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25.6.21

La Quête d'Ewilan : Ellana, tome 6


TW (à surligner si vous souhaitez) : nudité (modéré) / sang (blessures physiques, assassinats)


❝ Ellana est submergée par la haine et le découragement. L'apprentie Marchombre n'en finit plus d'être mise à l'épreuve et, après l'assassinat de Hurj et Lahira des mains du félon Salvarode, son ami et amant Nillem l'abandonne à son tour. Le traître a choisi de devenir un mercenaire du chaos. Avant d'emprunter la route d'Al-Jeit pour retrouver son maître Jilano et achever sa formation, Ellana doit revenir à un état de quiétude et d'harmonie. ❞


Je suis à la fois heureuse de l’avoir lu et triste de quitter Ellana (temporairement) ; car oui, c’est le dernier tome centré sur son passé, avant que la jeune femme ne rejoigne Ewilan et son groupe. La qualité de cette adaptation graphique reste une réussite totale à mes yeux.

Plus rien ne va pour Ellana, après les nouvelles que Nillem lui a délivré lors de leur retrouvaille. La trahison, les blessures, la mort, le doute : l’apprentie Marchombre va devoir se recentrer sur elle-même, ses émotions, mais aussi surtout sur sa formation avec son maître Jilano.

L’histoire de ce dernier tome est ainsi centré sur les Marchombres, les machinations des Mercenaires du Chaos, la guerre qui gagne Gwendalavir et la place d’Ellana dans tout ce micmac. C’est assez différent comme ton mais c'est pourtant très important pour cerner l’évolution de la jeune femme et ce qu’elle va devenir par la suite. 

Je suis également heureuse d’avoir retrouvé mon chouchou, à savoir Jilano, omniprésent dans ce tome contrairement au précédent. Leur relation maître/élève est d’ailleurs une des plus belles relations que j’ai pu lire, toute œuvre confondue. Tant de confiance, de force, de poésie, de liberté. La plume de Pierre Bottero continue de faire mouche chez moi.

Aussi, et comme je connais déjà l’histoire grâce aux romans, ce que je redoutais le plus sur un personnage est arrivé. Et comme à chaque fois, c’est une vraie déchirure à lire (et à voir, double punition). Quelques planches sont d’ailleurs magnifiques à ce sujet…

Évidemment, l’histoire d’Ellana ne s’arrête pas ici : bien des éléments restent en suspens, surtout autour de Nillem et la guilde des Marchombres. Mais je pense qu’il va falloir patienter quelques années avant d’arriver à la conclusion de son destin, car Ewilan n’a pas encore terminé sa quête en bande-dessinée !


Le dernier mot
✩
Un tome permettant de conclure avec brio et émotion ce pan de l'histoire d'Ellana. L'accent est mis sur la multitude de sentiments envahissant la jeune femme, sa relation avec son maître Jilano et la fin de son apprentissage. C'était déjà puissant en roman, mais l'adaptation s'en sort très bien. Ce duo élève/maître est l'un de mes préférés dans la fiction. Une merveille à (re)découvrir d'urgence.

Chroniques des tomes précédents

12.12.20

Les Mondes d'Ewilan, tome 1 (BD)



! ATTENTION AUX SPOILERS DANS LE RESUME !


❝ Tandis que ses parents explorent les territoires sauvages de l’Autre monde, Ewilan se retrouve prisonnière sur terre d’une sinistre institution. Au cœur de ce laboratoire clandestin, la Sentinelle félonne Elea Ril’Morienval fomente son retour en Gwendalavir, qu’elle cherche à conquérir. Privée de son don et réduite à l’impuissance par de terribles expériences, Ewilan ne pourra compter que sur le courage de Salim pour s’échapper… ❞


Pierre Bottero et moi, c’est une grande histoire d’amour. Surtout ce qui tourne autour d’Ewilan. Alors si j’ai adoré l’adaptation en bande-dessinée de la saga La Quête d’Ewilan – en sept tomes -, je suis ravie de voir la suite prendre forme à son tour !

