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12.9.21

The Tea Dragon Society


❝ Greta, apprentie forgeronne, découvre une petite créature perdue sur la place du marché. En ramenant le dragon-thé chez lui, elle va rencontrer les deux propriétaires du salon de thé : Hesekiel et Erik. Ces derniers vont alors l’initier à l’art délicat du soin des dragons-thé. Tandis qu’elle se lie d’amitié avec eux et avec la timide Minette, Greta va découvrir l’étendue de cet art et comment les dragons-thé enrichissent leurs vies. ❞


Le Cercle du Dragon-Thé, c'est une bande-dessinée qui a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux, francophones ou anglophones, et je suis contente d’avoir profité du PAC pour me le procurer (en VO car c’était le moins cher o/). J’ai passé un excellent moment de douceur et de tranquillité aux côtés des petits dragons-thés !

L’histoire s’intéresse à une jeune fille, Greta, qui est apprentie forgeronne. Un jour, en revenant des courses, elle va sauver un petit dragon menacé par des chiens affamés. En ramenant la créature à son propriétaire, un dénommé Hesekiel, elle va découvrir un nouvel univers rempli de magie, de bienveillance et d’amour.

Le livre est divisé en quatre chapitres, chacun représentant une saison et donc un épisode particulier dans la vie de Greta et de ses nouveaux amis. C’est assez décousu comme rythme, surtout qu’il n’est pas ici question d’action ou d’aventures épiques ; il s’agit juste de savourer le quotidien, ses surprises et ses bons moments avec les bonnes personnes. Une lecture idéale pour se changer les idées le temps d’une demi-heure – car c’est assez court.

J’ai adoré en savoir plus sur les dragons-thés (qui sont trop mignons), le cercle des Dragons-thés et leurs membres – Hesekiel, Erik et Minette, apprendre les secrets de chacun à travers leurs histoires personnelles. C’est l’occasion pour l’autrice d’intégrer des personnages principaux handicapés, noir.e.s ou représentant la communauté LGBTQ+, ce qui est un bon point, surtout auprès d’un public jeunesse.

Les dessins sont mignons, colorés, tout en rondeur, j’aime énormément son style. Mention spéciale aux dragons qui sont originaux : pas de cracheurs de feu ou de créatures sanguinaires – non, leurs feuilles produisent un thé d’une saveur unique selon l’espèce et le lien qu’ils tissent avec leur maître.sse !

Le dernier mot
Une histoire charmante, tout comme les dessins ; et surtout beaucoup d'optimisme, de douceur, d'espoir. Un bon point pour la représentation LGBTQ+ ainsi que le handicap, avec des personnages principaux attachants et uniques. J'aime cet univers magique rempli d'hybrides et de dragons dont la spécificité... est la création de thé ! Je veux absolument lire la suite !


5.9.21

Chroniques Lunaires, tome 1


❝ À New Beijing, Cinder est une cyborg. Autant dire une paria. Elle partage sa vie entre l'atelier où elle répare des robots et sa famille adoptive. À seize ans, la jeune fille a pour seul horizon les tâches plus ou moins dégradantes qu'elle doit accomplir pour ses sœurs et sa marâtre.
Mais le jour où le prince Kai lui apporte son robot de compagnie - son seul ami -, le destin de Cinder prend un tour inattendu. La forte attirance qu'éprouvent le beau prince et la jeune cyborg n'a aucune chance de s'épanouir, surtout que le royaume est menacé par la terrible reine de la Lune !
Débute alors pour Cinder une aventure incroyable, où elle découvrira que le sort de l'humanité est peut-être entre ses mains. ❞


Je suis contente de relire une de mes sagas préférées, surtout que je commençais à ne plus trop me souvenir des intrigues, des personnages principaux et de leurs histoires personnelles. J'avais patiemment attendue de les avoir tous en format poche pour les ajouter à ma bibliothèque, et c'est quatre ans plus tard que je replonge aux côtés de Cinder. Est-ce que la magie opère toujours ? Et bien c'est un grand oui !

Ce premier tome des Chroniques Lunaires se penche sur Cinder, une cyborg mécanicienne qui n'est d'autre que la Cendrillon des contes que nous connaissons. Une belle-famille à vomir (sauf sa sœur Peony), un quotidien de labeur, traitée comme une esclave et une minable, Cinder va pourtant écrire un tournant dans sa vie et celle de la Communauté orientale. La venue de la reine lunaire Levana alors que la pandémie de létumose fait rage complique encore plus les choses, sans parler du service top-secret que lui confie le prince Kai, dont le destin va également être bouleversé.

Je suis toujours attachée à Cinder et Kai, même si ce dernier est encore bien lisse à mon goût - j'aime son sarcasme mais son évolution reste linéaire. Cinder est donc clairement la vedette de ce tome, de par son histoire, les révélations qui l'entoure, son caractère et sa force mentale. Impossible d'être de marbre face au comportement de sa belle-mère et d'une de ses belles-sœurs, tout comme il m'est impossible de ne pas être touchée par ses relations avec Iko et Peony. Elle reste sans hésitation l'un de mes personnages préférés de cette saga.

L'univers est dense, intelligent ; l'auteure maîtrise avec brio son récit. Les guerres entre les Hommes et les Lunaires, la létumose et la course au vaccin (qui fait triste écho à notre réalité), la vie à la Communauté, le mépris envers les cyborgs, l'histoire des Lunaires et leurs étranges pouvoirs... On en apprend à chaque chapitre, sans jamais que le rendu soit indigeste ou trop technique. 

Je me suis de nouveau immergée sur cette Terre futuriste avec facilité, surtout que la traduction est fluide et les chapitres assez courts. Les pages défilent à grande vitesse, et les bases sont maintenant posées : il me tarde de replonger dans le prochain tome pour découvrir la suite des aventures de Cinder et d'une nouvelle protagoniste, Scarlet.

Le dernier mot
J'avais adoré cette saga il y a quelques années, et relire ce premier tome me confirme que c'est toujours le cas ! Cinder et Kai sont attachants et bouleversants, l'univers est riche - c'est juste un peu particulier de le relire en ce moment vu le contexte... Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, l'écriture est addictive, j'ai donc hâte de plonger dans la suite !

15.8.21

Kerri & Mégane : Les Mange-Forêts



❝ Kerri est convaincu que son père et sa mère ne sont pas morts, même si on lui dit le contraire ! Il embarque clandestinement avec son amie Mégane pour Amazonia, la planète où ses parents ont disparu.

Là vivent d'étranges chenilles dévorant la forêt : les Mange-Forêts. Dans leur sillage, des petits humanoïdes poilus, les Maroufles... Kerri sent bientôt le danger : le capitaine Evrett dit-il la vérité ? ❞


Ce titre est assez méconnu, que ce soit en tant que saga jeunesse que saga SF, mais il faut savoir que parmi les premiers romans que j’ai lu dans ma vie de lectrice celui-ci en fait partie ! Je l’avais lu en primaire, et jusqu’à ce jour j’en garde encore de bons souvenirs. En tant qu’adulte le roman tient à peine une heure et ne propose pas une histoire révolutionnaire, cependant pour un enfant faisant ses premiers pas dans le genre il fait encore du bon travail !

