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5.9.21

Chroniques Lunaires, tome 1


❝ À New Beijing, Cinder est une cyborg. Autant dire une paria. Elle partage sa vie entre l'atelier où elle répare des robots et sa famille adoptive. À seize ans, la jeune fille a pour seul horizon les tâches plus ou moins dégradantes qu'elle doit accomplir pour ses sœurs et sa marâtre.
Mais le jour où le prince Kai lui apporte son robot de compagnie - son seul ami -, le destin de Cinder prend un tour inattendu. La forte attirance qu'éprouvent le beau prince et la jeune cyborg n'a aucune chance de s'épanouir, surtout que le royaume est menacé par la terrible reine de la Lune !
Débute alors pour Cinder une aventure incroyable, où elle découvrira que le sort de l'humanité est peut-être entre ses mains. ❞


Je suis contente de relire une de mes sagas préférées, surtout que je commençais à ne plus trop me souvenir des intrigues, des personnages principaux et de leurs histoires personnelles. J'avais patiemment attendue de les avoir tous en format poche pour les ajouter à ma bibliothèque, et c'est quatre ans plus tard que je replonge aux côtés de Cinder. Est-ce que la magie opère toujours ? Et bien c'est un grand oui !

Ce premier tome des Chroniques Lunaires se penche sur Cinder, une cyborg mécanicienne qui n'est d'autre que la Cendrillon des contes que nous connaissons. Une belle-famille à vomir (sauf sa sœur Peony), un quotidien de labeur, traitée comme une esclave et une minable, Cinder va pourtant écrire un tournant dans sa vie et celle de la Communauté orientale. La venue de la reine lunaire Levana alors que la pandémie de létumose fait rage complique encore plus les choses, sans parler du service top-secret que lui confie le prince Kai, dont le destin va également être bouleversé.

Je suis toujours attachée à Cinder et Kai, même si ce dernier est encore bien lisse à mon goût - j'aime son sarcasme mais son évolution reste linéaire. Cinder est donc clairement la vedette de ce tome, de par son histoire, les révélations qui l'entoure, son caractère et sa force mentale. Impossible d'être de marbre face au comportement de sa belle-mère et d'une de ses belles-sœurs, tout comme il m'est impossible de ne pas être touchée par ses relations avec Iko et Peony. Elle reste sans hésitation l'un de mes personnages préférés de cette saga.

L'univers est dense, intelligent ; l'auteure maîtrise avec brio son récit. Les guerres entre les Hommes et les Lunaires, la létumose et la course au vaccin (qui fait triste écho à notre réalité), la vie à la Communauté, le mépris envers les cyborgs, l'histoire des Lunaires et leurs étranges pouvoirs... On en apprend à chaque chapitre, sans jamais que le rendu soit indigeste ou trop technique. 

Je me suis de nouveau immergée sur cette Terre futuriste avec facilité, surtout que la traduction est fluide et les chapitres assez courts. Les pages défilent à grande vitesse, et les bases sont maintenant posées : il me tarde de replonger dans le prochain tome pour découvrir la suite des aventures de Cinder et d'une nouvelle protagoniste, Scarlet.

Le dernier mot
J'avais adoré cette saga il y a quelques années, et relire ce premier tome me confirme que c'est toujours le cas ! Cinder et Kai sont attachants et bouleversants, l'univers est riche - c'est juste un peu particulier de le relire en ce moment vu le contexte... Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, l'écriture est addictive, j'ai donc hâte de plonger dans la suite !

29.8.20

The book of Ivy, tome 2


The book of Ivy, tome 2 : The revolution of Ivy - Amy ENGEL
Editions Pocket (Jeunesse) - 282 pages - 6€95
2017

Ma note finale : 13/20

☆☆☆

« J'ai tout perdu. Mon foyer. Ma famille. L'homme que j'aime.
Ce serait si facile de capituler, de fermer les yeux et d'attendre que la faim et la soif et raison de moi. Ou bien qu'une bête sauvage me trouve. Ou même un autre survivant... Mais je refuse d'abandonner. J'en ai terminé avec la lâcheté. Il est temps pour moi d'agir, enfin.
Bishop me l'avait bien dit, cet univers hostile ne pardonne pas la moindre erreur. Et au-delà de la barrière, c'est encore pire. L'hiver approche, et si je veux survivre, il va me falloir trouver de l'eau, des vivres, un abri. D'autres condamnés avec lesquels m'allier. Mais surtout, je vais devoir faire un choix : dois-je oublier ma vie d'avant, me venger de ceux qui m'ont trahie... ou mener, purement et simplement, la révolution ?
Car je ne suis plus une Westfall, ni une Lattimer. Simplement Ivy. Et je suis enfin libre. »

