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29.10.19

[CHRONIQUE] Devil inside, tomes 2 & 3


Devil inside, tomes 2 & 3 – Satoshi ÔBE & Ryô OGAWA
Éditions Komikku – 185 pages (T2) / 190 pages (T3) – 7€99
2018 


" Deux ans se sont écoulés depuis la nuit d'horreur à la résidence Kurohoshi. Jun a disparu de la circulation et veille sur celle qu'il aime, Kanae.
Mais les forces de l'ordre n'ont pas abandonné la poursuite, leur prestige étant en jeu. Makoto Maejima, commissaire aux capacités exceptionnelles, prend la tête de l'investigation pour venger son mari tué par Jun.
Une traque sans merci s'engage entre le génie devenu monstre et l'inspecteur ivre de vengeance dans ce thriller cérébral diabolique ! "


J'avais chroniqué il y a tout juste un mois le premier tome du manga, je vous invite donc à la lire si vous le voulez. Je préviens aussi des possibles risques de spoils car c'est une suite - et fin - d'une série, même si je vais éviter de trop rentrer dans les détails. J'ai souhaité connaître le fin mot du récit par curiosité, et si j'ai eu un espoir d'amélioration je suis quand même passée à côté du manga.

Par rapport au premier tome il y a de l’amélioration et de bonnes idées pour l’histoire et les personnages. C’était moins brouillon, la violence était mieux gérée et servait l’intrigue, j’avais envie de voir jusqu’où Makoto réussira à se venger et si Jun parviendra à faire la lumière sur des événements du passé. Les scènes d’actions étaient également nombreuses et tendues, mais les dialogues n’avaient pas le même charme, le même cachet. Certains échanges ne menaient à rien et je n'ai pas compris leur intérêt pour l'histoire...

J’ai bien aimé en savoir plus sur les causes de l’affaire Kurohoshi, à travers un terrible flashback dans le tome 3. Pourquoi Akira a-t-il agit ainsi ? D’où vient le pouvoir dangereux de Jun ? Le rôle de Kanae dans cette sombre machination ? Et le père de Jun dans tout ça ? Comme dit précédemment il y a de chouettes idées pour développer l’histoire, la complexifier, la rendre glauque et dramatique ; j’ai donc sincèrement adoré ce pan de l’histoire.

Toutefois quelques défauts du premier tome étaient toujours présents, ce qui fait que je n’ai pas pu adhérer à cette saga. Ainsi le récit restait parfois trop rapide en passant du coq à l’âne, la temporalité était floue, la psychologie des protagonistes était étrange et peu logique pour les comprendre totalement et s’accrocher à eux. Par exemple il y avait des moments où je ne savais pas comment les enquêteurs trouvaient la trace de Jun ou de Kanae, ce qui rendait l’enquête trop facile à résoudre.

La fin était bien partie, mais était-ce nécessaire de surenchérir sur cette histoire de vengeance ? L’idée était purement réchauffée, ça manquait d’originalité et surtout, ça m’a laissé sur ma faim car il n’y a pas de suite. Pourtant, le fait que le happy end soit réservé à un seul personnage en particulier était un choix osé : j’apprécie au moins ce détail qui accentue tout le drame de cette affaire.

Jun, le principal antagoniste, n’était absolument pas attachant et pas très flippant. Il était froid et cruel, certes ; mais il ne dégageait AUCUNE émotion. Et son histoire d’amour avec Kanae ne m’a vraiment pas convaincue. Je ne parlerai pas de cette dernière qui était juste inutile au possible, et dont l’attachement à Jun m'a fait poser des questions sur sa santé mentale.
Tant que je parle de personnages féminins ratés, que dire de Yûki ? Elle suivait constamment Jun sous forme d’un fantôme tout aussi taré que sa version humaine. A part suggérer des idées atroces sur la façon de tuer ses victimes ou de contrer les inspecteurs, elle n’a servi à rien du tout. Son absence n'aurait rien changé aux événements. C’est dommage car il y avait du potentiel pour créer un bon duo de psychopathe, mais même les échanges entre eux étaient plats et ternes.
Les autres personnages secondaires étaient trop effacés ou peu présents pour avoir un réel avis dessus ; Makoto était finalement la seule personnage de tout le manga à me plaire, malgré quelques défauts de caractère et de jugement. Je n'ai pas été surprise par ce qu’elle devenait à la fin mais j'ai trouvé ce choix cohérent, et ça m'a convenu !

