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12.10.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 6


« Haru a été enlevée pour servir de repas au chef du gang des Lions ! Alors que Legoshi s'apprête à voler à son secours, Louis refuse de s'impliquer... Qu'à cela ne tienne, le carnivore ira seul. Heureusement, Gohin est là pour lui prêter main-forte, et le loup arrive à temps pour sauver celle qu'il aime !

Les deux lycéens se retrouvent seuls dans la ville nocturne, avec juste assez d'argent pour une chambre d'hôtel. Dans ce moment d'intimité suffocante, Legoshi décide de révéler à la lapine ce qui pèse sur sa conscience depuis trop longtemps : lui aussi a déjà failli la dévorer... »


Comme d’habitude, et vous connaissez la chanson si vous suivrez mes chroniques régulièrement : je ne présente plus le coup de cœur que j’ai avec ce manga, et la mangaka tient l’exploit de toujours me surprendre avec la suite. J’ai donc dévoré à la vitesse de la lumière ce sixième tome, et j’attends de pied ferme le septième, car les choses vont définitivement bouger !

Ce tome n’est rien d’autre qu’un tome de transition, surtout après toute l’action que l’on a eu avec le sauvetage d’Haru : on reprend pile où l’on s’est arrêté, avec Legoshi qui va se livrer – avec peine – à la lapine. Ce duo complexe et victime de leurs instincts est une fois de plus au cœur de l’histoire, mais pas que, pour mon plus grand plaisir : Juno revient sur les devants et va de son côté tenter de conquérir son comparse loup. Les deux filles font d’ailleurs des étincelles entre elles à cause de leur caractère, ce qui m’a bien fait rire. Pour ce qui est de Louis, j’avais deviné ce qui allait lui arriver, et cette nouvelle voie me conforte dans l’idée que ce personnage sort du lot parmi les autres. Je suis donc curieuse de voir ce que mon petit chouchou va désormais accomplir ! Que dire de la toute fin, où la question de l’élection du prochain Beastar est mis sur le devant : le prochain tome promet déjà d’être intense.

La mangaka continue de livrer petit à petit des informations sur son univers, ce qui ne cesse de me plaire : quelle surprise d’apprendre cette vérité sur les chiens et les chats ! Cela ajoute une dimension plus cruelle mais réaliste sur leur société contrôlée de A à Z. La fête de la météorite est à son apogée, c’était vraiment un événement sympathique à suivre – et marquant pour la plupart des protagonistes -.
Par ailleurs, j’ai adoré le chapitre sur le début de l’amitié entre Jack et Legoshi, ils sont vraiment adorables malgré leur différence de caractère. J’ose espérer plus souvent ce type de chapitres, et pourquoi pas sur les autres partenaires de dortoir de Legoshi !

Chaque personnage a ici bien changé : Haru ne semble plus aussi certaine de son attirance pour Louis, puisque Legoshi la trouble ; ce dernier ne lâche pas l’affaire avec la lapine ; Juno avance ses pions pour gagner en popularité et toucher à son but ; Louis suit une voie plus sombre mais il garde son courage et ses aspirations. Tous ses personnages me fascine, mais à un point, vous n’imaginez pas !

En conclusion ce tome est à l’image de toute la série jusqu’à maintenant : une réussite sur le plan de l’univers, de la société et des critiques à son sujet, des personnages et leur construction complexe. Attendre la suite dans un peu plus d’un mois va être difficile, surtout vu ce qu’annonce les dernières pages en matière d’intrigue !

1.10.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 5


Beastars, tome 5 – Paru ITAGAKI
Éditions Ki-oon (Seinen) – 191 pages – 6€90


Attention aux spoils dans le résumé !

