10.11.18

[Chronique] Les ailes d'Alexanne, tome 1


•• Les ailes d'Alexanne, tome 1 : 4h44 ••
2011
Anne ROBILLARD
Editions Michel Lafon
365 pages
•• 15 € ••

•• « A la mort de ses parents, Alexanne Kalinovsky est confiée à sa tante Tatiana dont elle ignorait jusqu'à présent l'existence. Rapidement, la jeune fille constate que cette dame n'est pas une personne ordinaire. Elle vit seule dans un immense manoir aux multiples chambres parfumées à l'encens...
Alors qu'elle a du mal à s'habituer à ce nouvel environnement, Alexanne découvre peu à peu l'histoire de ses origines et ses dons particuliers, levant le voile sur l'héritage étrange dont sa famille l'avait tenue éloignée. Mais des événements imprévus viennent compromettre sa quête spirituelle. Car les bonnes fées ne sont pas toujours celles qu'on croit... » ••

Grande fan des Chevaliers d’Émeraude que je suis, j'avoue être assez curieuse sur les autres romans de l'autrice, Anne Robillard. Si je n'ai pas été convaincue par les deux premiers tomes des Cordes de Cristal (un roman sur fond de rock et avec une bonne dose d'ésotérisme) j'ai donc tenté ma chance sur Les Ailes d'Alexanne pour rattraper ma déception. Malheureusement c'est une fois de plus raté, je n'ai pas du tout accroché à l'histoire et encore moins aux personnages...

Je suis passée en grande partie à côté du roman pour la simple et bonne raison que l'ésotérisme et moi ça fait deux. Je ne juge pas les gens qui ont ce type de croyance, c'est votre choix et c'est important si ça vous aide à vous sentir mieux ou à répondre à certaines questions. Mais pour le coup j'ai plus eu l'impression de lire des chapitres entiers sur l'ésotérisme en général qu'une histoire : comment parler aux êtres de la nature qui nous entourent, comment aider des fantômes hantés par leur passé, les âmes sœurs qui se rencontrent au fil des siècles, les vies antérieures, la double vue, l'exorcisme, la vie après la mort, le dialogue avec les anges, etc. Dans un monde entièrement fantastique/fantasy, pourquoi pas, mais dans un contexte réaliste comme c'est ici le cas je n'accroche pas une seule seconde. Et de ce fait, à part dans les derniers chapitres il n'y a pas de vraies péripéties, ce qui a rendu ma lecture laborieuse et monotone, même si la plume de l'autrice est toujours aussi agréable et fluide à lire.

Je vais pouvoir enchaîner avec le deuxième gros soucis du roman : les personnages. La tante d'Alexanne, Tatiana, est très gentille, je ne le cache pas, mais elle est sans cesse en train de convertir sa nièce à ses croyances, et cela m'a gênée à certains moments. De plus je la trouve trop lisse, gentille et pas assez caractérielle, ce qui ne la rend pas mémorable à mes yeux. Pour Alexanne ce n'est pas le coup de cœur non plus, même si ses réactions étaient cohérentes : elle n'est pas tout le temps d'accord avec sa tante et ses croyances, elle reste sceptique face à certaines situations, mais une fois devenue progressivement une fée elle gagne en courage et en prise d'initiative. C'est d'ailleurs ce qui permet d'avoir une fin un peu plus intéressante, avec de l'action. J'ai par ailleurs bien aimé la révélation sur l'accident lors de sa naissance, les histoires de sa famille étant obscures mais pas bien mises en avant, ce qui est une fois de plus dommage.

Le seul personnage qui sauve l'histoire n'est d'autre que l'oncle d'Alexanne, Alexei. Désagréable et renfermé, il cache un profond mal-être à cause de son enrôlement forcé dans une secte et de sa malédiction. La construction psychologique du personnage est complexe, et seule son envie de vengeance m'a donné envie de poursuivre ma lecture jusqu'au bout. Je suis donc déçue de voir que ce que j'attendais le plus se passe dans le tome suivant... J'avoue juste avoir grincé des dents lors des moments où il protège un peu trop sa nièce ; et justifier son attitude par "c'est son âme sœur et ils étaient mariés dans un ancien temps donc c'est LOGIQUE qu'il agisse ainsi" ne m'a vraiment pas convaincu, heureusement cela s'arrête bien vite dans le récit.
Je ne parlerai pas des autres personnages importants pour l'intrigue, comme Paul, Sylvain ou même Matthieu, car ils ne sont pas très marquants pour ma part, ils manquent également de développement.

En conclusion c'est un deuxième échec dans ma découverte des œuvres d'Anne Robillard : l'omniprésence de l'ésotérisme aura eu raison de moi et m'aura fait passer à côté de la quasi-totalité du récit. Alexei sauve un peu la mise, mais cela reste faible comparé à tout le reste. Je pense donc ne pas continuer la saga, bien qu'en lisant les résumés l'histoire semblait intéressante et plus mouvementée.

