3.5.19

[CHRONIQUE] Jeanne - Merwan & Gatignol


Jeanne, tome 1 : Avant les saisons / Jeanne, tome 2 : L'hiver sera doux - Merwan & Gatignol
Editions Dargaud - 102 pages (T1) - 92 pages (T2) - 12€99 le tome
2012



" Une femme douce comme la brise, un vieux bonhomme sourd comme une bielle, un renard roi du lance-pierre, une petite fille musicienne, des oiseaux ensorcelés. L'enfance, ça devrait durer toujours."



J'ai emprunté purement par hasard ces deux albums à la bibliothèque, j'avais flashé sur les couvertures et je n'ai même pas regardé le résumé au dos parce que je voulais me laisser surprendre. Je ressors de cette lecture avec un avis mitigé, malheureusement.

Je commence par les points positifs. Les dessins sont un vrai coup de cœur. C'est immersif, coloré, décalé ; certaines planches sont merveilleuses à contempler. Si le travail a été accentué sur ce côté c'est pour une simple et unique raison : les deux tomes sont très peu bavards, ce qui nous oblige à nous concentrer uniquement sur les visages des personnages, forts expressifs pour Jeanne et Pistouvi, et ça marche très bien. La peur, la concentration, la réflexion, l'émerveillement : ils sont tous les deux touchants et sympathiques à suivre.

J'ai d'ailleurs une grande préférence pour Jeanne, une petite fille pleine de vie qui va au fil des pages apprendre à grandir, avec l'aide de son ami renard, du vent et d'un vieux monsieur pas très commode... Pistouvi est mignon dans son style graphique, quoique parfois pénible, mais j'aurai voulu en savoir plus sur ses origines et la raison qui le pousse tant à redouter les oiseaux. Cela dit je pense comprendre pourquoi il n'y a aucune réponse, et cette interprétation prend tout son sens à la toute fin du tome 2. Je n'en dirai pas plus si jamais vous voulez découvrir l'histoire par vous même.

L'univers est original, très étrange par moment - je ne sais toujours pas si je dois rire de ces oiseaux ou être un peu perturbée par leur comportement - ; c'est même un monde à la limite des rêves car Jeanne est isolée dans sa maison et peu entourée. Je trouve donc ça juste un peu dommage que l'histoire ne tienne que sur deux tomes car j'aurai voulu en (sa)voir un peu plus, je n'en ai pas assez profité pour m'en imprégner convenablement, on passe facilement du coq à l'âne dans le quotidien de Jeanne.

Mais ce qui m'a un peu déçue, qui a tout fait brusquement tomber à plat, c'est bien la fin. Elle a un sens, est à la fois terrible et fatidique, poétique et émouvant, mais les événements restent trop rapides, trop en suspens. Quelques pages supplémentaires étaient peut être la bienvenue, surtout pour savoir ce que Jeanne devient... En tout cas j'ai ressenti de la peine pour cette fille, qui a sans doute grandi un poil trop vite, sans y être préparée... En fermant le deuxième tome je garde un goût amer, mais avec le recul je pense que c'était sans doute le but recherché : c'est la (dure) réalité.


" - T'imagines si ça aurait été leur papa ! Ça aurait été notre fête !
- J'aurais joué mon air.
- Tu parles, ça marche même pas avec les grands, ha, ha ! Ils s'en fichent ! Moi aussi quand je serai grand je m'en ficherai de tout.
- Si ! Ça marche avec les grands, même que j'leur fais faire tout c'que j'veux.
- ...
- Mais être grand c'est pas forcément bien tu sais. "


En conclusion Jeanne est une lecture en demi-teinte, mais je suis malgré tout contente d'avoir découvert ce titre, il y avait de bonnes idées, de jolis graphismes, des sujets touchants, une fin marquante (malgré ma déception sur son traitement et la rapidité globale du titre). 