« Bill est tombé sur une information sensible : Louis, le cerf que toute l'école admire, est en fait le rescapé d'un abominable trafic de "proies vivantes'. Mais quand le tigre tente d'utiliser ce tuyau à son avantage, il se retrouve avec un pistolet braqué sur le crâne... L'ancienne victime n'a aucune intention de reprendre le rôle, et les carnivores qui se mettront en travers de son chemin en feront les frais !
De son côté, Legoshi est toujours aux prises avec ses émotions. Incapable de s'éloigner de Haru, il finit par lui déclarer ses sentiments, seulement elle ne veut rien entendre ! Les deux lycéens ignorent encore que des fauves tapis dans l'ombre attendent justement la fin de leur conversation pour s'emparer de la petite lapine... »


J'ai trouvé une petite baisse de régime dans ce tome, qui m'a donc un peu moins plu que les précédents ; cela dit il reste tout aussi intéressant et addictif, avec beaucoup d'action, de surprise, de retrouvaille et encore une fois une fin qui donne qu'une seule envie : se précipiter sur la suite !

Haru est dans un sacré pétrin et je me doutais que ce tome serait entièrement consacré à son sauvetage. Je suis loin d'être déçue par Legoshi, qui n'a peur de rien et prend tous les risques pour sauver celle qu'il aime ; tandis que Louis se heurte à des adultes égoïstes et se retrouve impuissant face à la détermination du grand loup gris. J'étais dégoûtée pour lui... La scène entre ces deux personnages est d'ailleurs d'une telle violence et d'une telle puissance qu'elle fait clairement partie de ma scène préférée du tome. Ils vont continuer d'évoluer malgré tout : Legoshi en assumant son statut de carni et Louis en assumant son passé. Je crains d'ailleurs un peu ce qui va se passer pour ce dernier, sa situation ne me rassure pas vraiment...

Je suis contente de recroiser Gohin, le docteur panda croisé précédemment dans l'histoire, il me fait bien rire car il n'a pas sa langue dans sa poche, mais c'est sans doute le seul adulte "bienveillant" du coin, en n'hésitant pas une seule seconde à aider Legoshi dans sa folle tentative de sauvetage. Par contre Juno est pas mal absente ici, ce que je trouve un peu dommage car il y avait une possibilité de la faire réagir plus que ça aux événement en cours. J'espère la revoir un peu plus par la suite !

De son côté Haru m'a fait beaucoup de peine et j'étais en colère - et également terrifiée - envers ses agresseurs et ce qu'ils lui font subir [TW VIOLENCE] : harcèlement moral, obligation de se dénuder, viol [FIN TW VIOLENCE]. Elle perd plus d'une fois son courage et son humanité, et le testament qu'elle rédige dans son esprit m'a mis les larmes aux yeux. Je comprends désormais bien mieux ce personnage donc la personnalité est complexe, elle est loin d'une fille "facile" et une simple "allumeuse". Voir que Legoshi a finalement une place dans son cœur lui rend de l'espoir, et je trouve leur relation unique vraiment bien construite et fascinante à découvrir. Je suis curieuse de connaître sa réaction quand elle va apprendre le terrible fardeau que porte Legoshi depuis un bout de temps.

Je suis ravie que la mangaka parvienne une fois de plus à élargir son univers : on découvre tout ce qui est malsain et corrompu chez les adultes, le Gang des Lions, les trafics d'animaux... C'est à nouveau un tome sombre, oppressant et cruel qui est livré ici. Certaines scènes sont très dures, j'avoue que je n'ai pas été sereine à chaque page. Les personnages continuent d'évoluer à leur manière, bien que j'ai trouvé plus d'amertume dans la narration et les pensées des protagonistes. Je pense que le sixième tome sera sous le signe des bouleversements majeurs, et l'idée ne me déplaît pas !


" Oui, après 18 années de vie insignifiante, une lapine insignifiante disparaît. Je n'ai pas pu avouer mes sentiments à la personne que j'aime, je ne sais même pas pourquoi je suis née, ou ce que vaut ma vie. Je ne pars qu'avec des regrets ! "

24.9.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 4


Beastars, tome 4 – Paru ITAGAKI
Éditions Ki-oon (Seinen) – 208 pages – 6€90


Attention aux spoils dans le résumé !