Les couvertures sont magnifiques, surtout celle du dernier tome, c'est un bon point que je tiens à soulever malgré tout. Je n’ai rien à redire non plus sur les dessins et la qualité des expressions plus ou moins torturées chez les personnages – j'ai bien senti l’inspiration du manga Death Note, mais comme c’était réussi je ne vais pas cracher dessus !


Je ressors finalement déçue par ce manga qui ne restera pas longtemps dans ma mémoire : j’avais espéré une amélioration dans le second tome avec le personnage de Makoto et la nouvelle tournure des événements, mais comme tout reste en surface, que les personnages ne sont pas tous bien développés et que l’histoire est accélérée pour tenir sur trois tomes je reste mitigée sur le résultat. 
Cependant le manga peux plaire à ceux qui veulent une histoire rapide à lire avec de la violence psychologique et du drame, le tout dans la peau d'un antagoniste comme personnage principal.


29.9.19

[CHRONIQUE] Devil inside, tome 1


Devil Inside, tome 1 – Satoshi ÔBE & Ryô OGAWA
Éditions Komikku – 190 pages – 7€99


« Yûki Ôgawara, un redoutable tueur en série que la police n'a pu mettre sous les verrous qu'avec l'aide de Jun, un lycéen surdoué et détective amateur, s'évade pour prendre sa revanche sur le jeune homme. Mais ce dernier est hanté par d'autres démons, au sein de sa famille et de lui-même. Tout converge lors d'une nuit d'horreur au manoir familial qui verra la naissance d'un monstre hors du commun ! Plongez dans un thriller cérébral où s'affrontent le bien et le mal dans un duel diabolique ! »


La série est courte (seulement trois tomes) alors je compte quand même la terminer pour la beauté de la chose, mais ce premier tome est une déception totale. Je suis passée à côté de l’histoire, des personnages, malgré de bonnes idées restées en surface.

On va suivre un jeune homme du nom de Jun, qui a su aider la police par le passé en arrêtant un grand criminel, Yûki Ôgawara, grâce à ses talents et à son intelligence. Seulement ce tueur en série va se libérer et chercher à se venger à tout prix de Jun ; ce dernier a d’ailleurs d’autres problèmes inquiétants car son frère se mêle de sa vie privée et bouscule ses convictions. Pire : il va avoir beaucoup de mal à cacher un terrible secret… Jusqu’à la soirée fatidique où le sang et les morts vont pleuvoir.

Le manga est assez violent, oui. On le présente avec des points commun au manga Death Note - dans le côté « thriller cérébral » - : pourquoi pas, c’est en effet l’idée qu’inspire le résumé et j’étais curieuse de le lire pour ça (Death Note est un manga que j’ai énormément apprécié dans mes années collège). S’il n’est pas à mettre dans toutes les mains ce n’est pas uniquement à cause du nombre indécent de mort, des tortures mentales pratiquées et du sang qui assombrit la quasi totalité des pages ; c’est surtout car cette violence est gratuite et mal exploitée, si bien que je ne suis pas sûre de l’utilité de toutes les scènes (notamment celle d’un [TW] viol sur le personnage d’Akane [TW]).

Pourquoi ça n’a donc pas fonctionné avec moi ? C’est surtout à cause d’un grand problème dans le rythme du récit. Les événements sont trop découpés dans le temps, les scènes d’actions sont fouillis, plusieurs années se sont déjà écoulés entre les premières pages et les dernières, et ce rien que pour un premier tome ! Je trouve cela trop rapide pour se familiariser avec l’univers... J’espère donc que les autres tomes seront plus posés dans la temporalité.

Du coup, difficile de s’attacher aux personnages, de comprendre leur véritable motivation (Jun est un exemple parlant, mais je ne peux pas en dévoiler trop non plus sans spoiler outrageusement l’histoire). Il y a même une révélation que je n’ai pas tout de suite comprise tant s'est arrivé comme un cheveu sur la soupe, et pourtant c’est un détail important !
Que dire sur Akane, amie d’enfance de Jun et grand amour du jeune homme, à part que j’ai halluciné car les sentiments étaient mal amenés et pas très réaliste ; ses réactions étaient donc, à mes yeux, disproportionnées. Le frère de Jun, Akira, est juste répugnant, je suis bien contente de ce qui lui arrive. Kôichi aurait pu me plaire si seulement son rôle dans l’affaire était plus clair. Pour ce qui est de Yûki Ôgawara c’est juste un psychopathe parmi tant d’autres, et même avec les explications sur son comportement je n’éprouve aucune pitié pour lui. Tous ces personnages manquent de profondeur, on est loin, dans le même genre, d’une Misa Amane, d’un Kira et d’un L…