☆☆☆

Chronique du tome précédent → tome 1

☆☆☆


J'avais plutôt bien aimé le premier tome, même si la lecture remonte un petit peu, et il me tardait de découvrir ce que la suite avait dans le ventre. Surtout au vue des idées apportées durant la nouvelle vie d’Ivy Lattimer et la conclusion déchirante. Et... j'ai été globalement déçue.

Pour restituer le contexte après les événements du premier tome, Ivy se retrouve maintenant seule. Abandonnée par sa famille car elle n’a pas assassinée Bishop, l’homme qu’elle aime désormais, mais à qui elle a choisi de mentir pour le protéger. Derrière les barrières de Westfall, un nouveau monde s’ouvre à elle, et il lui faut survivre. Mais pour quoi faire désormais ? Pour protéger qui ? Car les dangers sont nombreux et plus proches que ce qu’elle ne pense... De plus; l'hiver approche, ce qui ne va pas faciliter ses conditions de vie.

Sincèrement, je me suis rapidement ennuyée pendant plus de la moitié du livre. Je ne suis pas contre ce renouveau dans le cadre du récit, qui a de bonnes idées et pouvait permettre de l'action à foison, ainsi que de la tension. Mais les péripéties et les rencontres d'Ivy hors de Westfall se succèdent trop vite sans s’attarder à créer une atmosphère apocalyptique ; cette dernière s’en sort à chaque fois, et surtout elle a de la chance. Beaucoup de chance, ce qui n’apporte pas toujours de la crédibilité à ce monde extérieur sauvage. Aussi, tout ce qui tourne autour du personnage de Mark Laird m’a dérangé, mis mal à l’aise [TW pédophilie/viol].

Si j'ai aimé le nouveau duo Caleb/Ash et leur histoire – car tout n’est pas mauvais dans cette partie, heureusement -, j'ai eu plus d'une fois envie de baffer Ivy, voir même Bishop. Leur relation amoureuse était insupportable à suivre tant elle tournait en rond, sous fond de mensonges, d'énervements injustifiés... Pour finalement se transformer en couple de YA classique et sans surprise. Quel dommage d’avoir gâché ce qui faisait leur charme dans le premier tome.

Pendant cette première partie donc (soit les deux tiers du roman), on ne revient à aucun moment sur ce qu'il se passe à Westfall. Après la tentative de meurtre ratée de Bishop, il y avait de quoi provoquer un certain chaos. Et la famille d'Ivy dans tout ceci ? Et cette histoire de révolution promise par le résumé, et surtout par le titre ? J'ai dû attendre la page 180 (sur 286) pour espérer relancer mon intérêt pour le titre, et mon enthousiasme est vite retombé. Le dénouement est bâclé faute de temps pour développer les enjeux politiques. Ivy ne m'a pas donné l'impression d'amener une révolte, ce qui est le comble avec ce titre ! Au contraire, elle a été spectatrice du début à la fin, ce qui m'a réellement déçue. Le sort de certains personnages est prévisible, tout comme l'épilogue et le choix final d'Ivy. Je suis juste contente du destin d'un des personnages secondaires rencontrés dans le premier tome, c'était bien joué là-dessus.


En conclusion je ressors peu satisfaite par cette fin de saga. C'est assez dommage car c'est une dystopie qui avait des pistes intéressantes, un couple au caractère trempé mais attachant, et surtout des tas d’éléments pouvant introduire un final émouvant, impactant : une vraie révolution. L’auteure a fait des choix particuliers pour ce second tome – surtout pour l’intrigue, et si je m’attendais à autre chose je ne peux que m’en prendre à moi-même. Je n’ai aucun doute sur le fait que ce deuxième et dernier tome trouvera son public, et que c’est une dystopie plutôt sympathique qui fera passer un excellent moment à d’autres lecteur.ices.