« Pour préparer le festival de la météorite, le club de théâtre envoie un groupe de carnivores faire des achats en ville. Mais les lycéens s'égarent dans ce décor inconnu... Leurs pas les mènent jusqu'aux ruelles d'un sinistre marché, un lieu où les êtres vivants sont une denrée comme une autre.

Si Bill convainc facilement le reste de la petite équipe de se laisser tenter, Legoshi s'enfuit, écœuré... et tombe entre les griffes d'un mystérieux panda. L'animal, qui se prétend docteur, le met en garde contre les risques d'une amitié avec une lapine : d'après lui, le jeune loup finira inévitablement par dévorer Haru un jour ! »


J’avais conclu ma dernière chronique là-dessus : je pressentais l’importance de Legoshi, Louis, Haru et Juno, tant dans les liens qu’ils vont tisser entre eux que dans le lot de surprise et d’émotion qu’ils peuvent me réserver. Ce tome a frappé juste, très fort, et l’histoire prend désormais un tournant différent à cause des jeux de pouvoir, de manipulation et de séduction… Ce tome est une réussite, une fois de plus.

Le principal fil rouge du tome tourne autour des sentiments entre la quatuor cité précédemment, et ce pour mon plus grand plaisir. La complexité est de mise : jalousie, amour, doute, pouvoir, manipulation, secret ; la mangaka nous gâte par la psychologie assez riche de ses personnages. Chaque chapitre est une claque et un avancement décisif pour les événements à venir.

Je suis contente d’en savoir plus sur le début de la relation entre Louis et Haru, le cerf rouge est d’ailleurs plus naturel avec elle, plus avenant et souriant. C’est une autre facette de lui que j’ai découvert et qui me plaît bien. Que dire de son terrifiant passé ? Je comprends mieux son souhait et son ambition de devenir Beastar, bien que désormais il ne soit plus le seul de l’institut à vouloir le titre – ça ajoute un peu de piment, je trouve l’idée excellente -. Je suis par ailleurs émue par une petit scène vers la fin, décidément ce personnage ne cesse de ravir mon cœur.

Legoshi va en voir de toutes les couleurs lui aussi, surtout en apprenant que Louis connaît Haru, et plutôt bien même… Plus de doute possible sur ses sentiments, et le voir prendre conscience de cette vérité – qui va mettre un peu à mal sa relation avec Louis – est l’un de mes moments préférés de ce tome, sans l’ombre d’un doute. Il reste toutefois maladroit avec la lapine lorsqu’il a l’occasion de lui parler à plusieurs reprises, mais il continue dans la voie qu’il a choisi, en cherchant sans cesse un équilibre juste entre sa personnalité et son statut de carni. Il a sacrément évolué depuis le premier tome : il commence à s’assumer un peu plus ! Je trouve ce personnage extrêmement bien construit et fascinant à suivre, je me demande ce qu’il me réserve encore !

Juno a été une grande surprise, et cela m’a bien plu. Elle est de la même espèce que Legoshi, pourtant elle est différente de lui sur des tas de points. En l’occurrence, elle sait très bien ce qu’elle veut, comment l’obtenir, et ne semble pas s’arrêter à cause de la concurrence. La jalousie va aussi lui rendre visite, car elle découvre que le cœur de Legoshi est déjà pris par une autre femme… Je devine déjà plusieurs scénarios possibles, et je me demande ce qu’elle a encore sous le coude. C’est un personnage au fort potentiel, j’espère que la mangaka saura la mettre encore plus en avant par la suite.

Haru est l’objet de toutes les convoitises, et je m’attache toujours un peu plus à elle ; sa peur de vivre dans un monde en tant qu’herbi, ses doutes sur ses sentiments, sa sexualité, ce dont elle a envie de vivre mais qui ne sera pas éternel – son histoire avec Louis entre autre, les relations inter-espèce n’étant que des relations à court terme pour s’amuser -, tant de problème pour un si petit individu. Cependant elle a un fort caractère qui la rend à la fois amusante et bouleversante. J’aime la façon dont l’histoire tourne autour de ce personnage, et je pense que le prochain tome sera dans cette continuité, ce qui va énormément me plaire je pense !

