13.5.19

[CHRONIQUE] Le Faiseur de Rêves, tome 1


Le Faiseur de Rêves, tome 1 - Laini Taylor
(Strange the Dreamer, book 1 ; traduit par Sarah Dali)
Editions Lumen - 664 pages - 16€
2018


" C'est le rêve qui choisit le rêveur, et non l'inverse...

Il est une ville, au centre du désert, où nul n'a le droit de se rendre sous peine de mort. De ses entrailles sortaient autrefois d'interminables caravanes chargées de trésors mais, depuis deux cents ans, la cité est coupée du reste du monde... Pire encore, un soir d'hiver, le nom de ce lieu de légende s'évanouit en un clin d'œil de la mémoire de tous – Lazlo Lestrange, orphelin de cinq ans à peine, ne fait pas exception à la règle. Frappé au cœur, le petit garçon restera irrémédiablement fasciné par cette énigme.

Quinze ans plus tard, il travaille dans la plus grande bibliothèque du monde, à Zosma, en rêvant de fabuleuses découvertes quand, de la Cité oubliée, émerge tout à coup une curieuse expédition venue recruter les meilleurs scientifiques du continent. Pourquoi diable s’obstiner à réunir ces esprits éminents ? Mystère... Et pourquoi Lazlo voit-il donc ses songes se peupler de visions étranges - à commencer par une déesse à la peau bleue pourtant assassinée, des années plus tôt, par les habitants de la ville interdite ? Qui est-elle vraiment ? Comment le jeune homme, qui ignore tout de sa légende, peut-il bien la voir en rêve ? "


Alerte coup de cœur pour cette année 2019 ! Et le tout premier en plus ♥

L'auteure a réussi à mettre en place un univers riche, poétique, complexe en quelques chapitres seulement ; j'ai adoré suivre les aventures de Lazlo, de sa vie misérable à son travail dans la bibliothèque de Zosma, son enrôlement dans l'expédition le menant à Désolation et ce qu'il va devenir une fois là-bas - et qui changera à jamais son existence. Cette cité oubliée est pleine de mystères, de haine, de terreur ; les héros ne sont pas ce qu'ils paraissent mais les Dieux ne sont pas non plus des innocents. Le malaise des habitants est palpable. C'est donc toute une nuance de gris qui se dévoile devant nous au fur et à mesure que les secrets se révèlent. On se questionne en même temps que Lazlo sur le passé de Désolation et les zones d'ombres sur sa tragédie, ça m'a vraiment plu car il n'y a rien de précipité, l'auteure manie toutes ses cartes avec précision et nous mène exactement là où elle le souhaite, et ce depuis les premières lignes.

La plume est fluide, avec un bon style d'écriture. Il y a des tournures de phrases poétiques et ravissantes à lire, sans que ce soit trop pompeux, compliqué ou mélo-dramatique. C'est juste, avec de l'émotion et quelques traits d'humour bien placé. Les passages dans les mondes oniriques sont fantaisistes, un peu perturbant par moment, mais ça reste cohérent avec le principe d'un rêve ! Finalement le rythme du récit est assez lent, il y a très peu d'actions, mais à aucun moment je me suis ennuyée, surtout que l'alternance des points de vue entre les personnages donne un peu plus de possibilité narrative, c'était intéressant. On découvre autant l'histoire de Lazlo que celle de Sarai, avec quelques exceptions - Nero, Minya -. Cette belle briquette de plus de 650 pages se lit (trop) vite !

