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29.8.20

The book of Ivy, tome 2


The book of Ivy, tome 2 : The revolution of Ivy - Amy ENGEL
Editions Pocket (Jeunesse) - 282 pages - 6€95
2017

Ma note finale : 13/20

☆☆☆

« J'ai tout perdu. Mon foyer. Ma famille. L'homme que j'aime.
Ce serait si facile de capituler, de fermer les yeux et d'attendre que la faim et la soif et raison de moi. Ou bien qu'une bête sauvage me trouve. Ou même un autre survivant... Mais je refuse d'abandonner. J'en ai terminé avec la lâcheté. Il est temps pour moi d'agir, enfin.
Bishop me l'avait bien dit, cet univers hostile ne pardonne pas la moindre erreur. Et au-delà de la barrière, c'est encore pire. L'hiver approche, et si je veux survivre, il va me falloir trouver de l'eau, des vivres, un abri. D'autres condamnés avec lesquels m'allier. Mais surtout, je vais devoir faire un choix : dois-je oublier ma vie d'avant, me venger de ceux qui m'ont trahie... ou mener, purement et simplement, la révolution ?
Car je ne suis plus une Westfall, ni une Lattimer. Simplement Ivy. Et je suis enfin libre. »

☆☆☆

Chronique du tome précédent → tome 1

☆☆☆


J'avais plutôt bien aimé le premier tome, même si la lecture remonte un petit peu, et il me tardait de découvrir ce que la suite avait dans le ventre. Surtout au vue des idées apportées durant la nouvelle vie d’Ivy Lattimer et la conclusion déchirante. Et... j'ai été globalement déçue.

Pour restituer le contexte après les événements du premier tome, Ivy se retrouve maintenant seule. Abandonnée par sa famille car elle n’a pas assassinée Bishop, l’homme qu’elle aime désormais, mais à qui elle a choisi de mentir pour le protéger. Derrière les barrières de Westfall, un nouveau monde s’ouvre à elle, et il lui faut survivre. Mais pour quoi faire désormais ? Pour protéger qui ? Car les dangers sont nombreux et plus proches que ce qu’elle ne pense... De plus; l'hiver approche, ce qui ne va pas faciliter ses conditions de vie.

Sincèrement, je me suis rapidement ennuyée pendant plus de la moitié du livre. Je ne suis pas contre ce renouveau dans le cadre du récit, qui a de bonnes idées et pouvait permettre de l'action à foison, ainsi que de la tension. Mais les péripéties et les rencontres d'Ivy hors de Westfall se succèdent trop vite sans s’attarder à créer une atmosphère apocalyptique ; cette dernière s’en sort à chaque fois, et surtout elle a de la chance. Beaucoup de chance, ce qui n’apporte pas toujours de la crédibilité à ce monde extérieur sauvage. Aussi, tout ce qui tourne autour du personnage de Mark Laird m’a dérangé, mis mal à l’aise [TW pédophilie/viol].

Si j'ai aimé le nouveau duo Caleb/Ash et leur histoire – car tout n’est pas mauvais dans cette partie, heureusement -, j'ai eu plus d'une fois envie de baffer Ivy, voir même Bishop. Leur relation amoureuse était insupportable à suivre tant elle tournait en rond, sous fond de mensonges, d'énervements injustifiés... Pour finalement se transformer en couple de YA classique et sans surprise. Quel dommage d’avoir gâché ce qui faisait leur charme dans le premier tome.

Pendant cette première partie donc (soit les deux tiers du roman), on ne revient à aucun moment sur ce qu'il se passe à Westfall. Après la tentative de meurtre ratée de Bishop, il y avait de quoi provoquer un certain chaos. Et la famille d'Ivy dans tout ceci ? Et cette histoire de révolution promise par le résumé, et surtout par le titre ? J'ai dû attendre la page 180 (sur 286) pour espérer relancer mon intérêt pour le titre, et mon enthousiasme est vite retombé. Le dénouement est bâclé faute de temps pour développer les enjeux politiques. Ivy ne m'a pas donné l'impression d'amener une révolte, ce qui est le comble avec ce titre ! Au contraire, elle a été spectatrice du début à la fin, ce qui m'a réellement déçue. Le sort de certains personnages est prévisible, tout comme l'épilogue et le choix final d'Ivy. Je suis juste contente du destin d'un des personnages secondaires rencontrés dans le premier tome, c'était bien joué là-dessus.


En conclusion je ressors peu satisfaite par cette fin de saga. C'est assez dommage car c'est une dystopie qui avait des pistes intéressantes, un couple au caractère trempé mais attachant, et surtout des tas d’éléments pouvant introduire un final émouvant, impactant : une vraie révolution. L’auteure a fait des choix particuliers pour ce second tome – surtout pour l’intrigue, et si je m’attendais à autre chose je ne peux que m’en prendre à moi-même. Je n’ai aucun doute sur le fait que ce deuxième et dernier tome trouvera son public, et que c’est une dystopie plutôt sympathique qui fera passer un excellent moment à d’autres lecteur.ices.