Les dessins sont toujours aussi excellents, l’univers en devient captivant, soigné, expressif, oppressant. Je suis amoureuse des détails apportés dans les regards, la taille des différents protagonistes, le mélange de scènes qui sont tantôt dans l’obscurité totale ou avec une utilisation majeure du noir comme fond, tantôt dans une douce lumière bienveillante et révélatrice des sentiments. L’anthropomorphisme est une belle réussite, je tiens aussi à souligner ce point, tout est si naturel dans la gestuelle et les postures.

En conclusion ce tome m’a encore emporté du début à la fin dans l’univers de Beastars. De plus une de mes attentes principales a été comblé donc je ne peux ressortir que satisfaite de cette lecture ! La tournure que prend l’histoire principale devient plus torturée et angoissante, et je sens que je ne suis pas au bout de mes surprises pour ce qui est des protagonistes et de leur évolution. Il me tarde de lire le cinquième tome, de découvrir le résultat de ce festival de la météorite et de voir comment Legoshi va réagir à propos d’un événement.


« J'ai le souffle court, je me sens dos au mur, je souffre en permanence... Haru, tu peux sourire comme ça, alors ? Il faut que tu arrêtes parce que maintenant, c'est très clair ! Je suis tombé amoureux de toi ! »

17.9.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 3


Beastars, tome 3 – Paru ITAGAKI
Editions Ki-oon (Seinen) – 192 pages – 6€90
2019


Attention aux spoils dans le résumé !

« Blessé lors de la représentation d'Adler, Louis n'a d'autre option que de confier son rôle à Bill... Mais, après avoir découvert le secret du tigre, Legoshi entre dans une rage folle ! Le spectacle tourne alors au règlement de comptes... Tandis que réalité et fiction s'entremêlent, le public est fasciné et la pièce devient un véritable succès.

Les élèves doivent maintenant préparer un nouvel événement de taille : le festival de la météorite ! Pour ce faire, il va falloir que les membres du club de théâtre se rendent en ville... sauf que, de son côté, Legoshi ne pense qu'à une chose : retrouver la lapine du club de jardinage ! »


La mangaka réussit l’exploit de faire un tome encore meilleur que le précédent ! C’est toujours plus sombre, toujours plus mature, l’univers continue de se développer petit à petit ; mais elle sait nous dévoiler tout ceci avec parcimonie, histoire de nous donner envie de dévorer la suite. Sans mauvais jeu de mot. En tout cas c’est l’effet que ça me donne, je dis un énorme oui pour la suite !

L’histoire de ce tome est séparée en deux parties bien distinctes : d’abord la première partie reste centrée sur l’institut Cherryton et ce qu’il se passe entre ces murs, avec les conséquences de la dernière représentation du spectacle de théâtre sur la troupe et ses futures stars. C’est également l’occasion de voir un lien particulier se tisser entre Haru et Legoshi, entre préjugés, harcèlements et quiproquos. Je suis ravie de les revoir ensemble, même pour si peu de temps, et malgré les rumeurs et les remous que cela risque de causer. Il y a de la timidité, de la maladresse, des non-dits, les hormones d’adolescents aussi, de la peur à cause des instincts de chacun – manger ? fuir ? -, mais la discussion qu’ils entretiennent est forte de sens dans cet univers. Je ne sais pas encore jusqu’où cette relation va aller, surtout qu’à ma grande surprise Louis semble aussi bien connaître Haru, et à ce sujet je voudrais en savoir plus ! Je sens que ce trio va beaucoup me plaire.

