30.7.19

[CHRONIQUE] Indiana Teller, tome 2 : Lune d'été


Indiana Teller, tome 2 : Lune d'été - Sophie AUDOUIN-MAMIKONIAN
Editions Michel Lafon (Poche) - 414 pages - 7€
2015


" Alors qu'Indiana se remet à peine de l'enlèvement de sa mère, le père de sa petite amie Katerina est sauvagement agressé, laissé pour mort. Une seule certitude : cette attaque n'est pas d'origine humaine. Et s'il s'agissait d'un complot visant à éloigner le jeune homme des siens... et à détruire ce qui l'unit à celle qu'il aime ?

Plus que jamais, Indiana a besoin de ses dons de rebrousse-temps. Car la nuit, tous les loups sont gris, et un traître pourrait bien se cacher parmi eux... "


J'avais un peu peur de me replonger dans cette saga : non pas que le premier tome ne m'avait pas plu, loin de là, mais cela fait un an que j'ai lu le premier tome et je ne me souvenais plus de grand-chose. Heureusement au début du livre l'auteure a rédigé un résumé sympathique et drôle brossant l'intrigue principal et tous les détails qui ont leur importance pour cette suite ; merci d'avoir pensé à cela car j'ai pu profiter pleinement de cette excellente lecture qui démarre fort !

Dans ce deuxième tome aucun temps mort pour le jeune Indiana Teller : le rythme du récit ne décélère pas un seul instant, ce qui donne beaucoup de consistance à ce tome. Pas de longueur à déplorer de mon côté, je ne me suis pas ennuyée du début à la fin, on passe de révélations en révélations, avec de bons rebondissements et pas mal d'actions et de stratégie. Mais, parce qu'il y a forcément un aspect négatif à relever : un triangle amoureux Katerina/Indiana/Tyler qui me fait toujours lever les yeux au ciel tant c'est gnangnan, cliché et omniprésent, mais je ne suis pas le public visé par ce type d'intrigue, alors je ne râlerai pas plus que ça dessus.

Si l'état de santé du père de Katerina passe vite en arrière-plan et ne revient sur le tapis qu'en de rares occasions, c'est pour profiter de Katerina victime d'un Charme aussi terrible que pénible, d'Indiana souhaitant contrôler ses pouvoirs et sauver sa bien-aimée, d'Axel amoureux d'une SangVol - une vampire surpuissante et redoutable -, de Brandkel père et Brandkel fils dont les plans ne cessent de détruire petit à petit le monde d'Indiana, des loups-garous, voir même de l'humanité... Il y a des facilités scénaristiques, je l'accorde, mais comme j'étais plongée dans ma lecture cela ne m'a pas dérangé, surtout quand c'est cohérent et bien amené. Si le reste de la saga continue ainsi je dis oui !

Avec l'humour et le style de l'auteure ce n'est qu'un plaisir de découvrir toutes ces péripéties, mais là où elle fait fort à mes yeux c'est lorsqu'elle introduit au récit des vampires - les habitués savent que j'adore ces créatures -. La construction de ce peuple, son histoire, leur pouvoir, c'était fascinant à découvrir progressivement. C'est ce qui classe ce tome largement au-dessus du premier, sans l'ombre d'un doute. Le groupe mené par Annabelle est une bouffée d'air frais, je suis particulièrement fan d'Erik et de Lord Brandon, un des antagonistes principaux du tome. Voir ce peuple côtoyer celui des lycanthropes est aussi amusant que cocasse, et j'aborde ainsi l'autre point fort du tome : les histoires politiques et les conflits entre les différentes espèces. Tout est à double sens dans les propos, ça se menace à tout va en se collant des grandes claques dans la tête, le danger peut venir de partout et surtout des personnes dont on se doute le moins - ma grosse surprise concerne Tyler, je suis encore sidérée par ses actions, décidément je ne l'aime pas et il va très bien avec Serafina -. Et que dire des manipulations de certains personnages ! C'est comme cela que l'intrigue se complexifie et gagne en intensité à chaque page, j'en redemande encore. 

