29.9.19

[CHRONIQUE] Devil inside, tome 1


Devil Inside, tome 1 – Satoshi ÔBE & Ryô OGAWA
Éditions Komikku – 190 pages – 7€99


« Yûki Ôgawara, un redoutable tueur en série que la police n'a pu mettre sous les verrous qu'avec l'aide de Jun, un lycéen surdoué et détective amateur, s'évade pour prendre sa revanche sur le jeune homme. Mais ce dernier est hanté par d'autres démons, au sein de sa famille et de lui-même. Tout converge lors d'une nuit d'horreur au manoir familial qui verra la naissance d'un monstre hors du commun ! Plongez dans un thriller cérébral où s'affrontent le bien et le mal dans un duel diabolique ! »


La série est courte (seulement trois tomes) alors je compte quand même la terminer pour la beauté de la chose, mais ce premier tome est une déception totale. Je suis passée à côté de l’histoire, des personnages, malgré de bonnes idées restées en surface.

On va suivre un jeune homme du nom de Jun, qui a su aider la police par le passé en arrêtant un grand criminel, Yûki Ôgawara, grâce à ses talents et à son intelligence. Seulement ce tueur en série va se libérer et chercher à se venger à tout prix de Jun ; ce dernier a d’ailleurs d’autres problèmes inquiétants car son frère se mêle de sa vie privée et bouscule ses convictions. Pire : il va avoir beaucoup de mal à cacher un terrible secret… Jusqu’à la soirée fatidique où le sang et les morts vont pleuvoir.

Le manga est assez violent, oui. On le présente avec des points commun au manga Death Note - dans le côté « thriller cérébral » - : pourquoi pas, c’est en effet l’idée qu’inspire le résumé et j’étais curieuse de le lire pour ça (Death Note est un manga que j’ai énormément apprécié dans mes années collège). S’il n’est pas à mettre dans toutes les mains ce n’est pas uniquement à cause du nombre indécent de mort, des tortures mentales pratiquées et du sang qui assombrit la quasi totalité des pages ; c’est surtout car cette violence est gratuite et mal exploitée, si bien que je ne suis pas sûre de l’utilité de toutes les scènes (notamment celle d’un [TW] viol sur le personnage d’Akane [TW]).

Pourquoi ça n’a donc pas fonctionné avec moi ? C’est surtout à cause d’un grand problème dans le rythme du récit. Les événements sont trop découpés dans le temps, les scènes d’actions sont fouillis, plusieurs années se sont déjà écoulés entre les premières pages et les dernières, et ce rien que pour un premier tome ! Je trouve cela trop rapide pour se familiariser avec l’univers... J’espère donc que les autres tomes seront plus posés dans la temporalité.

Du coup, difficile de s’attacher aux personnages, de comprendre leur véritable motivation (Jun est un exemple parlant, mais je ne peux pas en dévoiler trop non plus sans spoiler outrageusement l’histoire). Il y a même une révélation que je n’ai pas tout de suite comprise tant s'est arrivé comme un cheveu sur la soupe, et pourtant c’est un détail important !
Que dire sur Akane, amie d’enfance de Jun et grand amour du jeune homme, à part que j’ai halluciné car les sentiments étaient mal amenés et pas très réaliste ; ses réactions étaient donc, à mes yeux, disproportionnées. Le frère de Jun, Akira, est juste répugnant, je suis bien contente de ce qui lui arrive. Kôichi aurait pu me plaire si seulement son rôle dans l’affaire était plus clair. Pour ce qui est de Yûki Ôgawara c’est juste un psychopathe parmi tant d’autres, et même avec les explications sur son comportement je n’éprouve aucune pitié pour lui. Tous ces personnages manquent de profondeur, on est loin, dans le même genre, d’une Misa Amane, d’un Kira et d’un L…