J'ai aimé suivre la relation entre Lazlo et Sarai (mes deux chouchous du roman) : c'est dans le monde des rêves qu'ils vont apprendre à se connaître timidement, échanger leurs informations, passer de bons moments et même plus, et ce malgré leurs différences et leurs objectifs. Je suis d'ailleurs encore sur les fesses de cette fin osée, j'ai rarement lu ça pendant mes lectures, ça promet une suite terrible.
Je déteste définitivement Minya, il n'y a rien à sauver chez cette fille manipulatrice et fermée à toute émotion, à part la haine et la vengeance. J'aurai aimé en découvrir plus sur les autres enfants des Dieux, comme Faune, Rubis ou Mésange, car ils sont assez survolés et ce que j'ai lu de la relation Faune/Rubis ne me plaît pas trop. J'attends néanmoins le deuxième tome pour changer - ou non - d'avis sur eux.
J'aurai bien voulu voir plus souvent Nero, même s'il a un sacré caractère j'aime beaucoup ses interactions avec Lazlo, je suis convaincue qu'il a la possibilité d'être un personnage fascinant et plein de surprise.
Eril-Fane est compliqué à appréhender, même après avoir refermé le livre : il a de bons côtés comme de mauvais, mais son passé le hante continuellement, lui portant préjudice à plusieurs reprises. Veut-il vraiment se rattraper pour une certaine personne ou souhaite-t-il juste connaître la paix ? Je suis curieuse de voir ce qui va advenir de lui dorénavant.

Il faut bien avoir un point négatif à citer, tout n'est pas parfait. En effet c'est un peu dommage que j'ai plus ou moins deviné une des révélations majeures du récit, surtout que les indices sont distillés intelligemment un peu partout ; mais le voir concrètement c'est autre chose, la tournure des événements a pris un sacré virage ! Je suis impatiente de voir les répercussions que cela va avoir pour l'entourage de Lazlo et Désolation. Il me tarde de lire la suite !


" Sa vie était en jeu. Alors ce matin-là, tandis que le deuxième Sabbat de la douzième Lune se levait sur la ville de Désolation, Lazlo ne se demanda pas ce qu'il pourrait faire mais ce qu'il allait faire.
C'était une question noble, et si à ce moment-là, le destin avait jugé bon de lui révéler sa stupéfiante réponse, il n'y aurait jamais cru. "


En conclusion, j'ai mis du temps à le lire car je voulais savourer chaque chapitre, mais une fois que Lazlo et le reste de l'expédition arrivent à Désolation impossible de lâcher le livre. J'ai été happé par ces personnages principaux aux destins atypiques, ces mystères aux conséquences terrifiantes, ces envolés dans les mondes des rêves, l'histoire funeste des Dieux et de leurs enfants. La Cité oubliée a encore bien des choses à livrer, je n'ai qu'une hâte : me plonger dans le deuxième - et dernier - tome de la saga.

12.5.19

[CHRONIQUE] La magie du rangement (illustrée)


La magie du rangement (illustrée) - Marie Kondo & Yuko Uramoto
Editions Kurokawa (collection KuroPop) - 192 pages - 7€65
2018


" Et si pour améliorer votre quotidien et changer votre vie, vous mettiez de l'ordre dans votre intérieur?
Voici l'adaptation graphique de la célèbre méthode de Marie Kondo, pour en finir avec la pagaille et changer votre vie !

Chiaki lutte contre un appartement désordonné, une vie amoureuse chaotique et un manque de perspective sur son avenir. Elle fait appel à Marie Kondo, conseillère en rangement. Grâce à une série de leçons amusantes et judicieuses, l'auteur aide Chiaki à remettre en ordre sa maison et sa vie."


Ce n'est pas ma première approche de Marie Kondo, car je l'ai initialement connue avec la série Netflix qui lui est consacrée. J'avais bien aimé la philosophie de vie de cette femme, son amour pour le tri et l'ordre, et ce que cela entraîne comme changement chez la personne. Le livre me tentait depuis un bon moment, mais finalement j'ai plutôt opté pour la version illustrée car j'avais peur que le livre original soit trop abstrait et indigeste à lire. Je suis contente de mon choix, et dans l'ensemble c'était une très bonne lecture, malgré quelques petits points noirs.

Je redécouvre donc ses conseils sans trop de surprises ou de nouveauté, mais je suis ravie de pouvoir désormais revenir dessus quand j'en aurai besoin ! Il y a plusieurs chapitres bien définis pour chaque étape du rangement, ce qui est pratique pour retrouver un conseil en particulier. Ainsi Marie aborde les phases de réflexion du début - pourquoi vouloir ranger ? Quelle vie souhaite-t-on mener ? Nos motivations ? -, le tri des vêtements, des livres, des papiers, des "komono" (tout le reste) et les objets à valeur sentimentale. A la fin de chaque chapitre il y a un petit résumé qui explique l'essentiel de la méthode et ce qu'il faut absolument retenir. Je suis amplement satisfaite de ce condensé d'informations, et lire la toute première version ne me sera absolument pas nécessaire.