Les loups-garous forment un groupe assez soudé et solidaire, c'est rassurant de le constater pour la suite des événements. J'apprécie de plus en plus la famille d'Indiana, malgré leurs mauvais côtés et leurs mensonges : ils reconnaissent leurs erreurs mais veulent sauver leur famille malgré tout. Ils montrent d'ailleurs plus de bienveillance envers le protagoniste, ce qui m'avait manqué dans le premier tome. La grand-mère est d'ailleurs devenue une de mes personnages préférées, en grande partie grâce à son caractère et sa détermination. Nanny ne m'emballe pas plus que cela, tout comme la mère d'Indiana qui reste trop mystérieuse et que je soupçonne d'en savoir beaucoup sur ce qu'il se passe... A propos du personnage principal, j'adore sa répartie, son humour et aussi son courage pour faire face à ce qui lui passe dessus constamment. Par moment il en devient agaçant mais il a le don de détendre l'atmosphère, et il se laisse moins marcher dessus par ses confrères loups-garous, ce qui est une bonne évolution.
Mais quelle claque sur les révélations du père d'Indiana ! Je ne pensais pas faire face à ce genre de secret, surtout dans un roman jeunesse ; le roman prend une tournure plus mature et plus dramatique, ça me plaît bien. Le reste de la meute est attachante, Chuck est un vrai bouffon qui me fait plus rire par ses moments de lucidité que par ses blagues. Et Axel reste un de mes chouchous, je suis contente de son évolution et j'aime sa relation compliquée avec Annabelle.

La fin de ce tome est malheureusement trop rapide dans son déroulement, le résultat est un peu brouillon, et ce qui arrive à Katerina était prévisible depuis une bonne partie de l'histoire. N'appréciant pas cette fille, je sens que la romance va encore être trop présente dans le fil rouge du prochain tome. Et au vu des récentes découvertes scientifiques je me doute à l'avance de ce qui pourrait bien s'y produire. Je reste cependant positive pour la suite car l'auteure est bien partie pour me faire adorer sa saga, malgré quelques points négatifs et une romance peu captivante.


" J'étais grand. Mais je dus lever la tête pour dévisager le géant qui me faisait face.
Dire qu'il était impressionnant est faible. Rien ne pouvait rendre justice à ce qu'il était. Ses yeux violets, les mêmes que ceux de sa fille, étincelaient d'une colère glaciale et féroce. Comme la première fois que je l'avais vu, il était vêtu de blanc, immaculé. Il était magnifique, son visage comme taillé dans le marbre le plus fin, ses cheveux bruns coulant dans son dos.
Cela fut plus fort que moi.
- Pourquoi êtes-vous si grand ? demandai-je impulsivement. Les autres vampires sont d'une taille à peu près normale, mais vous, waah, c'est impressionnant. Vous ne passez pas votre temps à vous cogner la tête ?
Je vis dans ses yeux qu'il était déconcerté. Bon, à sa décharge, c'est un sentiment que j'inspire souvent aux gens qui me côtoient, allez savoir pourquoi. "

27.7.19

[CHRONIQUE] Card Captor Sakura : Clear Card, tome 5


Card Captor Sakura : Clear Card, tome 5 - CLAMP
Editions Pika (Shôjo) - 160 pages - 6€95
2019


" Ce dimanche, Sakura est bien décidée à pique-niquer avec Shaolan, cette fois-ci pour de bon ! Mais alors qu'elle s'attèle joyeusement à la préparation des petits plats, son arrière-grand-père lui propose de venir chez lui car il a un cadeau à lui remettre ! Heureusement, Shaolan est invité aussi. Là-bas, la maman de Sakura apparaît de nouveau devant elle… Les mystères s'enchaînent les uns après les autres ! "


Chaque tome me fait espérer plus de réponses, de révélations sur les événements du premier tome, ainsi que sur les nouveaux protagonistes introduits dans cet arc. Si je pouvais être déçue des derniers tomes à ce niveau-là, ce n’est pas le cas ici où j’ai enfin eu ce que je voulais – essentiellement -, ce qui relève mon intérêt pour ce titre.