On reprend bien plus tard après les événements de la précédente saga, lorsqu’Ewilan sauve ses parents des pouvoirs d’Eléa Ril’Morienval, délivrant au passage la route vers les Spires. L’Imagination est de nouveau accessible à Gwendalavir, et le groupe de héros se sépare pour continuer leur vie. Ewilan et Salim doivent à présent retourner sur Terre pour contacter Akiro – le frère d’Ewilan ; mais tout ne se passe pas comme prévu. Pire : Salim perd de vue Ewilan, désormais prisonnière dans uns institution étrange, éloignée de la société…

Ce tome reste une grande introduction à ce nouveau pan de l’histoire. Il n’y a donc pas réellement d’action (sauf dans l'institution) et il y a beaucoup de dialogues, les informations distillées ici et là étant importantes pour la suite des événements. 
On ne retrouve pas non plus la plupart des têtes connues comme Edwin, Ellana, Duom ou encore Bjorn. J’avoue que c’est assez frustrant, surtout avec le rythme de parution des tomes, mais je saurais prendre mon mal en patience avant de les revoir en pleine forme !

Je suis cependant ravie de revoir Ewilan et Salim, qui est un duo iconique à mes yeux. Leur relation est puissante, touchante, amusante. L’adaptation fait une fois de plus un magnifique travail afin de rendre honneur à leur complicité. Je suis épatée par la puissance qui se dégage des planches sans dialogues. 

Ce tome est aussi le moment d’introduire un Maniel changé, avec un rôle capital auprès d’Ewilan, ce qui le rend plus attachant et moins distant par rapport à la première saga. Mais pour ce qui est de son serment, je vous laisse le découvrir en détail, car c’est probablement l’un des moments les plus marquants de ce premier tome.

Le dernier mot
✩
Je suis tellement contente que la deuxième trilogie de roman sur Ewilan obtienne son adaptation graphique, surtout après le coup de cœur que j'ai eu avec La Quête d'Ewilan. Revenir dans cet univers c'est comme revenir à la maison, et il me tarde de revoir ce beau monde l'année prochaine.

17.5.20

[CHRONIQUE] Les aigles de Vishan Lour



Les aigles de Vishan Lour – Pierre BOTTERO
Éditions Rageot – 91 pages - 11€90
2019

→ Ma note finale : 18/20 ←

☆☆☆

« Plume est une Ombre.
Grâce à ses talents d'acrobate, elle se glisse discrètement dans la nuit.

Jeune écuyer des Chevaliers du Vent, Estéblan accompagne la délégation chargée de rappeler au nouveau roi ses devoirs. Quand la délégation est assassinée, il est menacé à son tour.

Plume sera-t-elle son alliée ? »

☆☆☆

⌜- 𝓒'est ainsi que les puissants règlent leurs problèmes. Dans le sang.⌟


Si vous êtes familier de mon blog, vous avez largement compris que Pierre Bottero et moi c’est une grande histoire d’amour. Il m’a donné le goût de la lecture, et chaque livre de cet auteur est une bouffée d’air frais et d’émotions. Alors quand Rageot décide de publier une nouvelle inédite de l’auteur (en sa mémoire, il nous a quitté il y a déjà dix ans) je ne pouvais pas passer à côté !

L’histoire est assez courte, que ce soit dans la narration et dans sa temporalité : on va donc suivre un morceau du quotidien de Plume et Estéblan, deux enfants aux parcours de vie différents ; assister à leur rencontre lors d’une tragique soirée et voir ce qu’ils advenir d'eux. Une nouvelle fois l’auteur nous plonge dans un univers de fantasy, avec de belles rencontres, de la poésie, des créatures majestueuses ou effrayantes, de la cruauté, de la mort. J’ai adoré du début à la fin, la recette est efficace et fonctionne parfaitement !

Plume est une voleuse agile appartenant aux Ombres – une guilde qui m’a fait énormément penser aux Marchombres, dans une autre saga de l’auteur -, et c’est une inspiration qui m’a fait très plaisir, j’ai aimé cette familiarité. Elle a également le caractère et la répartie d’Ellana – la Marchombre la plus connue -, ce qui fait que de Plume ma petite préférée de cette histoire, sans l’ombre d’un doute. Estéblan est également intéressant à suivre, j’ai eu beaucoup de peine pour cet apprenti Chevalier du Vent plein de rêves. Sa relation avec Plume est forte, émouvante, il y a une bonne alchimie entre eux. C’est un duo que je ne suis pas prêt d’oublier, tout comme leurs compagnons oiseaux.