Il est vrai que ses méthodes sont "particulières" et très spirituelles, ainsi tout le monde ne sera pas touché de la même façon. Chez moi ça résonne pas mal, et j'ai même commencé à faire sérieusement du tri dans mes affaires en appliquant quelques conseils : c'est efficace et surtout, j'en ressors sans aucun regret. Je ne pense pas appliquer toute la méthode au pied de la lettre, surtout que je ne suis pas d'accord avec tout ce que dit/pense Marie Kondo, mais c'est justement l'intérêt à long terme : trouver NOTRE méthode de rangement avec son aide, celle qui nous apporte cette fameuse "joie", même si au final ce n'est pas totalement parfait.

J'ai en effet un peu crissé des dents sur certains passages : oui il m'arrive de garder des vêtements uniquement car ils sont pratiques (un bon sweet bien chaud, même si les années sont passées dessus, je suis heureuse de l'avoir quand j'ai froid) ; non je n'irai pas découper littéralement des pages d'un roman juste parce que j'ai aimé un passage (à la rigueur je le fais pour des vieux magasines mais les livres, comme je les vend ou les donne, certainement pas) ; non je ne jetterai pas des papiers administratifs pour faire de la place (mais le Japon n'est pas pareil que la France, donc ce point-là est évidemment pardonnable, surtout que cette édition le précise bien).
Autre point que je souhaite souligner, et qui a son importance : Marie Kondo dit régulièrement de jeter ce qui ne nous plaît pas/plus, mais il est évident que si on peut donner à des associations, des amis ou à des gens dans le besoin c'est LA meilleure solution (si l'objet/le vêtement est dans un état correct). Cette édition le souligne aussi à une page, donc aucune excuse pour venir râler sur sa méthode ;)

Après rien ne m'a empêché de poursuivre cette agréable lecture, la majorité des conseils étant pertinents -certains sont déjà appliqués, d'autres ne devraient pas tarder ! - je ne vais pas m'attarder plus longtemps sur ces détails. A chacun de garder ce qu'il juge bon pour lui. C'est le principe !

Parlons du livre en lui-même. La version illustrée est sympathique dans l'idée, surtout pour montrer les techniques de pliage des vêtements, mais ce n'est finalement pas si bien exploité que ça. On va suivre Chiaki, une jeune femme débordée par son travail, ses nombreuses conquêtes amoureuses (qui n'ont aucun succès), et qui a sérieusement besoin de faire du rangement dans son appartement en perpétuel chantier. Son histoire ne m'a pas passionné du tout, et sa relation avec son nouveau voisin non plus, surtout que je ne me retrouve pas du tout dans sa personnalité. Elle a une belle évolution car elle réussit à rebondir au-dessus des difficultés liés au rangement, fait table rase de son passé pour se tourner vers l'avenir, ce qui donne un rapide aperçu de ce que procure un bon rangement dans un quotidien. Les touches d'humour sont bien intégrées, ça apporte un peu de rythme à l'histoire, pour pas que ça devienne rébarbatif. Je trouve d'ailleurs Marie Kondo trop mignonne ♥


" Vous ne rangez pas uniquement pour faire bonne impression quand quelqu'un vous rend visite. Vous rangez d'abord pour votre propre bien-être et pour changer votre vie ! Il suffit de vous en convaincre et le reste suivra naturellement. "


En conclusion je suis ravie d'ajouter ce petit guide illustrée dans ma bibliothèque afin de bénéficier de ses conseils quand je le veux, surtout que la plupart des méthodes de rangement me parle et sont efficaces (pour celles que j'ai déjà testé). Dommage que l'histoire intégrée au manga ne soit pas intéressante du tout, difficile de comprendre et de s'attacher à Chiaki - surtout au début -. 