Dans ce cinquième tome on se focalise un peu moins sur la chasse aux cartes, afin de plus se recentrer sur les protagonistes, les liens qu’ils tissent depuis toujours ou depuis peu, et les révélations apportées par Eriol. Quelle surprise donc de passer de chapitres remplis de douceur et d’amour à des moments importants, graves, sombres et même légèrement oppressants ! Avec comme d’habitude une touche de magie, d’humour et d’accent marseillais de la part de l'adorable Kero.

Je suis contente de retrouver l’arrière grand-père de Sakura, un personnage qui était brièvement apparu dans la série originale et qui m’avait pas mal marqué à l’époque. C’est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur Nadeshiko, la mère de Sakura, son enfance, son caractère et surtout ses similitudes avec sa fille. Autre moment familial important : un grand dialogue entre Tôya et son père, également à propos de Nadeshiko, mais aussi des pouvoirs qui circulent dans la famille. L’importance des liens familiaux et de leur rôle pour aider Sakura est largement mis en avant, et je pense que cela ne sera pas anodin pour la suite. Ce sont des passages que j’ai adoré découvrir, j’aimerai en voir un peu plus souvent.

Vient ensuite le milieu du tome : Eriol va révéler aux deux gardiens de notre petite chasseuse de cartes l’origine des nouvelles cartes que capture Sakura, sans oublier la véritable identité d’un personnage important – que je ne spoile pas ici. Cette dernière révélation était prévisible, la puissance magique de Sakura ne me surprend pas non plus, cela dit je reste satisfaite des réponses apportées et de la tournure de l’histoire. Yue me touche toujours par sa dévotion et son affection pour sa maîtresse, sa réaction à une des paroles d’Eriol me l’a une fois de plus prouvé. Voir ce dernier dans une situation délicate m’a par contre étonnée, c’est extrêmement rare : la perspective qu’il ne pourra pas être suffisamment puissant pour aider Sakura jette un froid sur le groupe. Reste maintenant à comprendre l’objectif de l’antagoniste et voir de quoi il est capable car il reste malheureusement trop en retrait encore une fois.

J’ai également mieux cerné l’attitude de Shaolan et d’Eriol et la raison de leur cachotterie envers Sakura, bien que je pense toujours qu’elle a le droit de savoir ce qui se trame… Il me tarde cependant d’en savoir plus sur Akiho et sa mystérieuse famille, et pourquoi semble-t-elle liée à notre protagoniste. J’ai bien quelques hypothèses, mais à voir si CLAMP va me surprendre.
La fin est une autre source d’interrogation et ne présage rien de bon, surtout si ce « rêve » est prémonitoire. Shaolan, de son côté, joue avec le feu et m’inquiète un peu. Cela dit ses scènes avec Sakura sont toujours aussi mignonnes et touchantes. Il me tarde déjà de lire la suite !


« - Moi, je te regarde directement… Mais toi, pour te voir, il faut que tu te regardes dans le miroir. Pas vrai ?
- Si, tu as raison…
- Moi aussi j’aimerais avoir un miroir pour mieux me voir. En fait… Je suis la personne qui se connaît le moins… Et je crée des soucis à tout le monde.
- Sakura…
- Si seulement je pouvais avoir un miroir qui refléterait ma véritable personnalité. Je me comprendrais peut-être mieux. Et je n’inquiéterais plus mon entourage. »


En conclusion ce tome est LE tome que j’attendais au tournant, et désormais si des choses sont éclaircies je reste curieuse sur le tournant que la série va prendre. Sakura est un personnage en constante évolution, le destin n’est pas tendre avec elle mais elle est protégée et aimée, et j’ai adoré ce tome car il a insisté sur ce point. Maintenant il faudrait que l’antagoniste passe à l’action et dévoile un peu plus ses intentions, car il reste un poil terne et trop mystérieux à mes yeux. Malgré des défauts de longueur ça reste Card Captor Sakura et rien que de plonger dans cet univers ça me donne la pêche !

