19.7.18

[Chronique] Shugo Chara!, tomes 1 & 2


J'enchaîne les rééditions de mes mangas préférés, en ce moment je suis vraiment comblée! Sailor Moon (que je compte bien me procurer un jour), Card Captor Sakura, Fruits Basket, et maintenant Shugo Chara! Cette chronique va concerner les deux premiers tomes de cette réédition (ce qui englobe l'histoire des quatre premiers tomes de la série de base). Allez, un petit résumé pour les curieux.ses :

"Amu est une fille dont la réputation de rebelle cool ne correspond pas à celle qu'elle aimerait vraiment être. Un jour, alors qu'elle fait le souhait de pouvoir changer, elle découvre trois œufs mystérieux desquels naissent des Shugo Chara, des anges gardiens qui aident les enfants à atteindre leurs rêves. Un nouveau quotidien rempli de magie et d'aventure s'ouvre alors devant elle!" (résumé de la 4e de couverture)

L'avantage non négligeable pour cette série : c'est un magical girl. J'adore ça depuis toute petite. Les deux premiers tomes permettent ainsi de se familiariser à merveille avec les Shugo Chara, des représentations toutes choupis et miniatures de ce que l'on souhaite devenir; les transformations avec eux afin d'utiliser des pouvoirs (et accessoirement changer de costume); l'héroïne a également une mission bien particulière (celle de protéger sa ville d'un terrible fléau qui brise des centaines de rêves d'enfants, les œufs X). C'est coloré, c'est vivant, c'est mignon, il y a tout ce que j'aime dans un magical girl ici donc ça fonctionne parfaitement.

Mon énorme coup de cœur va pour le personnage d'Amu Hinamori, la protagoniste que l'on va suivre. Elle manque de confiance en elle, doute, s'enferme derrière une personnalité qui n'est pas la sienne mais en changeant elle va devoir affronter le regard des autres et leurs commentaires; autant de sujet qui touche n'importe qui, à tout âge. Car dans ses deux tomes Amu va en vivre des expériences : des bonnes (avec son intégration au sein des Gardiens, ses Shugo Chara qu'elle apprend à connaître, ses nouvelles amitiés...) et des moins bonnes (un Shugo Chara qui va s'enfuir de chez elle lors d'un moment de faiblesse, des proches qui déménagent ou changent d'établissement scolaire, les nouveaux Gardiens...). Je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer lors de ma lecture, car il y a toujours quelque chose qui se passe et qui va transformer Amu, la faire mûrir, et c'est agréable à voir. Vous l'aurez compris : tout n'est pas non plus rose dans ce manga, mais finalement cela est plus "authentique" pour le développement des personnages et de l'intrigue.

Les autres personnages principaux sont tous aussi fascinants et plaisants à suivre : que ce soit les Gardiens qui soutiennent Amu depuis qu'elle possède des Shugo Chara, Ikuto (ami ou ennemi; en tout cas c'est un personnage ambiguë très intéressé par Amu), Utau Hoshina (elle fait tout pour venir en aide à celui qu'elle aime, quitte à être responsable des œufs X et à désirer plus de puissance, une bonne antagoniste); c'est tout une galerie de personnages haut en couleur, avec des émotions et un but bien personnel, il m'est par ailleurs impossible d'en citer un que j'ai moins aimé que les autres. J'ai cela dit une énorme préférence pour Utau, Tadase et Rima, même si cette dernière ne se montre pas sous une facette très agréable...

Côté dessin on peut vite se tromper sur le public visé : en effet ça paraît enfantin dans les traits (et les protagonistes ont entre 11 et 13 ans), mais comme je l'ai dit précédemment les thèmes traités dans cette histoire peuvent concerner n'importe qui. On parle d'estime de soi, de ce que l'on veut devenir, de s'affirmer face aux autres, de croire en ses rêves. Alors oui il y a certaines facilités scénaristiques ainsi que le fameux "Oh là là j'ai des sentiments pour pleins de garçons mignons je dois faire quoi??" de la protagoniste, mais cela reste gentillet, doux, et ce n'est pas omniprésent, un bon point vu que je n'aime pas quand la romance prend le pas sur le reste. C'est un magical girl, donc il y a aussi de l'action, des révélations et du mystère!