3.5.19

[CHRONIQUE] Jeanne - Merwan & Gatignol


Jeanne, tome 1 : Avant les saisons / Jeanne, tome 2 : L'hiver sera doux - Merwan & Gatignol
Editions Dargaud - 102 pages (T1) - 92 pages (T2) - 12€99 le tome
2012



" Une femme douce comme la brise, un vieux bonhomme sourd comme une bielle, un renard roi du lance-pierre, une petite fille musicienne, des oiseaux ensorcelés. L'enfance, ça devrait durer toujours."



J'ai emprunté purement par hasard ces deux albums à la bibliothèque, j'avais flashé sur les couvertures et je n'ai même pas regardé le résumé au dos parce que je voulais me laisser surprendre. Je ressors de cette lecture avec un avis mitigé, malheureusement.

Je commence par les points positifs. Les dessins sont un vrai coup de cœur. C'est immersif, coloré, décalé ; certaines planches sont merveilleuses à contempler. Si le travail a été accentué sur ce côté c'est pour une simple et unique raison : les deux tomes sont très peu bavards, ce qui nous oblige à nous concentrer uniquement sur les visages des personnages, forts expressifs pour Jeanne et Pistouvi, et ça marche très bien. La peur, la concentration, la réflexion, l'émerveillement : ils sont tous les deux touchants et sympathiques à suivre.

J'ai d'ailleurs une grande préférence pour Jeanne, une petite fille pleine de vie qui va au fil des pages apprendre à grandir, avec l'aide de son ami renard, du vent et d'un vieux monsieur pas très commode... Pistouvi est mignon dans son style graphique, quoique parfois pénible, mais j'aurai voulu en savoir plus sur ses origines et la raison qui le pousse tant à redouter les oiseaux. Cela dit je pense comprendre pourquoi il n'y a aucune réponse, et cette interprétation prend tout son sens à la toute fin du tome 2. Je n'en dirai pas plus si jamais vous voulez découvrir l'histoire par vous même.

L'univers est original, très étrange par moment - je ne sais toujours pas si je dois rire de ces oiseaux ou être un peu perturbée par leur comportement - ; c'est même un monde à la limite des rêves car Jeanne est isolée dans sa maison et peu entourée. Je trouve donc ça juste un peu dommage que l'histoire ne tienne que sur deux tomes car j'aurai voulu en (sa)voir un peu plus, je n'en ai pas assez profité pour m'en imprégner convenablement, on passe facilement du coq à l'âne dans le quotidien de Jeanne.

Mais ce qui m'a un peu déçue, qui a tout fait brusquement tomber à plat, c'est bien la fin. Elle a un sens, est à la fois terrible et fatidique, poétique et émouvant, mais les événements restent trop rapides, trop en suspens. Quelques pages supplémentaires étaient peut être la bienvenue, surtout pour savoir ce que Jeanne devient... En tout cas j'ai ressenti de la peine pour cette fille, qui a sans doute grandi un poil trop vite, sans y être préparée... En fermant le deuxième tome je garde un goût amer, mais avec le recul je pense que c'était sans doute le but recherché : c'est la (dure) réalité.


" - T'imagines si ça aurait été leur papa ! Ça aurait été notre fête !
- J'aurais joué mon air.
- Tu parles, ça marche même pas avec les grands, ha, ha ! Ils s'en fichent ! Moi aussi quand je serai grand je m'en ficherai de tout.
- Si ! Ça marche avec les grands, même que j'leur fais faire tout c'que j'veux.
- ...
- Mais être grand c'est pas forcément bien tu sais. "


En conclusion Jeanne est une lecture en demi-teinte, mais je suis malgré tout contente d'avoir découvert ce titre, il y avait de bonnes idées, de jolis graphismes, des sujets touchants, une fin marquante (malgré ma déception sur son traitement et la rapidité globale du titre). 

2.5.19

[CHRONIQUE] Le Procès - Kafka


Le Procès - Franz Kafka
(Der Prozeß, traduit par Bernard Lortholary)
Editions Flammarion (GF) - 305 pages - 4€40
2011

-- Résumé --

Un jour, deux hommes viennent chez Joseph K. et lui annoncent qu’il est arrêté. Pourquoi ? Quel est son crime ? Une question à laquelle personne ne veut répondre ou ne peut répondre. Arrêté mais libre de circuler, de travailler et de vivre, K. ne comprend pas ce qui lui arrive. Quelle sera l’issue de ce procès hors norme ?

