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11.11.20

Dracula l'Immortel



❝ En 1888, six intrépides ont réussi à détruire Dracula aux portes de son château de Transylvanie. Vingt-cinq ans plus tard, ils se sont dispersés mais le souvenir de cette périlleuse aventure où l'un d'eux a laissé la vie les poursuit.

Une mort inexpliquée devant un théâtre parisien et un deuxième assassinat d'une effroyable cruauté au cœur de Londres vont réveiller la peur. Du Quartier latin à Piccadilly Circus, l'ombre de Dracula semble à nouveau planer... Les héros d'autrefois devront faire face à un ennemi insaisissable aux attaques sournoises ou d'une violence inouïe, mais aussi à leurs propres démons. De quoi brouiller les pistes et troubler les esprits, dans une intrigue menée avec maestria qui ressuscite le fantasme et la malédiction de l'immortalité. ❞


Cela faisait quasiment deux ans que ce roman traînait dans ma PAL, et ayant plutôt bien aimée Dracula, premier du nom, j'étais intriguée par cette "suite". Mais au fil des chapitres mon enthousiasme est vite retombé, j'ai même failli abandonner à plusieurs reprises. C'est bien une des rares fois où je suis aussi déçue par une lecture...

Je ne le fais pas souvent d'habitude, mais je reste contente d'avoir lu les notes des auteurs à la fin du roman afin de comprendre pourquoi ils sont arrivés à ce résultat... étrange et catastrophique. Il y a d'abord une histoire de droit d'auteur et de volonté à redorer le blason des Stoker, et là-dessus je ne peux pas juger les choix de la famille, c'est trop personnel. Mais il y a une deuxième raison, la plus importante : faire revivre ce vampire à travers une histoire moderne qui remplie tous les trous du roman précédent (surtout sur des propos ambigus ou l'histoire de certains personnages), tout en plaisant à un maximum de personne. Et c'est là que le bât blesse...

A vouloir contenter tout le monde et fermer les frontières de l'imagination des fans, l'histoire part dans tous les sens avec trop de points de vue et de flashback, ajoutant au passage une intrigue policière qui ne sert absolument à rien puisque l'on sait déjà tout autour de Dracula et le groupe de Jonathan & cie (si vous n'avez pas lu le roman d'origine, la lettre du début dévoile les grandes lignes). Pour ajouter un peu de piment et d'action, il y a un deuxième antagoniste, Jack l'Eventreur, qui se pointe au milieu... sans parvenir à relever le récit. Par ailleurs, justifier son rôle de "méchant" à cause de son viol et du non respect de sa sexualité, c'est assez bof comme message. Les auteurs sont même allés jusqu'à bouger des lieux et des dates pour coller à LEUR suite et non au matériel d'origine, créant de nombreuses incohérences. Je reste donc dubitative sur ces choix, qui ne sont pas les meilleurs à mon sens.

De plus, l'horreur moderne ne correspond pas à cet univers et à ses personnages, ça ne rend pas vraiment hommage à cette bande qui a su me plaire auparavant... Dites bonjour au gore à foison, aux protagonistes hantés par leur passé, alcooliques ou drogués, absolument pas attachants, et dont le destin m'a laissé perplexe. Si j'aime les dramas et la fatalité dans la fiction, ceux-là étaient trop prévisibles ; vers la fin cela tenait même plus du running gag qu'autre chose. C'est franchement dommage, car il y avait de bonnes idées, notamment autour de Dracula et de Mina. Mais là aussi c'était assez mal exploité, la fin en est la preuve.

Le dernier mot
Pour être honnête, cette "suite" est franchement dispensable et décevante. Le roman est bien trop long pour ce qu'il a à offrir, et si les auteurs avaient de bonnes intentions au début du projet le résultat reste bien en-deçà du roman d'origine, avec une écriture maladroite. Je suis déçue par les protagonistes et leur évolution, par les intrigues inutiles, par cette vision du vampire malgré des idées intéressantes et osées.