24.6.20

Hunger Games : La ballade du serpent et de l'oiseau chanteur


Hunger Games : La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur – Suzanne COLLINS
Éditions Pocket (Jeunesse) – 604 pages – 19€90
2020

Ma note finale : 16/20

☆☆☆

« C'est le matin de la Moisson qui doit ouvrir la dixième édition annuelle des Hunger Games. Au Capitole, Coriolanus Snow, dix-huit ans, se prépare à devenir pour la première fois mentor aux Jeux. L'avenir de la maison Snow, qui a connu des jours meilleurs, est désormais suspendu aux maigres chances de Coriolanus. Il devra faire preuve de charme, d'astuce et d'inventivité pour faire gagner sa candidate. Mais le sort s'acharne. Honte suprême, on lui a confié le plus misérable des tributs : une fille du district Douze. Leurs destins sont désormais liés. Chaque décision peut les conduire à la réussite ou à l'échec, au triomphe ou à la ruine.
Dans l'arène, ce sera un combat à mort. »

☆☆☆

𝓛a neige se pose toujours au sommet.


Hunger Games est l’une des rares dystopies qui continue de me plaire encore aujourd’hui, tant par les personnages introduits par l’autrice – ainsi que leur évolution – que par les sujets traités et sa politique. Je ne pouvais qu’être impatiente de me pencher sur ce préquel qui met en avant l’antagoniste principal de la trilogie, à savoir le président Snow, lors d’un tournant majeur dans sa vie. Panem n’en a pas encore fini d’être à feu et à sang, et dans l'ensemble c'était une bonne lecture.

On va donc suivre Coriolanus Snow, jeune homme brillant, à travers son parcours de mentor des Hunger Games : c’est en effet la nouveauté principale de la dixième édition et sa promo doit renouveler ces « jeux » servant de punition aux districts rebelles afin qu’un plus grand nombre s’y intéresse. Pas de chance, la famille Snow est au bord de la misère, et la jeune fille qu’il doit mener à la victoire vient du district le plus pauvre, le Douze. Lucy et son mentor vont devoir se faire confiance pour s’en sortir chacun, mais leur relation va être plus intime que cela, et ils changeront définitivement aux cours des prochains événements.

C’est un préquel globalement fascinant, toujours fluide à lire et à appréhender, surtout dans les idéologies que chaque personnage défend – qu’elle soit bonne ou non -. Sont donc évoqués la guerre, ses ravages, le traitement des perdants et des rebelles, la politique, la survie et ce que les hommes sont prêts à faire/devenir pour gagner et sauver sa peau. C’est toujours aussi cruel à suivre, avec des moments forts en terme d’émotions mais aussi en terme de réflexion. En tout cas je n’ai pas été insensible à cette lecture ! Aussi, les références à la trilogie sont nombreuses et bien placées, j'aime le petit plus que cela apporte à l’univers.

Le roman est composé de trois parties, trois pans importants de l’évolution de Snow ; elles ont toutes leur importance mais la dernière m’a souvent ennuyée par ses longueurs et ses répétitions. Si j’ai adoré suivre les premiers pas entre Coriolanus et Lucy, découvrir son quotidien à l’école, ainsi que les jeux et la tension jusqu’au moment de la victoire, l’après Hunger Games m’a un peu refroidi. Je ne suis pas particulièrement fan de la romance Lucy/Coryo, j'ai été dérangé par certains aspects de cette relation, surtout chez le jeune homme. La dernière partie est pourtant gourmande sur cette relation, alors je n'ai pas été gâté. Ce qui est dommage car Sejanus avait apporté un plus avec son intrigue, sans parler de cette terrible fin qui m’a tenu en haleine sur plusieurs pages – mais qui retombe à plat faute d’explications supplémentaires -. Je n’ai rien contre les fins ouvertes, mais là c’est une occasion manquée de faire une fin en apothéose, et c’est ce qui m’a le plus déçu avec le préquel.

En tout cas j'ai adoré détester Coriolanus, bien qu'il n'était pas fondamentalement mauvais au début ; seulement il a été endoctriné par un mauvais entourage, malgré la présence chaleureuse et la bonté de sa cousine Tigris. Cette dernière fait partie de mes personnages préférées de ce roman, avec la flamboyante et mystérieuse Lucy, issue d’une troupe de musicien qui ne fait ni partie des districts ni du Capitole. Sejanus m’a également touché, mais il m’a la plupart du temps énervée par son impulsivité et son manque de raisonnement. La Dr. Gaul a, sans l’ombre d’un doute, décrochée le prix de la personnage la plus terrifiante/timbrée du livre, et je comprends mieux comment le président Snow est devenu irrécupérable au fil du temps.