C’est extrêmement dommage que les points négatifs soient nombreux car comme dit précédemment il y avait de bonnes idées. D’abord le fait que certains personnages soient dotés d’un don mental puissant mais aux conséquences terribles : cet élément aurait pu être creusé d’avantage pour livrer des scènes monumentales, haletantes, que ce soit pendant un combat ou non.
Ensuite, l’enquête sur la soirée tragique au manoir : l’inspecteur Maejima est sans l’ombre d’un doute le seul personnage que j’ai trouvé intéressant et attachant, surtout qu’il a eu un chapitre entier sur son histoire (sa carrière, son histoire d’amour avec Makoto, sa vie de famille, sa carrière). Mon enthousiaste a vite était balayé par une scène mais les dernières pages relancent mon intérêt pour le titre, et c’est uniquement pour ça que je compte bien lire le reste. 
Je termine sur les bons points avec les dessins de Ryô Ogawa : c’est dérangeant de voir autant de sadisme, de folie et de haine ; les visages sont expressifs (parfois trop mais je pense que c’est le but recherché), je retrouve là-aussi une inspiration à Death Note mais c’est maîtrisée et ça fonctionne pour moi. De plus Makoto est vraiment mimi, je suis bien contente de savoir qu’elle aura de l’importance dans le prochain tome !

Pour conclure ce n’est donc pas une découverte exceptionnelle, les aspects négatifs l’emportant sur les rares bonnes idées. Pour la suite j’attends donc une enquête remplie de danger, de fausses pistes, de poursuite, d’action, de drama psychologique, avec des protagonistes mieux développés et qui sortent du lot. Et que le don de Jun soit mieux mis en avant !


« Cette sensation... Je m'en souviens, elle ne me quittait jamais quand j'étais petit. Quelque chose que la raison peine à réprimer martèle les portes de mon cœur. Le monstre dont parle mon frère ! (...) Il m'avait laissé tranquille jusqu'à maintenant, alors pourquoi ? Est-ce que mon frère l'a réveillé ? »

24.9.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 4


Beastars, tome 4 – Paru ITAGAKI
Éditions Ki-oon (Seinen) – 208 pages – 6€90


Attention aux spoils dans le résumé !

« Pour préparer le festival de la météorite, le club de théâtre envoie un groupe de carnivores faire des achats en ville. Mais les lycéens s'égarent dans ce décor inconnu... Leurs pas les mènent jusqu'aux ruelles d'un sinistre marché, un lieu où les êtres vivants sont une denrée comme une autre.

Si Bill convainc facilement le reste de la petite équipe de se laisser tenter, Legoshi s'enfuit, écœuré... et tombe entre les griffes d'un mystérieux panda. L'animal, qui se prétend docteur, le met en garde contre les risques d'une amitié avec une lapine : d'après lui, le jeune loup finira inévitablement par dévorer Haru un jour ! »


J’avais conclu ma dernière chronique là-dessus : je pressentais l’importance de Legoshi, Louis, Haru et Juno, tant dans les liens qu’ils vont tisser entre eux que dans le lot de surprise et d’émotion qu’ils peuvent me réserver. Ce tome a frappé juste, très fort, et l’histoire prend désormais un tournant différent à cause des jeux de pouvoir, de manipulation et de séduction… Ce tome est une réussite, une fois de plus.

Le principal fil rouge du tome tourne autour des sentiments entre la quatuor cité précédemment, et ce pour mon plus grand plaisir. La complexité est de mise : jalousie, amour, doute, pouvoir, manipulation, secret ; la mangaka nous gâte par la psychologie assez riche de ses personnages. Chaque chapitre est une claque et un avancement décisif pour les événements à venir.

Je suis contente d’en savoir plus sur le début de la relation entre Louis et Haru, le cerf rouge est d’ailleurs plus naturel avec elle, plus avenant et souriant. C’est une autre facette de lui que j’ai découvert et qui me plaît bien. Que dire de son terrifiant passé ? Je comprends mieux son souhait et son ambition de devenir Beastar, bien que désormais il ne soit plus le seul de l’institut à vouloir le titre – ça ajoute un peu de piment, je trouve l’idée excellente -. Je suis par ailleurs émue par une petit scène vers la fin, décidément ce personnage ne cesse de ravir mon cœur.