Le chapitre qui sert de coupure à l’histoire était sympathique, et une fois de plus on apprend comment cette société existe et le rôle de chacun en son sein : si précédemment nous en savons plus sur l’importance de la tonte des carnis en été, et que le festival de la météorite approche à grand pas, il ne faut pas négliger les poules pondeuses qui font les meilleurs œufs pour les sandwichs de l’institut ! Je trouve cette petite touche d’humour et de tranche de vie rafraîchissant et divertissant, j’espère que par la suite il y aura d’autres chapitres de ce style.

Enfin, la deuxième partie est à mes yeux la plus fascinante jusqu’ici. Au revoir l’institut et bonjour la ville ! Voir Legoshi et quelques personnes de la troupe de théâtre évoluer dans ce secteur renouvelle le récit et apporte son lot de glauque, de situation oppressante, de vérité sur la vie d’adulte ; une fois de plus Legoshi va devoir s’affronter lui-même et savoir ce qu’il veut garder, oublier, expérimenter… Son aventure dans le marché noir et sa rencontre avec le docteur panda vont le faire évoluer, j’étais contente de voir que malgré tout il ne souhaite pas céder à ses pulsions, même si c’est difficile, et même s'il va devoir reconsidérer sa relation avec Haru, jugée dangereuse par monsieur le panda. C’est décidément un personnage fort appréciable qui ne cesse de s’affirmer et de me plaire, à contrario de Bill qui continue de m’exaspérer, je ne l’aime définitivement pas. Je reste néanmoins un peu choquée et dégoûtée par ce qu'il se passe dans ce fameux marché noir, je ne suis pas pressée d'y retourner...

Le tome introduit par ailleurs un nouveau personnage féminin : Juno, une louve, qui va avoir le coup de foudre pour Legoshi – normal puisqu’ils sont de la même espèce -. Je ne sais pas encore trop quoi penser d’elle, mais je suis sûre qu’elle va prendre de l’importance par la suite, alors je réserve mon opinion pour le prochain tome !
A mon grand regret Louis est assez écarté dans ce tome, au profit des autres protagonistes. Je ne dis pas non car c’était important de croiser des chemins et d’entamer des dialogues, mais sa prestance m’a un peu manqué après son discours auprès des journalistes. Peut être pour revenir en force dans le quatrième tome ? Je l’espère vivement !

En conclusion ce troisième tome était une réussite, encore plus que les deux premiers tomes. Les dessins sont toujours d’une excellente qualité (les jeux avec les regards bon sang, je suis fan), tout comme l’histoire qui ne cesse de se complexifier et de s’enrichir, même dans les plus petits détails. J’ai enchaîné les surprises, les fous rires, les tensions – surtout dans la deuxième partie -, mais la mangaka sait exactement où elle va et ce qu’elle doit nous montrer, en laissant toujours planer des mystères et des zones d’ombres. Legoshi, Haru, Louis, Juno : ce sont les personnages dont je suis curieuse de voir les liens évoluer, tout comme j’ai hâte de voir ce qu’ils vont m’offrir en terme d’histoire personnelle et d’émotion.


« - Nous vivons dans un monde complexe, chacun se débrouille comme il peut, entre les secrets, les contraintes et les conflits... C'est pourquoi dans l'absolu une décision n'est jamais ni bonne ni mauvaise !
Par contre, celui qui a des convictions finit toujours par se distinguer, même s'il exprime cette foi de façon grossière ou naïve… En tout cas, c’est mon avis ! »

10.9.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 2


Beastars, tome 2 – Paru ITAGAKI
Editions Ki-oon (Seinen) – 192 pages – 6€90
2019


Attention aux spoils dans le résumé !

« Malgré la mort d'un des principaux comédiens du club de théâtre, Louis refuse d'abandonner : la représentation d'Adler aura lieu comme chaque année... Legoshi se retrouve donc à faire le guet pour une répétition nocturne tout ce qu'il y a de plus clandestine.