L’intrigue porte autour d’un jeune garçon du nom de Kerri, qui a perdu ses parents lorsque ses derniers étaient en exploration autour de la planète Amazonia. Cependant, grâce à son don particulier de sensitif, il sent que ses parents sont encore en vie ; et autant son amie Mégane le croit, autant le capitaine Stefano Evrett semble très dérangé par son obstination. Les deux enfants vont donc devoir prendre les choses en main et faire la lumière sur ce mystère.

L’histoire n’est pas des plus originales, et surtout son dénouement est riche en facilité. Les dangers, bien que nombreux, seront vite écartés en deux pages, mais pour un jeune public – novice en SF – ce sera largement suffisant. Ainsi, on découvre ce qu’est le braconnage, l’esclavage, les mauvais côtés de la conquête de l’espace, la déforestation, l’impact de l’Homme sur son environnement… Les thèmes sont importants, convenus pour le genre, mais c’est traité intelligemment.

Impossible de ne pas s’attacher à Kerri et Mégane, de jeunes enfants courageux, curieux, altruistes. Je me souviens avoir adorée leur amitié quand j’étais petite ! Les autres personnages rencontrés sont sympathiques, les plus mémorables restent Doc et son robot Einstein, ainsi que Pock, un Maroufle (espèce de lémurien humanoïde) trop mignon sauvé in-extremis d’une vie d’esclavage. Par contre, au sujet de l’antagoniste principal, je ne suis vraiment pas convaincu par son rôle : c’est le méchant qui est juste là parce qu’il faut un méchant, il n’a aucune nuance ni même une histoire personnelle, il n’est d’ailleurs pas très présent dans ce tome.

Le point fort qui continue de me ravir après tant d’années c’est l’univers. Je reste fascinée par les Mange-Forêts, de grosses chenilles se servant de l’écosystème d’Amazonia pour vivre, et également protéger son peuple, à savoir les Maroufles. Toute une vie s’est créée autour, rythmant les rencontres, les fêtes, la naissance de nouvelles familles ; c’est fascinant. Et entre le pouvoir grandissant de Kerri et le fait que les voyages dans l’espace sont courants, j’aimerais réellement me procurer la suite pour découvrir d’autres planètes !

Le dernier mot
Un roman assez court à lire, mais qui m'a replongé dans beaucoup de bons souvenirs ! Je l'avais étudié en primaire, c'était ma première approche de la SF et je trouve que c'est effectivement une bonne étape pour débuter le genre à cet âge. Le vocabulaire n'est pas complexe, il y a des petites péripéties et des personnages avec chacun leur particularité, de chouettes messages sur l'écologie.


20.7.21

Vampyria, tome 2 : La Cour des Miracles


TW (à surligner si vous souhaitez) : sang (blessures, tortures) / mort (maladie) / enfermement (lieux clos et étroits)

! ATTENTION AUX SPOILERS DANS LE RESUME !


❝ Aux yeux de Versailles, Diane de Gastefriche est l'écuyère favorite de Louis XIV l'Immuable, le vampyre suprême qui depuis trois cents ans impose son joug sanglant à la France et à l'Europe. En réalité, elle se nomme Jeanne Froidelac : elle appartient à la Fronde, organisation secrète œuvrant au démantèlement de l'empire du Roy des Ténèbres.

Dans le ventre de Paris apparaît une mystérieuse vampyre renégate, régnant sur une cour souterraine peuplée de goules et d'abominations. Louis charge ses meilleurs écuyers de capturer cette rivale insaisissable et de s'approprier son armée : celle-ci le rendrait plus puissant que jamais. Jeanne parviendra-t-elle à éliminer la Dame des Miracles avant que les autres écuyers la livrent au Roy des Ténèbres ? ❞


J’étais assez impatiente de remettre mon nez dans cette saga, qui malgré des défauts et une protagoniste insupportable m’avait séduite avec son univers, son ambiance, ses idées autour des vampires et du Roi-Soleil. Ce second tome ne m’a pas déçue, je l’ai même trouvé légèrement au-dessus du premier, mais les défauts sont toujours là…

Ça y est : Diane fait désormais partie des Écuyers du Roy Louis XIV, dit l’Immuable. Son objectif reste le même, c’est-à-dire permettre à la Fronde de libérer les humains du joug des vampyres et de son roi tyrannique. Sa première mission ne tarde pas à commencer : retrouver la Dame des Miracles, qui a osé défier le Roy des Ténèbres, et l’amener vivante à la Cour. Elle devra faire équipe avec d’autres écuyers, à savoir Hélénaïs et Suraj, tout en gardant sa mission et son identité secrètes.

Je continue d’apprécier l’imagination de l’auteur pour cette uchronie. On en découvre beaucoup plus sur le fonctionnement de la Cour et le quotidien des Écuyers et du Roy, ainsi que sur la ville de Paris et son rôle dans le règne de l’Immuable. L’Histoire est revisitée, avec intelligence et cohérence, je me suis sentie immergée dès les premières pages. Rien que le premier chapitre sur le la cérémonie du Coucher du Roy (clin d’œil à celle du lever du véritable Roi-Soleil) est attractive.

J’ai également été ravie de revoir des personnages que j’ai apprécié dans le premier tome : Poppy, Naoko, Alexandre (qui avec le recul me fait plus rire qu’autre chose désormais), Rafaël… Mais malheureusement, ils sont assez discrets dans ce tome, à l’exception de Naoko qui a sa petite importance. J’espère donc les revoir bientôt – surtout Poppy et Rafaël – car ils ont du potentiel. 

D’un autre côté, approfondir Hélénaïs et Suraj n’est pas une mauvaise idée en soi, même si la première reste aussi attachante que Diane à mes yeux. Pourtant, j’ai été surprise par plusieurs révélations autour de ce trio, et si je ne suis pas pleinement satisfaite par le dénouement d’une intrigue, les autres questions et mystères soulevés m’intrigue. Surtout autour du pouvoir que Diane va détenir grâce à la Gorgée du Roy, à l'instar de ses compagnons d'armes.

Qui dit nouveau tome dit… nouveaux personnages ! Et alors là, comment définir le coup de cœur que j’ai ressenti pour Lord Sterling Raindust, un vampyre anglais qui croisera souvent Diane dans le récit. Bon, il souffre d’écriture caricaturale parce que c’est un punk désabusé assez ambigu dans ses objectifs, mais la moindre de ses apparitions suffisait à relever mon intérêt. Et en bonus il récite du Shakespeare. Parfait. Je n'ai qu'une envie : le revoir dans le prochain tome !

