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6.10.20

Roses de printemps


Le collectionneur, tome 2 : Roses de printemps - Dot HUTCHISON
Amazon Publishing France - 347 pages - 4€99 (ebook) ou 9€99 (broché)
2020

Ma note finale : 15/20
« Quatre mois après l’explosion du « Jardin », où de très jeunes femmes étaient séquestrées, les agents du FBI Brandon Eddison, Victor Hanoverian et Mercedes Ramirez continuent de gérer « l’après » et d’aider les survivantes traumatisées à se reconstruire.

Mais avec l’hiver qui s’achève, une nouvelle épreuve attend les trois agents : comme à chaque début de printemps depuis plus d’une décennie, une jeune femme sera bientôt retrouvée morte dans une église, la gorge tranchée et son cadavre entouré de fleurs.

C’est ce qui est arrivé à la sœur de Priya Sravasti. Désormais, elle et sa mère sont installées dans le Colorado où elles tentent de prendre un nouveau départ. Mais les fantômes du passé ressurgissent et Priya semble être la nouvelle cible du tueur. Pour le coincer, le FBI compte sur l’aide de la jeune femme. Mais le danger n’est pas forcément là où ils le croient… Et si, contre toute attente, c’était la proie elle-même qui devenait finalement le prédateur ? »
Je ne suis pas une adepte de thriller, j'en ai lu très peu dans ma vie de lectrice, pourtant c'est un genre qui ne me déplaît pas, surtout lorsqu'un résumé capte mon attention. Celui-ci a clairement suscité mon intérêt : j'aime ce qui est sombre, un peu glauque, et si le tueur est toujours dans la nature depuis autant de temps cela promet de la tension. Je remercie NetGalley France et Amazon Publishing France d'avoir mis à disposition l'ebook, car j'ai passé un bon moment de lecture !

Nous allons essentiellement suivre Priya, une jeune femme qui garde encore des séquelles d'un tragique événement survenu il y a un cinq ans : sa grande sœur, Chavi, a été assassinée par un tueur en série qui sévit toujours. En s'installant avec sa mère dans une nouvelle ville, en attendant le grand saut en France, le cauchemar revient : des fleurs, le langage préféré du tueur, sont déposées régulièrement devant sa porte. A chaque fleur correspond une fille assassinée, et c'est au tour de Priya de devenir sa proie. Elle peut évidemment compter sur des amis du FBI, un groupe de vétérans jouant aux échecs et sa mère pour continuer à vivre, à espérer... et plus ?

Ce que j'ai d'abord aimé dans ce titre, ce sont les multiples points de vue. On suit tour à tour Eddison, un officier du FBI entouré de ses partenaires Vic et Mercedes, afin d'en savoir plus sur l'enquête, ses coulisses, ses complications. Priya reste au centre de l'histoire, mais le plus surprenant reste le point de vue du tueur, qui vient parsemer l'histoire de ses "pensées" envers les futures victimes. Cela donne au récit une large palette d'émotions, avec une pointe de tension, d'horreur et de suspens, car jusqu'au bout j'ai douté d'un tas de personnages. Je ne suis cependant pas surprise par l'identité du tueur, il faisait partie de ma liste, et là réside ma petite déception sur ce roman. Je m'attendais à être un peu plus surprise...

Je n'ai pas lu le premier tome de cette saga - à propos de l'affaire du Jardinier - , et bien que l'on retrouve quelques personnages issue de cette histoire cela ne m'a pas gênée pour comprendre le roman. Ainsi, j'ai vite appréciée Inara et Bliss, qui sont pourtant assez complexes, marquées à vie par cet épisode. Je serais curieuse de lire ce premier tome car il pourrait également me plaire !