L’univers de cette histoire est fascinant, mais je ne suis pas surprise par le talent d’imagination de l’auteur. Que ce soit dans la politique, le bestiaire, la géographie, les objets magiques, l'ambiance, etc. : je suis rentrée dès les premiers mots dans le livre, et comme toujours à la fin je suis terriblement frustrée de ne pas en savoir plus. Par ailleurs, je suis même un peu déçue que ça s’arrête ainsi, il manque de l’action, quelque chose de marquant. J’ai le sentiment que l’histoire n’aurait pas dû s’achever ainsi, mais on ne peut pas changer les événements… Et tant que je suis dans les (petites) remarques négatives, je trouve que presque 12€ pour une nouvelle qui se lit en une demi-heure, c’est cher et pas vraiment justifié.


En conclusion c’est un vrai plaisir que de se replonger dans un univers inédit de Pierre Bottero, dont l’univers, les personnages et la plume m’ont fait voyager quelques temps, même si c’était trop court et légèrement frustrant à la fin. Une petite pépite qui va rejoindre fièrement ma collection de livres de l’auteur

23.7.19

[CHRONIQUE] La Quête d'Ewilan : Ellana, tome 4 : L'Envol


La Quête d’Ewilan : Ellana, tome 4 : L’Envol – LYLIAN & Montse MARTIN (d’après l’œuvre originale de Pierre BOTTERO)
Editions Glénat – 72 pages – 14€95
2019


" Après avoir passé l'épreuve du Rentaï, Ellana et Nillem reprennent leur formation auprès des Marchombres. Bien qu'elle éprouve des doutes sur ses capacités, en dépit de ses succès, son maître la pousse vers une facette de la Voie où l'attendent d'autres épreuves. Une mission de surveillance d'un groupe menaçant lui est alors confiée, au cours de laquelle sa relation avec Nillem est mise à mal. "


Les habitué.e.s du blog le savent déjà, je suis une grande admiratrice – et fan – des univers de Pierre Bottero. Surtout quand cela concerne de près ou de loin Ewilan, ma saga préférée de tous les temps. Inutile de précisez que je ne boude absolument pas les adaptations en BD de la saga en question, alors le plaisir et l’évasion étaient présents dans ce quatrième tome mettant en avant le passé d’Ellana, une protagoniste hors du commun et inspirante.

Le tome est la suite directe des événements du tome précédent : Ellana et Nillem, deux apprentis Marchombres, doivent escalader le Rentaï – une montagne – afin de bénéficier d’une greffe, un des plus grands secrets de cette guilde. Le chemin étant difficile et dangereux, ils se font aider par un groupe qui n’est certainement pas là par hasard, et Ellana le sent bien. Le résultat est sans appel : si Ellana réussit haut la main à obtenir sa greffe après plusieurs jours, ce n’est pas le cas de Nillem.
Dans ce tome nous allons suivre l’envol d’Ellana, mais aussi la lente chute de Nillem, son chemin arpentant désormais le doute, la jalousie et l’ambition – tout le contraire d’un Marchombre et de ses principes -. Leur relation, amicale puis amoureuse, va en prendre un sérieux coup, et cela m’a fait beaucoup de peine pour Ellana, surtout après tout ce qu’elle a vécu. Mais je vais être honnête : Nillem n’a que peu d’empathie de ma part, et il est devenu irrécupérable à mes yeux lorsqu’il deviendra offensant envers la jeune femme, de façon gratuite. Malgré les hauts et les bas ce duo reste iconique et puissant dans sa construction.

On pourrait donc penser que l’aventure se termine ici, mais c’est loin d’être le cas pour mon plus grand plaisir ! Joie qui est même doublée car on retrouve Sayanel – le maître de Nillem – mais aussi et surtout Jilano – le maître d’Ellana - . Je n’écrirais pas un pavé entier sur ce dernier, bien que l’envie me démange, mais sachez que ce personnage est juste extraordinaire, et la dessinatrice l’a vraiment réussi. On retrouve son charisme, son côté fascinant et pédagogue, et sa relation avec son élève est au-delà des mots tant elle est unique et bienveillante. Jamais un duo ne m’a autant marqué dans la littérature que celui-ci. Leurs échanges sont passionnants, tout comme leur réflexion sur la voie du Marchombre, la situation politique désastreuse de la capitale, l’amour, le destin d’Ellana. On retrouve aussi toute la poésie et la magie qui se dégage des mots de Pierre Bottero, et rien que pour cela ce tome est une fois de plus une réussite à mes yeux.