En conclusion c'est un bon magical girl que nous propose Peach-Pit : de l'humour, du mignon, de la magie, de l'action, beaucoup de mystères autour d'Ikuto, du cadenas d'Amu, de l'Embryon qui exauce les souhaits, d'Easter, des nouveaux Gardiens; on ne s'ennuie pas et c'est un réel plaisir de vivre ses aventures aux côtés d'Amu, Ran, Miki et Sû. Je suis d'ailleurs fan des nouvelles couvertures, fidèles à l'univers!

18.7.18

[Chronique] Fruits Basket Perfect Edition, tome 7


Fruits Basket, c'est mon manga doudou. Chaque été je me dois de le relire, uniquement pour les souvenirs qu'il me rappelle, pour les messages qu'il délivre, pour la motivation et la joie que j'en retire à chaque fois que je ferme un tome. C'est un peu comme un rituel. Un rituel qui dure depuis 9 ans désormais. Car oui, j'ai grandi avec Fruits Basket. Chaque année je comprends mieux certains personnages, certains choix, certains messages; alors qu'au début c'était flou, incompréhensible. La réédition de ce manga est une excellente nouvelle, et c'est de bonne humeur que je vais vous parler du tome 7, sorti récemment en ce mois de juillet.

Rien à redire sur la couverture, c'est toujours aussi beau, aussi épuré, et on retrouve deux personnages que j'aime beaucoup : Ritsu (le singe) et Isuzu (le cheval). Bien que Ritsu ne soit pas un des douze du zodiaque chinois que l'on voit le plus dans la série, Isuzu est en plein centre du tome.

Une grande partie du tome est donc consacré à Isuzu : son passé difficile et compliqué avec ses parents, sa mère qui l'abandonne, sa rencontre avec Haru, les sentiments qu'elle développe peu à peu à son encontre, le moment fatidique où Akito s'aperçoit de cette relation et son grave accident... Elle n'a pas été épargnée, et ce personnage est à mes yeux l'un des meilleurs que Natsuki Takaya a construit dans ce manga. Elle s'enferme dans un rôle, celui de la femme forte et solitaire qui tente de détruire à n'importe quel prix la malédiction, quitte à dépasser les limites de sa santé, alors qu'au fond elle est seule et à peur de vivre ainsi. Ce qui la rend encore plus intéressante à suivre c'est le lien qu'elle va tisser avec Tohru : d'abord réticente à l'idée de la mêler aux histoires des Soma (car refusant de voir de bonnes et gentilles personnes souffrir), elle va se livrer petit à petit à elle, car tout dans son attitude lui rappelle Haru. C'est un personnage complexe que j'ai appris à aimer avec le temps, et dont je comprends désormais le raisonnement.

D'autres personnages sont également développés dans ce tome. Tout d'abord Yuki, dont la confrontation avec sa mère lors de son rendez-vous parents/professeur ne le laissera pas indifférent et va le pousser à s'affirmer dans ses choix. De plus, il va apprendre à supporter son rôle de président de l'association des élèves tout en découvrant ses collègues, notamment Kakeru qui l'insupporte au plus haut point. J'adore ce duo car ils sont très complémentaires; c'est ce dernier qui rend le personnage de Yuki plus abordable et intéressant à suivre dans sa psychologie. Machi est également étrange dans ses agissements, ce qui va attirer l'attention de Yuki sur cette dernière et promettre de belles choses pour la suite... Et enfin il y a Momiji, dont le père va lui demander d'arrêter les cours de violon car il risque de croiser sa petite sœur Momo. Je suis tellement fan de Momiji, il a souffert dans sa vie personnelle mais il n'a jamais céder au pessimisme ou à la rancœur, bien au contraire, et les passages où il se confie sont les plus beaux car ses messages sont chargés d'espoir.

On avance un tout petit peu du côté de Kureno, même s'il ne semble pas vouloir revoir Arisa pour une raison encore inconnue, ce qui plonge Tohru dans le désespoir... On la voit d'ailleurs très peu avec Kyo, sauf lors du voyage scolaire, leur relation n'a donc pas tellement évolué. Mais tout le tome n'est pas aussi sombre et triste! Il y a toujours la pointe d'humour propre à la mangaka et qui me fait toujours rire aux larmes, ce qui donne des situations décalées avec des quiproquos, des surnoms ridicules (pauvre Yuki, il prend très cher dans ce tome quand j'y repense...), des personnages extravagants dont les réactions sont à leur image (n'est-ce pas Ayame?), des dialogues déplacées; et on découvre à la fin le fil rouge du prochain tome : la représentation d'une pièce de théâtre sur Cendrillon par la classe de Tohru, et vu la distribution des rôles rien ne va se passer comme prévu, fou rire garanti!