Legoshi va en voir de toutes les couleurs lui aussi, surtout en apprenant que Louis connaît Haru, et plutôt bien même… Plus de doute possible sur ses sentiments, et le voir prendre conscience de cette vérité – qui va mettre un peu à mal sa relation avec Louis – est l’un de mes moments préférés de ce tome, sans l’ombre d’un doute. Il reste toutefois maladroit avec la lapine lorsqu’il a l’occasion de lui parler à plusieurs reprises, mais il continue dans la voie qu’il a choisi, en cherchant sans cesse un équilibre juste entre sa personnalité et son statut de carni. Il a sacrément évolué depuis le premier tome : il commence à s’assumer un peu plus ! Je trouve ce personnage extrêmement bien construit et fascinant à suivre, je me demande ce qu’il me réserve encore !

Juno a été une grande surprise, et cela m’a bien plu. Elle est de la même espèce que Legoshi, pourtant elle est différente de lui sur des tas de points. En l’occurrence, elle sait très bien ce qu’elle veut, comment l’obtenir, et ne semble pas s’arrêter à cause de la concurrence. La jalousie va aussi lui rendre visite, car elle découvre que le cœur de Legoshi est déjà pris par une autre femme… Je devine déjà plusieurs scénarios possibles, et je me demande ce qu’elle a encore sous le coude. C’est un personnage au fort potentiel, j’espère que la mangaka saura la mettre encore plus en avant par la suite.

Haru est l’objet de toutes les convoitises, et je m’attache toujours un peu plus à elle ; sa peur de vivre dans un monde en tant qu’herbi, ses doutes sur ses sentiments, sa sexualité, ce dont elle a envie de vivre mais qui ne sera pas éternel – son histoire avec Louis entre autre, les relations inter-espèce n’étant que des relations à court terme pour s’amuser -, tant de problème pour un si petit individu. Cependant elle a un fort caractère qui la rend à la fois amusante et bouleversante. J’aime la façon dont l’histoire tourne autour de ce personnage, et je pense que le prochain tome sera dans cette continuité, ce qui va énormément me plaire je pense !

Les dessins sont toujours aussi excellents, l’univers en devient captivant, soigné, expressif, oppressant. Je suis amoureuse des détails apportés dans les regards, la taille des différents protagonistes, le mélange de scènes qui sont tantôt dans l’obscurité totale ou avec une utilisation majeure du noir comme fond, tantôt dans une douce lumière bienveillante et révélatrice des sentiments. L’anthropomorphisme est une belle réussite, je tiens aussi à souligner ce point, tout est si naturel dans la gestuelle et les postures.

En conclusion ce tome m’a encore emporté du début à la fin dans l’univers de Beastars. De plus une de mes attentes principales a été comblé donc je ne peux ressortir que satisfaite de cette lecture ! La tournure que prend l’histoire principale devient plus torturée et angoissante, et je sens que je ne suis pas au bout de mes surprises pour ce qui est des protagonistes et de leur évolution. Il me tarde de lire le cinquième tome, de découvrir le résultat de ce festival de la météorite et de voir comment Legoshi va réagir à propos d’un événement.


« J'ai le souffle court, je me sens dos au mur, je souffre en permanence... Haru, tu peux sourire comme ça, alors ? Il faut que tu arrêtes parce que maintenant, c'est très clair ! Je suis tombé amoureux de toi ! »

23.9.19

[CHRONIQUE] Ranma 1/2, tome 2


Ranma 1/2, tome 2 – Rumiko TAKAHASHI
Éditions Glénat (Shonen) – 343 pages – 10€75


« Akané doit se battre contre la mystérieuse Kodachi. Hélas ! Akané se blesse la veille de la rencontre et doit trouver une remplaçante : Ranma (fille) ! Seulement, Kodachi a décidé que si elle remportait ce match, Ranma (garçon) sortirait avec elle ! Ranma (fille et garçon) va donc devoir se battre pour ne pas se retrouver en couple avec cette furie, tandis que Ryoga s'acharne à lui mettre des bâtons dans les roues... »


Mon avis sera quasiment identique à celui du premier tome, puisque la mangaka reprend les mêmes ficelles scénaristiques et humoristiques, et une fois de plus ça fonctionne très bien chez moi ! Ce second tome est donc toujours aussi drôle, déjanté, mouvementé et rempli de quiproquos amoureux.