2.5.19

[CHRONIQUE] Le Procès - Kafka


Le Procès - Franz Kafka
(Der Prozeß, traduit par Bernard Lortholary)
Editions Flammarion (GF) - 305 pages - 4€40
2011

-- Résumé --

Un jour, deux hommes viennent chez Joseph K. et lui annoncent qu’il est arrêté. Pourquoi ? Quel est son crime ? Une question à laquelle personne ne veut répondre ou ne peut répondre. Arrêté mais libre de circuler, de travailler et de vivre, K. ne comprend pas ce qui lui arrive. Quelle sera l’issue de ce procès hors norme ?

-- Mon avis --

Autant être honnête dès le début : ma lecture n'a pas été un franc succès, surtout que c'est la première fois que je découvre la plume de Kafka. Le fait que l'histoire ne soit pas complète, que je sois passée à côté des personnages et que je n'adhère pas à l'humour et aux réflexions de l'auteur ne m'aide pas à apprécier ce roman dans sa globalité.

Je n'ai rien à redire sur le style d'écriture de Kafka (et du traducteur surtout) : c'est parfaitement fluide, les pages se tournent rapidement - surtout que l'histoire est courte - ; seules certaines phrases sont un peu alambiquées et il y a la présence de quelques paragraphes assez lourds dans la narrations à propos de la justice et des traitements des affaires - choses qui ne me passionne pas du tout -. J'ai majoritairement lu ces passages en biais car je voulais plutôt avoir le fin mot de l'affaire. C'est une déception puisque je trouve le final trop abrupt, beaucoup de choses restent en plan, et on ne sait toujours pas pourquoi K. a été arrêté - je sais que c'était le but de l'auteur mais je m'attendais à autre chose -.

Au total le roman comporte dix chapitres, on y voit clairement le début et la fin, mais ce qui se passe au milieu n'est pas du tout équilibré et pertinent à mon sens : si j'ai sincèrement adoré le chapitre où K. rencontre l'industriel et le peintre - il y avait de la tension, des interrogations majeures pour K., de la complexité à travers ces deux personnages -, je me suis souvent ennuyée avec l'avocat, Block, son oncle, Léni, et bien d'autres personnages. Leurs relations avec le protagoniste étaient étranges : il y a de la méfiance, puis rapidement de la complicité et de l'affection, et sans que je réussisse à comprendre pourquoi un élément va produire de la pitié, du dégoût, de la jalousie, de la haine. Je n'ai donc eu aucune empathie envers K., dont le comportement m'échappait la plupart du temps, et ce n'est pas la fin qui va m'aider à changer d'avis sur lui.

Les thèmes abordés par l'auteur sont effectivement intéressants au premier regard : la justice et ses lois contradictoires, l'administration et sa complexité, les notions de culpabilité et d'innocence, le regard des autres, l'existence humaine et son sens, etc. Malheureusement ce n'est pas avec K. que je réfléchirai à ses notions, et encore moins avec ce livre. Il y a trop d'absurdités, de contradictions ; je n'ai pas été du tout sensible à ce style mais cela ne veut pas dire que ce sera le cas pour tout le monde.



"- Tu vois, Willem, il avoue qu'il ne connaît pas la loi et, en même temps, il prétend qu'il est innocent.
- Tu as tout à fait raison, mais c'est un homme qui ne veut rien comprendre. "


En conclusion mes premiers pas dans l'univers de Kafka ne sont pas des plus plaisants, je suis même légèrement déçue, en grande partie à cause de l'ambiance absurde omniprésente et de personnages peu/pas attachants. Je ne garderai pas un souvenir impérissable de ce livre, mais il est fort possible que je n'ai pas commencé par le bon roman pour découvrir l'auteur, alors je ne compte pas m'arrêter à cette expérience !

13.3.19

[NOW PLAYING] Final Fantasy XV

Bonjour !