23.7.19

[CHRONIQUE] La Quête d'Ewilan : Ellana, tome 4 : L'Envol


La Quête d’Ewilan : Ellana, tome 4 : L’Envol – LYLIAN & Montse MARTIN (d’après l’œuvre originale de Pierre BOTTERO)
Editions Glénat – 72 pages – 14€95
2019


" Après avoir passé l'épreuve du Rentaï, Ellana et Nillem reprennent leur formation auprès des Marchombres. Bien qu'elle éprouve des doutes sur ses capacités, en dépit de ses succès, son maître la pousse vers une facette de la Voie où l'attendent d'autres épreuves. Une mission de surveillance d'un groupe menaçant lui est alors confiée, au cours de laquelle sa relation avec Nillem est mise à mal. "


Les habitué.e.s du blog le savent déjà, je suis une grande admiratrice – et fan – des univers de Pierre Bottero. Surtout quand cela concerne de près ou de loin Ewilan, ma saga préférée de tous les temps. Inutile de précisez que je ne boude absolument pas les adaptations en BD de la saga en question, alors le plaisir et l’évasion étaient présents dans ce quatrième tome mettant en avant le passé d’Ellana, une protagoniste hors du commun et inspirante.

Le tome est la suite directe des événements du tome précédent : Ellana et Nillem, deux apprentis Marchombres, doivent escalader le Rentaï – une montagne – afin de bénéficier d’une greffe, un des plus grands secrets de cette guilde. Le chemin étant difficile et dangereux, ils se font aider par un groupe qui n’est certainement pas là par hasard, et Ellana le sent bien. Le résultat est sans appel : si Ellana réussit haut la main à obtenir sa greffe après plusieurs jours, ce n’est pas le cas de Nillem.
Dans ce tome nous allons suivre l’envol d’Ellana, mais aussi la lente chute de Nillem, son chemin arpentant désormais le doute, la jalousie et l’ambition – tout le contraire d’un Marchombre et de ses principes -. Leur relation, amicale puis amoureuse, va en prendre un sérieux coup, et cela m’a fait beaucoup de peine pour Ellana, surtout après tout ce qu’elle a vécu. Mais je vais être honnête : Nillem n’a que peu d’empathie de ma part, et il est devenu irrécupérable à mes yeux lorsqu’il deviendra offensant envers la jeune femme, de façon gratuite. Malgré les hauts et les bas ce duo reste iconique et puissant dans sa construction.

On pourrait donc penser que l’aventure se termine ici, mais c’est loin d’être le cas pour mon plus grand plaisir ! Joie qui est même doublée car on retrouve Sayanel – le maître de Nillem – mais aussi et surtout Jilano – le maître d’Ellana - . Je n’écrirais pas un pavé entier sur ce dernier, bien que l’envie me démange, mais sachez que ce personnage est juste extraordinaire, et la dessinatrice l’a vraiment réussi. On retrouve son charisme, son côté fascinant et pédagogue, et sa relation avec son élève est au-delà des mots tant elle est unique et bienveillante. Jamais un duo ne m’a autant marqué dans la littérature que celui-ci. Leurs échanges sont passionnants, tout comme leur réflexion sur la voie du Marchombre, la situation politique désastreuse de la capitale, l’amour, le destin d’Ellana. On retrouve aussi toute la poésie et la magie qui se dégage des mots de Pierre Bottero, et rien que pour cela ce tome est une fois de plus une réussite à mes yeux.

Cette coupure dans l’intrigue – la reprise de l’entraînement – offre un peu de répit car les deux jeunes apprentis doivent de nouveau repartir en mission, d’une importance capitale puisqu’elle concerne la guerre à venir. Si Ellana se sépare de son acolyte, elle va vite se retrouver incognito dans un nouveau groupe, où elle ne se fera pas que des amis. Ainsi on retrouve une ancienne connaissance Marchombre détestable – qui continue de l’être au passage -, des guerriers aux comportements révoltants, mais surtout un homme qui va s’attirer la curiosité puis la sympathie d’Ellana : Hurj. J’adore leur repartie, c’est vraiment naturel comme relation, mais je suis déçue de voir comment cela évolue à la toute fin du tome. Connaissant Ellana je me doute déjà de sa réponse. Et ayant lu les romans je suis moins surprise, évidemment.