En conclusion j’ai passé un très bon moment de lecture, bien que ce roman comporte des défauts et des petites déceptions qui le classe, selon moi, légèrement en-deçà de la trilogie principale. Pourtant, il reste intéressant à lire, ne serait-ce que pour approfondir le personnage de Snow, ainsi que les débuts des Hunger Games, lorsque le Capitole n’était pas encore totalement remis des attaques des rebelles. Je le recommande donc pour ceux qui, comme moi, aime déjà la saga de base et souhaite prolonger l’expérience !

5.7.19

[CHRONIQUE] Eleanor & Park


Eleanor & Park - Rainbow ROWELL
Editions PKJ - 378 pages - 16€90
2014


"1986. Lorsque Eleanor, nouvelle au lycée, trop rousse, trop ronde, s'installe à côté de lui dans le bus scolaire, Park, garçon solitaire et secret, l'ignore poliment. Pourtant, peu à peu, les deux lycéens se rapprochent, liés par leur amour des comics et des Smiths... Et qu'importe si tout le monde au lycée harcèle Eleanor et si sa vie chez elle est un véritable enfer, Park est prêt à tout pour la sortir de là. "


J'avais apprécié Fangirl de la même auteure, même si moi et la romance contemporaine ça fait deux. Mais j'avais adoré son style d'écriture, les thèmes abordés et son univers bourré de références pop-culture, alors j'avais envie de m'attaquer à un autre de ses romans. Cela tombe bien, cette lecture me permet de commencer officiellement le Summer Book Challenge. Malheureusement, je ferme le livre avec un avis mitigé : sensation de frustration maximum, romance très nunuche par moment, mais des thèmes importants abordés avec puissance et émotion, avec l'agréable style de Rainbow Rowell.

Je savais dès le début que j'allais lire une romance, je savais bien à quoi m'attendre donc, mais je n'arrive définitivement pas à apprécier pleinement ce genre. C'est guimauve à certains moments, ridicule parfois dans les dialogues ; j'étais plus d'une fois exaspérée par le comportement des deux protagonistes, leurs erreurs, leurs non-dit, leurs silences. Je ne comprenais pas tout le temps leur réaction, mais je dois admettre que leur relation était réaliste et a malgré tout apporté son lot d'émotion. Après tout si j'ai enchaîné le livre jusqu'à la fin pendant trois heures c'est qu'Eleanor et Park ont su me toucher quelque part, j'avais envie de savoir comment leur couple allait évoluer, avec ses hauts et ses bas.

Par ailleurs le gros point fort du livre reste dans le traitement de plusieurs thématiques importantes et impactantes pour les adolescents de nos jours. La famille prend une grande dimension : la maman d'Eleanor soumise et apeurée par son nouveau mari alcoolique et violent - il m'a vraiment foutu les jetons -, la pauvreté, le jugement de la belle-famille de Park à l'encontre de sa nouvelle copine un peu "spéciale", les attentes du père de Park envers le fils aîné... C'est triste à constater, ça blesse, ça percute dans les propos, mais une fois de plus c'est réaliste et tout le monde s'y retrouve dans son histoire personnelle.
Le harcèlement scolaire a également une grande place dans l'histoire, surtout avec le personnage d'Eleanor : elle est rousse, elle est un peu forte, elle a un style vestimentaire qui ne passe pas inaperçu, c'est la nouvelle ; elle passe dans le viseur de la bande à Steve et va en voir de toutes les couleurs, surtout dans les trajets en bus et en cours de sport. Sans oublier les notes salaces dans ses cahiers... Je ne me suis pas spécialement attachée à cette fille, mais je l'ai trouvé admirable de toujours rebondir sur ses pieds et ne pas se laisser détruire totalement par ces événements. Dans ces moments-là j'étais sincèrement heureuse que Park soit présent pour la soutenir.