Si je devais donc revenir sur les défauts du roman ce serait assez bref, car ce sont quasiment les mêmes que ceux du premier. A commencer par Diane qui continue toujours de m’agacer dans ses décisions et son comportement envers ses camarades – Poppy et Naoko sont de chouettes filles pour la supporter comme amie et tout lui pardonner -. Je trouve aussi que l’intrigue principale a été résolue de façon « décevante ». Je me serais attendue à bien d’autres tournants, plus dramatiques ou plus épiques, mais pas à ça. Enfin, les facilités scénaristiques restent nombreuses, surtout autour de Diane. Peut être que le vent tournera dans le prochain tome ? En tout cas, je suis impatiente de lire la suite car je reste suffisamment enthousiaste par cette lecture pour surpasser ses petits inconvénients !

Le dernier mot
Une suite un tantinet plus addictive et réussie que le premier tome, mais toujours avec ses défauts du début (largement mis de côté grâce à l'ambiance et l'univers que j'adore). Jeanne m'insupporte une fois de plus, mais d'autres personnages (dont des nouveaux, comme Sterling, mon petit préféré) relèvent le niveau avec leurs intrigues. Je n'ai pas vu les 500 pages défiler. Curieuse de lire la suite !

Chroniques des tomes précédents


30.3.21

L'île de l'aventure, tome 1



❝ La vie d'Alana n'a rien d'extraordinaire : elle va a l'école, fait ses devoirs et obéit à ses parents. À vrai dire, son quotidien l'ennuie profondément, elle qui rêve de voyages, de découvertes et d'aventures. Quand elle apprend un jour l'existence du " Forfait escapade sur une île déserte ", elle n'hésite pas une seconde à s'inscrire ! 
Sur place, elle va pouvoir développer son propre village et se lier d'amitié avec ses voisins : Carl, un coq fainéant, et Clémence, une hamster énergique. Tandis qu'elle essaye au mieux d'agencer son île paradisiaque, Alana se met un objectif en tête : inviter le chanteur légendaire Gégé Laclasse. 
Mais pour le convaincre de venir, elle va devoir mettre les bouchées doubles, et surtout réussir à faire travailler les villageois de concert. Aura-t-elle la motivation nécessaire, ou laissera-t-elle son île et ses rêves derrière elle ? ❞


Je ne cours pas après les romans jeunesse d'habitude, mais il suffit de pas grand-chose pour me faire craquer. En l'occurrence, si vous êtes comme moi fan du jeu Animal Crossing (et notamment de l'opus sur Switch), ce roman est plus que tentant ! J'ai donc passé un très bon moment, certes assez court, mais plein de bonne humeur et d'amour pour la licence.

Alana est une jeune fille qui s'ennuie beaucoup dans son quotidien. Elle voudrait vivre de nouvelles aventures loin de ses parents et de son école ; et lorsqu'elle découvrira la possibilité de s'envoler vers une île lointaine pour développer de ses propres mains un village, elle n'hésitera pas ! Sur place, elle rencontrera ses deux nouveaux voisins, le gérant de l'île et d'autres personnages aussi mignons que drôles. Mais Alana a une autre idée derrière la tête : gagner le concours de la plus belle île, qui verra alors accueillir la star Gégé Laclasse (oui bon, c'est moins stylé que Kéké Laglisse mais droit d'auteur, tout ça tout ça...).

C'est un roman jeunesse, alors l'histoire va très vite et passe par l'essentiel, à savoir gagner le concours en développant au maximum Bora-Borours, l'île d'Alana. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas la licence, la surprise peut être sympathique avec l'univers coloré, amusant et rempli d'animaux mignons et attachants ; mais pour les autres rien de bien nouveau car ce premier tome reprend les premiers jours passés dans le jeu. 

Pourtant, c'est avec un brin de nostalgie que j'ai suivi les péripéties d'Alana, ayant adoré mon expérience de jeu dans ces moments, ainsi que la sensation de nouveauté et de liberté. Déterrer des fossiles, compléter le musée, attraper des poissons, planter des arbres fruitiers, faire venir de nouveaux habitants, construire ses premiers meubles : chaque chapitre aborde une étape importante dans le développement de l'île, mais aussi chez la jeune fille.

En effet, cette dernière a un caractère bien trempé et une obstination qui ne plaira pas toujours à son entourage ; elle en fera d'ailleurs plusieurs fois les frais au cours du récit. Il y a de belles petites leçons sur le savoir-vivre, l'écoute des autres, le respect et le travail en équipe. J'aime quand même son énergie positive, elle a une bonne évolution avec ses nouveaux amis Carl et Clémence.

La fan que je suis a également adoré retrouver les personnages phares de la licence (avec des prénoms détournés, ça reste un roman non-officiel) : Archibou (aka Thibou) reste mon petit préféré, avec son phrasé et sa personnalité. J'espère que par la suite j'aurais l'occasion de croiser d'autres têtes connues, car il y a de quoi faire avec le jeu de base !

Le dernier mot
Etant fan de la licence Animal Crossing depuis mon enfance, je ne pouvais pas passer à côté de ce petit roman jeunesse, avec lequel j'ai passé un bon moment. On retrouve tous les éléments de la licence, avec nostalgie et mignonnerie, en suivant l'aventure d'une petite fille attachante du nom d'Alana. C'est drôle, ça détend, une vraie petite douceur fidèle à l'esprit du jeu. 
Autre point positif : la couverture signé Massimo Di Leo qui est magnifique !

21.3.21

Le Destin d'Orïsha, tome 1

[TW] Mort (meurtres, massacre de population) / sang (tortures, scarification) / 
viol (tentative) / racisme


❝ Il fut un temps où la terre d'Orïsha était baignée de magie. Mais une nuit, tout a basculé, le roi l’a faite disparaître et a asservi le peuple des majis. Zélie Adebola n'était alors qu'une enfant. Aujourd'hui, elle a le moyen de ramener la magie et rendre la liberté à son peuple ; même si face à elle se dresse le prince héritier du trône, prêt à tout pour la traquer.

Dans une Afrique imaginaire où rôdent les léopardaires blancs et où les esprits ont soif de vengeance, Zélie s'élance dans une quête périlleuse…❞


J'étais tellement curieuse à propos de cette saga dont j'avais lu pas mal de bien que je n'ai pas tardé à craquer. Et après avoir fini ce premier tome, je suis conquise malgré quelques crissements de dents !

Dès le début le ton est donné : la guerre fait rage entre le Royaume et les majis. Si le roi asservi sans honte celles et ceux qui détenaient auparavant la magie, c'est dans un monde rempli de haine et hanté par ses morts que Zélie grandit. Elle est une maji, facilement identifiable avec ses cheveux blancs, mais tout pouvoir a disparu de son peuple depuis plusieurs années. Pire : à un certain âge, l'esclavage est leur seul sort. Mais un jour, sa route croise celle d'Amari, la fille de l'actuel roi, et malgré leurs différences la destinée d'Orïsha reposent entre leurs mains et un antique parchemin. Est-ce que la magie reviendra ? Et surtout est-ce que la paix entre leurs peuples sera possible ?