Il y a peu j'ai craqué pour la Pocket Edition de Final Fantasy XV - je voulais vraiment découvrir ce FF mais je n'ai pas les consoles pour ou le PC suffisamment puissant -. Et ça tombe bien car elle était disponible sur l'e-shop de la Nintendo Switch ! Je ne vais pas passer par quatre chemins : c'est un énorme coup de cœur ♥

" Alors qu’il sillonne les routes aux côtés de ses trois amis proches, à la veille de son mariage avec la princesse Lunafreya Nox Fleuret, le prince Noctis apprend à la radio l’invasion de son royaume par les forces impériales, à la veille de la signature du traité de paix. Commence alors pour eux un long voyage, dans lequel le destin se montrera plus d'une fois sans pitié. "

Final Fantasy XV : Pocket Edition (à gauche) // Final Fantasy XV (à droite)
►► Scénario

C'est la grosse claque que j'ai prise en jouant à ce jeu : mes émotions ont fait le yo-yo sans jamais s'arrêter. Si l'histoire peut paraître "classique" en lisant le synopsis j'ai quand même appréciée découvrir ce voyage initiatique, être surprise par quelques tournures et révélations, jusqu'au grand final à la fois épique et intense. Même quelques jours après l'avoir fini la fin me hante encore. Mon coup de cœur s'explique facilement par un détail non négligeable : c'est un réel plaisir de voyager avec les quatre protagonistes dans leur périple. Ils sont amis depuis des années et se permettent donc de se lancer continuellement des piques à mourir de rire, ils s'entraident, se disputent parfois, mais leurs interactions sont toujours naturelles - je souligne que la VF est d'excellente qualité et ajoute un grand plus ! -. Impossible pour moi de ne pas m'attacher à Noctis (malgré son côté je-m'en-foutiste), Prompto (même s'il est toujours surexcité), Gladiolus (son côté franc est ravageur à certains moments mais il est très protecteur) et Ignis (il faut bien l'intello du groupe, cela dit il apporte une bonne force de raisonnement et de pragmatisme). Autre point fort au niveau des personnages : l'antagoniste Ardyn, qui est juste parfait. Je n'avais jamais autant appréciée un "méchant" depuis des lustres. Complexe à souhait, cynique, manipulateur, ce n'est que lorsque que j'ai compris son réel but derrière ses actions que j'ai changé d'avis à son sujet, et c'était bien joué de la part de Square Enix. Je suis cela dit un peu déçue des personnages secondaires, que l'on ne voit pas assez et qui sont peu développés alors que je les apprécie beaucoup : j'aurais voulu en savoir plus sur les anciens compagnons de Régis, Iris, Cor, Aranea.
Dans la Pocket Edition le jeu est divisé en dix chapitres : il se termine assez rapidement car le but premier de cette version est de se centrer uniquement sur l'aventure principale - une quinzaine d'heures grand maximum pour arriver au bout -, et chacun de ces chapitres est important pour le développement des protagonistes et l'avancée de l'histoire. J'avoue avoir une énorme préférence pour le chapitre se déroulant à Altissia, il marque un grand tournant et possède son lot d'émotions en tout genre. Je suis par contre curieuse de découvrir les DLC à travers des let's play, cela m'apportera des réponses sur certaines ellipses du jeu !

Final Fantasy XV : Pocket Edition (à gauche) // Final Fantasy XV (à droite)
►► Graphismes / Musiques

Je me suis posée la question suivante en rédigeant cet avis : comme j'aborde Final Fantasy XV dans sa globalité, comment parler des graphismes du jeu puisque les deux versions existantes sont complètement différentes à ce niveau-là ? Je me suis bien amusée à faire des montages pour illustrer ma chronique, vous laissant donc un aperçu du travail effectué sur la Pocket Edition par rapport à la version d'origine - c'est simplifié pour des besoins techniques et ça peut être perturbant au début mais je trouve le résultat sympathique -. A noter que bon nombres de cinématiques sont fidèles à celles du jeu de base, je trouve ça génial ! Le seul détail troublant que je trouve assez dommage : la Pocket Edition n'a pas animé les mouvements de bouche des personnages ; et dans les scènes émouvantes c'est déstabilisant de voir les personnages statiques et inexpressifs alors que les doubleurs sont à fond \o
Il est évident que le jour où je posséderai une PS4 je m'achèterai de suite Final Fantasy XV pour profiter cette fois-ci des magnifiques graphismes. Et des personnages qui ouvrent la bouche pour parler.