Le rythme est assez lent, et je l'accorde : ça ne plaira pas à tout le monde. Pourtant, je ne me suis pas ennuyée, bien que vers la fin je sentais que l'enquête tournait en rond - jusqu'au moment fatidique où j'ai renoué avec l'intrigue. L'atmosphère se construit doucement, avec son lot de potentiels suspects, et on découvre petit à petit ce qu'il se passe depuis presque une décennie autour de cette affaire de meurtre. C'était bien construit, les éléments étaient positionnés au bon endroit afin de ne pas en savoir trop dès le début.

Je me suis tout de suite attachée à Priya. Malgré ce qu'elle a vécu, elle reste déterminée, intelligente ; elle enquête de son côté, ne laisse rien au hasard, ne baisse pas les bras lorsque l'étau se resserre sur ses épaules. J'ai aimé ses relations avec Eddison, sa mère, les vétérans rencontrés aux échecs : c'est triste, émouvant, sincère, avec une dose de complicité qui m'a fait chaud au cœur - et qui réconforte après certains passages angoissants. Cette jeune femme remet aussi en question la notion de justice, en évoquant régulièrement le deuil, le suicide, la reconstruction, la vengeance. Je reste fascinée par son état d'esprit - et impossible de reste de marbre face à l'énergie qu'elle dégage.


En conclusion, j'ai passé un bon moment de lecture avec ce thriller. Priya a été une protagoniste incroyable et attachante, et les autres personnages sont tout aussi intéressants et complexes à suivre. L'enquête est glauque à souhait, mais je reste un peu déçue de l'identité du serial killer, qui ne m'a pas provoqué la surprise que j'attendais le plus. Je recommande quand même ce roman si vous aimez le genre !

15.7.18

[Chronique] Phobia


J’avoue avoir acheté ce recueil de nouvelles un peu par hasard car je cherchais une lecture facile à lire en peu de temps (c’est plus agréable quand on a une pause au boulot d’une vingtaine de minutes ou pour attendre le bus). Ne connaissant ni les auteurs des nouvelles et n’ayant pas pour habitude de lire du polar j’ai donc tenté l’expérience avec ce recueil, et j’en ressors plutôt satisfaite, même si le livre était assez inégal selon moi. L’idée est quand même excellente : une nouvelle pour évoquer une phobie, et avec 14 plumes toutes différentes des unes des autres. Et en bonus, 1€ est reversé à l’association ELA (qui lutte contre les Leucodystrophies) lors de l’achat du livre, une excellente cause à soutenir !
C’est donc parti pour ma chronique de Phobia, sous forme de mini-avis (format adéquat pour des nouvelles et garanti sans spoiler à 99 % pour les curieux.ses)

    • Le refuge, Nicolas Beuglet → Une nouvelle qui bascule progressivement dans le sombre et l’horreur ; notamment avec l’apparition de son double dans la cabane (qui est l’incarnation de sa conscience dans sa solitude). Il lutte difficilement contre lui-même car il semble fuir son passé, la raison de cette virée loin de la société est d’ailleurs la chute de cette nouvelle que j’ai très appréciée, même si des questions subsiste à propos de la femme du protagoniste et de ses propos mystérieux. J’ai trouvé le duel avec son double très intéressant à suivre, surtout au niveau des dialogues, on appréhende mieux la psychologie du personnage principal. La peur de la vérité est le thème de cette nouvelle, le suspens et la tension étaient bien maîtrisés, à mon sens c’est une bonne façon d’ouvrir le recueil.

    • Lésion fatale, Jean-Luc Bizien → Une nouvelle sympathique à lire mais sans plus à propos d’une enquête sur un meurtre bien sale; cela dit j’ai trouvé la chute très amusante (surtout pour les geeks - des passionés.ées de pop-culture - ). Je n’ai malheureusement pas apprécié le personnage principal, l’inspecteur : on ne connaît quasiment rien sur lui, juste qu’il est très absorbé par son travail et investi dans ses enquêtes. Je ne dit rien sur la phobie traitée dans cette histoire car je risque de gâcher la chute!

