9.10.19

[CHRONIQUE] La bibliothèque des cœurs cabossés


« Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l'Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine.
Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l'aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance. »


Mine de rien le Pumpkin Autumn Challenge prend un peu de retard, alors il était temps de me donner un coup de boost pour lire le troisième roman que j’ai sélectionné dans la catégorie Jack O’Lantern (automne douceur de vivre).

Je ne suis pas une adepte de romans contemporains et feel-good, alors j’ai simplement choisi ceux qui sont les plus lus sur Livraddict, ainsi suis-je tombée sur « La bibliothèque des cœurs cabossés », dont le résumé m’intéressait pas mal. Ce n’est pas faute d’avoir lu jusqu'au bout mais ça n’a tout simplement pas marché, malgré un sursaut d’espoir à un moment de l’histoire.

Nous allons suivre le chemin de Sara, jeune femme dont la vie n’est pas si trépidante que cela : sa librairie en Suède ferme ses portes, sa famille voit à peine sa présence, aucun amoureux en vu… Mais Sara se fiche de tout cela du moment qu’elle a un livre entre les mains. C’est sa raison de vivre. Alors qu’elle correspond avec une personne âgée située dans un petit endroit du nom de Broken Wheel, Amy, et qu’elles échangent régulièrement avec passion et bienveillance des lettres, cette dernière va l’inviter en vacances chez elle. Pas de chance : au moment où Sara arrive sur place elle apprend que son amie est décédée depuis quelques jours (je ne spoile rien, c'est dès les premières pages !). Commence pour la jeune femme sa nouvelle vie, avec des visages plus ou moins amicaux, de la solitude, des doutes, des sentiments mais aussi, et surtout, des livres à partager.

Je ne m’attendais pas à la lecture du siècle, mais quand même, quelle déception en fermant le livre !

Le début était lent, je ne savais pas où l’auteure voulait en venir avec Sara et son arrivée catastrophique à Broken Wheel. J’ai eu besoin d’une centaine de page pour me faire aux différents personnages croisés dans la ville, surtout qu’ils sont pour la plupart caricaturaux et insupportables – et donc pas très attachants -. Caroline, une femme âgée d’une quarantaine d’années, est certainement celle qui m’a franchement exaspéré. Entre ragots, importance du paraître, domination d’une ville et de sa moralité, lutte de pouvoir avec une autre habitante, jugement sur les romances homosexuelles dans la littérature : du début à la fin cette femme me sortait pas les yeux.

Mais à partir du moment où l’histoire a tourné autour du projet de la protagoniste – en rapport avec les livres – j’ai réussi à accrocher. Je trouvais l’évolution de l’endroit et des personnages intéressant, sympathique. J’ai senti la passion de la littérature et du partage de ce goût dans les paroles et les actes de Sara, et je me doute que cette passion est celle qui anime l’auteure. Par ailleurs, deux personnages sortaient du lot à mes yeux : Georges et Tom. Le premier a une histoire touchante avec sa fille Sophy ; pour ce qui est de Tom, je le trouve agréable, discret, drôle et charmant. Il n’est pas exceptionnel et loin d’être parfait mais c’est ce qui me plaît dans ce personnage.

Pourtant, lorsque je suis arrivée à la moitié du livre, il y a eu un enchaînement de colère, de soupir, de frustration : plus les chapitres s’écoulaient plus j’étais affligée par ce qu’il se passait. La fin étant le pompon. Les romances distillées ici et là sont ridicules et peu crédibles, il y en a une qui était définitivement de trop et qui n’apporte strictement rien à l’histoire (Caroline et Josh, pour les citer). Je n’ai pas toujours compris l’attitude de la plupart des personnages : un coup joyeux, un coup au bord de la rupture, (trop ?) souvent détachés de leur entourage, je trouve leur attachement à Sara trop rapide et/ou excessif. Je ne parlerai pas des nombreuses facilités scénaristiques pour arriver à cette conclusion trop « happy end » à mon goût. Sara m’aura bien énervé à cause de sa passivité, de son indécision ; pourtant elle sait être audacieuse et j’ai aimé cette facette. George est finalement le seul à n’avoir jamais baissé dans mon estime tout le long du récit – avec Amy, mais en même temps difficile de ne pas apprécier ce bout de femme dans ses lettres - .