J'ai été happé par ce tome, notamment par l'univers de l'autrice. On découvre petit à petit l'histoire du royaume, des dieux, de la magie (qui n'est pas que bénéfique selon qui la manipule), et ce qu'il s'est passé du côté du royaume, du point de vue de trois personnages. C'est bien amené, cohérent, loin d'être manichéen, mais c'est surtout violent et réaliste. Cette histoire a beau se passer dans une Afrique imaginaire, les faits sont tous inspirés d'une triste réalité : des personnes noires tuées sans raison, victimes de racisme et d'abus de pouvoir. Le récit est engagé, et pour cela aucun des protagonistes n'est épargné pour susciter l'indignation et tirer la sonnette d'alarme sur les événements de nos jours.

J'ai un coup de cœur pour Amari, la fille de l'actuel roi d'Orïsha. Si au début elle a tout pour être agaçante - n'ayant jamais vécu dans la pauvreté et entouré de servantes, on devine rapidement ses blessures, ses convictions, son envie d'aider Zélie malgré tout, quitte à trahir sa famille. Elle a une évolution marquante, et je suis fière de son rôle. J'aime la relation qu'elle entretient avec Zélie et son frère Tzain. Ce dernier est également un pilier fort et rassurant dans le récit, malgré des réactions disproportionnées peu supportables.

L'histoire de Zélie est touchante, et je suis ravie qu'elle ne soit pas parfaite. Au vu de son passif, de sa famille et du destin qui repose sur ses épaules, il est évident qu'elle doute, se détourne du chemin, commette des erreurs. Je l'apprécie ainsi, avec ses forces et ses faiblesses, elle est bien construite. Mais, pourquoi, POURQUOI, lui avoir collé cette relation ennemies to lovers avec ce personnage en particulier ? J'ai trouvé toute cette romance malsaine et à côté de la plaque avec le reste du récit. Inutile de préciser que je n'ai pas aimé une seule seconde le personnage masculin en question, qui m'a semblé faux tout du long, en plus d'être insupportable à se plaindre sans arrêt. J'espère que le prochain tome ne reviendra pas sur cette "romance".

Le dernier mot
Un roman qui m'a transporté, écœuré, fait vibrer. Alors j'ai grincé des dents devant certaines réactions immatures et une "romance" en particulier, mais pour le reste c'est une excellente fantasy dont les pages ont défilé rapidement. Les protagonistes ne sont pas épargnés face à la tyrannie et à la magie. Amari reste ma petite chouchou. La suite ne tardera pas à atterrir dans ma PAL !

10.3.21

Le Faiseur de rêves, tome 2


[TW] Sang (blessures plus ou moins graves) / mort (massacre de peuple, noyade, suicide) / torture / viol (mentionné)
! ATTENTION AUX SPOILERS DANS LE RESUME !


❝ Le rêve comme seul rempart contre la violence du monde

Il est un monde où hommes et femmes naissent avec un don précieux, dont seuls les plus puissants gagnent le droit de se servir en temps utile, mais toujours au nom de l'Empire. À respectivement seize et dix-sept ans, Nova et Kora rêvent du jour tant attendu où des envoyés à la peau bleue viendront enfin les enlever. Alors, seulement, elles pourront accomplir leur véritable destin.

Très loin de là, à travers l'espace et le temps, dans la mythique Cité oubliée – qu'après tant d'années, Lazlo Lestrange peut désormais contempler de ses yeux –, retentit une explosion qui fait basculer son monde et celui de Sarai. Leur avenir ne tient désormais plus qu'à un fil, celui que manipule par la seule force de son esprit une enfant cruelle et meurtrie. À la fois plus puissant et plus vulnérable que jamais, le jeune homme va devoir choisir : sauver celle qu'il aime ou bien tous les habitants de la ville interdite jusqu'au dernier.

Sans compter qu'un danger plus grave encore menace... Car l'oiseau blanc qui surveille la citadelle depuis toujours veille, et il est grand temps pour lui de passer enfin à l'action. ❞


J’avais lu il y a quelques années déjà le premier tome, qui avait été un coup de cœur à l’époque. Si j’avais hâte de lire la suite, ce n’est qu'aujourd'hui que j’ai pu me plonger dedans. Et si je ressors contente de ma lecture et de sa fin, je le trouve un poil moins bon que son prédécesseur à cause de quelques défauts…

L’intrigue reprend directement là où l’autrice avait laissé ses personnages dans le premier tome. Sarai est désormais un fantôme, et Lazlo ainsi que les autres enfants de la citadelle sont sous le joug de Minya, qui ne songe qu’à une chose : la vengeance. Il est temps pour le faiseur de rêves et la muse des cauchemars d’affronter la mort et la vérité, et ainsi sauver ceux qu’ils aiment. En parallèle, nous suivons le destin de deux sœurs, Kora et Nova, dont l’histoire va chambouler celle de Désolation à jamais.

Je commence déjà par le positif : l’univers. Laini Taylor a un don unique pour créer des univers cohérents, magiques, poétiques, tragiques. Ce tome apporte pas mal de révélations autour des origines de Lazlo, la fameuse tragédie de Désolation, le secret de Minya, et bien d’autres éléments que je ne compte pas spoiler. C’est riche, bien développé, la duologie a une sacrée consistance et ce sont des choses qui me font toujours plaisir quand je me plonge dans une saga.

Pourtant, j’ai eu du mal à me plonger dans ce tome à cause de sa première partie. C’était trop lent. Je sais que c’est la plume de l’autrice qui donne ce résultat, mais attendre presque 400 pages pour que Kora bouscule le rythme du récit et apporte de la tension c’est tard. Beaucoup trop tard. 
Alors que s’est-il-passé avant tout ceci ? Un manque cruel de dialogue et de compréhension entre les personnages principaux, une romance trop guimauve entre Lazlo et Sarai, et une terrible impression de surplace dans l'intrigue. J’étais plus captivée par les quelques chapitres autour de Kora et Nova, et c’est grâce à elles et leur terrible destin que j’ai continué à m’accrocher. 

De ce fait, la deuxième partie du tome est plus réussie : les révélations s’enchaînent, les personnages évoluent enfin, le danger est véritablement présent, jusqu’à une conclusion en apothéose. Minya m’a pas mal surprise, dans le bon sens du terme.
La fin ne plaira pas à tout le monde car c’est une fin ouverte (quoiqu’un peu rapide sur certains points) : perso elle me plaît bien, surtout après tout ce que les personnages – principaux et secondaires – ont vécus. Je reste cependant sur ma fin avec le groupe de Nero qui n’a pas été bien exploité dans cette aventure, j'en attendais plus de leur part.

Le dernier mot
La première partie m'a clairement perdue. C'était trop long, trop niais dans la romance, et l'action était absente. Heureusement que l'arrivée de Kora débloque le tout ! L'univers reste le gros atout de cette saga, ainsi que ses personnages bien campés, avec une évolution intéressante. J'ai quand même adoré ma lecture, et la duologie dans son ensemble, malgré ses défauts.