Comme c'est une relecture je sais ce qui se passe d'avance, et je sais que le rythme va désormais s'accélérer afin d'offrir un final émouvant qui ravage mon cœur à chaque fois. La poésie et l'humour de Natsuki Takaya forme une magnifique alchimie, ce tome le prouve de A à Z, je ne m'en lasse et m'en lasserai probablement jamais.

15.7.18

[Chronique] Phobia


J’avoue avoir acheté ce recueil de nouvelles un peu par hasard car je cherchais une lecture facile à lire en peu de temps (c’est plus agréable quand on a une pause au boulot d’une vingtaine de minutes ou pour attendre le bus). Ne connaissant ni les auteurs des nouvelles et n’ayant pas pour habitude de lire du polar j’ai donc tenté l’expérience avec ce recueil, et j’en ressors plutôt satisfaite, même si le livre était assez inégal selon moi. L’idée est quand même excellente : une nouvelle pour évoquer une phobie, et avec 14 plumes toutes différentes des unes des autres. Et en bonus, 1€ est reversé à l’association ELA (qui lutte contre les Leucodystrophies) lors de l’achat du livre, une excellente cause à soutenir !
C’est donc parti pour ma chronique de Phobia, sous forme de mini-avis (format adéquat pour des nouvelles et garanti sans spoiler à 99 % pour les curieux.ses)

    • Le refuge, Nicolas Beuglet → Une nouvelle qui bascule progressivement dans le sombre et l’horreur ; notamment avec l’apparition de son double dans la cabane (qui est l’incarnation de sa conscience dans sa solitude). Il lutte difficilement contre lui-même car il semble fuir son passé, la raison de cette virée loin de la société est d’ailleurs la chute de cette nouvelle que j’ai très appréciée, même si des questions subsiste à propos de la femme du protagoniste et de ses propos mystérieux. J’ai trouvé le duel avec son double très intéressant à suivre, surtout au niveau des dialogues, on appréhende mieux la psychologie du personnage principal. La peur de la vérité est le thème de cette nouvelle, le suspens et la tension étaient bien maîtrisés, à mon sens c’est une bonne façon d’ouvrir le recueil.

    • Lésion fatale, Jean-Luc Bizien → Une nouvelle sympathique à lire mais sans plus à propos d’une enquête sur un meurtre bien sale; cela dit j’ai trouvé la chute très amusante (surtout pour les geeks - des passionés.ées de pop-culture - ). Je n’ai malheureusement pas apprécié le personnage principal, l’inspecteur : on ne connaît quasiment rien sur lui, juste qu’il est très absorbé par son travail et investi dans ses enquêtes. Je ne dit rien sur la phobie traitée dans cette histoire car je risque de gâcher la chute!

    • Lis mes nuits, Armelle Carbonel → Une nouvelle un peu plus longue que les autres, prenant ainsi le temps de développer ses personnages, d’instaurer son ambiance de plus en plus glauque et de voir Aurora plonger doucement dans la folie dû à sa phobie du noir/de l’obscurité, avec son copain à ses côtés. L’histoire est entrecoupée par des passages de son psychologue qui laisse présager que le happy end n’est pas au bout du couloir... La plume de l’auteure est d’ailleurs très agréable à lire, fluide. Le dénouement final est assez abrupt, mais après réflexion c’est de loin une de mes nouvelles préférées du recueil pour les raisons que j’ai cité au préalable.

    • Phobia, Sonja Delzongle → Une nouvelle composée de plusieurs quotidiens, avec des protagonistes uniquement liés par un événement catastrophique pour l’humanité : Phobia. Si j’apprécie l’idée de base, certains personnages sont plus intéressants à suivre que d’autres : ainsi j’ai adoré suivre le couple homosexuel et leur fils, mais un peu moins les autres, assez effacés/discrets au final, ce qui est pour le coup assez dommage pour ce projet. La plume était simple mais un peu plate à lire.