Malgré tout, le roman est facile à lire, les pages se tournent toutes seules car la plume est fluide. J’aime beaucoup l’idée de suivre le quotidien de Sara avec en parallèle sa correspondance avec Amy, surtout qu les transitions chapitres / lettres sont bien faites et apportent un complément d’informations non négligeable, que ce soit sur Amy, Broken Wheel et ses habitants. Malheureusement je trouve que pas mal de passages ne sont pas indispensables, le livre aurait pu ainsi être moins conséquent, surtout pour bâcler ainsi la troisième partie…


Pour conclure, je suis passée à côté de ce titre, malgré un regain d’intérêt à un moment clé de l’histoire. Mais j’ai relevé trop de défauts pour vraiment apprécier ma lecture et la nouvelle vie de Sara. Décidément je ne suis pas faite pour le genre « contemporain » avec une touche de romance, alors j’attendrais un petit moment avant de tenter une nouvelle expérience.

8.10.19

[CHRONIQUE] Vivez votre vie en mieux !


« Si vous souhaitez améliorer votre vie, s’il y a des choses qui ne vous conviennent pas et que vous ne savez pas comment faire pour y remédier, alors lisez ce livre !
Avec sincérité, Margaux vous transmet tout le fruit de sa quête dans cet ouvrage, guidée par une idée forte : comment vivre sa meilleure vie. Agrémenté d’astuces, de témoignages, de check-lists, de focus et de citations soigneusement choisies pour réussir cette aventure, ce livre changera votre vie !

Vous découvrirez comment :
- Faire le point et analyser pour mieux avancer : écrivez la liste de ce que vous ne voulez pas, détaillez vos différents types de relations, apprenez à reconnaître celles qui sont toxiques, pratiquez l’égoïsme de survie, identifiez les moments malheureux et heureux les plus marquants pour vous…
- Trouver et garder la motivation pour s’épanouir : tous les outils et conseils à votre disposition pour mettre fin à la procrastination ! Débarrassez-vous de vos croyances négatives, découvrez le pouvoir de la deadline, évitez l’effet Zeigarnik, gardez le cap pendant les coups durs, fixez-vous des objectifs raisonnables…
- Fractionner et multiplier le temps pour en gagner : supprimez l’inutile, levez-vous plus tôt, trouvez des techniques d’organisation, simplifiez votre environnement…»

☆ 

Cela fait un peu plus d’un an que je suis la chaîne de cette youtubeuse (Les Astuces de Margaux) : je ne peux que vous recommander au passage d’aller voir ce qu’elle fait tant je la trouve inspirante. Il était donc logique que je me procure son ouvrage axé « développement personnel », surtout que ce sont mes vidéos préférées chez Margaux.

La thématique centrale me parle et m’intrigue au plus haut point : vivre sa meilleure vie ? Pourquoi pas après tout ? Je commence à me lancer progressivement dans le monde du développement personnel – ça a commencé avec la méthode KonMari il y a quelques mois, dont je laisse ici ma chronique sur la version illustrée de son œuvre –. Ce livre sera donc l’occasion pour moi de creuser un peu plus le sujet.

Margaux aborde une multitude de thème dans ce livre : les différentes relations amicales, la motivation, le rééquilibrage alimentaire, la confiance en soi, l’organisation, la détox digitale, cultiver un bon moral, trouver du temps, etc. Autant de pistes, de clés, de conseils bienveillants et motivants pour nous donner envie de se bouger, de saisir les opportunités, faire le tri et respirer un bon coup. En tout cas c’est l’effet que m’a donné le livre en le refermant ! Adieu la culpabilité et bonjour les nouvelles résolutions (oui, je suis la fille qui prend ses résolutions en septembre, mois de la rentrée, plutôt qu’en janvier).