24.6.20

Hunger Games : La ballade du serpent et de l'oiseau chanteur


Hunger Games : La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur – Suzanne COLLINS
Éditions Pocket (Jeunesse) – 604 pages – 19€90
2020

Ma note finale : 16/20

☆☆☆

« C'est le matin de la Moisson qui doit ouvrir la dixième édition annuelle des Hunger Games. Au Capitole, Coriolanus Snow, dix-huit ans, se prépare à devenir pour la première fois mentor aux Jeux. L'avenir de la maison Snow, qui a connu des jours meilleurs, est désormais suspendu aux maigres chances de Coriolanus. Il devra faire preuve de charme, d'astuce et d'inventivité pour faire gagner sa candidate. Mais le sort s'acharne. Honte suprême, on lui a confié le plus misérable des tributs : une fille du district Douze. Leurs destins sont désormais liés. Chaque décision peut les conduire à la réussite ou à l'échec, au triomphe ou à la ruine.
Dans l'arène, ce sera un combat à mort. »

☆☆☆

𝓛a neige se pose toujours au sommet.


Hunger Games est l’une des rares dystopies qui continue de me plaire encore aujourd’hui, tant par les personnages introduits par l’autrice – ainsi que leur évolution – que par les sujets traités et sa politique. Je ne pouvais qu’être impatiente de me pencher sur ce préquel qui met en avant l’antagoniste principal de la trilogie, à savoir le président Snow, lors d’un tournant majeur dans sa vie. Panem n’en a pas encore fini d’être à feu et à sang, et dans l'ensemble c'était une bonne lecture.

On va donc suivre Coriolanus Snow, jeune homme brillant, à travers son parcours de mentor des Hunger Games : c’est en effet la nouveauté principale de la dixième édition et sa promo doit renouveler ces « jeux » servant de punition aux districts rebelles afin qu’un plus grand nombre s’y intéresse. Pas de chance, la famille Snow est au bord de la misère, et la jeune fille qu’il doit mener à la victoire vient du district le plus pauvre, le Douze. Lucy et son mentor vont devoir se faire confiance pour s’en sortir chacun, mais leur relation va être plus intime que cela, et ils changeront définitivement aux cours des prochains événements.

C’est un préquel globalement fascinant, toujours fluide à lire et à appréhender, surtout dans les idéologies que chaque personnage défend – qu’elle soit bonne ou non -. Sont donc évoqués la guerre, ses ravages, le traitement des perdants et des rebelles, la politique, la survie et ce que les hommes sont prêts à faire/devenir pour gagner et sauver sa peau. C’est toujours aussi cruel à suivre, avec des moments forts en terme d’émotions mais aussi en terme de réflexion. En tout cas je n’ai pas été insensible à cette lecture ! Aussi, les références à la trilogie sont nombreuses et bien placées, j'aime le petit plus que cela apporte à l’univers.

Le roman est composé de trois parties, trois pans importants de l’évolution de Snow ; elles ont toutes leur importance mais la dernière m’a souvent ennuyée par ses longueurs et ses répétitions. Si j’ai adoré suivre les premiers pas entre Coriolanus et Lucy, découvrir son quotidien à l’école, ainsi que les jeux et la tension jusqu’au moment de la victoire, l’après Hunger Games m’a un peu refroidi. Je ne suis pas particulièrement fan de la romance Lucy/Coryo, j'ai été dérangé par certains aspects de cette relation, surtout chez le jeune homme. La dernière partie est pourtant gourmande sur cette relation, alors je n'ai pas été gâté. Ce qui est dommage car Sejanus avait apporté un plus avec son intrigue, sans parler de cette terrible fin qui m’a tenu en haleine sur plusieurs pages – mais qui retombe à plat faute d’explications supplémentaires -. Je n’ai rien contre les fins ouvertes, mais là c’est une occasion manquée de faire une fin en apothéose, et c’est ce qui m’a le plus déçu avec le préquel.

En tout cas j'ai adoré détester Coriolanus, bien qu'il n'était pas fondamentalement mauvais au début ; seulement il a été endoctriné par un mauvais entourage, malgré la présence chaleureuse et la bonté de sa cousine Tigris. Cette dernière fait partie de mes personnages préférées de ce roman, avec la flamboyante et mystérieuse Lucy, issue d’une troupe de musicien qui ne fait ni partie des districts ni du Capitole. Sejanus m’a également touché, mais il m’a la plupart du temps énervée par son impulsivité et son manque de raisonnement. La Dr. Gaul a, sans l’ombre d’un doute, décrochée le prix de la personnage la plus terrifiante/timbrée du livre, et je comprends mieux comment le président Snow est devenu irrécupérable au fil du temps.