Cette coupure dans l’intrigue – la reprise de l’entraînement – offre un peu de répit car les deux jeunes apprentis doivent de nouveau repartir en mission, d’une importance capitale puisqu’elle concerne la guerre à venir. Si Ellana se sépare de son acolyte, elle va vite se retrouver incognito dans un nouveau groupe, où elle ne se fera pas que des amis. Ainsi on retrouve une ancienne connaissance Marchombre détestable – qui continue de l’être au passage -, des guerriers aux comportements révoltants, mais surtout un homme qui va s’attirer la curiosité puis la sympathie d’Ellana : Hurj. J’adore leur repartie, c’est vraiment naturel comme relation, mais je suis déçue de voir comment cela évolue à la toute fin du tome. Connaissant Ellana je me doute déjà de sa réponse. Et ayant lu les romans je suis moins surprise, évidemment.

Les planches et les dessins sont vraiment beaux : les visages sont expressifs, les scènes d’action sont bien découpées et à aucun moment on se perd dans le sens de lecture, les décors sont à couper le souffle, les scènes entre Ellana et Jilano sont d’une intensité rare ; bref cette BD est comme les précédentes, un vrai petit bijou graphique.


« - Et comment ferai-je pour ne pas tomber lorsque vous ne serez plus là pour me rassurer ?
- Pour reprendre l’expression favorite d’une personne qui m’est chère… Il y a deux réponses à cette question, jeune apprentie, comme à toutes les questions. La réponse du poète et celle du savant.
- Celle du savant ?
- Lorsque je ne serai plus là pour te rassurer, demoiselle, il n’y aura plus personne pour te pousser à des actes aussi stupides que l’ascension de cette tour. Tu n’auras donc aucune raison de tomber.
- Et celle du poète ?
- Tu ne tomberas jamais, Ellana. »


En conclusion j’ai passé un excellent moment de lecture, d’évasion, de poésie avec Ellana et ce nouveau chapitre de son histoire. J’ai été gâtée avec énormément de scènes comprenant Jilano, cette adaptation est un régal pour les yeux et les mots de Pierre Bottero font continuellement écho en moi. La jeune Marchombre n’a de cesse de m’impressionner, et j’ai hâte de poursuivre son voyage de cette façon.

14.7.19

[CHRONIQUE] Météorite


Météorite - Pierre BOTTERO
Editions Rageot (romans) - 182 pages - 6€30
2009


" Tout a commencé avant que je rencontre Naomie. Avant que Boule de Billard et Golgoth débarquent avec leur air louche. Avant même que je me découvre un drôle de pouvoir. En fait, tout a commencé le jour où la météorite s'est écrasée près de mon berceau... "


Encore un roman de Pierre Bottero, oui ! Je suis vraiment contente de poursuivre la lecture de toutes ses œuvres, c'est à chaque fois un merveilleux moment à passer, tout en se déconnectant du monde extérieur l'espace de deux heures - Météorite étant assez court -.

Rien que le résumé m'a intriguée : une météorite s'est abattue près de la maternité où Mattéo a vu le jour - c'est vrai que ça arrive tout le temps -, et cela n'a eu aucune conséquence sur sa vie, son quotidien, ses relations avec les autres jusqu'au jour où il entendra des voix dans sa tête. Non, il n'est pas devenu fou en grandissant mais télépathe ; cela dit son don de Parleur est "particulier" car il ne communique qu'avec les animaux ! Les dialogues avec les deux vaches et le chat du protagoniste sont drôles, bien écrits, avec une bonne répartie de la part des deux camps. Mais ce que j'ai le plus aimé avec ce pouvoir, c'est le message que glisse subtilement l'auteur : le respect des animaux. Un Parleur qui communique avec les animaux de façon pacifiste obtient en retour le respect de ses amis à pattes, et l'aide que ces derniers apporte au jeune garçon va se révéler précieuse dans les prochains événements. De plus, même si c'est très bref, Pierre Bottero indique bien que le garçon est devenu végétarien suite à la découverte de son don, c'est donc un bon moyen de rendre curieux les jeunes lecteurs/lectrices sur ce sujet et de s'interroger dessus.