Chroniques du tome précédent

26.2.21

A quoi rêvent les étoiles

[TW] Deuil, dépression, maladie (trouble bipolaire), sang (blessure légère), abandon familial


❝ Titouan ne sort plus de sa chambre. Alix rêve de théâtre. Luce reste inconsolable depuis la mort de son mari. Gabrielle tient trop à sa liberté pour s'attacher. Armand à construit sa vie entière autour de sa fille. 
Cinq personnages, cinq solitudes que tout sépare. Il suffira pourtant d'un numéro inconnu s'affichant sur un téléphone pour que leurs existences s'entrelacent... 
"Hasard, destin, alignement de planètes... Appelez ça comme vous voulez, moi j'appelle ça magie". ❞


L'un des romans que m'a sélectionné Justine dans le cadre du challenge Livra'deux pour pal'Addict. Et bon sang, je te remercie de me l'avoir fait sorti de ma PAL car j'ai adoré ma lecture - même si j'ai eu peur au début à cause de sa lenteur : c'est un mini coup de cœur

Ce roman choral nous donne l'occasion de découvrir cinq personnages qui, malgré leur différence d'âge et de parcours, vont se retrouver liés par le hasard. Un jeune garçon qui ne souhaite plus sortir et voir du monde ; une fille qui vit que pour le théâtre ; un papa dont l'unique préoccupation se se résume à son enfant ; une femme pour qui s'engager sentimentalement est impossible ; une personne âgée veuve qui doit retrouver le goût de vivre. Quand ce petit monde se rencontre, se sépare, se parle ou se dévoile, un panel d'émotions ressurgit. Les quotidiens de Titouan, Alix, Luce, Gabrielle et Armand vont changer du tout au tout.

Ce livre est écrit avec une rare justesse, surtout que les histoires de chaque personnage sont réalistes, impactantes, modernes. L'autrice a une plume riche, libératrice, c'est un vrai plaisir de la lire. Beaucoup de thématiques sont ainsi traitées, mais s'il y a des notes d'espoir et quelques traits d'humour pas mal de passages peuvent être difficiles à lire, d'où mes TW en début de chronique, à tenir absolument en compte.

Je lis très peu de roman de ce genre, mais le résultat de celui-ci me plaît, surtout qu'il se lit facilement. Chaque personnage a sa voix, son rythme de vie, son flux de pensée (organisée mais stricte - comme Gabrielle, ou un peu chaotique et brut de décoffrage - coucou Alix). Avec toutes ces personnalités uniques impossible de ne pas s'attacher à la plupart d'entre eux. J'ai d'ailleurs une énorme préférence pour Luce, Titouan et Alix. Armand et Gabrielle sont sympathiques à suivre, mais je me suis moins sentie concernée par leurs problèmes, leurs doutes, leurs façons de voir les choses. Simple question d'âge et d'expérience.

Titouan aborde les malaises de l'adolescence, il m'a assez touché, surtout qu'il est vraiment adorable et rempli de bonnes intentions. Alix m'a fait vibrer avec sa passion pour le théâtre (passion partagée et qui me manque cruellement depuis le lycée 💔). Pour ce qui est de Luce, son histoire personnelle est marquante, tout comme sa passion... Mais ça, je vous laisse la surprise !

Le dernier mot
Un début assez mou et curieux, mais lorsque les liens entre les personnages principaux se sont (dé)construits au bout de quelques chapitres impossible de lâcher ! Chaque personnages a son histoire, ses défauts, ses rêves, ses convictions. La plume de Manon Fargetton est poétique, impactante, douce : un mélange complexe d'émotions mais réaliste. C'est un très beau roman choral !

10.2.21

Tous nos jours parfaits


[TW suicide / maladie mentale / dépression / violence familiale]


❝ Quand Violet et Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie.
Finch est la "bête curieuse" de l'école. Il oscille entre les périodes d'accablement, dominées par des idées morbides et les phases "d'éveil" où il déborde d'énergie. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s'est isolée et s'est laissée submerger par la culpabilité.
Pour Violet et Finch, c'est le début d'une histoire d'amour bouleversante: l'histoire d'une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir. ❞


J’avais plutôt bien aimée ma lecture de Mille visages de notre histoire, surtout grâce à son duo dynamique, touchant, marquant dans leur combat et leur maladresse. Suite à ma chronique de ce roman vous m’avez recommandé un autre livre de Jennifer Niven, à savoir Tous nos jours parfaits, que j’avais également dans ma PAL bien au chaud. J’ai passé un bon moment, cette fois-ci accompagnée de Finch et Violet, mais il m’a manqué un truc pour accrocher totalement au roman.

Nous allons suivre le quotidien de deux adolescents, Finch et Violet, décidés à sauter du haut du toit de leur école pour des raisons différentes. La vie ne leur a pas fait de cadeaux : la mort d’une sœur, la fin d’un projet important, un cadre familial toxique, une maladie… De cette rencontre va pourtant naître une histoire d’amour, d’acceptation, de pardon. Vont-ils enfin ouvrir une nouvelle parenthèse, plus douce, plus heureuse ?

Je sens que l’autrice a une fois de plus écrit ce roman pour défendre des thématiques importantes, dures, surtout auprès d’un public adolescent (cf. mes TW indiqués en début d’article). Et une fois de plus elle a réussi ce pari avec une plume poétique et des mots remplis de justesse et d’espoir. Le roman se lit vite et bien, aucun chapitre ou événement n’est de trop. Je ne me suis pas ennuyée avec ce duo aussi touchant qu’unique.

Cependant, contrairement au duo de Mille visages de notre histoire, j’ai un peu moins accroché à celui-ci. La faute sans doute à une romance trop précipitée, étrange, mais non dénuée d’humour par moment. J’ai également eu du mal à accrocher à leurs interactions auprès de leurs amis et de leurs familles : beaucoup de situations sont sources d’angoisses, de stress, et des personnages sont assez violents dans leurs propos et/ou leurs actions. Si on rajoute la fausseté, le mensonge, l’hypocrisie, l’histoire garde des notes amères qui ne laissera personne indifférent. De ce fait, même si j’avais vu la fin venir, ça reste un crève-cœur à lire.

Le dernier mot
C'est le deuxième roman de l'autrice que je lis, et une fois de plus elle réussit à traiter des thématiques importantes et compliquées avec justesse et espoir. Finch et Violet étaient touchants à suivre malgré quelques réserves sur la romance et certaines relations avec des personnages secondaires. Cela reste une bonne lecture, même s'il m'a manqué un petit truc pour vibrer.

20.1.21

Vampyria, tome 1


TW - sang, violence, cadavre, mutilation


❝ En l'an de grâce 1715, le Roy-Soleil s’est transmuté en vampyre pour devenir le Roy des Ténèbres. Depuis, il règne en despote absolu sur la Vampyria : une vaste coalition à jamais figée dans un âge sombre, rassemblant la France et ses royaumes vassaux. Un joug de fer est imposé au peuple, maintenu dans la terreur et littéralement saigné pour nourrir l’aristocratie vampyrique.