On reste sur la thématique des arts martiaux tout en mixant ce dernier avec d’autres disciplines sportives : dans une premier temps on se retrouve avec de la gymnastique artistique et martiale – avec comme ennemie Kodachi, la sœur de Kuno ! - , et dans un second temps nous allons suivre un petit match de patinage martial – contre le duo Azusa Shiratori et Mikado Sanzen-in - . Je trouve que la mangaka arrive à combiner intelligemment ces sports, en les rendant intéressants, fascinants à suivre ; et en plus ils sont faciles à lire car l’action n’est jamais brouillonne ou confuse, malgré les personnages qui viennent au dernier moment !
Après ces matchs débarque un nouveau personnage, une jeune femme en l’occurrence : Shampoo, qui va d’ailleurs causer bien des remous dans la relation entre Akané et Ranma, surtout vu comment  le tome s’achève sur une terrible catastrophe pour Akané…

Je ne me lasse pas, pour le moment, des quiproquos en chaîne, surtout que la mangaka ne rend pas les choses difficiles à comprendre. Ainsi des personnages sont amoureux d’Akané et vont tenter de vaincre Ranma garçon ; d’autres vont être séduits par Ranma garçon mais ne pas supporter sa version fille – et inversement -. A cela s’ajoute un semblant de jalousie chez Ranma et Akané, ce qui apporte un peu de piment, même si les deux nient avoir tout sentiment l’un envers l’autre. Rien ne me fera changer d’avis sur ce duo que je ne cesse d’apprécier au fil des chapitres.

Je suis contente d’avoir aperçue assez souvent Ryoga, qui va se mêler des affaires du « couple » et tenter sa chance pour séduire Akané. Sa détermination est incroyable, mais au fond il a un bon cœur. Je ne pourrais pas dire de même pour les personnages introduits dans ce tome, qui m’ont autant fait rire que pitié. Une chose est sûre : ils marquent les esprits et ne sont pas juste de simples ennemis de Ranma, la mangaka ayant développé une personnalité propre à chacun.
Shampoo est une grande surprise, je l’ai apprécié dès les premières pages, elle a un sacré caractère et une force terrifiante ! Je suis curieuse de voir ce qui va se passer après son combat avec Akané et la situation qu’elle a provoqué.

Je regrette cependant de voir aussi peu les personnages secondaires, où sont donc passés le docteur Tofu et les sœurs d’Akané ? Et les deux papas ? J’espère les revoir au prochain tome, il y a largement moyen de les développer et de les intégrer au récit.


« - Je te préviens, j'étais pas jaloux. Mais je peux pas supporter ce genre de tombeur...
- Je ne t'avais rien demandé !
- Sympa ! Ça m'apprendra à vouloir t'aider ! C'est ton genre de mec ?
- Idiot ! Si tu avais balancé ta rondelle de poisson une demi-seconde plus tard je lui aurais fendu le menton en deux !
- T'es vraiment une brute sans aucun charme...
- Peut-être que je serai plus féminine quand je serai amoureuse de quelqu'un ! »

19.9.19

[CHRONIQUE] Astra et les gâteaux de l'espace


Astra et les gâteaux de l’espace – Philip REEVE & Sarah MCINTYRE
Editions Seuil – 219 pages – 12€50


« Astra et sa famille voyagent dans l’espace en direction de leur nouvelle planète quand leur vaisseau est envahi par une horde de gâteaux carnivores. Astra et son ami robot, Pilbeam, parviendront-ils à les arrêter avant qu’ils ne détruisent le vaisseau ? Après tout, ce sont les humains qui sont sensés manger les gâteaux, et non le contraire ! »


C’est officiellement ma première lecture de ce Pumpkin Autumn Challenge 2019, et je dois dire que ce roman jeunesse a été agréable à lire sans être exceptionnel non plus, je suis loin du coup de cœur, surtout que je ne suis pas le public cible. Il plaira sans hésitation à un lectorat jeune, surtout si ce dernier adora les aventures dans l’espace et les rencontres avec d’étranges créatures !

Nous allons donc suivre Astra, une jeune fille dont la famille – et bien d’autres – vont s’installer dans un vaisseau afin d’habiter une autre planète viable. Seulement celle-ci se situe trèèèèèèès loin de la Terre, et toutes les personnes présentes dans ce vaisseau vont devoir dormir pendant un bon bout de temps. Pourtant, au milieu du voyage, Astra va se réveiller avant tout le monde car des étranges gâteaux ont envahis l’endroit ; pire, ils sont agressifs et menacent la sécurité des voyageurs. Avec l’aide du robot Pilbeam elle va tenter de sauver tout le monde et de rattraper la grosse bêtise qu’elle a commis avant le départ...