De façon moins prononcée on va aussi retrouver la thématique de l'adolescence et de la recherche d'identité dans cette période, ainsi que la tolérance et l'acceptation de la différence. La musique, le style vestimentaire, l'entourage, les goûts personnels... Comme le récit se passe en 1986 j'ai bien aimé ce petit dépaysement culturel - pas si loin de ce que j'ai connu, surtout pour les lecteurs cassettes ! -, mais c'est aussi pour cela que beaucoup de choses ne sont pas encore acquises. Et aujourd'hui aussi d'ailleurs. Pour ne citer qu'un exemple, sans spoiler le roman : quand Park a décidé de mettre du maquillage pour aller au lycée, ça ne m'a pas choqué ; mais la réaction de son père m'a vraiment mise hors de moi. Il faut donc avoir le cœur accroché pour lire certains passages du livre...

Comme je disais précédemment, Eleanor m'a touché à quelques moments, mais très souvent je suis passée à côté de ses pensées, de son attitude. Elle est loin d'avoir une vie facile, j'en ai conscience, et j'avais envie qu'elle s'en sorte et qu'elle se reconstruise heureuse ; cela dit j'en suis restée là. Mais pourquoi ce choix à la toute fin ? Je ne comprend pas du tout, et j'ai beau me repasser la question en boucle je ne trouve pas de raisons valables. Elle m'a tout simplement déçue. Ceux qui ont lu le roman savent de quoi je parle.
J'ai bien apprécié Park : il a de l'humour, du courage, il est adorable et touchant, et j'adore le style qu'il se construit au fur et à mesure du roman. Il a aussi ses défauts, je ne le cache pas, et il m'a parfois agacé ; mais ce sont des erreurs que tout le monde commet dans sa vie, c'est bête et méchant mais facilement pardonnable. Il est prêt à tout pour aider Eleanor, la soutenir. Et il y a la fin du roman qui gâche tout à mon sens. C'est dommage.

Le reste des personnages secondaires sont perturbants à analyser après coup. Ils sont ni tout noir ni tout blanc, à quelques exceptions près. Ainsi difficile d'affirmer que j'apprécie les parents de Park, Steve et Tina, la famille d'Eleanor, la prof de sport... Il y a des moments où j'étais scandalisée par leurs propos et leurs actions, mais à d'autres moments ils montrent leur faiblesse, reconsidèrent leurs torts et cherchent à se faire pardonner, font des efforts envers Eleanor pour lui venir en aide... Ils sont tous complexes, avec des nuances, et je félicite l'auteure pour avoir créé cette galerie de personnages.


" Eleanor avait raison : elle n'était jamais jolie. Elle ressemblait à une oeuvre d'art. L'art n'avait rien à voir avec le beau, il existait pour faire ressentir les choses. "


En conclusion Eleanor & Park est une lecture en demi-teinte, avec des forces et des faiblesses, des moment drôles, des moments touchants mais pas mal de moments agaçants et frustrants. La fin m'a laissé sur les fesses - pour rester polie -, avec beaucoup d'interrogations mais aucune réponse satisfaisante. Mais je suis ravie de voir que la plume de l'auteure et les thèmes qu'elle défend font mouche, les pages se lisent toutes seules sans pouvoir s'arrêter. 
Prochaine étape : lire le fameux Carry On qui me fait terriblement envie depuis sa sortie ?

3.10.18

[Chronique] Heartless


 Heartless 
2017
Marissa MEYER
Editions Pocket Jeunesse
599 pages
 18€50 

• " La Reine de Cœur n’a pas toujours été la terrible souveraine d’Alice au pays des merveilles. Avant d’être couronnée, elle s’appelait Catherine et rêvait de devenir la plus grande pâtissière du royaume. Mais le sort a décidé de lui jouer un vilain tour : le Roi de Cœur veut absolument l’épouser et les parents de Catherine, très ambitieux, placent de gros espoirs en cette union. Catherine, elle, veut vivre librement et aimer celui qui fait battre son cœur : Badin, le bouffon du Roi. Malheureusement au pays des merveilles, où s’entrechoquent magie, folie et monstres, les contes n’ont pas tous une fin heureuse... " 

Un livre que j'avais hâte de lire depuis ma découverte des Chroniques Lunaires - LE coup de cœur livresque de l'année dernière -, et qui me permet d'avancer dans le Pumpkin Autumn Challenge. Je savais que les avis étaient partagés pour ce one-shot : soit on l'apprécie à 100% soit on est déçu. Je dois sans doute faire partie de la deuxième catégorie car je ressors de ma lecture plutôt mitigée, même si l'histoire a beaucoup de qualités et que j'ai passé un bon moment dans l'ensemble.