    • De l’ombre à la lumière, Damien Eleonori → Alors là, ça va être court : je ne suis pas sûre d’avoir tout compris. Le récit était emmêlé de plusieurs points de vue sans savoir tout de suite qui est qui, le découpage entre les scènes est également étrange; ainsi je n’ai pas compris la chute, ou alors j’ai une vague idée mais c’est trop tiré par les cheveux et bizarre. Je n’en garde pas un bon souvenir.

    • Dans le ventre de la bête, Johana Gustawsson → Là aussi petite déception, car j’avais rapidement deviné le plot twist autour du protagoniste, traumatisée par la scène macabre dont elle a été le témoin. C’est dommage car la nouvelle m’a plu, bien qu’assez horrible à lire sur certains passages, notamment dans l’attitude et les pensées du protagoniste à partir d’un moment clé. En même temps quand un des personnages à la phobie d’être enceinte et le devient malgré tout, ça fait assez peur… Probablement une des nouvelles les plus dures à lire.

    • 1 + 1, Nicolas Koch → Alice, la protagoniste, est phobique des chiffres dans cette nouvelle; son psychologue va donc remonter dans ses souvenirs durant ses séances afin de la « guérir » et de l'aider. J’aime beaucoup cette histoire : l’horreur qu’a vécu Alice pendant sa scolarité est racontée avec beaucoup de réalisme, on ressent son angoisse (personne ne la croyait, famille, professeur ou camarade de classe), elle va d’ailleurs lentement sombrer dans la folie et ne plus savoir ce qui est vrai ou non tant les chiffre l’obsède. Le dénouement est prévisible pour Alice, mais pas spécialement pour le psychologue qui s’occupe d’elle, ce qui achève l’histoire de façon glauque… Ma deuxième nouvelle préférée! (oui j'ai des goûts étranges)

    • La mort, tout le temps, Mickaël Koudero → L’histoire se déroule en 1916 pendant une guerre de tranchée; je vous avoue qu’elle était difficile à lire à cause de la plume de l’auteur : beaucoup de détails, de réalisme sur les atrocités de la guerre et ses dommages, l’auteur n’épargne rien ni personne (et certainement pas ses personnages plus ou moins effrayés par la mort), surtout lorsque l’on a accès au point de vue d’un allemand qui s’apprête à tuer froidement son ennemi. Cela dit j’ai trouvé la morale de fin assez pessimiste et trop lourde après l’histoire, et je ne suis pas spécialement d’accord sur son avis à propos de l’humanité ; certes la guerre existe toujours, certes il y a des lâches qui ne répondent que par la violence à cause de la peur, mais ce n’est pas le cas de tout le monde, loin de là. L’espoir existe toujours, on avance lentement sur certains sujets (là où d'autres régressent), mais on doit sans cesse travailler sur nous-même pour faire un monde meilleur, pour que la violence ne soit plus LA solution facile...

    • Du bruit au plafond, Chris Loseus → Je ne suis pas fan de cette nouvelle, après tout les araignées sont de retour, et pour le pire! Les derniers passages étaient pénibles à lire car j’avais les images en tête, et c’était assez dégoûtant pour être honnête… Je n’ai pas non plus apprécié le personnage principal, trop flou et inaccessible pour moi; et je n'ai pas compris l'intérêt d'introduire Andrea car elle ne sert clairement à rien. A ne pas lire avant de dormir!

    • Raymond, Ian Manook → Là aussi je n’ai pas aimé ma lecture, mais alors pas du tout. Que ce soit les deux protagonistes (absolument pas attachants dans leurs personnalités et leurs actions), le dénouement (des retournements de situations par dizaine si bien que je me suis perdue à un moment) et le langage utilisé (uniquement des dialogues, avec du langage grossier/familier, au bout de la troisième page c’est lourd). Pas mémorable donc.

    • Je t’aime à la phobie, Eric Maravélias → Quand l’amour croise le chemin du protagoniste, pourtant phobique des femmes, ça donne cette nouvelle absolument difficile à lire au fil des pages ( /!\ le dénouement est d’ailleurs à ne pas mettre dans toutes les mains car on parle de viol sur mineur, désolée pour le seul spoil de cette chronique mais c’est important de le préciser avant la lecture /!\). Je n’ai donc pas éprouvée d’empathie pour le protagoniste, même si sa mère ne l’a pas aidé à se sentir mieux, ses actes sont impardonnables, en plus de le rendre sadique.