Astra est une jeune filles assez sympathique à suivre, curieuse sur le voyage à venir, courageuse malgré la situation dans laquelle elle est plongée – en partie à cause d’elle -. Elle est pleine de vie, aime profondément sa famille, passe par des moments de doute et de frayeur : je pense qu’elle sera facilement apprécié par des lecteurs du même âge que la protagoniste. En tout cas je l’ai bien aimé !

Le récit est assez décalé dans le ton et dans l’histoire racontée, mais je trouve que l’imagination de l’auteur est amusante et originale. J’ai un petit faible pour les diverses créatures rencontrées au fil des chapitres : l’Horreur Sans Nom – mon petit préféré - , les Aspironautes, Pilbeam le robot… Ils ont chacun leur rôle, leur histoire, une évolution ; j’aurai voulu un peu d’approfondissement sur eux  et sur ce qui se passe dans l’Espace de cette fiction. Il y a du potentiel, c’est sûr, surtout que dans le lot un peuple extra-terrestre est en adoration totale sur des cuillères et des mammouths. Oui c’est vraiment le cas.

Les illustrations sont nombreuses et apportent du pep’s à la narration. Elles accompagnent parfaitement ce qui est raconté dans une page. Je regrette juste la palette de couleurs assez limitée : on trouve du noir, du orange, du gris, du blanc et c’est tout. Ça apporte un certain style particulier et je ne trouve pas ça moche mais j’aime tellement la couverture et les couleurs utilisées dessus… Surtout pour des gâteaux monstrueux !

Au final c’est un roman qui se lit assez vite, qui est déjanté, créatif et pas prise de tête, j’ai même franchement rigolé à un moment. Je ne regrette pas d’être sorti de mes habitudes livresques, ça fait du bien de lire des romans jeunesse de temps en temps, bien que je ne vais pas en garder un souvenir mémorable.


« Il saisit Astra par le col de sa combinaison et commença à détacher son casque. Mais lorsqu'il le retira, Mammouth, qui était resté niché contre la poitrine d'Astra depuis tout ce temps, jaillit dans les airs.
Les yeux des deux Aspironautes s'agrandirent et ceux-ci devinrent violets d'excitation.
- Incroyable, s'exclama l'un.
- Broknar en personne, s'exclama l'autre.
Ils activèrent leurs genouillères magnétiques et se prosternèrent devant le mammouth flottant. »

17.9.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 3


Beastars, tome 3 – Paru ITAGAKI
Editions Ki-oon (Seinen) – 192 pages – 6€90
2019


Attention aux spoils dans le résumé !

« Blessé lors de la représentation d'Adler, Louis n'a d'autre option que de confier son rôle à Bill... Mais, après avoir découvert le secret du tigre, Legoshi entre dans une rage folle ! Le spectacle tourne alors au règlement de comptes... Tandis que réalité et fiction s'entremêlent, le public est fasciné et la pièce devient un véritable succès.

Les élèves doivent maintenant préparer un nouvel événement de taille : le festival de la météorite ! Pour ce faire, il va falloir que les membres du club de théâtre se rendent en ville... sauf que, de son côté, Legoshi ne pense qu'à une chose : retrouver la lapine du club de jardinage ! »


La mangaka réussit l’exploit de faire un tome encore meilleur que le précédent ! C’est toujours plus sombre, toujours plus mature, l’univers continue de se développer petit à petit ; mais elle sait nous dévoiler tout ceci avec parcimonie, histoire de nous donner envie de dévorer la suite. Sans mauvais jeu de mot. En tout cas c’est l’effet que ça me donne, je dis un énorme oui pour la suite !