Les planches et les dessins sont vraiment beaux : les visages sont expressifs, les scènes d’action sont bien découpées et à aucun moment on se perd dans le sens de lecture, les décors sont à couper le souffle, les scènes entre Ellana et Jilano sont d’une intensité rare ; bref cette BD est comme les précédentes, un vrai petit bijou graphique.


« - Et comment ferai-je pour ne pas tomber lorsque vous ne serez plus là pour me rassurer ?
- Pour reprendre l’expression favorite d’une personne qui m’est chère… Il y a deux réponses à cette question, jeune apprentie, comme à toutes les questions. La réponse du poète et celle du savant.
- Celle du savant ?
- Lorsque je ne serai plus là pour te rassurer, demoiselle, il n’y aura plus personne pour te pousser à des actes aussi stupides que l’ascension de cette tour. Tu n’auras donc aucune raison de tomber.
- Et celle du poète ?
- Tu ne tomberas jamais, Ellana. »


En conclusion j’ai passé un excellent moment de lecture, d’évasion, de poésie avec Ellana et ce nouveau chapitre de son histoire. J’ai été gâtée avec énormément de scènes comprenant Jilano, cette adaptation est un régal pour les yeux et les mots de Pierre Bottero font continuellement écho en moi. La jeune Marchombre n’a de cesse de m’impressionner, et j’ai hâte de poursuivre son voyage de cette façon.

19.7.19

[NOW PLAYING] Yoshi's Crafted World

Bonjour !

Le dernier Now Playing parlant d'un jeu vidéo remonte à un petit bout de temps déjà, la principale raison étant que je commence des tas de jeux sans les finir o/

Cela dit, avec les futures sorties intéressantes - et la prochaine agonie de mon compte en banque - il me fallait faire l'effort de terminer tout ce petit monde. Et me voici pour vous parler d'un petit jeu pas prise de tête et tout mignon : Yoshi's Crafted World, sur Nintendo Switch !


"Yoshi Crafted World sur Switch est un jeu de plate-forme qui prend place dans un univers de carton-pâte. Dans la peau du dinosaure vert Yoshi, vous devrez découvrir ce monde et ses deux facettes : une première, mise en avant et travaillée; et une seconde, qui représente l'envers du décor. Déjouez les plans de Baby Bowser et récupérez les joyaux éparpillés aux quatre coins de la carte pour que le bonheur et la paix reviennent !"

►► Scénario

Ce n'est pas le point fort du jeu, mais en même temps les aventures de Yoshi n'ont jamais eu de scénario complexe, ce n'est pas le but ! On reste dans le mignon, le manichéen, la simplicité : les Yoshis vivent paisiblement sur leur Terre et un beau jour, Baby Bower et le sorcier Kamek débarquent pour leur voler le Soleil, dont les joyaux sont capables de réaliser les vœux. Pas de chance pour tout le monde les joyaux - au nombre de cinq - sont éparpillés un peu partout après une courte bataille et il va falloir les récupérer avant B.B. Voilà le pitch de base. C'est classique mais l'originalité du jeu, de ses mondes et de ses mécaniques de gameplay permettent de passer malgré tout un moment sympathique, surtout que mine de rien le jeu reste long, même sans le faire à 100% ! Une vingtaine d'heures pour tracer jusqu'au boss final, mais comme j'avais envie de passer beaucoup de temps dans les niveaux, de voir les détails, de profiter de Poochi - un petit chien vraiment adorable - et de ses progénitures, tour en récoltant un maximum de fleurs, il faut facilement doubler voir tripler ce temps de jeu pour en voir le bout. Chaque type de joueur à ainsi de quoi faire pour profiter de cet opus. 