Mais il y a pire... Dans la pénombre, la fuite d'une petite créature réveille les plus sombres instincts du loup, qui manque de dévorer l'inconnue ! Le carnivore est horrifié. Et pour ne rien arranger, voilà qu'il tombe nez à nez avec Haru, la jolie lapine du club de jardinage... qui n'est autre que sa proie de la veille ! »


Je l’avais déjà dit dans ma chronique du tome précédent : je n’étais pas loin du coup de cœur et j’attendais la lecture de ce second tome pour me prononcer à ce sujet. Bingo : je suis tombée dans l’univers de Beastars les deux pieds en avant, je suis juste fan du résultat !

On poursuit la découverte de l’Institut Cherryton, avec ses clubs – en plus du théâtre on découvre celui de jardinage et celui de journalisme - ; on aperçoit même un cours un peu particulier mais qui s’inscrit dans la bonne logique du manga : l’éco-journée, où tous les élèves doivent se rendre dans une salle propre à leur espèce afin d’être en adéquation avec la biologie de leur corps et éviter des accidents par la suite ! C’est ici que j’ai constaté que la mangaka a encore bien des choses à nous faire découvrir, son histoire est bien construite, solide, cohérente. J’espère qu’elle continuera à me fasciner de ce point de vue-ci !
Le tome reste majoritairement axé sur la représentation d’Adler et les derniers préparatifs ; cela va apporter son lot d’émotion, de surprise et de classe absolue, tout en permettant de voir un peu mieux d’autres facettes de Legoshi, Louis, et d’un nouveau personnage : Bill, un tigre à l’apparence sympathique mais qui cache bien son jeu également… Lorsque le rideau tombe pour la dernière fois sur la troupe, je n’avais qu’une envie : foncer dans la suite – j’ai déjà acheté tous les tomes sortis à ce jour, quand je vous dit que le coup de cœur est présent -

Je valide mes premières impressions : Louis et Legoshi portent à eux deux une grande partie du manga et de sa force, et je suis complètement sous le charme de leur relation extrêmement complexe et fascinante. Je ressens pourtant rarement de la tension quand je lis un livre, mais certaines scènes m’ont fait vivre une expérience particulière, j’en redemande volontiers !
Louis reste une personne froide, assurée et droite dans ses chaussures, pourtant à plusieurs reprises on peut voir cette façade s’effondrer : perte de sang-froid, manipulation, stress, envie de tout contrôler ; je ne sais pas si tout est volontaire dans ses intentions mais quoiqu’il arrive il restera mon personnage préféré.

Pas loin derrière Legoshi a aussi un excellent développement : timide, mal à l’aise avec Haru à cause d’un petit incident (cf. le tome 1), discret ; il va pourtant plus d’une fois prendre des initiatives, montrer un peu plus sa personnalité et assumer sa nature de loup, ce qui rend une scène à la fin du tome absolument mémorable à mes yeux. Sa naïveté va finir par causer un quiproquo assez cocasse qui m’a fait mourir de rire.

Haru ne m’a pas si surprise que cela, je me doutais bien que les rumeurs n’étaient pas totalement infondées, pourtant elle ne mérite pas cet isolement dans son club de jardinage, surtout qu’elle semble passionnée par ses activités. Cette réputation lui colle à la peau, mais je trouve ça adorable que Legoshi puisse penser différemment. Mieux : il souhaite la revoir malgré tout et est heureux à cette simple pensée -ah, l’amour -. J’espère sincèrement que j’apprécierai ce duo singulier.

Les autres personnages secondaires restent assez en retrait, bien qu’ils participent à rendre l’institut vivant et unique en son genre ; seul Bill va prendre un peu d’importance pendant la représentation d’Adler. Je ne suis pas spécialement attachée à ce tigre dont une révélation m’a assez dégoûté de sa personnalité. Il aura eu une bonne leçon j'espère !

Les dessins restent toujours particuliers à appréhender, mais je suis déjà habituée au style, qui se fond totalement dans l’univers et l’ambiance du titre. Il y a tellement de jeux dans les regards, l’ombre et la lumière, la différence de taille entre certains personnages, tout est réfléchi et important. Les visages sont très expressifs sans être dans l’exagération : la mangaka a réussi à créer des anthropomorphes attachants par leurs personnalités mais aussi par leurs traits et leurs attitudes.