Cela dit l'histoire ne s'arrête pas ici, et le ton change soudainement : lors d'un voyage scolaire à Paris, Mattéo va faire la rencontre de Naomie, une fille qui lui parle... par la pensée ! Elle a aussi un don, plus puissant que celui du protagoniste, mais elle va le prévenir d'un danger imminent et des personnes mal intentionnées qui vont courir après leur pouvoir. Cette deuxième partie du roman m'a rappelé pas mal d'éléments d'une saga de l'auteur, L'Autre, et je dois dire que ça ne m'a absolument pas déplu. C'est sombre, le cadre de l'action est inquiétant, on est loin de Sainte-Lucie et du foyer maternel rassurant. Les combats sont livrés de manière intelligente, avec un petit retournement de situation sympathique. La fin est un peu frustrante car j'aurai voulu continuer mon chemin avec Mattéo et Naomie, mais l'auteur apporte une petite touche d'humour toute mignonne pour conclure cette folle aventure.

Mattéo est un jeune garçon agréable et drôle à suivre, il n'est pas tout le temps malin mais il évolue à la découverte de son don - qui ne le rassure pas tellement au début et cela lui apporte un peu de réalisme -. Il ne pourra que plaire à un public du même âge que lui, avec ses qualités et ses défauts. Et son ennemi principal, Edouard, pas vraiment réputé pour sa grande sagesse et sa modestie. Lorsqu'il est à Paris et qu'il prend conscience de ce qu'il va lui arriver la nuit, je l'ai trouvé assez touchant : il a peur - c'est normal -, ne se sent pas à la hauteur, mais ne souhaite pas abandonner Naomie, pour qui le coup de foudre est évident.
Cette dernière est de loin mon personnage préférée du livre, bien qu'elle ne soit présente que vers la fin. On sait finalement peu de choses sur elle, ce qui est dommage, mais les courts moments passés avec Mattéo sont plaisants à lire de par sa détermination et sa fraîcheur. Là-dessus je retrouve quelques traits de caractère en commun avec Ewilan, un personnage d'une autre saga de l'auteur. Et évidemment je ne peux qu'être fan. Ensemble, ils sont complémentaires, et la maladresse de Mattéo donne des scènes aussi bien attendrissantes qu'à mourir de rire.

Les autres personnages sont finalement peu mis en avant mais donne de la consistance et de la couleur à l'histoire, et sont importants pour l'évolution de Mattéo : les deux vaches, Ballerine et Henriette, sont la raison de pourquoi j'aime l'humour de Pierre Bottero ; le chat est un bon professeur malgré son caractère... de chat ; Edouard est insupportable de toujours vouloir se mettre en avant pour frimer et fait un peu pitié par moment (on a tous connu un "Edouard" dans notre parcours scolaire) ; les amis de Mattéo sont comme n'importe quel garçon innocent de leur âge, à courir partout, vouloir vivre plein d'aventure, à manger du Nutella tout en donnant des surnoms étranges aux individus bizarres qui rôdent dans les parages. Les antagonistes sont à la fois effrayants et caricaturaux, mais l'auteur arrive avec brio à tout dédramatiser. Le Renifleur, le Briseur, le Sautilleur, le Penseur et l'Eclipseur sont donc pardonnés car ils livrent à mes yeux la meilleure partie du roman.


" - Allez, c'est bon, Mattéo, arrête de faire la tête !
- Je ne fais pas la tête.
- Pourquoi tu ne dis rien alors ?
- Parce que je n'ai rien à dire.
- Tu passes à la maison pour une partie de foot ?
- ...
- On est vendredi. Ta mère rentre tard et on n'a même pas de devoirs.
- ...
- Il y a un pot de Nutella qui nous attend.
Dans la vie, il faut savoir faire des concessions. Je me suis planté devant Tom et Lucas. Nous venions de traverser le bois Gentil. Je ne leur avais pas adressé la parole de la journée, il était temps de signer un traité de paix.
- Un pot entier ?
- Un 750 grammes tout neuf.
J'ai essayé de prendre l'air du gars blessé par la médiocrité des siens et qui, noble et généreux, parvient néanmoins à leur pardonner mais mon estomac a été plus rapide que moi.
- D'accord. On y va. "