C’est extrêmement dommage que les points négatifs soient nombreux car comme dit précédemment il y avait de bonnes idées. D’abord le fait que certains personnages soient dotés d’un don mental puissant mais aux conséquences terribles : cet élément aurait pu être creusé d’avantage pour livrer des scènes monumentales, haletantes, que ce soit pendant un combat ou non.
Ensuite, l’enquête sur la soirée tragique au manoir : l’inspecteur Maejima est sans l’ombre d’un doute le seul personnage que j’ai trouvé intéressant et attachant, surtout qu’il a eu un chapitre entier sur son histoire (sa carrière, son histoire d’amour avec Makoto, sa vie de famille, sa carrière). Mon enthousiaste a vite était balayé par une scène mais les dernières pages relancent mon intérêt pour le titre, et c’est uniquement pour ça que je compte bien lire le reste. 
Je termine sur les bons points avec les dessins de Ryô Ogawa : c’est dérangeant de voir autant de sadisme, de folie et de haine ; les visages sont expressifs (parfois trop mais je pense que c’est le but recherché), je retrouve là-aussi une inspiration à Death Note mais c’est maîtrisée et ça fonctionne pour moi. De plus Makoto est vraiment mimi, je suis bien contente de savoir qu’elle aura de l’importance dans le prochain tome !

Pour conclure ce n’est donc pas une découverte exceptionnelle, les aspects négatifs l’emportant sur les rares bonnes idées. Pour la suite j’attends donc une enquête remplie de danger, de fausses pistes, de poursuite, d’action, de drama psychologique, avec des protagonistes mieux développés et qui sortent du lot. Et que le don de Jun soit mieux mis en avant !


« Cette sensation... Je m'en souviens, elle ne me quittait jamais quand j'étais petit. Quelque chose que la raison peine à réprimer martèle les portes de mon cœur. Le monstre dont parle mon frère ! (...) Il m'avait laissé tranquille jusqu'à maintenant, alors pourquoi ? Est-ce que mon frère l'a réveillé ? »

3.8.19

[CHRONIQUE] Grendel, tomes 1 à 3


Grendel, tomes 1 à 3 - Mako OIKAWA
Editions Komikku - 192 pages par tome - 8€50 l'unité
2018


" Camélia, une chevalière d’exception, va être exécutée pour trahison. Le roi lui propose une chance d’éviter la mort si elle accepte une mission : elle devra escorter un jeune dragon, le dernier de son espèce, dans un lieu sûr en traversant de dangereuses contrées. Voulant vivre à tout prix, elle accepte et entreprend un long périple avec son protégé, mais elle cache en elle un terrible secret… Un voyage périlleux et intense dans un monde heroic fantasy fascinant ! "


Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre lorsque j'ai emprunté ce manga à la bibliothèque, et je suis contente d'avoir pris ce risque pour élargir ma culture "manga". Si j'ai trouvé pas mal de bons points à ce titre, je ressors quand même déçue à la fin du troisième tome, ce qui est dommage car l'univers était prometteur.

Nous allons suivre une guerrière du nom de Camélia, qui va devoir se charger d'une mission périlleuse afin de sauver sa tête. Son crime ? Avoir fait preuve de lâcheté lors d'un combat, ce qui a conduit au meurtre d'une princesse aimée par son père et son royaume. La jeune chevalière va donc devoir conduire un enfant dragon, Grendel - dont la race était normalement éteinte depuis des années - jusqu'à un endroit jugé bénéfique pour lui. Tout au long de ce voyage les deux personnages vont apprendre à se connaître, tisser des liens, mais aussi faire face au reste du monde souhaitant qu'une seule chose : se procurer le sang et la chair de Grendel pour gagner la puissance et l'immortalité. Les rencontres vont être tantôt menaçantes, tantôt amicales ; mais les complots ne sont jamais bien loin...

Me présenter une telle histoire à travers le résumé et vendre l'aspect heroic fantasy comme principale source d'inspiration de la mangaka, ça ne ne peut que m'intriguer ! Et je suis effectivement ravie de cet univers développé au fil des chapitres, qu'on découvre avec un mélange d'horreur et de fascination à travers les yeux de Camélia et Grendel. Des peuples aux traits d'animaux, des légendes et comptines sordides qui existent vraiment, des forêts dangereuses et vivantes, des magiciens, des dragons, des guerres entre nations ; Mako Oikawa maîtrise son récit et délivre ici quelque chose de cohérent et solide. Je préviens d'avance cependant : certains scènes sont d'une violence extrême, le sang gicle, les membres sautent, les morts ne se comptent plus, ce n'est clairement pas un manga à faire lire à tout le monde ! Perso ça ne me dérange aucunement, surtout que ce n'est pas omniprésent dans l'histoire.