Trois siècles plus tard, Jeanne est arrachée à sa famille de roturiers et catapultée à l’école formant les jeunes nobles avant leur entrée à la Cour. Entre les intrigues des morts-vivants du palais, les trahisons des autres élèves et les abominations grouillant sous les ors de Versailles, combien de temps Jeanne survivra-t-elle ? ❞


Je sais que Victor Dixen est un auteur français assez connu depuis des années, pourtant je n'avais pas encore franchi le cap. Je n'ai jamais été attirée par les résumés de ses romans, et je voyais de tout en terme d'avis. Alors quand j'ai découvert qu'il s'est lancé dans une uchronie autour du Roi-Soleil et des vampires, je n'ai pas réfléchi : je me suis lancée dedans à peine le livre acheté ! J'en ressors conquise, malgré quelques problèmes plus ou moins gênants.

Dans notre Histoire, le roi Louis XIV est décédé en 1715 après un très long règne. Mais si dans un univers parallèle, ce même roi n'était pas mort, mais transformé en vampire ? Son tout nouveau royaume, la Vampyria, est impitoyable, et l'écart se creuse entre les différentes castes. Jeanne le sait très bien, car elle et sa famille sont de pauvres roturiers donnant leur sang chaque mois pour les vampyres, laissant de profondes marques sur leur bras. Ils sont du bétail, doivent respecter un couvre-feu et ne jamais quitter leur village. Trois siècles après la "renaissance" du Roy, rien ne semble changer. Pourtant, Jeanne va vivre un véritable cauchemar, et il ne lui reste plus que la vengeance et un symbole d'espoir : la Fronde. Pour mener à bien son projet, elle va intégrer la prestigieuse Grande Ecurie, où sont formés les futurs écuyers et écuyères du Roy, sa garde rapprochée. Elle est désormais Diane de Gastefriche, et elle n'est pas au bout de ses peines. 

Je commence par le gros point positif de cette lecture. L'univers est incroyable, immersif, avec une ambiance glauque, angoissante. Je suis forcément faible quand il s'agit de vampires, et je trouve que l'auteur a réussi à tirer son épingle du jeu. Bon, ils sont sensibles à la lumière, allergiques à l'ail, séduisants, rien d'original à ce niveau ; cependant, j'ai adoré les détester à cause de leur personnalité. Des égocentriques, des passionnés, des tarés, des imposants (le Roy est vraiment impressionnant lors de ses rares apparitions) ; je suis également fascinée par leurs origines et leurs pouvoirs liés aux Ténèbres. Si j'ai bien un chouchou dans ce camp, c'est Alexandre, bien qu'il soit particulièrement malsain avec Jeanne à certains moments. En tout cas, cette version de l'Histoire tient la route et donne envie d'en savoir plus.

Le contexte est également bien construit et crédible : on y parle de la Fronde, de liberté, de révolte, de compétition, de différence de naissance et de rang, de manigance et de complot contre la couronne... Le récit est rythmé et ne perd pas de temps pour le superflu - la violence est d'ailleurs assez présente. A peine un événement est terminé que l'auteur enchaîne avec le suivant. Si des révélations ou des tournures sont cousues de fil blanc, j'avoue avoir eu quelques agréables surprises ! Chaque personnage introduit a ainsi son importance, ses secrets, ses ambitions.

J'en viens donc aux personnages. Et là où ça fait mal, c'est de constater que je n'ai pas du tout apprécier Jeanne, la protagoniste, et encore moins son évolution jusqu'au dernier chapitre. Elle rentre dans les cases des clichés du roman young adult avec sa vengeance, sa relation amoureuse et son côté tête brûlée qui la place régulièrement dans des situations critiques. Le summum reste ses mensonges et ses trahisons au sein de la Grande Ecurie. Une scène m'a clairement dégoûtée tant la personne concernée ne méritait pas du tout ce traitement. Malheureusement, l'épilogue me fait croire qu'elle continuera dans cette voie, et bien que ce soit justifié je n'adhère pas à ce type de personnages. Comment s'identifier à Jeanne l'espace d'un instant avec un comportement pareil ?

Je compte bien lire la suite, mais je place tous mes espoirs dans les autres personnages principaux, à savoir Naoko, Rafael et Poppy (parce que Hélénaïs est LE cliché de la peste prétentieuse, elle ne m'intéresse donc pas des masses non plus). Naoko est une japonaise extraordinaire, solitaire, et qui malgré son secret est une amie en or. Ca aurait été juste bien de ne pas glisser qu'elle est douée pour l'art du combat de par ses origines asiatiques * tousse *
Poppy est clairement ma préférée, de par son franc-parler, son audace, ses aspirations, son aura particulière. Elle aussi cache un lourd secret, et je suis plus que curieuse de découvrir son nouveau destin. Pour ce qui est de Rafael, il est assez discret dans ce tome, mais les petites scènes consacrées à son histoire d'amour avec un des Ecuyers du Roy m'ont touché. Le dernier personnage important de ce "groupe", Tristan, tombe à plat. Il est lisse, prévisible, et ne sert qu'à intégrer une romance avec Jeanne. Cependant, je suis pleinement satisfaite de son sort à lui !

Le dernier mot
Premier roman de cet auteur dont j'entends de tout, en bien comme en moins bien. Je ressors assez conquise par l'univers, l'ambiance sombre et violente, ainsi que l'idée de base (une uchronie autour du Roi Soleil et des vampires). Si j'adoré la plupart des personnages principaux et leur développement, je suis loin d'avoir accrochée à Jeanne, pourtant LA protagoniste du roman... Je suis quand même curieuse de lire la suite!


19.8.20

Le jeu d'Hiroki

 

Le jeu d'Hiroki - Eric Sinabre
Editions Didier Jeunesse (Mon marque-page +) - 224 pages - 12€90
2020

Ma note finale : 16/20

☆☆☆

« Lorsqu’Hiroki découvre une vieille console vidéo dans les cartons de son père, il est au comble de l’excitation. Ni une ni deux, le voilà déjà les manettes à la main, avec son amie Emiko, pour tenter une partie. Contre toute attente, le jeu choisi fonctionne alors qu’il n’est plus en réseau depuis des années, et de l’autre côté de l’écran, quelqu’un l’appelle à l’aide !
Au cœur du Japon, la périlleuse enquête de deux enfants aux frontières du réel et du virtuel. »

☆☆☆

Je tiens à remercier NetGalley France ainsi que Didier Jeunesse pour leur confiance. J’étais plutôt intriguée par le résumé, et la couverture m’inspirait également. Je suis donc plutôt contente d’avoir passé un très bon moment avec ce roman, et surtout d’avoir ressenti autant de nostalgie à de nombreuses reprises !