Du côté des musiques c'est un sans-faute. Du Yoko Shimomura comme j'aime, notamment avec son travail sur les OST de Kingdom Hearts, Mario & Luigi, Xenoblade, Super Mario RPG... Il a été difficile de faire des choix pour la petite playlist qui va suivre mais c'est de bonne qualité. Elle a su rendre des moments magiques et émouvants comme elle a réussi à créer des combats épiques. Je vous souhaite une bonne écoute pour les plus curieux (il suffit de cliquer sur la note de musique pour écouter les titres) :

Somnus
Valse di Fantastica
Love Lost
A Quick Pit Stop
Apocalypsis Aquarius

Final Fantasy XV : Pocket Edition (à gauche) // Final Fantasy XV (à droite)
►► Gameplay

Cette fois-ci je vais me cibler uniquement sur la version Pocket Edition, il est évident que le jeu d'origine n'est absolument pas pareil dans son gameplay et qu'il est bien plus varié qu'ici.
Les combats ne sont ni faciles ni difficiles, les boss sont costauds et peuvent rapidement devenir un problème : il faut donc être vigilant sur pas mal de choses - notamment les points faibles des ennemis -, esquiver les attaques et échanger des compétences supplémentaires contre quelques PC (points de combat) afin d'être aidé par nos trois coéquipiers. Il faut aussi utiliser au maximum les pouvoirs de Noctis, comme les armes fantômes pour ne citer qu'un élément. J'aime bien l'arsenal que possède Noctis, c'est varié et correspond à tout type de joueur : l'épée est équilibré, le glaive est lent à utiliser mais puissant, la lance est faible mais rapide ; la magie est également sympathique à utiliser même si je trouve ça dommage qu'on ne puisse pas cumuler plusieurs éléments en même temps.
Les QTE sont présents pendant les boss, rien de bien compliqué même si je n'ai jamais aimé ce type de phase dans les jeux vidéo. Et en restant dans cette thématique il y a des phases d'infiltration/discrétion, mon véritable fléau - cela dit les ennemis étant aveugles je n'ai pas eu de grosses difficultés \o -.
Le gros problème du jeu résident dans les grottes ou les phases de nuit : c'est sombre. Trop sombre. Les lampes des personnages n'éclairent pas grand-chose devant eux et c'est dommage car je suis sûre d'avoir raté des objets ou des combats spéciaux.
Hors combat, le jeu est un véritable couloir : on ne peut que se balader dans des zones limitées pour avancer dans la narration ; si on dépasse un peu trop loin le personnage fait automatiquement demi-tour, c'est très frustrant mais ce n'est pas le but de cette version. Les quelques mini-quêtes sont sympathiques car elles donnent des bonus utiles et de l'équipement : il faut retrouver des statues de Pampa sur la carte, chercher un trésor à déterrer, trouver des ingrédients pour que le chef cuisinier Ignis fasse de bons petits plats - apportant des bonus pour l'équipe -. C'est peu varié mais là aussi ce n'est pas l'objectif principal de cette version.
J'adore les moments de calme dans la Régalia - la voiture du quatuor qui sert à nous rendre d'un point A à un point B - : les personnages discutent entre eux et on peut bouger la caméra pour admirer la vue. C'est un peu dommage que l'on ne puisse pas conduire nous-même, on est assez limité dans les mouvements, mais c'est suffisant pour faire rouler le maître chauffeur Ignis (oui il a plusieurs casquettes) à contre-sens sur l'autoroute. Il m'en faut peu pour rigoler quelques secondes. Par contre quel bonheur d'être à dos de chocobo, ils sont trop mignons ♥

En conclusion la Pocket Edition n'est pas parfaite, c'est évident et je m'y attendais, mais elle a répondu à la perfection à mon besoin principal : celui de découvrir l'histoire de Noctis et de ses compagnons, et avec la VF. Il fait sans hésiter partie de mes Final Fantasy préférés, avec le VIII, le IV et la saga Crystal Chronicles. J'ai d'ailleurs était bavarde dans cet avis, désolée pour le pavé \o 
Je jouerai un jour à la version originale sur PS4, ça ne fait aucun doute, et j'espère prendre encore plus de plaisir à voyager avec eux à ce moment-là !