►► Graphismes / Musiques

Le jeu est beau, je ne vais pas mentir sur ce point. C'est coloré, original, chaque monde a sa patte graphique. On se retrouve avec des niveaux en carton, en quilling, derrière un paravent pour profiter des ombres chinoises, en pâte à modeler, en papier : la liste est longue, mais les développeurs se sont amusés, c'est sûr. Je suis contente du résultat quand on joue : j'ai eu souvent envie d'explorer de fond en comble chaque niveau, et surtout d'observer des détails. Le titre du jeu n'est clairement pas mensonger, le domaine artistique est mis en avant au maximum.

Mais là où le jeu m'a vraiment déçue, c'est du côté des musiques. Elles sont bien et collent aux ambiances des niveaux, cela dit ce sont souvent les mêmes thèmes, avec seulement des variations dans les notes ou la mélodie. Alors si on se dépêche de finir le jeu ce n'est peut être pas flagrant ou problématique, mais comme je l'ai déjà dit plus haut j'avais envie de m'approcher le plus possible du 100% afin d'en profiter, et c'est vite redondant et lassant. Dommage car il y avait du potentiel, et Nintendo me déçoit rarement dans les OST...
Je tiens quand même à partager les quelques pistes que j'aime bien :

♪ Waku Waku
♪ Wa
♪ Space


►► Gameplay

Le jeu a fait fort car on se retrouve avec de la variété de gameplay : si les niveaux sont principalement des plates-formes où l'on doit atteindre la fin (avec parfois du scrolling), avec des ennemis à écraser - ou gober - sur le chemin, des petits défis sont disséminés ici et là afin de changer un peu d'air et ne pas devenir lassant à la longue. Je suis fan de l'avion et de la course en kart, mais d'autres mini-jeux sont fun mais sans plus - et surtout pas suffisamment durs -. Il aurait fallu approfondir un peu plus cet aspect et repenser certaines mécaniques.

La notion de difficulté est par ailleurs assez inexistante et c'est bien dommage : même le monde bonus, débloqué après le boss final, se fait sans perdre plus de trois vies... Les boss, gardiens des joyaux, n'offrent pas plus de résistance que cela, bien que certains soient amusants à faire ; la réflexion est aussi de mise pour mémoriser les coups des ennemis et repérer ses faiblesses, c'est agréable de ne pas taper directement dessus pour passer à la suite. Je sais bien que le public visé reste avant tout jeune, mais ayant grandi avec Yoshi's Story sur N64, je trouve que cette saga perd en intensité et en challenge...

J'avais brièvement parlé de la durée de vie du jeu : une vingtaine d'heures si on souhaite juste finir l'aventure principale ; bien plus si on souhaite s'approcher des 100% ou les atteindre. Et là je vais également taper dans un point faible : c'est TROP répétitif. Il doit y avoir entre dix et quinze mondes dans ce jeu, chacun ayant trois à quatre niveaux en moyenne. Chaque niveau possède un recto et un verso - et selon l'angle l'objectif n'est pas le même, et encore moins ce que l'on perçoit de l'environnement -. L'idée est excellente, pourtant les quêtes annexes proposées sont vites lassantes : il y a la recherche d'objets précis, retrouver les Petits Poochis cachés, une partie de cache-cache avec un personnage, sans oublier obtenir toutes les fleurs, les cœurs et les pièces rouges (souvent bien cachées et quelquefois tordues à obtenir). Toutes ses étapes sont donc à répéter dans la quarantaine de niveaux du jeu. C'est bien trop long et surtout le boss caché reste sans problème accessible tant il est facile d'avoir des fleurs pour avancer.

Je tiens à souligner que je me suis malgré tout amusée à collecter un maximum de pièces afin de débloquer des costumes pour mon Yoshi : il y en a une dizaine par monde, il y a là aussi de quoi faire pour passer des heures supplémentaires, surtout que les costumes sont importants selon leur rareté - le plus rare vous offre une grande protection contre les dégâts et les sauts dans le vide -. Certains costumes sont mignons, d'autres sont amusants, et une bonne partie me font poser la question suivante : pourquoi ils existent ? Non, sérieusement, qui a envie d'habiller son Yoshi avec un bouchon ou une poubelle en carton ?