22.3.20

[CHRONIQUE] Percy Jackson, tome 1 : Le voleur de foudre


Percy Jackson, tome 1 : Le voleur de foudre - Rick RIORDAN
Editions Le Livre de Poche (Jeunesse) - 473 pages - 6€90
2010

Ma note finale : 17/20

☆☆☆

" Etre un demi-dieu, ça peut être mortel... Attaqué par sa prof de maths qui est en fait un monstre mythologique, injustement renvoyé de son collège et poursuivi par un minotaure enragé, Percy Jackson se retrouve en plus accusé d'avoir dérobé l'éclair de Zeus ! Pour rester en vie, s'innocenter et découvrir l'identité du dieu qui l'a engendré, il devra accomplir sa quête au prix de mille dangers. "

☆☆☆

Ça y est. Je m'attaque ENFIN à cette saga qui fait le tour des réseaux sociaux, de la blogoshpère, etc. Cela fait des années que je suis curieuse de découvrir l'histoire de Percy, mes souvenirs du film datant un peu. Je ressors satisfaite de cette lecture, qui m'a happé en quelques jours seulement, et qui me rappelle d'aussi bons souvenirs que Harry Potter ou Tara Duncan.

L'univers ainsi que l'histoire sont maîtrisés du début à la fin, si bien que je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, et encore moins perdue dans la masse d'informations liée à la mythologie grecque. L'auteur est un connaisseur et un passionné, et ça se ressent ! Ainsi, pas de temps mort avec le quotidien de Percy Jackson, adolescent dont la vie va être bousculée du jour au lendemain après l'agression d'une prof de maths particulière, les cachotteries de son prof de latin, et les révélations autour de l'identité de son père et du rôle de son seul ami, Grover. Sans oublier les machinations divines impactant la vie des simples mortels, à commencer par Percy lui-même. Rien que ça !

L'action, les révélations et les rencontres s'enchaînent bien, et je suis ravie d'avoir (ré)appris des choses sur les Dieux grecs - l'occasion d'avoir des situations aussi classes que cocasses -. On a déjà un bestiaire bien fourni, qui fera obstacle aux protagonistes, et j'aime la façon qu'à l'auteur de mélanger modernité/mythologie. Ça passe crème, c'est ingénieux, et amusant parfois. J'ai déjà hâte de revoir Poséidon, Zeus, Arès et surtout Hadès qui m'a déjà tapé dans l’œil pour sa personnalité. Et même si j'avais deviné pas mal de petites choses sur cette histoire d'éclair volé, je suis restée scotcher jusqu'au dernier chapitre. La suite promet d'être tout aussi intéressante et mouvementée, au vu de la situation finale des protagonistes !

Je me suis énormément attachée au trio principal, à savoir Percy - et son humour décapant -, Grover - dont sa quête personnelle m'a touché - et Annabeth - qui me fait beaucoup penser à Hermione sur certains aspects, ce qui ne me déplaît pas -. Leur amitié est touchante à suivre, le courant passe bien, la confiance entre eux s'installe progressivement, et ce malgré les conflits millénaires entre leur parent ou les différences culturelles. Je sens que je vais prendre plaisir à suivre leur évolution au fil des tomes.


En conclusion je comprends enfin le succès de cette saga, qui a tout pour plaire, et ce peu importe l'âge ou l'expérience de lecture. C'est fluide, drôle, instructif - sans être barbant -, rempli d'actions et de valeurs importantes sur l'amitié, le respect et la famille. J'ai de l'affection pour les trois personnages principaux de ce tome, mais je me doute qu'ils vont avoir encore bien des épreuves à affronter, plus difficiles, plus périlleuses, et j'ai hâte de découvrir ceci prochainement !

23.9.18

[Chronique] Six of Crows, tome 2


• Six of Crows, tome 2 
2018
Leigh BARDUGO
Editions Le Livre de Poche (Jeunesse)
650 pages
• 7€90 

• " Revenus diminués du palais de Glace, Kaz, Inej, Nina, Matthias, Jesper et Wylan doivent de nouveau se battre pour leur survie. Ils sont doublés par Jan Van Eck, trahis par les leurs, pourchassés par tous les gangs du Barrel, et se retrouvent sans ressources ni alliés. Ketterdam devient alors le théâtre de leur plan le plus ambitieux : prises d'otages, spéculations, cambriolages, enchères truquées et menaces en tout genre... Pour Kaz et son gang, la liberté a un prix, et elle pourrait bien leur coûter la vie. " 

J'avais déjà fait part de mon coup de cœur pour le premier tome dans cette chronique, j'étais donc impatiente de lire la suite et fin de cette saga, surtout à cause du cliffhanger qui va pousser les limites du groupe jusqu'au bout.