Final Fantasy XV : Pocket Edition (à gauche) // Final Fantasy XV (à droite)

29.1.19

[NOW PLAYING] Okami HD - Nintendo Switch


Bonjour !

Aujourd'hui petit changement de format pour ce rendez-vous, puisque j'ai envie de parler un peu plus souvent et de manière poussée de jeux vidéo, autre passion qui m'absorbe autant que la lecture. Je lance donc le bal avec une critique du jeu Okami HD, un remake sorti il y a quelques mois sur la Switch pour ma plus grande joie car je lorgne sur le jeu original depuis des années (même si ce dernier est assez méconnu au final, ce qui est dommage) !


" Okami est un jeu d'aventure et d'action sorti initialement sur Playstation 2 en 2008. Le titre dispose d'un aspect graphique et sonore très particulier, et vous propose d'incarner la déesse Amaterasu réincarnée en un magnifique loup blanc, dans une quête pour redonner de la vie et de la couleur dans votre monde, terrorisé par de nombreux ennemis qui font régner les ténèbres. Battez-vous au moyen d'un pinceau, véritable prolongement de votre personnage, et utilisez-le également pour avancer dans votre quête avec votre minuscule compagnon Issun. "


►► Scénario

L'histoire est clairement une réussite pour moi : si dans un premier temps on incarne une déesse sous forme de loup afin de sauver le Nippon de la menace d'Orochi (un dragon à plusieurs têtes effrayant), tout en aidant l'héritier issu d'une vieille légende à prendre confiance en lui et assumer son destin, j'étais vraiment loin d'imaginer ce qui allait se passer par la suite, que ce soit au niveau de l'action, des révélations ou des événements dramatiques. L'aventure principale prend bien une trentaine d'heures pour être bouclée - sans compter les quêtes secondaires : les obtentions de pouvoir, les perles errantes pour débloquer des bonus, les augmentations de compétences, etc -. On voyage à travers tout le Nippon, on découvre différents peuples (assez originaux pour certains !), on devient plus fort en sauvant d'autres dieux mais le danger est réel et le drama présent jusqu'au bout. Le tout avec une poésie touchante et charmante. Si les nombreuses légendes m'ont un peu perdue au bout d'un moment j'ai trouvé que l'histoire avait sa propre âme, sa propre atmosphère, et c'était un plaisir de se plonger jusqu'à la fin aux côtés d'Amaterasu, Issun et Ushiwaka, chacun ayant un rôle important à jouer dans l'histoire. L'humour pouvait parfois être un brin lourd (cela reste rare heureusement), mais j'ai sincèrement ri devant certaines scènes et réactions. Je trouve juste dommage que la fin soit ponctuée d'un paquet de boss à battre pour voir la magnifique conclusion, c'était trop long et peu utile à mon sens, la durée de vie étant déjà très honorable.


►► Graphismes / Musiques

L'un des gros points forts du titre. Au niveau des graphismes c'est très particulier, surtout au tout début du jeu, mais une fois à fond dans l'histoire j'ai été charmé par les tons et les couleurs utilisés, les effets "estampes" lorsque des personnages narrent des légendes ou des récits dramatiques ; on ressent l'inspiration japonaise tout au long de l'aventure et cela donne un charme fou au Nippon.
Pour ce qui est de la musique, j'ai un coup de cœur pour pas mal de titres - l'OST est d'excellente qualité -, alors je vous ai préparé une sélection de mes petits préférés (il suffit de cliquer sur la note de musique pour les écouter) :

Oira's Theme
Ushiwaka's Theme
Giving Kushinada a Ride
Ryoshima Plains
Shachimaru's Theme

Là aussi l'inspiration japonaise se fait énormément sentir, par le biais du rythme et des instruments, c'est atypique par rapport à ce que j'ai l'habitude d'entendre (jeux vidéo ou non) mais cela va parfaitement avec l'univers et c'est une excellente initiative.