Le jeu offre la possibilité de jouer avec un deuxième joueur, mais n'ayant à ce jour pas testé cette option je ne peux rien dire dessus !


En conclusion, malgré pas mal de points négatifs soulevés Yoshi's Crafted World reste un bon jeu si l'on veut se détendre, passer un bon moment et jouer à quelque chose de mignon et coloré. Yoshi est un personnage que j'aime énormément chez Nintendo, bien que je n'ai pas joué à tous les opus, et je reste ravie de voir qu'il continue à le faire exister et d'innover dans le gameplay. Ça n'a pas toujours marché, le résultat est perfectible, mais j'ai adoré me plonger dedans et il reste une bonne solution pour mettre de bonne humeur. 
J'espère que les aventures de Yoshi ne seront pas finies !

16.7.19

[CHRONIQUE] Vampire Knight, tomes 9 à 12


Vampire Knight, tomes 9 à 12 - Matsuri HINO
Editions Panini (Manga) - 192 pages par tome - 6€99 le tome
2009 (T9 & T10) / 2010 (T11 & T12)


Tome 9 (ATTENTION AUX SPOILS)

" Alors que Zero est toujours sous le choc d'avoir appris que Yûki est en réalité un vampire de sang pur, Kaname lui ordonne de tuer Rido ! 
Zero refuse et pourtant... ?! 
Depuis que Yûki a retrouvé la mémoire, sa vie a complètement basculée. Il lui faut à présent choisir envers qui elle va être loyale. Mais Rido et ses sbires ont déjà envahi l'Académie, aussi les vampires qui se sont rangés du côté de Kaname ont fort à faire pour protéger les humains. Yûki, bien décidée à défendre l'Academie, se retrouve face à Rido. Quel est le but de ce vampire si dangereux ?! 
Ichiru, grièvement blessé, fait alors un pacte avec Zero, qui pourrait bien changer l'issue du combat. 
Le rideau se lève sur un combat sanglant !! "


Je poursuis lentement mais sûrement ma découverte de ce manga, et si les tomes ne sont pas égaux entre eux au niveau du rythme, de l'émotion et des révélations, je ressors plutôt satisfaite de ce grand bond en avant effectué dans l'histoire. La fin se rapproche inexorablement, et quelques acquis commencent à se briser... Le trio principal vit en effet encore pas mal de drames !

A l'issu du combat sanglant dans l'Académie Cross, Yûki et Zero vont devoir comprendre et admettre leur nouvelle situation. Désormais plus rien ne sera pareil, et le passé devra être enterré. Ce moment a été intense à lire, et c'est probablement mon passage préféré de tout le manga jusqu'ici. On sent le déchirement des deux individus, la présence implacable de Kaname, l'amour inavoué de Zero pour la jeune fille et son honneur de Chasseur qui reste profondément gravé en lui. Cette scène charnière permet ainsi de conclure un premier arc narratif et d'en introduire un second qui se déroule un an plus tard. Je regrette juste que cette histoire de complot entre le Sénat, les Chasseurs et les vampires du côté de Kaname soit un peu brouillonne et bâclée sur la fin, les idées étaient bonnes et méritaient plus d'approfondissement. Le combat entre Rido, Kaname, Zero et Yûki prend justement le pas sur cette intrigue, il y a beaucoup de tension mais cela était un tantinet longuet, surtout au vu de la puissance de chacun !
Je n'ai rien contre l'ellipse d'un an, je trouve même que c'est pertinent, on arrive de suite au moment où tout va de nouveau basculer. Enfin, c'est normalement le principe, mais ici c'est un peu raté, dommage. La quasi-totalité du tome 11 m'a presque ennuyé, faute à l'omniprésence du couple Yûki/Kaname et leur nouvelle vie. Si vous lisez mes chroniques depuis le premier tome vous savez ce que je pense de ce couple... Par contre je suis ravie de voir un peu plus de développement du côté des vampires et de leur société : de nouvelles têtes entrent en scène, des morts suspectes jonchent la route des protagonistes et une nouvelle menace plane sous le nom de Sara, une sang-pur. Je reste pour le moment confiante et intriguée sur la suite des événements malgré les points négatifs soulignés.