En conclusion ce second tome est une excellente fin d’introduction à l’univers de Beastars : le ton est donné, il y a encore beaucoup de mystères dont je suis curieuse de découvrir les réponses, les personnages principaux sont tous attachants et complexes ; cela faisait un petit moment qu’un manga ne m’avait pas rendue si enthousiaste. La suite est déjà dans ma PAL alors je ne vais pas attendre très longtemps pour dévorer le troisième tome !


« Le fait que je sois fort, moi, un loup... ce n’est pas quelque chose de positif. Toi, par contre, c'est différent ! Ta force, elle a du sens. Elle est juste ! Demain, c'est elle que tout le monde viendra admirer... »

2.9.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 1


Beastars, tome 1 - Paru ITAGAKI
Editions Ki-oon (Seinen) - 208 pages - 6€90
2019


" À l'institut Cherryton, herbivores et carnivores vivent dans une harmonie orchestrée en détail. La consommation de viande est strictement interdite, et les dortoirs sont séparés en fonction des régimes alimentaires. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes… mais la culture ne peut étouffer tous les instincts. Quand le cadavre de l'alpaga Tem est retrouvé déchiqueté sur le campus, les méfiances ancestrales refont surface !

Legoshi est la cible de toutes les suspicions. Parce qu'il était proche de Tem, parce qu'il est une des dernières personnes à avoir été vues en sa compagnie, et surtout… parce que c'est un loup. Pourtant, sensible et timide, il fait son possible pour réprimer ses instincts. Hélas, ses efforts sont vains face au vent de discrimination qui souffle sur le pensionnat…

Le seul qui pourra apaiser ce climat de terreur est le Beastar, le leader de l'école. Pour l'heure, les candidats se préparent, les élections approchent... Le favori n'est autre que le cerf Louis, étoile incontestée du club de théâtre auquel appartient Legoshi. Bien décidé à remettre les carnivores à leur place, il fait mine de ne pas craindre les crocs acérés du loup gris. Mais peut-être serait-il mieux avisé de ne pas le sous-estimer ! "


Si le résumé vous fait penser à Zootopie, en moins mignon, c'est normal : la plupart des thématiques abordées sont similaires, mais le traitement est largement différent ! J'ai enfin cédé à la curiosité en découvrant le premier titre de ce manga qui fait pas mal parler de lui - en bien -, et je comprends totalement ces avis favorables à son sujet. Ce n'est pas LE coup de cœur, mais il n'en est pas loin car j'ai adoré ma lecture !

Rien que l'histoire avait tout pour m'intriguer : des individus anthropomorphes classés en deux catégories, les herbivores d'un côté et les carnivores de l'autre ; des instincts primaires compliqués à retenir ; un meurtre qui va bousculer ce fragile équilibre ; le personnage de Legoshi qui semble à l'opposé d'un "vrai méchant loup" et qui va être la cible d'une peur et d'une méfiance injustifiées... Il faut dire qu'avec le temps je commence à avoir un petit faible pour les seinen et ce qu'ils dégagent comme message, comme ambiance mature et sombre ; à la fin de ce premier tome cette tendance se confirme une fois de plus !

L'univers est oppressant dès les premières pages avec le meurtre d'un des élèves de l'institut Cherryton et les répercussions que cela va avoir. Si on ne cherche pas forcément à enquêter sur ce meurtre - ce qui est un peu surprenant mais ce sera peut être le cas par la suite ? -, on va cependant faire connaissance de Legoshi, ce loup dont tous les herbivores se méfient "par instinct" alors qu'il est calme, discret et peu bavard. Ainsi on découvre petit à petit le club de théâtre et la pièce qui va bientôt se jouer, l'élection du Beastar - un grand événement -, sa vie auprès de ses camarades carni mais aussi sa petite voix intérieure qui lui souffle de croquer sans retenu dans une proie pour se soulager, la proie en question n'étant rien d'autre qu'une camarade herbi... Le rythme est lent et assez introductif, ce qui est normal pour un premier tome, mais j'ai adoré me plonger petit à petit dans cet univers qui semble bien prometteur !