►► Gameplay

La grande originalité du titre - qui m'a autant éclaté que fait rager - c'est l'utilisation du pinceau et tous les pouvoirs que l'on possède au fur et à mesure de notre périple. Dessiner un rond pour faire une bombe, un trait pour porter un grand coup à l'ennemi, un flocon pour déclencher une tempête, un signe "=" pour ralentir le temps ; les possibilités sont multiples et sympathiques ; cela dit j'ignore si je m'y prenais comme un manche mais assez souvent je n'arrivais pas à faire ce que je voulais et c'était rageant à certains passages. Les combats rattrapent largement le tout : il y a la possibilité d'utiliser trois types d'armes différentes (et de les combiner ensemble pour tester d'autres styles de combat), cela permet une grande liberté de choix dans nos actions, selon si l'on privilégie la vitesse ou la force. Je regrette peut être un manque de difficulté durant ces phases, moi qui suis d'habitude nulle je ne suis pas morte une seule fois ! Les quêtes annexes sont nombreuses mais certaines ne sont pas tant utiles que ça : récupérer des perles errantes pour finir le jeu à 100%, pourquoi pas (moi je ne marche jamais dans ce genre de défi), mais les bonus que cela apporte ne sont valables que pour une seconde partie. Et en général quand je recommence un jeu je ne fais pas de New Game + car je préfère repartir de zéro ! Les mini-jeux ne m'ont pas plus emballée que ça, surtout quand il fallait utiliser le pinceau (rien que de repenser à la pêche je suis blasée d'avance)...
Un autre point positif que souhaite souligner dans cette critique : qu'est-ce que j'ai adoré me balader dans le Nippon juste pour admirer la vue de certains paysages ♥ Amaterasu est facile à diriger, on peut explorer un tas d'endroits - il faut parfois faire preuve de dextérité pour atteindre des endroits biscornus - et elle se déplace vite, ce qui est pratique pour se déplacer d'une extrémité à l'autre de la carte.

En conclusion, je suis très contente d'avoir pu jouer au moins une fois dans ma vie à ce jeu atypique mais qui vaut clairement le détour ; je déplore une fois de plus qu'il ne soit pas tant connu (et apprécié) que ça car il possède beaucoup d'atouts. Si vous avez une Switch et de la place en mémoire dessus - car malheureusement aucune version physique sur cette console n'est sortie en Europe - je vous conseille de l'acheter, surtout qu'il coûte moins de 20€ sur l'e-shop, ce qui est donné pour la durée de vie et la qualité du titre.

Impossible de ne pas craquer devant cette bouille ♥

9.12.18

[Chronique] Les Bannis et les Proscrits, tome 1 : Le feu de la sor'cière


• Les Bannis et les Proscrits, tome 1 : Le feu de la sor’cière 
2006
James CLEMENS
Editions France Loisirs
• 581 pages 

• « Par une nuit fatale à Alasea, pays ravagé par une malédiction, trois mages accomplissent un ultime sacrifice dans l'espoir de préserver le bien. Cinq cents ans jour pour jour après cette nuit funeste, une jeune fille hérite d'un pouvoir perdu depuis longtemps. Mais avant qu'elle puisse en saisir les implications, le Seigneur Noir lance ses hordes de ténèbres pour s’emparer de la magie embryonnaire qu’elle détient. Dans sa fuite, Elena est précipitée vers une issue terrible... mais aussi vers la compagnie d'alliés inattendus, avec lesquels elle va tenter de combattre les forces maléfiques et de secourir un empire autrefois glorieux. » 

J’avais lu cette saga il y a bien des années, mais non seulement il ne me semble pas avoir lu la fin, mais je n’avais surtout plus aucun souvenir de l’histoire. Je me suis donc motivée pour une relecture complète des Bannis et les Proscrits, et pour le moment je suis très satisfaite de ce premier tome, malgré de grandes longueurs.