L’histoire de ce tome est séparée en deux parties bien distinctes : d’abord la première partie reste centrée sur l’institut Cherryton et ce qu’il se passe entre ces murs, avec les conséquences de la dernière représentation du spectacle de théâtre sur la troupe et ses futures stars. C’est également l’occasion de voir un lien particulier se tisser entre Haru et Legoshi, entre préjugés, harcèlements et quiproquos. Je suis ravie de les revoir ensemble, même pour si peu de temps, et malgré les rumeurs et les remous que cela risque de causer. Il y a de la timidité, de la maladresse, des non-dits, les hormones d’adolescents aussi, de la peur à cause des instincts de chacun – manger ? fuir ? -, mais la discussion qu’ils entretiennent est forte de sens dans cet univers. Je ne sais pas encore jusqu’où cette relation va aller, surtout qu’à ma grande surprise Louis semble aussi bien connaître Haru, et à ce sujet je voudrais en savoir plus ! Je sens que ce trio va beaucoup me plaire.

Le chapitre qui sert de coupure à l’histoire était sympathique, et une fois de plus on apprend comment cette société existe et le rôle de chacun en son sein : si précédemment nous en savons plus sur l’importance de la tonte des carnis en été, et que le festival de la météorite approche à grand pas, il ne faut pas négliger les poules pondeuses qui font les meilleurs œufs pour les sandwichs de l’institut ! Je trouve cette petite touche d’humour et de tranche de vie rafraîchissant et divertissant, j’espère que par la suite il y aura d’autres chapitres de ce style.

Enfin, la deuxième partie est à mes yeux la plus fascinante jusqu’ici. Au revoir l’institut et bonjour la ville ! Voir Legoshi et quelques personnes de la troupe de théâtre évoluer dans ce secteur renouvelle le récit et apporte son lot de glauque, de situation oppressante, de vérité sur la vie d’adulte ; une fois de plus Legoshi va devoir s’affronter lui-même et savoir ce qu’il veut garder, oublier, expérimenter… Son aventure dans le marché noir et sa rencontre avec le docteur panda vont le faire évoluer, j’étais contente de voir que malgré tout il ne souhaite pas céder à ses pulsions, même si c’est difficile, et même s'il va devoir reconsidérer sa relation avec Haru, jugée dangereuse par monsieur le panda. C’est décidément un personnage fort appréciable qui ne cesse de s’affirmer et de me plaire, à contrario de Bill qui continue de m’exaspérer, je ne l’aime définitivement pas. Je reste néanmoins un peu choquée et dégoûtée par ce qu'il se passe dans ce fameux marché noir, je ne suis pas pressée d'y retourner...

Le tome introduit par ailleurs un nouveau personnage féminin : Juno, une louve, qui va avoir le coup de foudre pour Legoshi – normal puisqu’ils sont de la même espèce -. Je ne sais pas encore trop quoi penser d’elle, mais je suis sûre qu’elle va prendre de l’importance par la suite, alors je réserve mon opinion pour le prochain tome !
A mon grand regret Louis est assez écarté dans ce tome, au profit des autres protagonistes. Je ne dis pas non car c’était important de croiser des chemins et d’entamer des dialogues, mais sa prestance m’a un peu manqué après son discours auprès des journalistes. Peut être pour revenir en force dans le quatrième tome ? Je l’espère vivement !

En conclusion ce troisième tome était une réussite, encore plus que les deux premiers tomes. Les dessins sont toujours d’une excellente qualité (les jeux avec les regards bon sang, je suis fan), tout comme l’histoire qui ne cesse de se complexifier et de s’enrichir, même dans les plus petits détails. J’ai enchaîné les surprises, les fous rires, les tensions – surtout dans la deuxième partie -, mais la mangaka sait exactement où elle va et ce qu’elle doit nous montrer, en laissant toujours planer des mystères et des zones d’ombres. Legoshi, Haru, Louis, Juno : ce sont les personnages dont je suis curieuse de voir les liens évoluer, tout comme j’ai hâte de voir ce qu’ils vont m’offrir en terme d’histoire personnelle et d’émotion.


« - Nous vivons dans un monde complexe, chacun se débrouille comme il peut, entre les secrets, les contraintes et les conflits... C'est pourquoi dans l'absolu une décision n'est jamais ni bonne ni mauvaise !
Par contre, celui qui a des convictions finit toujours par se distinguer, même s'il exprime cette foi de façon grossière ou naïve… En tout cas, c’est mon avis ! »