Hiroki déménage avec son père à Hitachi, un endroit assez calme. En déballant les cartons, le petit garçon tombe sur une ancienne console appartenant à son père, la GeoNec 3. Un des jeux l’interpelle tout de suite : Kogen. En effet, ce qui s’apparente à un MMORPG (un jeu de rôle et d’aventure en ligne et en multijoueur) était le jeu le plus prometteur de son époque ; mais depuis les serveurs sont fermés, et impossible pour Hiroki d’y jouer avec son amie Emiko. Pourtant, un soir, l’improbable se passe : Hiroki arrive à se connecter dessus avec le personnage de son père ; plus curieux, un personnage différent des autres s’adresse directement à lui. Ce fantôme, Abondance, a besoin d’aide, et seul le garçon peut la sauver. Qui se cache réellement derrière ce personnage ? Que vont découvrir Hiroki et Emiko à travers ce jeu ? Je vous laisserai le découvrir le 09 septembre !

J’ai été enthousiaste dès les premières pages lues. Que ce soit le personnage d’Hiroki, son amitié avec Emiko, la joie et la curiosité qu’il éprouve avec ce nouveau jeu, les thématiques qui me sont familières (le Japon, sa culture et les jeux vidéo) : tous les éléments étaient présents pour me plaire.

Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’était à ce que j’allais ressentir en lisant ce roman jeunesse. Passer un bon moment, c’est une chose, et je sais qu’un jeune public appréciera cette aventure avec Hiroki ; mais ressentir de la nostalgie, avoir la sensation de jouer soi-même à Kogen (avec une excellente description des environnements du jeu ainsi que sa musique), ce sont des détails qui ne peuvent que me parler, étant une joueuse passionnée de RPG et jeux d’aventure depuis l’enfance. L’immersion a été totale grâce à la plume de l’auteur. Et que dire des quelques références à une de mes licences préférées, The Legend of Zelda : ma corde sensible est touchée !


Les personnages sont attachants, parfois drôles sur certains dialogues ; j’ai aimé suivre leur relation et les échanges entre eux. Si j’ai tout de suite appréciée Hiroki et Emiko, j’ai eu un peu plus de mal avec l’oncle Daisuke au début. Cependant, il est d’une précieuse aide pour les enfants et apporte beaucoup d’humour au récit. J’ai vite changé d’avis sur son compte !

Le seul point négatif que j’ai trouvé à ce roman, c’est sa conclusion. L’enquête des enfants était fascinante, entourée de mystères, avec une petite dose de danger. J’avais réellement envie d’en savoir plus sur l’identité d’Abondance et son passé, mais une fois la vérité découverte le tout se clôture en quelques pages, sans finalement comprendre les événements passés et ses raisons. Je sais que cela reste du jeunesse, mais il me manquait de l’approfondissement sur ces points – surtout que c’est un sujet important et d’actualité, surtout pour un pays comme le Japon.


En conclusion, j’ai adoré ma lecture, que j’ai dévoré d’une traite sans m’en rendre compte. Malgré une conclusion un peu trop précipitée, tout le reste du roman est une bonne surprise. Sa thématique principale autour du jeu vidéo, ses personnages attachants, le style d’écriture immersif et efficace de l’auteur ; je ne connaissais pas Eric Senabre mais je suis heureuse de l’avoir découvert sur ce titre, et cela me donne envie de lire ses autres romans !

17.5.20

[CHRONIQUE] Les aigles de Vishan Lour



Les aigles de Vishan Lour – Pierre BOTTERO
Éditions Rageot – 91 pages - 11€90
2019

Ma note finale : 18/20

☆☆☆

« Plume est une Ombre.
Grâce à ses talents d'acrobate, elle se glisse discrètement dans la nuit.

Jeune écuyer des Chevaliers du Vent, Estéblan accompagne la délégation chargée de rappeler au nouveau roi ses devoirs. Quand la délégation est assassinée, il est menacé à son tour.

Plume sera-t-elle son alliée ? »

☆☆☆

⌜- 𝓒'est ainsi que les puissants règlent leurs problèmes. Dans le sang.


Si vous êtes familier de mon blog, vous avez largement compris que Pierre Bottero et moi c’est une grande histoire d’amour. Il m’a donné le goût de la lecture, et chaque livre de cet auteur est une bouffée d’air frais et d’émotions. Alors quand Rageot décide de publier une nouvelle inédite de l’auteur (en sa mémoire, il nous a quitté il y a déjà dix ans) je ne pouvais pas passer à côté !

L’histoire est assez courte, que ce soit dans la narration et dans sa temporalité : on va donc suivre un morceau du quotidien de Plume et Estéblan, deux enfants aux parcours de vie différents ; assister à leur rencontre lors d’une tragique soirée et voir ce qu’ils advenir d'eux. Une nouvelle fois l’auteur nous plonge dans un univers de fantasy, avec de belles rencontres, de la poésie, des créatures majestueuses ou effrayantes, de la cruauté, de la mort. J’ai adoré du début à la fin, la recette est efficace et fonctionne parfaitement !

Plume est une voleuse agile appartenant aux Ombres – une guilde qui m’a fait énormément penser aux Marchombres, dans une autre saga de l’auteur -, et c’est une inspiration qui m’a fait très plaisir, j’ai aimé cette familiarité. Elle a également le caractère et la répartie d’Ellana – la Marchombre la plus connue -, ce qui fait que de Plume ma petite préférée de cette histoire, sans l’ombre d’un doute. Estéblan est également intéressant à suivre, j’ai eu beaucoup de peine pour cet apprenti Chevalier du Vent plein de rêves. Sa relation avec Plume est forte, émouvante, il y a une bonne alchimie entre eux. C’est un duo que je ne suis pas prêt d’oublier, tout comme leurs compagnons oiseaux.

L’univers de cette histoire est fascinant, mais je ne suis pas surprise par le talent d’imagination de l’auteur. Que ce soit dans la politique, le bestiaire, la géographie, les objets magiques, l'ambiance, etc. : je suis rentrée dès les premiers mots dans le livre, et comme toujours à la fin je suis terriblement frustrée de ne pas en savoir plus. Par ailleurs, je suis même un peu déçue que ça s’arrête ainsi, il manque de l’action, quelque chose de marquant. J’ai le sentiment que l’histoire n’aurait pas dû s’achever ainsi, mais on ne peut pas changer les événements… Et tant que je suis dans les (petites) remarques négatives, je trouve que presque 12€ pour une nouvelle qui se lit en une demi-heure, c’est cher et pas vraiment justifié.