Zero reste toujours mon petit préféré du manga : sa relation avec son frère prend un nouveau tournant, entre regret, jalousie et confidence. J'ai vraiment eu de la peine pour ces deux personnages avec qui le destin n'a pas était tendre dès leur naissance. Cela dit je commence à être habituée par le goût de la tragédie de la mangaka, et j'y adhère à 100%. Je suis heureuse de le revoir parmi la Guilde des Chasseurs avec son mentor et son père adoptif, je le trouve sérieux dans son travail et cela lui permet d'oublier ses peines. Je suis juste déchirée pour lui lorsqu'il doit fréquenter - de près ou de loin - Yûki. Sa situation est compliquée mais je veux lui faire confiance pour ses futurs choix.

La relation entre Kaname et Yûki me dérange réellement, et je ne suis pas gâtée vu le nombre de scènes entre ces deux personnages... C'est trop vide, plat, forcé même. Un coup c'est "Je t'aime, moi aussi" et quelques pages plus loin on a le droit à "Je te rejettes alors cours-moi après quand même car je ne veux pas te perdre". Et la froideur de Kaname, je suis scotchée par son attitude et la façon de la traiter. MAIS. Avec l'énorme révélation à son sujet à la fin du tome 12, je commence à comprendre certaines choses, et il me tarde de lire la suite pour voir comment cette situation va évoluer.
Pour en revenir brièvement au sujet de Yûki, je suis bien contente qu'elle essaye de trouver quoi faire pour donner un sens à son pouvoir, sa nouvelle situation. Je retrouve la Yûki d'avant le "grand changement", un peu plus altruiste, spontanée et courageuse, cela me plaît beaucoup, j'espère vraiment qu'elle continuera dans cette voie, quitte à frustrer un bon coup Kaname.

Quelle surprise venant des personnages secondaires, qui étaient à mon plus grand regret en arrière-plan depuis le début ! Ici le directeur de l'Académie dévoile sa véritable nature - et pfiuuu je l'apprécie encore plus -, la meilleure amie de Yûki, Sayori, prend de l'importance à un moment clé de l'histoire. De même pour Akatsuki et Ruka, je trouve leur relation touchante et j'ai bien aimé en apprendre un peu plus sur leur passé commun avec Kaname. Cela dit je ne suis pas sûre de comprendre totalement les agissements d'Ichijô... Les histoires bonus à la fin des tomes sont toujours chouettes à lire, la mangaka ne cesse de développer un peu plus ses personnages, avec émotion et humour. Je suis donc heureuse que mes attentes à ce sujet soient comblées. Je n'ai rien à redire sur les dessins, qui ne cessent de s'améliorer, et j'aime sa façon de dessiner les expressions du visage, c'est expressif et intense. Surtout au niveau des yeux !


" Les bras que je n'ai pas le droit de vouloir sont ceux auxquels je me raccroche. Ce sentiment d'apaisement si fort qu'il en est cruel... et ce regard si droit posé sur moi...n'ont jamais cessé de me soutenir et de me donner de la force. Aujourd'hui, maintenant, celle qui se trouve devant moi pose sur moi un regard droit... qui est resté le même qu'autrefois. "


En conclusion je reste accrochée à ce titre car je veux connaître certaines réponses, et que je veux surtout savoir comment cette histoire va se terminer pour le trio principal, avec qui je me suis plus ou moins attachée. Malgré pas mal de points négatifs soulignés à la fin du premier arc et au début du deuxième la mangaka a encore de bonnes réserves pour me livrer quelque chose à la hauteur de certains passages tragiques. Je reste donc impatiente et curieuse de lire ce qui va être bientôt la conclusion de Vampire Knight...