L’auteure nous livre tout ce qu’elle a appris dans son parcours de vie et ses expériences, avec sa bonne humeur habituelle : à nous de choisir ce que l’on garde, ce que l’on arrange à notre sauce ou ce qui ne nous intéresse pas. Le découpage du livre étant clair et simple, il est facile de revenir sur un point en particulier. Petit plus intéressant : les interviews des femmes de sa famille, de son arrière grand-mère à elle. On voit les chemins parcourus à travers les décennies, la société ayant évolué depuis, mais j’ai senti que cette énergie positive devait se transmettre dans le sang tant je voyais Margaux dans leurs propos !

J’ai d’ailleurs pris le temps de faire le bilan qu’elle a élaboré en début de livre, puisqu’il va constituer la base de notre future « meilleure vie » : revenir sur son son passé et ses souvenirs marquants, mettre des mots sur ce qui va ou ne va pas, ce qu’on souhaite améliorer ou changer ; il ne faut pas faire cet exercice en cas de gros coup dur mais une fois fait – avec sincérité – je me suis sentie mieux et j’ai déjà des pistes à améliorer !

Seul (petit) bémol : certaines astuces ne sont pas une surprise pour moi car je suis ses vidéos régulièrement, mais pouvoir revenir dessus à tout instant est un bon point non négligeable. Et un gain de temps fou. Ça tombe bien car du temps, je dois apprendre à l’utiliser efficacement, j’en perd trop sur mon ordinateur * tousse *
En tout cas, je ne suis pas déçue de l’avoir entre mes mains, je pense qu’il va me suivre pendant de longues années dans ma bibliothèque !

5.10.19

[CHRONIQUE] Ranma 1/2, tome 3


Ranma 1/2, tome 3 - Rumiko TAKAHASHI
Editions Glénat (Shonen) - 347 pages - 10€75


" À l’issue de son duel avec Shampoo, Akané a complètement oublié Ranma ! Pour qu’Akané recouvre la mémoire, Ranma va devoir se procurer un shampooing spécial qui ne se vend qu’en Chine. Comment va-t-il faire pour retourner là-bas tout seul ? À moins que Shampoo ne détienne ce fameux mélange capillaire… "


Je poursuis tranquillement ma découverte de Ranma 1/2, avec le dernier tome présent dans ma PAL - j'avais acheté les trois premiers en occasion -. Je reste toujours enthousiaste sur le travail de la mangaka, son originalité, son humour, et je continuerai avec plaisir la suite ; pourtant je commence à me demander quelque chose : est-ce que la totalité du manga est construit avec le même schéma narratif ? J'espère être surprise avec la suite...

Une fois de plus cette réédition est vraiment chouette avec cette couverture colorée, les compléments sur les protagonistes et l'interview de la mangaka à propos de la construction de cette histoire. Shampoo est à l'honneur, en même temps elle a son importance dans ce tome car avec elle vient les ennuis et les épreuves pour Ranma et Akané !

Shampoo n'abandonnera pas le cœur de Ranma, même si Akané n'est pas loin derrière. Toutes les stratégies sont possibles : transformer Ranma en fille de manière permanente, empêcher Akané de retrouver sa mémoire - perdue dans le tome précédent -, embarquer sa grand-mère afin de mettre durement à l'épreuve le jeune homme... Même le ""fiancé"" de Shampoo s'y met ! Pour ne rien arranger, Kuno tente de trouver le point faible de Ranma, pour enfin conquérir Akané. Quiproquos, gags à la pelle, bastons : on a l'habitude depuis le début, mais la mangaka trouve le moyen de se renouveler sans trop de soucis, j'ai encore pas mal ri pendant cette lecture !

Le duo principal, à savoir Akané et Ranma, continue leur relation mouvementée en s'insultant copieusement à la moindre occasion, ce qui donne des passages que j'ai vraiment apprécié par leur dynamisme - et leur méchanceté gratuite -. J'aime cette alchimie entre eux, et je reste satisfaite du fait qu'ils ne sont pas encore amoureux l'un de l'autre, même si de rares émotions/attitudes peuvent nous amener à penser le contraire. Quoi qu'il se passe je lirai jusqu'au bout le manga pour savoir comment ces deux-là vont terminer !