Un des points forts du roman à mes yeux, c'est tout simplement son univers. Marissa Meyer a fait un boulot monstre pour emprunter des éléments chez Lewis Carroll (les personnages, les mondes, la folie et l'étrangeté de certains dialogues ou situations) pour les intégrer dans son histoire, tout en mélangeant sa propre patte. Le résultat est agréablement surprenant et efficace, les références à Alice au pays des merveilles et à sa suite, De l'autre côté du miroir, sont nombreuses et apportent des éléments pertinents sans pour autant dénaturer le récit de base. On peut donc enchaîner sans soucis avec les aventures d'Alice car ce préquel fait bien son travail et tient la route, même si le récit est assez sombre et tragique par rapport aux écrits de Carroll.

Car oui, bien que ce soit prévisible dès le début sur le sort de Catherine et son amour avec Badin (merci le résumé de la quatrième de couverture...), le drama est présent jusqu'au bout, et cela ne m'a pas empêchée d'avoir une boule au ventre à la lecture des dernières pages. Des destins tragiques, un amour impossible, des rêves brisés, la folie et la vengeance qui habitent le cœur, des morts violentes, des prises de conscience douloureuses : voilà ce que nous réserve Heartless, et j'ai trouvé regrettable que tout cela se mette en place vers la deuxième moitié du livre car j'ai bien failli abandonné ma lecture au début.

Alors que l'histoire se mette lentement en place, certes, c'est une chose ; mais là où j'ai trouvé que le roman n'était pas bon du tout c'est avec la protagoniste, Catherine. Ce personnage m'a fait hurler, lever les yeux au ciel, soupirer car elle est indécise du début à la fin. Et bien évidemment elle a un talent unique pour ne faire que les mauvais choix. De par son comportement et son attitude envers certaines personnes de son entourage - amis, famille, membre de la noblesse - je pense qu'elle s'est mis des freins toute seule pour réaliser ses rêves : devenir pâtissière, aimer Badin, sauver des vies, épouser ou non le Roi de Cœur... Et ce n'est pas l'événement fatidique du récit qui m'a donné de l'empathie pour elle, bien au contraire.
Quel dommage d'avoir une protagoniste comme ceci alors qu'il y a deux personnages qui valent clairement le coup, et qui sont également importants pour l'intrigue : Badin et Hatta. Et c'est grâce à eux que j'ai renoué avec l'histoire et que j'ai finalement apprécié ma lecture. Le premier est charmant, mystérieux, protecteur, doté d'un bon sens de l'humour et d'une plume ravissante ; j'ai adoré les révélations sur lui, ses origines et sa mission secrète. Pour ce qui est du deuxième, je ne pouvais que l'aimer car c'est un fameux chapelier doué dans son art, et qui va fuir jusqu'au bout un terrible destin... J'ai adoré sa relation chaotique avec Catherine - ce qui fait que Hatta est directement devenu un de mes chouchous -, et je suis encore choquée par les révélations le concernant et ce qu'il a provoqué de manière involontaire.

Je ne m'attarderais pas d'avantage sur les autres personnages, ils sont dans l'ensemble bien construits, avec de fortes personnalités, et font tous avancer de manière tragique le destin de Catherine - je vous avais prévenue pour la fatalité qui se dégage de l'histoire - : le Roi de Cœur est sympathique bien que maladroit en amour et au pouvoir ; Mary Ann est adorable et fidèle en amitié, cela me désole tellement de voir sa relation avec Catherine changer du tout au tout ; les parents de cette dernière sont détestables à souhait à cause de leur égoïsme ; Peter Peter et sa femme sont pleins de mauvaises surprises, honnêtement je ne pensais pas qu'ils allaient avoir autant d'importance ; le chat du Cheshire est fidèle à lui-même : mystérieux ; les Trois Sœurs sont flippantes et glauques ; et le Corbeau qui accompagne Badin est finalement attachant, je ne m'attendais pas non plus à la révélation le concernant.

En conclusion Heartless est un roman qui est séduisant grâce à son univers, son histoire tragique, son ambiance de plus en plus sombre et ses références à Lewis Carroll, mais qui souffre terriblement d'une protagoniste trop hésitante sur ses choix et d'une grande lenteur au début du récit. Cela ne m'arrêtera pas pour autant de lire d'autres romans de Marissa Meyer, bien au contraire : Le Gang des Prodiges me fait terriblement de l’œil !