-- Mon avis --

Autant être honnête dès le début : ma lecture n'a pas été un franc succès, surtout que c'est la première fois que je découvre la plume de Kafka. Le fait que l'histoire ne soit pas complète, que je sois passée à côté des personnages et que je n'adhère pas à l'humour et aux réflexions de l'auteur ne m'aide pas à apprécier ce roman dans sa globalité.

Je n'ai rien à redire sur le style d'écriture de Kafka (et du traducteur surtout) : c'est parfaitement fluide, les pages se tournent rapidement - surtout que l'histoire est courte - ; seules certaines phrases sont un peu alambiquées et il y a la présence de quelques paragraphes assez lourds dans la narrations à propos de la justice et des traitements des affaires - choses qui ne me passionne pas du tout -. J'ai majoritairement lu ces passages en biais car je voulais plutôt avoir le fin mot de l'affaire. C'est une déception puisque je trouve le final trop abrupt, beaucoup de choses restent en plan, et on ne sait toujours pas pourquoi K. a été arrêté - je sais que c'était le but de l'auteur mais je m'attendais à autre chose -.

Au total le roman comporte dix chapitres, on y voit clairement le début et la fin, mais ce qui se passe au milieu n'est pas du tout équilibré et pertinent à mon sens : si j'ai sincèrement adoré le chapitre où K. rencontre l'industriel et le peintre - il y avait de la tension, des interrogations majeures pour K., de la complexité à travers ces deux personnages -, je me suis souvent ennuyée avec l'avocat, Block, son oncle, Léni, et bien d'autres personnages. Leurs relations avec le protagoniste étaient étranges : il y a de la méfiance, puis rapidement de la complicité et de l'affection, et sans que je réussisse à comprendre pourquoi un élément va produire de la pitié, du dégoût, de la jalousie, de la haine. Je n'ai donc eu aucune empathie envers K., dont le comportement m'échappait la plupart du temps, et ce n'est pas la fin qui va m'aider à changer d'avis sur lui.

Les thèmes abordés par l'auteur sont effectivement intéressants au premier regard : la justice et ses lois contradictoires, l'administration et sa complexité, les notions de culpabilité et d'innocence, le regard des autres, l'existence humaine et son sens, etc. Malheureusement ce n'est pas avec K. que je réfléchirai à ses notions, et encore moins avec ce livre. Il y a trop d'absurdités, de contradictions ; je n'ai pas été du tout sensible à ce style mais cela ne veut pas dire que ce sera le cas pour tout le monde.



"- Tu vois, Willem, il avoue qu'il ne connaît pas la loi et, en même temps, il prétend qu'il est innocent.
- Tu as tout à fait raison, mais c'est un homme qui ne veut rien comprendre. "


En conclusion mes premiers pas dans l'univers de Kafka ne sont pas des plus plaisants, je suis même légèrement déçue, en grande partie à cause de l'ambiance absurde omniprésente et de personnages peu/pas attachants. Je ne garderai pas un souvenir impérissable de ce livre, mais il est fort possible que je n'ai pas commencé par le bon roman pour découvrir l'auteur, alors je ne compte pas m'arrêter à cette expérience !

13.3.19

[NOW PLAYING] Final Fantasy XV

Bonjour !

