit pas un coup de cœur.

L'histoire est remplie de drame, de guerre, de mort, de victime, d'inégalité sociale, de rébellion ; malgré toute cette noirceur et cette violence une amitié improbable va naître entre deux garçons que tout oppose. Yuri est dans une famille aisée, il n'est pas apprécié de son père mais sa mère souhaite qu'il s'épanouisse pleinement et surmonte sa timidité ; Ran est un Gathiya, autrement dit un garçon issu de la plus basse échelle sociale, celle où l'école est inaccessible, celle où les préjugés frappent durement et injustement, celle où chaque individu est exploité sans pitié. Un jour Yuri et Ran vont se rencontrer et ne plus se séparer, bien que cela va créer des ennuis à tout le monde, et les conséquences seront parfois terribles...

Le tome 1 est trop introductif et j'ai presque eu peur de me lancer dans la suite. C'est intéressant de savoir ce qu'ils sont dans le futur, sans comprendre le pourquoi du comment les protagonistes sont dans cette situation précise - ainsi nous sommes curieux d'en savoir plus sur leur passé et sur le fameux drame d'Imban -, mais autant je n'ai pas accroché du tout à Ran dans son aventure avec Dakhna autant j'ai adoré Yuri et ses responsabilités. Les deux autres tomes se focalisent entièrement sur leur passé commun, et c'est là que j'ai pu véritablement rentrer dans l'histoire.

L'univers est fascinant, complexe avec les enjeux politiques et sociétaux intégrés au fur et à mesure des chapitres, le système de caste est troublant mais malheureusement d'actualité, comme bien d'autres sujets abordés ici. J'ai même l'impression de n'avoir jamais lu ça dans un manga : la mangaka s'est renseignée sur des tas de pays dont l'histoire fût terrible pour donner de la consistance et de la profondeur à son histoire : l'Inde, le Népal, la Syrie, le Vietnam... C'est réaliste, et c'est ce qui donne de la force à ce titre.

Je me suis attachée très fort à Yuri dès le début, à cause de son handicap, de sa timidité, il est adorable lorsqu'il se fait son premier ami. Sa mère est un véritable modèle de gentillesse, d'intelligence, elle ignore les préjugés et les rumeurs du moment que son fils est heureux. Tout l'inverse du père, surtout lorsque cela va mettre à mal sa réputation au travail... Je reste d'ailleurs choquée des conséquences d'une petite bêtise qu'il va commettre dans le tome 3 : le monde dans lequel Yuri évolue est impitoyable et je pense que cela va le changer à jamais.
Je suis plus mitigée à propos de Ran : il a un bon fond et adore malgré tout son ami Yuri, peu importe ce qu'on balance sur ses origines et cette relation. Il est fidèle à ses convictions et use de la violence pour protéger ceux qu'il aime. Mais je le trouve sec, casse-cou, certaines de ses paroles reflète de l'immaturité. Je vois évidemment le chemin qu'il va suivre après le drame d'Imban, Dakhna étant aux premières loges pour défendre les Gathiya. Son père est quelqu'un d'intimidant et de protecteur, son secret ne m'a pas surprise, je me demande si Ran aura l'occasion d'en discuter avec lui.
Cela dit, il y a un point sur lequel je ne vais pas cracher dessus : la relation entre Yuri et Ran est touchante, émouvante. Impossible de ne pas craquer sur leur joie, leur peine, les difficultés qu'ils vont traverser, les révélations qui vont changer leur vie.

Les personnages secondaires sont bien développés, c'est un point sur lequel je souhaite insister : entre la famille royale, avec à sa tête le seigneur Ishra et Lelyssa - une jeune femme aussi belle que terrible -, la personne à la tête de Dakhna - dirigeant les rebelles avec une main de fer et une détermination contagieuse -, les parents des protagonistes : toutes ses personnes sont liées pour le meilleur mais surtout pour le pire, ils sont complexes à appréhender mais intéressants, j'espère continuer à les revoir - pour la plupart - afin qu'ils continuent de faire évoluer les deux garçons.

Les dessins de la mangaka sont d'une chouette qualité : c'est détaillé au niveau des costumes/uniformes et des paysages, les visages sont expressifs et remplis d'émotions, les scènes d'actions ne sont pas brouillonnes mais parfois sanglantes et choquantes à regarder ; je suis admirative du résultat et de l'ambiance créée. J'apprécie d'ailleurs les couvertures et le jeu de dualité qu'elles apportent, ça met directement dans le bain !

En conclusion c'est une belle surprise que m'a apporté la lecture de Lost Children, bien que ce ne soit pas non plus un coup de cœur je n'hésiterai pas à lire un jour la suite car je suis curieuse de la tournure des événements et du sort de quelques personnages - dont Yuri, mon petit préféré -. Je ne regrette pas de l'avoir emprunté par hasard et d'avoir fait confiance à mon intuition !


"  - Yuri... Tu vois, aujourd'hui... Il y a un moment où je t'ai envié...
- Ah bon ?!
- Quand tu m'as aidé grâce à tes connaissances... Je me suis rendu compte de tout ce qu'on peut faire quand on sait lire et écrire ! Chez les Gathiya, presque tout le monde est illettré... parce que ce système de castes débile nous empêche d'aller à l'école... Alors on abuse de nous, et on se retrouve dans des situations absurdes... comme ce qui s'est passé tout à l'heure, par exemple. Si tu souhaites vraiment nous aider... Est-ce que tu accepterais de m'apprendre à lire ? "