En conclusion c’est un vrai plaisir que de se replonger dans un univers inédit de Pierre Bottero, dont l’univers, les personnages et la plume m’ont fait voyager quelques temps, même si c’était trop court et légèrement frustrant à la fin. Une petite pépite qui va rejoindre fièrement ma collection de livres de l’auteur

22.3.20

[CHRONIQUE] Percy Jackson, tome 1 : Le voleur de foudre


Percy Jackson, tome 1 : Le voleur de foudre - Rick RIORDAN
Editions Le Livre de Poche (Jeunesse) - 473 pages - 6€90
2010

Ma note finale : 17/20

☆☆☆

" Etre un demi-dieu, ça peut être mortel... Attaqué par sa prof de maths qui est en fait un monstre mythologique, injustement renvoyé de son collège et poursuivi par un minotaure enragé, Percy Jackson se retrouve en plus accusé d'avoir dérobé l'éclair de Zeus ! Pour rester en vie, s'innocenter et découvrir l'identité du dieu qui l'a engendré, il devra accomplir sa quête au prix de mille dangers. "

☆☆☆

Ça y est. Je m'attaque ENFIN à cette saga qui fait le tour des réseaux sociaux, de la blogoshpère, etc. Cela fait des années que je suis curieuse de découvrir l'histoire de Percy, mes souvenirs du film datant un peu. Je ressors satisfaite de cette lecture, qui m'a happé en quelques jours seulement, et qui me rappelle d'aussi bons souvenirs que Harry Potter ou Tara Duncan.

L'univers ainsi que l'histoire sont maîtrisés du début à la fin, si bien que je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, et encore moins perdue dans la masse d'informations liée à la mythologie grecque. L'auteur est un connaisseur et un passionné, et ça se ressent ! Ainsi, pas de temps mort avec le quotidien de Percy Jackson, adolescent dont la vie va être bousculée du jour au lendemain après l'agression d'une prof de maths particulière, les cachotteries de son prof de latin, et les révélations autour de l'identité de son père et du rôle de son seul ami, Grover. Sans oublier les machinations divines impactant la vie des simples mortels, à commencer par Percy lui-même. Rien que ça !

L'action, les révélations et les rencontres s'enchaînent bien, et je suis ravie d'avoir (ré)appris des choses sur les Dieux grecs - l'occasion d'avoir des situations aussi classes que cocasses -. On a déjà un bestiaire bien fourni, qui fera obstacle aux protagonistes, et j'aime la façon qu'à l'auteur de mélanger modernité/mythologie. Ça passe crème, c'est ingénieux, et amusant parfois. J'ai déjà hâte de revoir Poséidon, Zeus, Arès et surtout Hadès qui m'a déjà tapé dans l’œil pour sa personnalité. Et même si j'avais deviné pas mal de petites choses sur cette histoire d'éclair volé, je suis restée scotcher jusqu'au dernier chapitre. La suite promet d'être tout aussi intéressante et mouvementée, au vu de la situation finale des protagonistes !

Je me suis énormément attachée au trio principal, à savoir Percy - et son humour décapant -, Grover - dont sa quête personnelle m'a touché - et Annabeth - qui me fait beaucoup penser à Hermione sur certains aspects, ce qui ne me déplaît pas -. Leur amitié est touchante à suivre, le courant passe bien, la confiance entre eux s'installe progressivement, et ce malgré les conflits millénaires entre leur parent ou les différences culturelles. Je sens que je vais prendre plaisir à suivre leur évolution au fil des tomes.


En conclusion je comprends enfin le succès de cette saga, qui a tout pour plaire, et ce peu importe l'âge ou l'expérience de lecture. C'est fluide, drôle, instructif - sans être barbant -, rempli d'actions et de valeurs importantes sur l'amitié, le respect et la famille. J'ai de l'affection pour les trois personnages principaux de ce tome, mais je me doute qu'ils vont avoir encore bien des épreuves à affronter, plus difficiles, plus périlleuses, et j'ai hâte de découvrir ceci prochainement !

16.3.20

[CHRONIQUE] Everless, tome 1


Everless, tome 1 - Sara HOLLAND
Editions Bayard (Jeunesse) - 445 pages - 17€90
2019

Ma note finale : 16/20

☆☆☆

" Julie vit dans la misère avec son père. Pour pouvoir payer ses dettes, celui-ci se rend régulièrement chez l'extracteur de temps. Car au royaume de Sempera, tout se paie en fers-de sang, un métal précieux obtenu à partir du temps de vie qui coule dans vos veines.
Pour éviter que son père se condamne en procédant à une nouvelle saignée, Julie se fait engager comme domestique à Everless, la résidence des Gerling, la famille la plus puissante du royaume. Or, Julie à vécu à Everless dans son enfance, avant qu'un accident les oblige à fuir, son père et elle. Depuis, ce dernier lui a toujours interdit d'y retourner. Car si on la reconnaît, Julie court un grand danger... "

☆☆☆

Lu en quelques jours seulement, ce premier tome de la saga Everless est une bonne surprise, surtout après avoir lu autant d'avis positifs que négatifs à son sujet. C'était pourtant mal parti avec les longueurs au début du roman, et l'histoire restait trop simple et classique. J'ai bien fait de continuer malgré tout car une fois dans la deuxième moitié du livre j'ai eu du mal à le lâcher.

L'univers autour du château d'Everless, de sa reine étrange et effrayante, de la famille Gerling ; le mariage entre Roan Gerling et la future nouvelle reine Ina Gold ; les légendes autour de l'Alchimiste et l'Envoûteuse ; le destin de Julie, jeune fille qui se retrouve emmêlée dans des secrets de famille complexes qui vont bouleverser toutes ses certitudes : ce n'est pas tout le temps original, certes, mais c'est cohérent et bien solide. J'ai vraiment aimé connaître cet univers petit à petit à travers le regard de Julie. Tout n'est pas doré à Everless et dans le reste du monde, la misère, la peur et la mort font partie du quotidien de chacun.

Mais j'aurai quelques reproches à faire à ce premier tome. Le premier concerne la protagoniste. Elle est assez lente à la détente, ce qui fait qu'elle passe constamment à côté de la plaque et empire sa situation au fil des chapitres. Ce qui est dommage car son histoire est intéressante et fascinante à suivre. Le deuxième reproche est attribué aux révélations majeures du récit, trop prévisibles pour la plupart. A l'exception d'un rebondissement final - bien joué à l'auteure d'ailleurs, c'est osé -, j'avais vu juste pour tout le reste et je regrette ce manque de surprise, surtout qu'avec un tel univers il y avait du potentiel.

Si je devais retenir quelques personnages que j'ai trouvé extrêmement intéressants, et dont j'ai adoré chaque apparition ? Liam et Caro. Surtout Liam. Ils sont tous les deux fascinants, et chacun possède ses secrets, ses motivations, son caractère, son aura. J'ai également aimé la façon dont ils sont liés à Julie, leur évolution surprenante ; je suis donc impatiente de les revoir dans la suite - et fin - de cette duologie. Ina m'a touché avec son histoire, et j'aime sa relation naturelle et bienveillante avec Julie. J'accorde cependant un malus à Roan, le frère de Liam, qui m'aura laissé indifférente jusqu'à la fin : c'est l'archétype du personnage masculin dans un YA, et ça m'exaspère.


En conclusion, j'ai passé un très bon moment avec ce premier tome d'une duologie orienté fantasy et jeunesse ; l'univers m'a fasciné, happé, et la deuxième partie de l'histoire rattrape assez bien les défauts que j'ai pu relever ici et là. Je lirai volontiers la fin de cette saga pour connaître le sort de Julie, Liam, Caro et le reste des habitants d'Everless, en espérant quelques améliorations !