D'un côté Shampoo souhaite épouser Ranma, de l'autre Ryoga tente de ravir l'élue de son cœur Akané. Quand ce petit monde se rencontre, avec leur motivation, leur force et leur objectif ça donne un résultat explosif à base de combats, d'épreuves de force et de nouvelles techniques martiales à perfectionner. Ranma va plus d'une fois galérer, ce qui donne plus de saveur à l'intrigue et la rend légèrement meilleure que le tome précédent.
La grand-mère de Shampoo est une vraie perle. Et une vraie plaie ! Cette famille me plaît de plus en plus, c'est l'un des bons points que je retiens de ce tome. Je n'oublierai pas non d'évoquer l'immense barre de rire avec les chapitres consacrés à la faiblesse de Ranma : je ne m'attendais pas à cette phobie, et l'ironie du sort ne sera pas tendre avec lui !

Impossible de ne pas acheter la suite bientôt, je veux connaître le dénouement du combat entre Ryoga et Ranma, un duel assez surprenant et intense. Je reviens cependant à ce que j'ai dit plus tôt dans cette chronique : si j'aime l'histoire pour le moment et que je souhaite en connaître le dénouement, je reste un peu craintive sur la suite car j'aimerai un peu autre chose, je sens que la routine s'installe cet ce serait bien dommage de se reposer là-dessus, surtout que je trouve qu'il y a du potentiel dans ce titre !


" - Il n'y a rien qui puisse guérir la phobie de Ranma ?
- J'ai tout essayé, Kasumi. Je l'ai recouvert de sardines séchées avant de le balancer au milieu de chats affamés... Puis de thon à l'huile... Puis de filets de maquereau... Je me suis saigné aux quatre veine.
- Lui aussi, visiblement... "

4.10.19

[CHRONIQUE] Dark Grimoire, tomes 1 à 4


Dark Grimoire, tomes 1 à 4 – Haru SAKURANA
Éditions Kana (Dark) – 192 pages (T1 & T3) / 169 pages (T2) / 224 pages (T4) – 7€45 le tome
2018 – Se procurer le tome 1 / 2 / 3 / 4 sur Gibert


Résumé du tome 1

« Atli est élève dans une école de sorcellerie. Il tombe un jour sur un mystérieux grimoire renfermant des sorts de « magie interdite ». Lors d’une sortie scolaire, son ami-ennemi Leon est tué sous ses yeux par une mystérieuse créature ! Atli parvient à le ressusciter à l’aide de ses nouvelles connaissances. Mais quel terrible destin attend Atli et Leon, qui partage désormais un secret inavouable… ? Et qui a mis dans les mains d’Atli un tel grimoire aux pouvoirs aussi extraordinaires que dangereux ? »


J’ai découvert purement par hasard cette courte série en achetant les tomes dans une bouquinerie : le résumé m’intriguait et j’étais en adoration devant les couvertures. Je ne regrette absolument pas d’avoir tenté le coup car j’ai adoré suivre Atli et Leon dans cette aventure dramatique, magique, dangereuse et un peu drôle ; c’est d’ailleurs bien dommage que le titre soit aussi peu connu !

On va suivre deux étudiants dans une école pour garçon de magie, à savoir Atli Gold et Leonhard Schoenburg (alias Leon), lorsqu’ils vont devoir un jour passer un examen ensemble. Seulement, ils ne peuvent pas se supporter pour des raisons personnelles, et alors qu’un étrange et dangereux monstre pointe son nez devant eux un drame va se produire : Leon va se faire tuer devant Atli (je ne spoile pas le manga puisque cela se produit dès le premier chapitre !). Atli n’a qu’une solution : ressusciter son camarade avec l’aide d’un grimoire de magie interdite, ce qui va lui causer bien des problèmes, l’usage de cette magie étant sévèrement réprimandée. Ils vont maintenant détenir un secret qui sera difficile à cacher, surtout qu’un étudiant semble bien curieux à leur sujet et qu’un professeur aura aussi des suspicions…

Si je peux en effet déplorer que quatre tomes, c’est trop court pour l’univers de la mangaka, ce sera le seul gros point négatif que je vais noter ici. J’ai adoré le monde dans lequel vit Atli : ses dangers, ses problèmes avec la magie, la guerre, la politique, la rébellion, les différents protagonistes qui vont graviter autour du duo… Le récit est bien construit, on va à l’essentiel, je ne me suis pas ennuyée et surtout j’ai dévoré les quatre tomes en peu de temps.