L'étau se resserre sur les protagonistes, ils n'auront aucun répit tant que Jan Van Eck continuera ses machinations à leur encontre. On enchaîne les scènes d'actions, d'infiltrations, de combats, d'échafaudages de plan ; le livre a beau être une belle briquette je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et j'étais absorbée par l'intrigue. J'ai surtout aimé que la majeure partie de l'histoire se déroule dans un espace plus restreint : au revoir le paysage glacial et militaire du palais des Glaces et bonjour les lieux exiguës, glauques et sombres (type souterrain, théâtre abandonné ou île perdue), on se sent tout aussi oppressé que les personnages. J'ai également adoré les retournements de situation de dernière minute, ce qui a mis mon cœur à rude épreuve car Leigh Bardugo n'a peur de rien pour rajouter de la tension et du drama. Et quel plaisir de voir tous les peuples réunis en même temps pour le final, c'est l'occasion d'en savoir plus sur les situations géo-politiques dans leur monde et les tensions entre chefs/rois de chaque contrée.

Mais là où l'autrice fait très fort une fois de plus c'est avec ses personnages.
Kaz était tellement fascinant à suivre, et cela change de le voir plus inquiet et sur les nerfs à cause des événements de la fin du premier tome. Il va même se prendre de sérieux coups mais il reste fidèle à ses convictions coûte que coûte. Il est bien plus appréciable et humain ainsi. Et qu'est-ce que j'adore sa relation avec Inej, il y a des scènes qui m'ont à la fois frustrée et fait fondre ♥

En parlant d'Inej, je trouve qu'elle évolue d'une bien belle façon : c'est l'espoir incarnée. J'ai adoré sa nouvelle ennemie qui va la pousser à mettre sa vie en péril dans des combats haletants, et même sous la torture et les menaces de mort elle ne trahit rien ni personne. Ses nouveaux rêves et ses décisions ont fait d'Inej le personnage que j'ai le plus aimé dans ce tome. Elle est d'ailleurs parfaite dans l'épilogue !

Je n'ai pas changée d'avis sur le couple Nina/Matthias : ils vont tellement bien ensemble malgré leur caractère opposé, leurs échanges verbaux m'ont fait rire plus d'une fois, et chacun fait preuve de courage et d'audace pour se protéger mutuellement. Nina m'a d'ailleurs fait mal au ventre à cause de sa santé et de ses délires, heureusement qu'elle a une grande force de caractère. Je suis d'ailleurs dans le déni total après une scène déchirante, j'étais pas prête pour ça...

La plus grande surprise, et la plus agréable, provient de Jesper et Wylan. Je n'ai pas l'habitude de voir des couples masculins dans mes lectures, mais je trouve leur relation assez mignonne, parfois taquine mais surtout bienveillante. Même si Jesper m'a plus d'une fois exaspérée - et oui il continue à tout faire de travers, surtout avec son père qui est présent dans ce tome - il y a eu une nette amélioration et cela me convient parfaitement. Je suis toujours fan de Wylan, et j'étais heureuse de le voir plus courageux et entreprenant dans le groupe. Et il mérite amplement tout le bonheur qui lui arrive après leur périple.

En conclusion cette saga a été un coup de cœur du début à la fin. Les personnages, l'univers, la tension omniprésente, les machinations à n'en plus finir, j'étais happée par les pages et l'histoire me hante toujours bien des jours après ma lecture, ce qui est un bon signe chez moi. Je suis désormais curieuse de lire son autre saga, Grisha, qui m'a l'air tout aussi bien !

26.8.18

[Chronique] Six of Crows, tome 1


 Six of Crows, tome 1 
2017
Leigh BARDUGO
Editions Le Livre de Poche (Jeunesse)
576 pages
 7€90 

 « Les bas-fonds de Ketterdam s’organisent en gangs rivaux. L’homme le plus ambitieux et le plus jeune de la pègre est Kaz Brekker : aussi brillant que mystérieux, aussi charismatique que dangereux, et surtout, connu pour être un voleur hors pair. Prêt à tout pour de l’argent, il accepte la mission du riche marchand Van Eck : délivrer un savant du palais de Glace, réputé imprenable. Ce prisonnier est l’inventeur du jurda parem, une drogue multipliant sans limite les pouvoirs surnaturels de la caste des magiciens : les Grishas. Une drogue qui, tombée dans les mauvaises mains, risque d’engendrer
 un chaos irréversible. » 

Je voyais cette saga partout : sur Livraddict, sur YouTube, même mes amies me le conseiller. J’ai pu récemment me procurer ce premier tome en occasion sur Gibert et enfin découvrir cette pépite de la littérature jeunesse. Et je rejoins la grande majorité : c’est un énorme coup de cœur !

