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20.12.20

Souffle de vie



❝ Maliki est dessinatrice, et ça tombe bien, car elle a toujours une anecdote à raconter sur sa petite vie bien remplie. Que ce soit pour comprendre la physique quantique avec Fort Boyard, savoir regarnir un pouf ou décrypter les affreuses comptines de notre enfance (et autres sujets palpitants), cet ouvrage est fait pour vous. Et en plus, il peut se vanter d'avoir un bilan carbone neutre. La planète vous dit déjà merci ! ❞


Pour la deuxième fois consécutive j'ai participé à la campagne Ulule de Maliki, dont je suis les strips publiés sur son blog depuis de longues années. Encore une fois, je ne suis pas déçue par le livre et encore moins par les goodies offerts en contrepartie. De plus, ayant contribué pour le palier « super collector », j’ai eu droit à un petit dessin – il s’agit de Freya, l’un de leur chat, décédé il y a un moment.


Il n’y a pas de véritable fil rouge. Ce recueil, le troisième dans son genre en autoédition, rassemble tous les strips de l’auteur dans un magnifique livre-objet d’excellente qualité. Il s’agit pour Maliki de raconter des anecdotes de dessinateur et de convention, parler de son quotidien en Bretagne avec tous ses animaux, évoquer son mariage avec Becky (sa partenaire de dessin également !) mais aussi un autre heureux événement. Sans oublier des thématiques qui lui tiennent à cœur, comme l’écologie, le futur, l’adoption de chats… Avec un mélange d’émotions et d’humour, on suit donc le quotidien mouvementé de Maliki et sa bande, avec une touche de fantastique !

J’ai vraiment passé un bon moment en relisant ces petites histoires, qui me font toujours rire – et parfois j’ai eu un petit pincement au cœur avec quelques planches. Je suis également heureuse de l’évolution de la vie de l’auteur, qui a trouvé sa voie, des convictions fortes à défendre et les bonnes personnes avec qui partager sa vie et affronter les difficultés. Je l’ai ressentie plus d’une fois au cours de ma lecture, et c’est un plaisir de sentir cette confiance et ce sentiment d’accomplissement.

Je suis particulièrement friandes de leurs anecdotes de convention et de leur récit du quotidien qui tourne souvent au n’importe quoi/vinaigre. J’aime également leur petit photo-reportage du Japon, avec ce qu’il y a de plus beau… et de plus étrange dans ce pays.

Bien sûr, afin d’apporter du contenu supplémentaire à travers cette diversité narrative, il y a des courtes histoires dessinées par d’autres illustrateurs, ainsi qu’un concours de dessin, avec de chouettes découvertes en terme de talent ! Mais je suis plutôt fan du complément propre à l’édition collector, qui permet de présenter tout le travail autour de la campagne Ulule avec le pixel art, qui est quelque chose que j'adore depuis de longues années - nostalgie -

Le dernier mot
J'aime toujours autant le travail de ce duo, qui me fait rire, évader et apprendre une façon de vivre autrement (tant au niveau du respect de la nature que pour son rapport avec la chaîne du livre). Tout n'est pas rose, mais son humour et son trait est efficace ; on relativise et rigole beaucoup !

31.8.20

Errabundus


Errabundus - Gustave AUGUSTE
Autoédité - 87 pages - 12€
2019

Ma note finale : 14/20

☆☆☆

« À l’ère où ciel et mer ne faisaient qu’un, les dragons régnaient sur notre monde. De leurs écailles naquirent le règne aquatique et les hommes, de leurs ailes s’envolèrent les plumes des premiers oiseaux. L’équilibre demeure depuis entre les royaumes, cependant le Ciel arrache parfois à la Mer un de ses habitants par l’œuvre d’un mystérieux coup de foudre. Rares sont les victimes de ce sort, désignées comme des hybrides d’homme et d’oiseau, à survivre ensuite à la vie près de la mer.

Frappé par cette malédiction, le jeune roi Lazare espère rejoindre seul le royaume des Cieux pour se débarrasser des ailes qui ornent ses bras. Depuis Paris, Diane veille sur lui, en proie à bien des tourments. Parviendra-t-elle à l’aider ou deviendra-t-elle la chaîne qui l’empêche d’avancer ? A l’instar d’Enzo, figure à la fois protectrice et destructrice, qui s’immisce peu à peu entre nos deux héros. »

☆☆☆


Un petit roman illustré qui attendait sagement depuis novembre dernier dans ma PAL, suite à une convention nantaise – Art to Play -. Honnêtement, j’ai craqué juste pour la couverture, sans avoir lu une seule phrase du résumé. Je voulais me garder une part de surprise, du moins jusqu’à ce que je me penche réellement dessus. Je dois dire que je suis encore incertaine sur mon avis final, malgré un petit temps de réflexion.

C'est une histoire à deux voix : celle de Diane, une adolescente de notre monde [TW viol pour les premières pages sur son histoire], et celle de Lazare, un jeune roi maudit devant partir en exil après un mystérieux incident. Tous les deux sont liés par un amour tendre, maladroit mais aussi terriblement destructeur au fur et à mesure du temps qui s’écoule. Ce sont ces fragments de joie et de chaos que l’on va suivre, et ce rythme cassé ne m’a pas tant déboussolée que cela. Seulement, la narration va vous réserver des surprises, jusqu’à la révélation ultime que je n’ai pas tout de suite vu venir, mais qui est cohérente et « logique » avec le récit.

J'ai été touchée par leur quête d'identité (la reconstruction de soi et la recherche de sa propre sexualité, avec une représentation LGBTQ+), ainsi que par la complexité de leur sentiment. Si Diane et Lazare sont intéressants à découvrir, je suis plutôt perplexe par Enzo, qui est un pilier commun aux deux histoires, à chemin entre onirisme et réalité, mais dont je n'ai pas apprécié le caractère, trop étrange et distant.

A vrai dire, ce qui est spécial avec ce titre, c'est qu'il y a des moments où j'ai sincèrement aimé le trio, et d’autres où j’ai purement détesté les personnages et leur choix, alors que leurs souffrances, leurs erreurs sont celles de tas d'adolescents de nos jours. Je n'étais peut être pas le public visé principalement, d’où ma difficulté à comprendre quelques gestes, quelques paroles... Du coup, la romance est passée à côté de moi la plupart du temps, alors qu’elle reste un point crucial du livre...

Le gros point positif reste les illustrations, absolument magnifiques et poétiques ! J’ai la nouvelle édition, celle de 2018, avec un complément de croquis à la fin, et je suis fascinée par le travail de recherche qui a pris pas mal d’années à son auteur. Les portraits du trio disséminés dans l’histoire sont superbes, et j'aime la représentation du trio, surtout Diane ❤


En conclusion, j’ai passé un bon moment, c’est certain, surtout avec un objet livre d’une belle qualité. J’ai été touchée par quelques passages, mais d’autres éléments m’ont agacé, au point d'être parfois insensible aux trio, leur choix et ses conséquences. Pourtant, il y a des éléments intéressants, sous fond de poésie et de fantastique, qui peuvent concerner pas mal de personnes et qui sauront mieux se trouver dans cette tragique histoire d’amour et d’amitié. 
Cette introduction à son prochain roman, Anthemisa Fall, donne le ton et introduit correctement l’univers de l’auteur, mais je ne pense pas que je m’y plongerai à sa sortie.