L’ambiance est à la fois sombre, tragique mais aussi drôle : je ne pensais pas autant rire à certains passages ! La mangaka a su maîtriser la narration car jusqu’au bout nous ne savons pas qui est responsable de quoi, ses motivations, ce qui le pousse à changer d’avis au dernier moment. Je me suis faite avoir à plusieurs reprises, mais il m’a suffit de comprendre que dans cet univers, tous les personnages – sans exception – sont gris. Les nuances de « gentil » et « méchant », « blanc » et « noir » sont à bannir. Cela rend la plupart des personnages complexes et attachants en dépit des événements. La fin aura d’ailleurs failli me faire lâcher une larme, preuve que j’étais à fond dans le manga.

Le duo principal, à savoir Atli et Leon, fonctionne à la perfection, j’ai apprécié les suivre et les voir évoluer malgré les hauts et les bas. Ils se parlent mal, se frappent ouvertement quand quelque chose ne va pas, mais au fur et à mesure ils apprennent à se faire confiance et à se reposer l’un sur l’autre. Le secret qu’ils partagent va leur permettre d’assumer leur responsabilité, prendre conscience du monde qui les entoure, tout en mettant en lumière un événement tragique survenu il y a quinze ans et qui semble lié au grimoire, source de leur problème. J’ai une nette préférence pour Leon, qui va devoir faire avec sa nouvelle situation. Cependant Atli a su me plaire au fil des pages, notamment avec les fragments de son passé et son envie d’émancipation. C’est un vrai coup de cœur pour ces deux-là.

Les autres personnages s’en sortent également bien, chacun ayant leur personnalité et leur rôle à jouer. Keith, le professeur d’éthique, m’a surprise par les révélations autour de lui et son passé ; j’ai adoré sa relation mystérieuse avec Atli et Leon. Ruri est peut être celui que j’ai le moins apprécié, disons que cet étudiant surdoué à une fâcheuse manie de mettre son nez dans les affaires des autres pour le simple plaisir d’enquêter, je ne l’ai pas trouvé plus attachant que cela. Indigo, un agent de la police de la sorcellerie, a également ravie mon petit cœur par son attitude et son professionnalisme, je reste cependant un peu mitigée sur la conclusion hâtive de son enquête dans le tome 3… Claude est très peu apparu au final, ce qui est dommage car il m’a beaucoup rappelé un personnage d’un de mes mangas préférés, Elliot (Pandora Hearts), et il y avait du potentiel avec lui. Bien d’autres têtes sont surprenantes, comme je le disais plus tôt tout le monde est en nuance de « gris » ! Je reste cependant dubitative sur le personnage central du tome 4, dont je ne dévoile volontairement pas l’identité, j’ai trouvé son comportement agaçant, et finalement il n’aura pas servi à grand-chose.

Je suis sous le charme des dessins de la mangaka. Les visages sont expressifs, fins ; le trait est détaillé ; la quasi totalité des personnages masculins sont beaux (ce qui est presque drôle au bout d’un moment mais ça ne me dérange pas outre-mesure) ; la magie est originale et impressionnante à voir dans certaines scènes.

En conclusion cette série est une jolie découverte que je compte bien relire de temps en temps. Je ne suis pas déçue par le hasard ! L’univers est fascinant, les personnages sont bien construits et complexes, les pièces du puzzle s’assemblent petit à petit pour laisser planer le mystère jusqu’au bout, et la mangaka mélange très bien le tragique avec son humour. Je suivrai ses prochains titres à l’occasion !


« Je ne sais pas pourquoi je t'ai ressuscité, ce jour-là, mais je peux affirmer une chose : je ne regrette pas de l'avoir fait. Et si tu veux vivre je suis prêt à te suivre jusqu'en enfer ! »

1.10.19

[CHRONIQUE] Beastars, tome 5


Beastars, tome 5 – Paru ITAGAKI
Éditions Ki-oon (Seinen) – 191 pages – 6€90


Attention aux spoils dans le résumé !