En conclusion j’ai passé un très bon moment de lecture, bien que ce roman comporte des défauts et des petites déceptions qui le classe, selon moi, légèrement en-deçà de la trilogie principale. Pourtant, il reste intéressant à lire, ne serait-ce que pour approfondir le personnage de Snow, ainsi que les débuts des Hunger Games, lorsque le Capitole n’était pas encore totalement remis des attaques des rebelles. Je le recommande donc pour ceux qui, comme moi, aime déjà la saga de base et souhaite prolonger l’expérience !

7.1.20

[CHRONIQUE] The Book of Ivy, tome 1


The Book of Ivy, tome 1 – Amy ENGEL
Éditions Lumen – 342 pages – 15€
2015

Ma note finale : 16/20

☆☆☆

« Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des États-Unis d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, lors d’une cérémonie censée assurer l’unité du peuple.

J’ai seize ans cette année, et mon tour est venu.

Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…

Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera. »

☆☆☆

Je pense qu’on est beaucoup à avoir des « reliques de la PAL », c’est-à-dire des livres qui sont dans nos bibliothèques depuis une éternité, peu importe qu’on soit impatient de les lire ou non. The Book of Ivy, le premier tome de la duologie du même nom, rentre pile poil dans cette catégorie car j’ai mis un an et demi avant de me plonger dedans ! Je regrette un tout petit peu car je l’ai dévoré en une journée, preuve qu’il m’a bien plu, mais je ne pourrais pas crier au coup de cœur avec cette dernière lecture de 2019 à cause, en grande partie, des événements prévisibles de l’histoire.


Cette dystopie avait déjà de quoi me plaire rien qu’avec son synopsis, et je ne me suis pas trompée :  une romance apparemment impossible car Ivy doit épouser celui qu’elle va tuer de ses mains afin de venger sa famille et contribuer à la première pierre d’une révolution importante pour les deux peuples de Westfall. De la manipulation, des choix difficiles, l’importance de la famille et la place que l’on veut se faire parmi eux, les doutes et les déceptions, les mensonges à proférer au quotidien pour protéger sa mission de Bishop, son ennemi juré… Et fatalement Ivy va tomber dans un piège, prévisible, mais qui aura son importance dans le récit et la direction prise par l’auteure pour écrire cette fin.

Alors oui, ce n’est pas révolutionnaire comme schéma narratif, mais c’était bien écrit, avec un univers intéressant, des personnages principaux marquants, une réelle évolution chez Ivy – que j’ai trouvé insupportable au début -, et la politique ainsi que le système de justice de Westfall m’ont énormément fascinés. Les pages se sont tournées toute seule et je n’ai pas lâchée le livre de la journée car je voulais absolument connaître la fin de ce tome, et savoir si j’avais deviné certaines choses. Malheureusement c’était le cas, et je regrette ce manque de surprise. Cela dit je n’avais plus eu un tel engouement pour ce genre littéraire depuis Hunger Games ou Le Labyrinthe, et je suis contente de renouer avec la dystopie grâce à Amy Engel.

J’ai aimé les thématiques abordées dans cette histoire : la famille, l’amour, les mariages imposés, les droits des femmes, la guerre, l’isolement, la justice par soi-même, la manipulation de l’histoire et de l’Histoire, le régime politique le plus « efficace » pour prospérer mais aussi le plus « humain », la confiance en soi ; j’ai trouvé quelques passages poignants et profonds, j’ai pas mal réfléchi à certaines situations dans lesquelles sont plongées Ivy, et heureusement pas de romance gnangnan à l’horizon pour mon plus grand plaisir !

Autre point fort du titre, ce sont les personnages, à la fois complexes, terribles, avec leurs défauts et leurs idéologies ; bref ils sont humains et je n’est pas tout le temps été d’accord avec leurs choix. J’ai même ressenti de la frustration avec Ivy, de l’injustice et de la colère envers sa famille, de la curiosité pour le père de Bishop, de la haine pour le fiancé imposé pour Meredith. Et surtout, j’ai beaucoup d’amour pour Bishop, LE personnage que j’ai le plus apprécié ici, qui m’aura fait rire, malgré toute la peine que j’ai ressenti à la fin. J’ai sincèrement hâte de le revoir dans la suite, en espérant une fin heureuse pour lui et Ivy, tous deux le mérite. Bien que je ne serai pas surprise du contraire de la part de l’auteure…

☆☆☆

En conclusion j’ai passé un bon moment rempli de rire, de réflexion, de haine et de peine avec ce premier tome de la saga, malgré une histoire assez prévisible et des situations clichées. Pourtant, l’univers a de la consistance, les personnages sont bien construits (pas de manichéisme, ouf), l’auteure soulevant donc pas mal de questions qui sont d’actualité et dont les thématiques sont pertinentes, aussi bien chez Ivy que chez le lecteur. Chez moi ça a marché, et j’ai vraiment hâte de connaître le fin mot de cette dystopie !