Il y a peu j'ai craqué pour la Pocket Edition de Final Fantasy XV - je voulais vraiment découvrir ce FF mais je n'ai pas les consoles pour ou le PC suffisamment puissant -. Et ça tombe bien car elle était disponible sur l'e-shop de la Nintendo Switch ! Je ne vais pas passer par quatre chemins : c'est un énorme coup de cœur ♥

" Alors qu’il sillonne les routes aux côtés de ses trois amis proches, à la veille de son mariage avec la princesse Lunafreya Nox Fleuret, le prince Noctis apprend à la radio l’invasion de son royaume par les forces impériales, à la veille de la signature du traité de paix. Commence alors pour eux un long voyage, dans lequel le destin se montrera plus d'une fois sans pitié. "

Final Fantasy XV : Pocket Edition (à gauche) // Final Fantasy XV (à droite)
►► Scénario

C'est la grosse claque que j'ai prise en jouant à ce jeu : mes émotions ont fait le yo-yo sans jamais s'arrêter. Si l'histoire peut paraître "classique" en lisant le synopsis j'ai quand même appréciée découvrir ce voyage initiatique, être surprise par quelques tournures et révélations, jusqu'au grand final à la fois épique et intense. Même quelques jours après l'avoir fini la fin me hante encore. Mon coup de cœur s'explique facilement par un détail non négligeable : c'est un réel plaisir de voyager avec les quatre protagonistes dans leur périple. Ils sont amis depuis des années et se permettent donc de se lancer continuellement des piques à mourir de rire, ils s'entraident, se disputent parfois, mais leurs interactions sont toujours naturelles - je souligne que la VF est d'excellente qualité et ajoute un grand plus ! -. Impossible pour moi de ne pas m'attacher à Noctis (malgré son côté je-m'en-foutiste), Prompto (même s'il est toujours surexcité), Gladiolus (son côté franc est ravageur à certains moments mais il est très protecteur) et Ignis (il faut bien l'intello du groupe, cela dit il apporte une bonne force de raisonnement et de pragmatisme). Autre point fort au niveau des personnages : l'antagoniste Ardyn, qui est juste parfait. Je n'avais jamais autant appréciée un "méchant" depuis des lustres. Complexe à souhait, cynique, manipulateur, ce n'est que lorsque que j'ai compris son réel but derrière ses actions que j'ai changé d'avis à son sujet, et c'était bien joué de la part de Square Enix. Je suis cela dit un peu déçue des personnages secondaires, que l'on ne voit pas assez et qui sont peu développés alors que je les apprécie beaucoup : j'aurais voulu en savoir plus sur les anciens compagnons de Régis, Iris, Cor, Aranea.
Dans la Pocket Edition le jeu est divisé en dix chapitres : il se termine assez rapidement car le but premier de cette version est de se centrer uniquement sur l'aventure principale - une quinzaine d'heures grand maximum pour arriver au bout -, et chacun de ces chapitres est important pour le développement des protagonistes et l'avancée de l'histoire. J'avoue avoir une énorme préférence pour le chapitre se déroulant à Altissia, il marque un grand tournant et possède son lot d'émotions en tout genre. Je suis par contre curieuse de découvrir les DLC à travers des let's play, cela m'apportera des réponses sur certaines ellipses du jeu !

Final Fantasy XV : Pocket Edition (à gauche) // Final Fantasy XV (à droite)
►► Graphismes / Musiques

Je me suis posée la question suivante en rédigeant cet avis : comme j'aborde Final Fantasy XV dans sa globalité, comment parler des graphismes du jeu puisque les deux versions existantes sont complètement différentes à ce niveau-là ? Je me suis bien amusée à faire des montages pour illustrer ma chronique, vous laissant donc un aperçu du travail effectué sur la Pocket Edition par rapport à la version d'origine - c'est simplifié pour des besoins techniques et ça peut être perturbant au début mais je trouve le résultat sympathique -. A noter que bon nombres de cinématiques sont fidèles à celles du jeu de base, je trouve ça génial ! Le seul détail troublant que je trouve assez dommage : la Pocket Edition n'a pas animé les mouvements de bouche des personnages ; et dans les scènes émouvantes c'est déstabilisant de voir les personnages statiques et inexpressifs alors que les doubleurs sont à fond \o
Il est évident que le jour où je posséderai une PS4 je m'achèterai de suite Final Fantasy XV pour profiter cette fois-ci des magnifiques graphismes. Et des personnages qui ouvrent la bouche pour parler.