    • Lis mes nuits, Armelle Carbonel → Une nouvelle un peu plus longue que les autres, prenant ainsi le temps de développer ses personnages, d’instaurer son ambiance de plus en plus glauque et de voir Aurora plonger doucement dans la folie dû à sa phobie du noir/de l’obscurité, avec son copain à ses côtés. L’histoire est entrecoupée par des passages de son psychologue qui laisse présager que le happy end n’est pas au bout du couloir... La plume de l’auteure est d’ailleurs très agréable à lire, fluide. Le dénouement final est assez abrupt, mais après réflexion c’est de loin une de mes nouvelles préférées du recueil pour les raisons que j’ai cité au préalable.

    • Phobia, Sonja Delzongle → Une nouvelle composée de plusieurs quotidiens, avec des protagonistes uniquement liés par un événement catastrophique pour l’humanité : Phobia. Si j’apprécie l’idée de base, certains personnages sont plus intéressants à suivre que d’autres : ainsi j’ai adoré suivre le couple homosexuel et leur fils, mais un peu moins les autres, assez effacés/discrets au final, ce qui est pour le coup assez dommage pour ce projet. La plume était simple mais un peu plate à lire.

    • De l’ombre à la lumière, Damien Eleonori → Alors là, ça va être court : je ne suis pas sûre d’avoir tout compris. Le récit était emmêlé de plusieurs points de vue sans savoir tout de suite qui est qui, le découpage entre les scènes est également étrange; ainsi je n’ai pas compris la chute, ou alors j’ai une vague idée mais c’est trop tiré par les cheveux et bizarre. Je n’en garde pas un bon souvenir.

    • Dans le ventre de la bête, Johana Gustawsson → Là aussi petite déception, car j’avais rapidement deviné le plot twist autour du protagoniste, traumatisée par la scène macabre dont elle a été le témoin. C’est dommage car la nouvelle m’a plu, bien qu’assez horrible à lire sur certains passages, notamment dans l’attitude et les pensées du protagoniste à partir d’un moment clé. En même temps quand un des personnages à la phobie d’être enceinte et le devient malgré tout, ça fait assez peur… Probablement une des nouvelles les plus dures à lire.

    • 1 + 1, Nicolas Koch → Alice, la protagoniste, est phobique des chiffres dans cette nouvelle; son psychologue va donc remonter dans ses souvenirs durant ses séances afin de la « guérir » et de l'aider. J’aime beaucoup cette histoire : l’horreur qu’a vécu Alice pendant sa scolarité est racontée avec beaucoup de réalisme, on ressent son angoisse (personne ne la croyait, famille, professeur ou camarade de classe), elle va d’ailleurs lentement sombrer dans la folie et ne plus savoir ce qui est vrai ou non tant les chiffre l’obsède. Le dénouement est prévisible pour Alice, mais pas spécialement pour le psychologue qui s’occupe d’elle, ce qui achève l’histoire de façon glauque… Ma deuxième nouvelle préférée! (oui j'ai des goûts étranges)

    • La mort, tout le temps, Mickaël Koudero → L’histoire se déroule en 1916 pendant une guerre de tranchée; je vous avoue qu’elle était difficile à lire à cause de la plume de l’auteur : beaucoup de détails, de réalisme sur les atrocités de la guerre et ses dommages, l’auteur n’épargne rien ni personne (et certainement pas ses personnages plus ou moins effrayés par la mort), surtout lorsque l’on a accès au point de vue d’un allemand qui s’apprête à tuer froidement son ennemi. Cela dit j’ai trouvé la morale de fin assez pessimiste et trop lourde après l’histoire, et je ne suis pas spécialement d’accord sur son avis à propos de l’humanité ; certes la guerre existe toujours, certes il y a des lâches qui ne répondent que par la violence à cause de la peur, mais ce n’est pas le cas de tout le monde, loin de là. L’espoir existe toujours, on avance lentement sur certains sujets (là où d'autres régressent), mais on doit sans cesse travailler sur nous-même pour faire un monde meilleur, pour que la violence ne soit plus LA solution facile...