Camélia est un personnage sur lequel j'ai encore bien du mal à me prononcer. Je suis touchée par son histoire, son envie de vivre, la promesse faite à son père, sa "particularité" : en effet lorsqu'elle blesse ou tue quelqu'un elle pleure systématiquement car elle ressent cette souffrance. Pourtant je ne suis pas très attachée à elle et son caractère hors combat, et encore moins au fur et à mesure de l'histoire - je ne spoile pas la raison de ce changement -. Sa relation avec Grendel est cependant intéressante à suivre, il y a une réelle évolution et aucun des deux ne sera plus le même après ce périple côté à côte.
Grendel est finalement celui que j'ai le plus apprécié dans ce titre : au début il est craintif, ignorant du monde qui l'entoure - il a passé sa vie enfermé dans une tour car son existence était secrète jusqu'à maintenant -, puis il s'attache à Camélia, ne souhaite plus être un fardeau, découvre ses origines et ses pouvoirs, apprend la vérité sur son transfert au Jardin du Roi. Malgré tout il reste un enfant : le contraste entre son attitude et ses paroles est parfois étrange, mais cela renforce l'ambiance unique du manga.
Grosse surprise du côté d'un nouveau partenaire qui sera bien utile au duo : un magicien du nom d'Uburi, à la fois amusant, intriguant et effrayant. Il est puissant, suit son propre chemin et son ambition ; cela dit on sait très peu de choses sur lui au final, à part qu'il est curieux du sort des deux protagonistes et ne recule devant rien pour voir le bout du voyage avec eux. J'ai adoré ce qu'il a apporté à l'intrigue, je me suis directement attachée à lui. Je n'aurai pas était contre un peu plus d'approfondissement sur ce personnage, surtout dans le dernier tome.

J'applique d'ailleurs cette remarque sur la princesse Solange, le Roi, le paladin Midlight, et bien d'autres encore. Ils ont un réel rôle à jouer dans l'histoire, mais ils disparaissent vite des pages pour ne plus les revoir ou savoir ce qu'ils deviennent en parallèle. C'est bien dommage de ne se concentrer que sur le trio principal quand on a un univers aussi bien développé, surtout quand une femme du nom d'Orlaya dévoile son passé et apporte des éléments importants pour la suite. Chacun pouvait avoir son moment de gloire et d'émotion comme elle.

Les dessins sont assez particuliers et j'ai mis du temps à m'y habituer. Les expressions du visage sont réussies et fortes, c'est sombre, sanglant, et la bouille de Grendel est juste adorable ! Les scènes de combat sont intenses mais un peu fouillis par moment. Et les couvertures sont d'une vraie beauté. Le graphisme apporte véritablement une patte unique à cet oeuvre.

La révélation sur le véritable but de cette mission d'escorte est un moment clé qui arrive malheureusement trop tard, à deux chapitres de la fin du troisième tome ! Et là on touche au gros point noir de Grendel : c'est trop court pour la densité de l'intrigue et de l'univers. J'avais cette sensation que tout était précipité dans le dernier tome. J'aurai voulu en savoir plus sur tout et tout le monde, voir plus de combats et de retournements de situation quand les masques tombent enfin, mais tout est bouclé rapidement. Je m'attendais par ailleurs à une fin différente de celle-ci : je n'ai rien contre les fins ouvertes, cela dit que deviennent tous les autres ? Tout ce chemin pour en arriver là ? J'ai refermé le dernier tome avec une pointe de déception et de frustration. Pourtant, si la mangaka souhaite continuer d'écrire dans cet univers, je dis un immense oui. C'est une personne dont je vais suivre les futures sorties !


" - Dis... Tu prétends toi-même être un roi. Or, un roi n'aiguise jamais sa lame lui-même. C'est à un de ses soldats de le faire. Si ce que tu dis est vrai cette épée courte ne te sera d'aucune aide. Regarde... Tu l'as tellement aiguisée que tu l'as abîmée ! Tu ne sais même pas aiguiser une lame et tu veux faire face à des royaumes ? Quel beau parleur. "