    • Tue, Maud Mayeras → Ce n’est qu’en écrivant cette chronique que je me rend compte du jeu de mot avec le titre, j’aime bien la subtilité! En effet, il donne le ton de la nouvelle - ainsi que son macabre dénouement -, mais il met également en avant sa particularité : l’utilisation de la deuxième personne du singulier afin de suivre les pensées du personnage principal. Malheureusement je n’ai pas réussi à m’attacher à la protagoniste, mais ce qui est intéressant c’est le traitement de son comportement qui est « réaliste » : les histoires d’amour qui finisse mal, on en voit dans les faits divers (certains sont bien flippants…) ; et la tuerie organisée dans cette histoire fait aussi écho à notre réalité, impossible de ne pas avoir des images en tête donc; à ne pas lire si on est sensible!

    • Verdict, Olivier Norek → La troisième et dernière de mes nouvelles préférées. On touche ici aux dérives de la télé-réalité dans notre société, où l’être humain souhaite regarder des émissions de plus en plus dangereuses, mortelles… Le monde, les sentiments dépeint par Olivier Norek sont saisissants et inquiétants, surtout pour Moon, la réalisatrice de « Verdict », une émission dans laquelle le perdant meurt dans une mise en scène atroce. Tout simplement. Le dénouement est d’ailleurs ironique pour Moon, bien que bouleversant dans les conséquences; mais cela traduit bien les dérives de la télé et de ses émissions, ses victimes directes et indirectes, c’était une vraie claque.

    • Bisou, Niko Tackian → Une nouvelle assez courte mais absolument pas mémorable à mon sens; je trouve que c’est dommage d’achever ce recueil par cette histoire (après elles sont classées par ordre alphabétique des auteurs…). Je n’ai pas spécialement compris le geste d’Henri : un quotidien redondant ? Une envie de se sentir le plus fort ? Une liberté qu’il ne peut pas avoir à cause de sa famille ? Cette dernière question est discutable ; quoi qu’il en soit je vénère le chat Bisou pour son intelligence, car il nous livre un dénouement dans lequel le karma est roi!

En conclusion c'était une bonne lecture dans l'ensemble, bien qu'inégal (quelques sujets sont plus accessibles que d'autres, il y a des choix d'écriture et de scénario, et il ne faut pas être sensible dans certaines nouvelles). Mais c'était une excellente occasion de découvrir de nouvelles plumes, notamment Olivier Norek qui a été une révélation pour ma part.

26.6.18

[Chronique] L'Atelier des sorciers, tomes 1 & 2


Aujourd'hui je tiens à chroniquer les deux premiers tomes d'une série prometteuse (et un de mes coups de cœur récent) : L'Atelier des Sorciers. Alors si tu adores la magie, les apprenties sorcières et les univers enchanteurs bien construits et remplis de mystères, ce manga est fait pour toi!

A la sortie du premier tome j'en ai entendu parlé absolument partout (et en bien), notamment sur les blogs et BookTube. Je n'avais pas vraiment envie de l'acheter dans l'immédiat, mais quand je l'ai trouvé à l'espace livre du magasin où je bosse, je me suis laissée tenter par la couverture et le résumé.
Car oui, rien que pour les illustrations je recommande ce manga. J'ai rarement était époustouflée ainsi: il y a pleins de petits détails, les personnages sont expressifs, la magie est fluide, le travail de chaque planche est minutieux (surtout dans quelques scènes), et le résultat est juste sublime. Pour un univers magique je trouve que cela rajoute un grand charme. Je vous conseille par ailleurs d'aller voir ses autres réalisations, car la mangaka effectue aussi des illustrations pour des comics connus (je suis sous le charme de son Doctor Strange)

Je vais maintenant m'attarder sur l'univers, en résumant du mieux possible le premier chapitre.
Les humains connaissent l'existence de la magie et des sorciers (reconnaissables par leur cape et chapeau pointu); seuls les personnes manipulant la magie dès leur naissance sont amenés à devenir sorcier. C'est donc ainsi que Coco, jeune fille humaine passionnée par la magie et triste de ne pas en faire, va grandir avec sa mère dans une boutique de tissus. Elle va un jour rencontrer Kieffrey, un sorcier qui va devenir très important par la suite; car Coco a un secret : un livre de magie, de l'encre et une plume que lui a offert un type très louche quand elle était petite. Et malheureusement pour elle, après avoir vu Kieffrey lancer un sort (ce qu'elle n'avait pas le droit de voir car c'est défendu pour les non initiés!) elle va jeter par accident un sort défendu qui transforme sa mère en statue. Kieffrey va donc la prendre sous son aile et faire d'elle une apprentie sorcière, pour sauver sa maman.