L’univers de Leigh Bardugo est juste grandiose et riche. Que ce soit Ketterdam et son dédale de rues décadentes et de gangs rivaux ; Hellgate, une prison infernale ou règne la violence et le chaos ; le Palais de Glace et son ambiance hostile, où la loyauté et l’ordre sont maîtres. Les descriptions ont réussi à m’emporter dans ses différents lieux, j’avais toutes les scènes sous les yeux.
Autre point que j’ai trouvé fascinant : l’incarnation de la magie à travers les Grishas. On peut sentir toute la puissance que ses personnes dégagent, mais aussi leur dangerosité à cause du jurda parem qui risque de circuler à grande échelle. Car si leur pouvoir peut faire le bien, des gens de l’ombre souhaite l’inverse, c’est-à-dire la destruction, la guerre, le pouvoir ; cette menace est omniprésente, surtout à la fin de ce tome, et ce sujet politique sera à mon avis l’un des thèmes majeurs de la suite… De plus, le récit est sombre. Très sombre et violent, surtout avec les protagonistes que l’on suit.

Parce que si je clame que j’ai eu un coup de cœur pour ce livre, c’est surtout grâce aux personnages. Ce sont six antihéros attachants malgré leurs secrets, leurs passés, leurs motivations, leurs caractères. Ils sont uniques dans leur détermination, dans leur espoir/rêve, dans leur colère.
Kaz peut faire peur pour sa violence extrême et son manque d’empathie, mais ce n’est qu’une facette qu’il adopte pour se protéger. Je le trouve assez classe et mystérieux, j’ai eu beaucoup de peine en apprenant son passé avec son frère.
Inej, alias « le Spectre », est une fille courageuse, silencieuse et douce, j’adore sa relation avec Kaz. Elle a terriblement souffert dans ce tome, j’espère que cela s’arrangera avec la suite !
Nina est admirable par sa force de caractère et son envie de se racheter auprès de Matthias ; elle ne manque pas d’audace mais fait preuve d’un grand cœur, quitte à risquer gros, surtout à cause de son statut de Grisha.
Matthias est l’un de mes préférés du groupe : il est loyal envers son peuple, n’apprécie aucun de ses camarades, tente plusieurs fois de s’enfuir et ses paroles sont dures, mais il va petit à petit changer sa vision du monde, notamment au sujet de Nina et des Grishas. Je suis particulièrement fan des passages entre lui et Nina, que ce soit dans le passé ou le présent, ils sont adorables et complexes, malgré toute la haine et les erreurs commises.
Wylan est une énorme surprise : si j’étais sceptique par ce personnage au tout début car j’avais l’impression qu’il n’était pas à sa place, il a très vite pris ses marques, et la révélation sur lui à la fin m’a juste profondément bouleversée. Il ne mérite pas toute la haine de son père.
Celui que j’ai le moins aimé est Jasper. Si sa relation avec Wylan est toute mignonne mais trop discrète pour le moment, je n’aime pas son caractère. Il est obsédé par les jeux d’argent et ses flingues, ne reste pas en place, et ce qu’on apprend sur lui à la fin me conforte dans mon idée.

L’histoire était passionnante à suivre du début à la fin. Le passé se mélange parfaitement avec le présent, distillant de petites infos sans que ce soit lourd dans la narration et sans nous perdre. Il y a beaucoup d’actions, des petits moments tendres où l’espoir refait surface quelques minutes, des révélations inattendues, des plans qui ne se passent pas toujours comme prévu. Je n’ai pas vu les pages se tourner, si bien que je suis heureuse d’avoir le deuxième tome sous la main pour continuer sur ma lancée et terminer la duologie, surtout après une fin aussi mouvementé que celle-ci !

En conclusion c’est un immense « OUI » pour ce premier tome ; Leigh Bardugo introduit de façon magistrale son univers sombre et ses personnages complexes. Je comprends l’enthousiasme que le livre a généré depuis sa sortie, et c’est avec joie et impatience que je me lance aussitôt dans la suite. Six of Crows est une saga à lire d’urgence !