Du côté des musiques c'est un sans-faute. Du Yoko Shimomura comme j'aime, notamment avec son travail sur les OST de Kingdom Hearts, Mario & Luigi, Xenoblade, Super Mario RPG... Il a été difficile de faire des choix pour la petite playlist qui va suivre mais c'est de bonne qualité. Elle a su rendre des moments magiques et émouvants comme elle a réussi à créer des combats épiques. Je vous souhaite une bonne écoute pour les plus curieux (il suffit de cliquer sur la note de musique pour écouter les titres) :

Somnus
Valse di Fantastica
Love Lost
A Quick Pit Stop
Apocalypsis Aquarius

Final Fantasy XV : Pocket Edition (à gauche) // Final Fantasy XV (à droite)
►► Gameplay

Cette fois-ci je vais me cibler uniquement sur la version Pocket Edition, il est évident que le jeu d'origine n'est absolument pas pareil dans son gameplay et qu'il est bien plus varié qu'ici.
Les combats ne sont ni faciles ni difficiles, les boss sont costauds et peuvent rapidement devenir un problème : il faut donc être vigilant sur pas mal de choses - notamment les points faibles des ennemis -, esquiver les attaques et échanger des compétences supplémentaires contre quelques PC (points de combat) afin d'être aidé par nos trois coéquipiers. Il faut aussi utiliser au maximum les pouvoirs de Noctis, comme les armes fantômes pour ne citer qu'un élément. J'aime bien l'arsenal que possède Noctis, c'est varié et correspond à tout type de joueur : l'épée est équilibré, le glaive est lent à utiliser mais puissant, la lance est faible mais rapide ; la magie est également sympathique à utiliser même si je trouve ça dommage qu'on ne puisse pas cumuler plusieurs éléments en même temps.
Les QTE sont présents pendant les boss, rien de bien compliqué même si je n'ai jamais aimé ce type de phase dans les jeux vidéo. Et en restant dans cette thématique il y a des phases d'infiltration/discrétion, mon véritable fléau - cela dit les ennemis étant aveugles je n'ai pas eu de grosses difficultés \o -.
Le gros problème du jeu résident dans les grottes ou les phases de nuit : c'est sombre. Trop sombre. Les lampes des personnages n'éclairent pas grand-chose devant eux et c'est dommage car je suis sûre d'avoir raté des objets ou des combats spéciaux.
Hors combat, le jeu est un véritable couloir : on ne peut que se balader dans des zones limitées pour avancer dans la narration ; si on dépasse un peu trop loin le personnage fait automatiquement demi-tour, c'est très frustrant mais ce n'est pas le but de cette version. Les quelques mini-quêtes sont sympathiques car elles donnent des bonus utiles et de l'équipement : il faut retrouver des statues de Pampa sur la carte, chercher un trésor à déterrer, trouver des ingrédients pour que le chef cuisinier Ignis fasse de bons petits plats - apportant des bonus pour l'équipe -. C'est peu varié mais là aussi ce n'est pas l'objectif principal de cette version.
J'adore les moments de calme dans la Régalia - la voiture du quatuor qui sert à nous rendre d'un point A à un point B - : les personnages discutent entre eux et on peut bouger la caméra pour admirer la vue. C'est un peu dommage que l'on ne puisse pas conduire nous-même, on est assez limité dans les mouvements, mais c'est suffisant pour faire rouler le maître chauffeur Ignis (oui il a plusieurs casquettes) à contre-sens sur l'autoroute. Il m'en faut peu pour rigoler quelques secondes. Par contre quel bonheur d'être à dos de chocobo, ils sont trop mignons ♥

En conclusion la Pocket Edition n'est pas parfaite, c'est évident et je m'y attendais, mais elle a répondu à la perfection à mon besoin principal : celui de découvrir l'histoire de Noctis et de ses compagnons, et avec la VF. Il fait sans hésiter partie de mes Final Fantasy préférés, avec le VIII, le IV et la saga Crystal Chronicles. J'ai d'ailleurs était bavarde dans cet avis, désolée pour le pavé \o 
Je jouerai un jour à la version originale sur PS4, ça ne fait aucun doute, et j'espère prendre encore plus de plaisir à voyager avec eux à ce moment-là !

Final Fantasy XV : Pocket Edition (à gauche) // Final Fantasy XV (à droite)