En conclusion je rajoute ce chouette roman jeunesse à ma collection des livres de l'auteur, que je quitte avec ma petite déception habituelle car je voulais en lire plus. Ce n'est que le début des aventures de Mattéo et Naomie, j'ai aimé leur rencontre, la nuit de danger qu'ils ont bravés avec courage et succès ; la plume de l'auteur est agréable, fluide, avec son univers et sa touche humoristique dont je suis amoureuse. C'est rapide à lire mais toujours un plaisir. 
J'en garderai de bons souvenirs d'ici la prochaine découverte de l'auteur - peut-être le nouveau livre qui va sortir pour les dix ans de sa disparition ? -

26.6.19

[CHRONIQUE] Fils de sorcières


Fils de sorcières - Pierre BOTTERO
Editions Rageot (Romans) - 192 pages - 6€60
2017


" Je m'appelle Jean et je vis dans une famille où toutes les filles sont des sorcières : ma mère, mes tantes et même ma petite sœur... Ça ne me dérangeait pas jusqu'à ce qu'un terrible buveur de magie s'attaque à elles. Comment faire pour les sauver ? "


Je suis toujours heureuse de lire un roman de Pierre Bottero, car je sais d'avance que je vais passer un excellent moment et qu'il va me toucher d'une façon ou d'une autre. Et bien ça n'a pas loupé, Fils de sorcières est un livre qui se lit très rapidement mais j'en ressors conquise des deux heures passées avec Jean et sa famille !

Rien que le résumé avait tout pour me plaire : une famille avec des pouvoirs magiques - dont seuls les membres féminins sont les détentrices -, une créature sinistre et menaçante qui n'est d'autre que le buveur de magie ; et la couverture m'attirait beaucoup par ses couleurs et son atmosphère.

Suivre le quotidien de Jean et de cette famille haute en couleur m'a vraiment plu car chaque personnage est unique et bien défini. On suit de très près Jean, un petit garçon épanoui qui va devoir sauver sa famille sans magie, ainsi que sa petite sœur Lisa qui est juste à mourir de rire et très attachante. Autour d'eux vont graviter la maman, les tantes, les grands-parents et un peu plus tard le père de Jean, disparu en abandonnant sa famille derrière lui, sans donner de nouvelle. Les messages autour de la famille, son importance et la tolérance sont LES sujets principaux abordés tout au long de ce petit roman, mais Pierre Bottero à l'art et la manière de faire passer ceci avec humour, émotion et ça dédramatise certains passages.

La magie est bien présente dans l'histoire, et j'ai adoré son utilisation ainsi que ses principes. Il y a deux types de magie : celle utilisée quotidiennement et qui permet, par exemple, de remplir instantanément le frigo ou de simplifier les tâches ménagères ; et la Grande Magie, pour les cas d'extrême urgence - l'exemple le plus concret étant la téléportation à l'autre bout du monde -. Un de mes chapitres préférés concerne d'ailleurs de près la magie, avec les emplettes chez Abracadabra - une façon déguisée de commander instantanément par magie les fournitures de la rentrée scolaire qu'on trouve dans les catalogues de pub -.

Le seul petit reproche que je pourrais faire concerne le buveur de magie : je sais que c'est un roman jeunesse, mais je ne le trouve pas très effrayant ni oppressant. Par contre j'ai adoré les conséquences de son absorption de magie : la victime se retrouve transformée en poupée Barbie à l'effigie de la sorcière, je trouve l'image amusante. L'auteur ne cessera jamais de me surprendre par son imagination !

Aucune longueur à relever, tout est fluide dans l'enchaînement des chapitres et de l'action, les dialogues sont toujours intelligents, avec de bonnes réparties. Et je dis un grand oui à la référence à l'un de ses propres univers, Al-Jeit, avec une rue portant ce nom ! (ça me donne cruellement envie de relire les sagas d'Ewilan...). La fin est ravissante, avec un beau message rempli d'optimisme et d'amour ; la chute amusante va changer définitivement la vie de cette chouette famille. Je regrette de les quitter aussi rapidement.