    • Du bruit au plafond, Chris Loseus → Je ne suis pas fan de cette nouvelle, après tout les araignées sont de retour, et pour le pire! Les derniers passages étaient pénibles à lire car j’avais les images en tête, et c’était assez dégoûtant pour être honnête… Je n’ai pas non plus apprécié le personnage principal, trop flou et inaccessible pour moi; et je n'ai pas compris l'intérêt d'introduire Andrea car elle ne sert clairement à rien. A ne pas lire avant de dormir!

    • Raymond, Ian Manook → Là aussi je n’ai pas aimé ma lecture, mais alors pas du tout. Que ce soit les deux protagonistes (absolument pas attachants dans leurs personnalités et leurs actions), le dénouement (des retournements de situations par dizaine si bien que je me suis perdue à un moment) et le langage utilisé (uniquement des dialogues, avec du langage grossier/familier, au bout de la troisième page c’est lourd). Pas mémorable donc.

    • Je t’aime à la phobie, Eric Maravélias → Quand l’amour croise le chemin du protagoniste, pourtant phobique des femmes, ça donne cette nouvelle absolument difficile à lire au fil des pages ( /!\ le dénouement est d’ailleurs à ne pas mettre dans toutes les mains car on parle de viol sur mineur, désolée pour le seul spoil de cette chronique mais c’est important de le préciser avant la lecture /!\). Je n’ai donc pas éprouvée d’empathie pour le protagoniste, même si sa mère ne l’a pas aidé à se sentir mieux, ses actes sont impardonnables, en plus de le rendre sadique.

    • Tue, Maud Mayeras → Ce n’est qu’en écrivant cette chronique que je me rend compte du jeu de mot avec le titre, j’aime bien la subtilité! En effet, il donne le ton de la nouvelle - ainsi que son macabre dénouement -, mais il met également en avant sa particularité : l’utilisation de la deuxième personne du singulier afin de suivre les pensées du personnage principal. Malheureusement je n’ai pas réussi à m’attacher à la protagoniste, mais ce qui est intéressant c’est le traitement de son comportement qui est « réaliste » : les histoires d’amour qui finisse mal, on en voit dans les faits divers (certains sont bien flippants…) ; et la tuerie organisée dans cette histoire fait aussi écho à notre réalité, impossible de ne pas avoir des images en tête donc; à ne pas lire si on est sensible!

    • Verdict, Olivier Norek → La troisième et dernière de mes nouvelles préférées. On touche ici aux dérives de la télé-réalité dans notre société, où l’être humain souhaite regarder des émissions de plus en plus dangereuses, mortelles… Le monde, les sentiments dépeint par Olivier Norek sont saisissants et inquiétants, surtout pour Moon, la réalisatrice de « Verdict », une émission dans laquelle le perdant meurt dans une mise en scène atroce. Tout simplement. Le dénouement est d’ailleurs ironique pour Moon, bien que bouleversant dans les conséquences; mais cela traduit bien les dérives de la télé et de ses émissions, ses victimes directes et indirectes, c’était une vraie claque.

    • Bisou, Niko Tackian → Une nouvelle assez courte mais absolument pas mémorable à mon sens; je trouve que c’est dommage d’achever ce recueil par cette histoire (après elles sont classées par ordre alphabétique des auteurs…). Je n’ai pas spécialement compris le geste d’Henri : un quotidien redondant ? Une envie de se sentir le plus fort ? Une liberté qu’il ne peut pas avoir à cause de sa famille ? Cette dernière question est discutable ; quoi qu’il en soit je vénère le chat Bisou pour son intelligence, car il nous livre un dénouement dans lequel le karma est roi!

En conclusion c'était une bonne lecture dans l'ensemble, bien qu'inégal (quelques sujets sont plus accessibles que d'autres, il y a des choix d'écriture et de scénario, et il ne faut pas être sensible dans certaines nouvelles). Mais c'était une excellente occasion de découvrir de nouvelles plumes, notamment Olivier Norek qui a été une révélation pour ma part.