James Clemens possède ici un univers dense. Très dense. C’est pourquoi ce tome sert avant tout de grande introduction à l’histoire, à Elena, à son destin et à sa rencontre avec tous les personnages qui constitueront son groupe pour le second tome. Ce pavé peut donc faire peur au début mais le mieux est encore de se lancer et de tenter l’aventure.

J’ai adoré l’aspect sombre, sanglant et dramatique qui se dégage de certains passages (attention cependant à quelques descriptions explicites pour les âmes sensibles !), et même si le sort arrange souvent et facilement la situation de certains protagonistes, surtout dans les pires moments, les pages se sont tournées rapidement. J’ai également était fascinée par la magie et tout le lore autour : les sor’cières, le Chi, le Grimoire et sa réelle fonction, le Gul’gotha et son terrible Seigneur Noir ; beaucoup de mystères sont encore à découvrir mais les réponses seront présentes, je l’espère, par la suite.
Les retournements de situations sont la plupart du temps prévisibles, mais elles se fondent naturellement dans l’intrigue et cela donne du pep’s à la narration, car le gros problème de ce tome ce sont les longueurs dans le texte, même si les nombreuses descriptions colorées et précises permettent un bon ancrage dans l’univers. Les traditions des différents peuples d’Alaséa, les conflits politiques, les prophéties : on en découvre toujours un peu plus. Elena va ainsi vivre un début d’automne cauchemardesque mais cela n’est que le prémisse de ce qui l’attend réellement, et de ce fait j’ai apprécié la suivre.

Elena n’est qu’une enfant, elle ne connaît pas grand-chose de ce qui l’entoure et surtout elle va vivre de nombreux drames familiaux qui vont la marquer de manière irrémédiable. J’ai aimé la voir osciller entre le courage, le doute, la peur ; elle est très humaine dans ses réactions malgré ses pouvoirs de sor’cière qui grandissent et je sens qu’elle a encore beaucoup à offrir question émotions.
Dans le groupe qui va peu à peu se constituer autour d’elle par le biais du destin j’ai une grande préférence pour quelques personnages : Er’ril, un guerrier attachant, rassurant et d’une aide précieuse pour la jeune fille ; Méric, un el’phe arrogant, puissant et fascinant (j’adore la complexité de sa quête et le choix fatidique qu’il va devoir prendre à la fin) ; et Nee’lahn, une nyphai douce, maternelle mais tout aussi dangereuse quand il le faut.
Je pourrais écrire des paragraphes entiers sur eux et les autres (Tol’chuk l’og’re, Fardale et Mogweed les si’lura, Kral le guerrier imposant) tant ils sont bien construits, complexes, uniques, avec chacun un objectif différent – et pas forcément pour le meilleur... - . C’est la grande force du roman, et même si je n’apprécie pas tout le monde j’aime leur interaction, leur différence et les conflits et/ou avantages que cela procure.
Et que dire des antagonistes, extrêmement terrorisants, mauvais, intelligents ? J’ai hâte d’en découvrir plus sur chacun dans les futurs tomes.

En conclusion je suis ravie d’effectuer cette relecture et de me replonger aux côtés d’Elena. Tous les ingrédients sont réunis pour que j’apprécie ma lecture et que je passe directement dans le deuxième tome : du drame, de la magie, de l’action, des personnages charismatiques et uniques, des révélations et des rebondissements à foison, et même un peu d’angoisse (ce que je ressens rarement quand je lis). Malgré quelques longueurs qui permettent cela dit de construire un univers dense et riche, j’espère éprouver le même enthousiasme par la suite !