" - Un buveur est continuellement assoiffé de magie. Quand il s'en prend à une sorcière, il ne s'arrête pas tant qu'il n'a pas bu toute la famille. Celui qui s'est attaqué à la nôtre ignore peut-être où habite mamie. Il ne faut pas lui donner d'indices.
Si mamie Pléioné ne pouvait pas nous aider, c'était la catastrophe totale ! J'ai fermé les yeux pendant une seconde, et j'ai imaginé toutes mes tantes réduites à l'état de poupées mannequins. 
Sauf maman ! Maman, c'est impossible. "

En conclusion j'ai passé un très bon moment avec cette petite lecture pleine de magie, de sorcières, d'humour et d'émotions. La famille Sylvestre réserve de bonnes surprises, et leur quête pour lutter contre le buveur de magie est l'occasion parfaite pour rêver un peu plus, accepter la différence, apprendre le courage et retrouver une famille unique et unie malgré les épreuves. Jean a tout pour plaire à un public jeune, mais pas que !

26.7.18

[Chronique] Amies à vie


"Brune à treize ans et partage son temps entre le collège et ses copines. Pourtant, il lui manque une véritable amie. Celle à qui l'on raconte ses joies et ses peines. Un jour Sonia arrive en classe. Brune comprend tout de suite qu'elle sera cette amie dont elle rêve. Mais Sonia cache un lourd secret. Brune décide d'aider son amie... pour la vie!" (résumé de la 4e de couverture)

C'est une lecture rapide. En moins de deux heures je l'avais bouclé, mais c'était deux heures intenses. D'abord grâce à la poésie de Pierre Bottero. Cet homme a une plume qui fait mouche à chaque fois, il m'est impossible d'être insensible à ce qu'il écrit. Il s'y dégage beaucoup d'émotions : de la nostalgie, de l'espoir, de la profonde tristesse, des doutes, des interrogations. Chaque plongée dans un de ses livres me fait un bien fou, et celui ne déroge pas à cette règle. J'ai ri, j'ai versé quelques larmes, j'ai adoré suivre ce petit passage de la vie de Brune.

L'autre point fort du roman ce sont ces personnages; les deux protagonistes étant mes préférés : Brune et Sonia. Je me suis beaucoup identifiée à Brune : elle adore être entourée et passer de bons moments avec ses copines, mais elle aime également être seule pour respirer. Elle a de l'humour, de l'énergie à revendre, une famille sympathique, déteste l'injustice et possède un grand cœur. C'est pour cela que son amitié avec Sonia va être sublime à découvrir au fil des pages : elle va soutenir son amie dans une terrible épreuve, celle de la maladie (je ne spoile pas laquelle si vous souhaitez découvrir le roman). Pierre Bottero va donner de l'espoir dans la souffrance et dans l'angoisse, et ainsi prouver qu'il y a des personnes sur lesquelles on peut s'appuyer quand on a mal, quand on a peur. Comme il le dit lui-même : "C'est la solitude qui fragilise". La fin est d'ailleurs très jolie, c'est avec regret que j'ai quitté ses deux merveilleuses filles. D'autres personnages sont intéressants et plaisants à suivre : Mme Travail (qui offre un des plus beaux passages du livre) ou encore la grand-mère de Brune.

Par contre je suis un peu déçue par les copines de Brune : assez inexistantes au final, elles sont reléguées au second plan pour revenir rapidement à la fin comme si rien ne s'était passé alors qu'il y avait un réel problème. Cela dit l'auteur nous livre une bonne réflexion sur les valeurs de l'amitié, et en particulier sur la confiance. Brune a été très mal vu lorsqu'elle a commencé à fréquenter Sonia (cette dernière étant vu comme quelqu'un de problématique car séchant régulièrement les cours sans raison), et même si Brune a été maladroite par moment cela ne justifie en rien les réactions des autres filles! Et malheureusement ce comportement est (trop) réaliste, surtout à la période du collège...

En conclusion un très bon roman jeunesse, qui traite avec justesse et douceur la maladie et l'amitié, avec des personnages féminins touchants qu'il est difficile de lâcher à la dernière page. Pierre Bottero a fait fort avec ce premier roman!