Dans les deux tomes nous avons le droit à une bonne introduction au monde magique à travers les yeux de Coco : comme elle je me suis émerveillée devant la magie, ce qu'on peut faire de bénéfique et joyeux avec; les créatures fantastiques que l'on trouve dans des pays lointains; l'atelier de Kieffrey est douillet et rassurant; j'adore cette forme de magie, avec des cercles à tracer, des dessins pour symboliser tel élément et des formes pour "manipuler" le mouvement du sort, c'est très inhabituel mais les possibilités sont multiples, ce qu'on a l'occasion de voir durant l'apprentissage de Coco. Dans le deuxième tome on commence à sentir la potentielle menace que représente la milice magique, surtout pour l'avenir de Coco; si l'on rajoute le mystérieux personnage qui semble appartenir à la confrérie du capuchon, les ennemis des sorciers, les péripéties et révélations semblent présentes dans les futurs tomes.

Pour ce qui est des personnages, je suis là aussi conquise. J'ai un gros coup de cœur pour Kieffrey, qui est très protecteur vis-à-vis de ses apprenties, patient, pédagogue, en plus d'être classe (oui c'est un bon point pour moi!). Seulement il a aussi une petite part de mystère : il protège justement un peu trop Coco, il semble fuir l'université de magie et refuse catégoriquement que la milice magique soit au courant de la situation de la jeune fille. Je pense qu'il va avoir un rôle plus important par la suite.
Sinon, pour ce qui est des autres apprenties, il est encore trop tôt pour dire que j'apprécie Tetia et Trice (si l'une est joviale l'autre est très réservée, on sait très peu de choses sur elles au final), je suis absolument fan d'Agathe. Elle est très hostile à la présence de Coco, souhaite être parfaite en magie pour montrer son intelligence, solitaire; mais dans le deuxième tome on a l'occasion de plonger quelques instants dans ses pensées, elle a visiblement était victime de médisance et de commentaire rabaissant; le doute et l'échec sont désormais bannis de sa vie. J'espère tellement qu'avec Coco à ses côtés elle va réussir à s'ouvrir, à s'accepter et devenir amie avec notre protagoniste.
J'ai également aimé Olugio, meilleur ami de Kieffrey (j'aimerai d'ailleurs avoir plus de détails sur leur relation, il y a une bonne alchimie entre eux) et sentinelle de l'atelier. J'attends quand même de voir le rôle qu'il va jouer dans cette histoire.

En conclusion ces deux tomes sont un véritable coup de cœur. Il y a tout ce que j'aime dedans : de la magie, de beaux dessins, du mystère, un univers riche et prometteur, des personnages forts et uniques. Je vais donc suivre très attentivement la sortie des prochains tomes, car j'ai de nombreuses questions et attentes.

24.6.18

[Chronique] La Religieuse


Aujourd'hui c'est une chronique de roman que je vous livre de bon matin, sur un classique du XVIII° que j'ai bien failli ne jamais découvrir : La Religieuse.

Il faut savoir que ma première expérience de lecture chez Diderot remonte à deux ans à peine, lorsque j'ai étudié Jacques le Fataliste en deuxième année de Lettres Modernes. C'était une lecture compliquée, éprouvante, catastrophique. Ça partait dans tous les sens et je ne voyais pas où l'auteur voulait en venir, chaque page étant une torture supplémentaire (et bon sang que je déteste me forcer à lire); un très mauvais souvenir qui ne m'a pas donné envie de découvrir d'autres œuvres du monsieur, du moins pas avant un bon moment.
Pourtant, dans ce même cours, j'ai eu l'occasion de lire des extraits d'autres romans, comme Les Bijoux indiscrets ou encore La Religieuse; et pour ce dernier j'avais terriblement envie de me le procurer, surtout à la lecture du résumé. Grâce à la magie des bouquineries c'est chose faite, même si j'ai attendu pratiquement un an avant de m'y plonger sérieusement, et j'en ressors plutôt satisfaite, malgré quelques défauts.