J'ai déjà des petits chouchous dont je suis impatiente de voir leur évolution et d'en découvrir plus sur leur histoire : Legoshi et Louis.
Legoshi a un caractère solitaire et renfermé, loin de la nature du "méchant loup" qu'on lui donne à tort et à travers à cause de préjugés et de rumeurs, et si ça a collé directement avec moi j'ai été agréablement surprise de voir ce qui lui arrive lors d'une nuit noire, avec une herbi en face de lui. On sent la lutte interne et le dégoût qu'il s'inspire lui-même, cela va lui laisser des marques et le rendre plus complexe qu'initialement prévu. Je suis donc curieuse de voir comment il va se comporter par la suite !
J'ai également apprécié Louis dès sa première apparition. Il est le favori pour devenir le prochain Beastar, ce qui pour un herbi est quelque chose de très important. C'est un cerf pourvu d'ambition, classe, sûr de lui, provocateur, il n'a pas sa langue dans sa poche quitte à se faire des ennemis et attache beaucoup d'importance à la pièce de théâtre dont il joue le rôle principal avec ferveur et passion. Sa relation avec Legoshi est d'ailleurs étrange, particulière : se sert-il de Legoshi sans aucune honte ou préfère-t-il le garder à l’œil en restant en terme correct avec lui ? Seul Louis a sa petite idée, mais comme tout personnage de ce manga il reste complexe et mystérieux à appréhender. Il me tarde cependant de voir l'évolution de leur lien, je les trouve fascinant ensemble.

Je n'ai pas d'avis spécifique sur les autres personnages, il est encore trop tôt pour affirmer une préférence ou non. Cela dit ils ont leur propre personnalité et c'est un bon point, je ne me suis pas perdue dans cette multitude de nouvelles têtes à chaque chapitre. La petite Haru, un lapin nain, semble se dégager toutefois du lot à cause de son histoire avec une fille de l'institut, ce qui va la conduire à être rejetée des autres et isolée - encore une fois par la faute de rumeurs et de réputation salace -. Sa rencontre fortuite et terrifiante avec Legoshi est d'ailleurs un des points forts du tome, je suis impatiente de voir ce qu'il va désormais se passer entre ces deux-là.

Les dessins peuvent donner parfois l'impression d'être "brouillon", "bâclé" ; c'est faux - évidemment , c'est ce qui donne le charme à ce titre et conforte cet atmosphère lourde, oppressante, voire brutale dans quelques scènes. Les personnages restent cependant tous identifiables, ils sont expressifs, les plongées dans les pensées de Legoshi sont à la fois effrayantes par leur noirceur et touchantes quand il se remet en question, Louis est valorisé pour montrer son charisme, bref les planches sont travaillées et c'est ainsi qu'on se retrouve avec un manga atypique qui me plaît et me donne envie de courir acheter la suite !

En conclusion c'est une bonne surprise que j'ai ressenti en fermant ce premier tome. Je pense d'ailleurs avoir été un peu trop bavarde dans cette chronique, mais j'avais terriblement envie de vider mes pensées sur ce titre qui mérite le détour. Si par la suite il y a un peu plus d'action et toujours autant de complexité du côté des personnages - avec son lot de surprise -, je pense que ce manga pourra devenir mon préféré de l'année !


" - Je veux dire, merci ! Si tu n'étais pas intervenu, je...
- Tu aurais dû jouer la comédie de la défaite, pas vrai ? Tu comptes continuer encore longtemps dans cette voie ? J'aurais tort de te sous-estimer... Tu es plus "grand méchant loup" que ce que je croyais ! "