« Bill est tombé sur une information sensible : Louis, le cerf que toute l'école admire, est en fait le rescapé d'un abominable trafic de "proies vivantes'. Mais quand le tigre tente d'utiliser ce tuyau à son avantage, il se retrouve avec un pistolet braqué sur le crâne... L'ancienne victime n'a aucune intention de reprendre le rôle, et les carnivores qui se mettront en travers de son chemin en feront les frais !
De son côté, Legoshi est toujours aux prises avec ses émotions. Incapable de s'éloigner de Haru, il finit par lui déclarer ses sentiments, seulement elle ne veut rien entendre ! Les deux lycéens ignorent encore que des fauves tapis dans l'ombre attendent justement la fin de leur conversation pour s'emparer de la petite lapine... »


J'ai trouvé une petite baisse de régime dans ce tome, qui m'a donc un peu moins plu que les précédents ; cela dit il reste tout aussi intéressant et addictif, avec beaucoup d'action, de surprise, de retrouvaille et encore une fois une fin qui donne qu'une seule envie : se précipiter sur la suite !

Haru est dans un sacré pétrin et je me doutais que ce tome serait entièrement consacré à son sauvetage. Je suis loin d'être déçue par Legoshi, qui n'a peur de rien et prend tous les risques pour sauver celle qu'il aime ; tandis que Louis se heurte à des adultes égoïstes et se retrouve impuissant face à la détermination du grand loup gris. J'étais dégoûtée pour lui... La scène entre ces deux personnages est d'ailleurs d'une telle violence et d'une telle puissance qu'elle fait clairement partie de ma scène préférée du tome. Ils vont continuer d'évoluer malgré tout : Legoshi en assumant son statut de carni et Louis en assumant son passé. Je crains d'ailleurs un peu ce qui va se passer pour ce dernier, sa situation ne me rassure pas vraiment...

Je suis contente de recroiser Gohin, le docteur panda croisé précédemment dans l'histoire, il me fait bien rire car il n'a pas sa langue dans sa poche, mais c'est sans doute le seul adulte "bienveillant" du coin, en n'hésitant pas une seule seconde à aider Legoshi dans sa folle tentative de sauvetage. Par contre Juno est pas mal absente ici, ce que je trouve un peu dommage car il y avait une possibilité de la faire réagir plus que ça aux événement en cours. J'espère la revoir un peu plus par la suite !

De son côté Haru m'a fait beaucoup de peine et j'étais en colère - et également terrifiée - envers ses agresseurs et ce qu'ils lui font subir [TW VIOLENCE] : harcèlement moral, obligation de se dénuder, viol [FIN TW VIOLENCE]. Elle perd plus d'une fois son courage et son humanité, et le testament qu'elle rédige dans son esprit m'a mis les larmes aux yeux. Je comprends désormais bien mieux ce personnage donc la personnalité est complexe, elle est loin d'une fille "facile" et une simple "allumeuse". Voir que Legoshi a finalement une place dans son cœur lui rend de l'espoir, et je trouve leur relation unique vraiment bien construite et fascinante à découvrir. Je suis curieuse de connaître sa réaction quand elle va apprendre le terrible fardeau que porte Legoshi depuis un bout de temps.

Je suis ravie que la mangaka parvienne une fois de plus à élargir son univers : on découvre tout ce qui est malsain et corrompu chez les adultes, le Gang des Lions, les trafics d'animaux... C'est à nouveau un tome sombre, oppressant et cruel qui est livré ici. Certaines scènes sont très dures, j'avoue que je n'ai pas été sereine à chaque page. Les personnages continuent d'évoluer à leur manière, bien que j'ai trouvé plus d'amertume dans la narration et les pensées des protagonistes. Je pense que le sixième tome sera sous le signe des bouleversements majeurs, et l'idée ne me déplaît pas !


" Oui, après 18 années de vie insignifiante, une lapine insignifiante disparaît. Je n'ai pas pu avouer mes sentiments à la personne que j'aime, je ne sais même pas pourquoi je suis née, ou ce que vaut ma vie. Je ne pars qu'avec des regrets ! "