"Parce qu'elle est une enfant illégitime, Suzanne Simonin est enfermée par ses parents chez les religieuses de Longchamp où on la force à prononcer ses vœux. Pieuse et innocente, elle tombe sous la coupe d'une nonne illuminée déjà perdue de mysticisme avant de devenir la proie d'une mère supérieure qui va faire de sa réclusion un enfer. Harcelée, martyrisée, elle subit les pires sévices. Femme cloîtrée soumise à toutes les perversions de la vie monastique, Suzanne peut-elle échapper à la folie?" (résumé Livraddict)

Ne vous attendez donc pas à une histoire joyeuse, le résumé en est la preuve. Tout au long du récit nous allons suivre le parcours de vie chaotique de la jeune Suzanne, obligée de vivre comme religieuse dans des couvents où elle subira la colère, le mépris, la jalousie, la folie de ses consœurs et de ses mères supérieures. La pauvre Suzanne n'a effectivement pas de chance (un peu trop même, mais c'est du Diderot), et ce qui la sauvera à plusieurs reprises c'est son caractère (elle est douce, naïve, obéissante mais très résolue) et son envie de liberté.
Je me suis attachée à cette jeune femme qui n'a rien demandé, et qui va devoir payer l'erreur de sa mère au prix de souffrances et d'épreuves psychologiques épouvantables, mais qui s'attache désespérément à un espoir. La plume de l'auteur est par ailleurs très agréable à lire durant ces passages, ce qui évite des descriptions trop lourdes et angoissantes. Si la naïveté de Suzanne m'a plus d'une fois exaspérée, je la trouve touchante, humaine, et je suis un peu triste de la quitter ainsi à la fin du roman, car finalement on ne sait même pas ce qu'il advient d'elle après son refuge dans la blanchisserie. Va-t-elle en effet trouver un endroit où travailler loin du monde et finir sa vie paisiblement? Ou va-t-elle être retrouvée et replonger dans la tourmente? Mystère. En tout cas le récit est assez rapide à lire, pas difficile à appréhender avec le vocabulaire de l'époque et celui plus spécifique de la religion.

La satire propre à Diderot rend malheureusement la plupart des personnages caricaturaux, donc il m'a été impossible de m'attacher véritablement à eux. C'est le cas notamment pour les mères supérieures, clichés de femmes cruelles, dominatrices et folles qui abusent de leur pouvoir; M. Manouri qui fait figure de chevalier servant afin de délivrer Suzanne de son sort contre absolument rien d'autre (cela lui donne "bonne conscience"); Sœur Thérèse qui est jalouse de sa beauté et qui fait des caprices digne d'un enfant pour exister aux yeux de Sa Mère; ce sont des portraits qui rendent la lecture vivante et dynamique, certes, mais je n'ai aucune compassion pour eux, et cela entraîne un énorme gouffre entre le message sérieux qu'il y a derrière et ceux qui y jouent un rôle.

Le cœur de l'histoire, c'est la religion; et Diderot en peint une vision effrayante mais réaliste, et c'est ce que j'ai finalement le plus apprécié dans ma lecture. A son époque ce genre d'affaires dans les couvents était monnaie courante, et la dénoncer, la mettre aux yeux de tous est une bonne chose. La torture, les moqueries, les punitions, la solitude, l'asservissement, la séquestration, la manipulation; de multiples dérives qui ne devaient pas sortir du lieu en lui-même, Suzanne va vivre tout ceci au quotidien, mais il faut garder à l'esprit que bien d'autres religieuses étaient comme Suzanne. C'est donc une très belle dénonciation de la part de Diderot, qui aurait été parfaite si les personnages n'étaient pas si exagérés dans leur attitudes ou leurs paroles.

En conclusion, j'ai apprécié le message de dénonciation derrière l'histoire de Suzanne; je reproche juste à l'auteur de ne pas avoir été sérieux jusqu'au bout en plaçant des personnages trop caricaturaux dans le récit, ce qui entraîne des situations absurdes et dénature la véritable horreur d'autres situations. Ce roman m'a quand même réconcilié avec Diderot, ce qui n'étais pas gagné d'avance, et j'espère avoir l'occasion de lire d'autres œuvres de cet auteur.