7.11.18

[Chronique] The Witcher 1, artbook


•• The Witcher 1 - Artbook - ••
PDF (offert avec l'achat du jeu sur GOG)
•• 204 pages ••

Si vous suivez un peu le blog et mon instagram (le lien est dans la colonne de gauche), je pense que vous avez compris qu'il y a une licence de jeux vidéo dont je suis particulièrement fan : The Witcher. Je reviens donc sur ce blog avec une chronique sur l'artbook du premier jeu et quelques captures d'écran pour vous donner un petit aperçu !

Ouvrir l'artbook par les cartes du monde est une excellente idée : la géographie est un élément très important (que ce soit dans les jeux ou dans les livres), et cela peut vite devenir complexe pour se repérer et comprendre certains enjeux politiques. Elles sont très jolies et présentent bien les différents royaumes, avec leurs villes, leurs cités, leurs fleuves...
Et poursuivre cette séquence "visite guidée" avec des sketchs de plusieurs lieux clés est également une bonne idée : j'en ai pris plein les yeux, j'ai compris l'étendu et la complexité de leur recherche (je suis par ailleurs fan des couleurs de certains rendus), et c'est l'occasion de connaître les sources des artistes et les effets qu'ils voulaient mettre en place, ce qui rend la lecture assez fascinante.


J'ai découvert les coulisses du jeu, notamment leur travail entre les premières ébauches et le rendu 3D, ce qui change parfois de l'idée de début et peut rendre la tâche plus ardue. Voir donc prendre petit à petit vie Kaer Mohren (grand symbole d'architecture et d'histoire pour les sorceleurs), le cimetière de Vizyma, les cryptes et cavernes ou encore quelques tavernes est un grand plaisir. Et les nombreuses anecdotes qui ponctuent les pages permettent de découvrir de nombreux secrets, comme des scènes annulées/abandonnées, l'histoire du jeu avec un peu de lore ; et quand on est fan je vous garanti que c'est plaisant à lire !

Vient un peu plus tard une partie que j'aime particulièrement dans les artbooks : la conception des personnages ! C'est toujours amusant de voir à quoi les personnages étaient censés ressembler au tout début ; ici Geralt ne déroge pas à la règle car il y a eu de la recherche (un peu farfelu) avant d'arriver au design final. On peut donc voir le peaufinage de certains détails, et dans les anecdotes on prend conscience des traits de caractère qui devaient absolument ressortir chez les persos. Cela dit, là où je suis un peu déçue, c'est qu'ils sont très peu : j'aurai bien voulue voir les travaux sur Jaskier, Zoltan, les autres sorceleurs, et j'en passe...


The Witcher, c'est un univers violent, sombre, et mature. Donc il y a une petite section "érotique" qui propose des belles illustrations pleine page, certes, mais comme ce n'est pas du tout ma came, je ne m'attarde pas dessus. Et je ne pourrais rien vous montrer de tout de manière, donc je vais mettre à la place d'autres artworks / affiches promotionnelles du jeu, pour le plaisir des yeux !


Il y a une autre partie de l'artbook qui est tout aussi intéressante, et c'est le genre de contenu sur lequel je passe beaucoup de temps à me focaliser sur les détails : la rubrique des items (avec le mobilier, les armes, l'équipement, les plantes, les emblèmes...). Le travail de recherche et de composition est extraordinaire et minutieux : tout est réfléchi, pensé pour créer une atmosphère particulière et cohérente. J'ai eu un gros coup de cœur pour les armes ♥ Mais là aussi je suis un peu déçue car il y en a peu, j'aurai pas dit non à une vingtaine de pages supplémentaires, surtout qu'il y a de la matière vu la densité du jeu...


A la fin une rubrique est consacrée aux storyboard des cinématiques (introduction et épilogue) ; on réalise mieux le travail effectué en amont pour créer quelque chose d'aussi beau et épique que ceci. J'ai bien aimé le découpage des pages : on voit d'abord les sketchs (première ébauches rapides), puis les rendus 3D (pour créer l'animation et l'immersion) et le rendu final, tout beau tout propre. Je me répète sans doute, mais une fois de plus je trouve ce type de contenu fascinant.


En conclusion cet artbook est un petit bijou à lire et à posséder absolument si on est fan de la série (même si c'est qu'en version PDF). Bien sûr, il n'est dispo qu'en bonus sur GOG lors de l'achat du premier The Witcher, et uniquement en anglais, mais ce n'est pas du tout contraignant pour lire et profiter des anecdotes. 
Je compte, dans les mois à venir, vous parler de la même façon des artbooks de The Witcher 2 et The Witcher 3, ainsi que celui consacré au jeu de cartes Gwent, donc si ça vous intéresse gardez un œil attentif sur les prochaines chroniques !

28.10.18

[Chronique] L'ère des Cristaux, tome 8


•• L'ère des cristaux, tome 8 ••
2018
Haruko ICHIKAWA
Editions Glénat
196 pages
•• 7,60€ ••

•• « Où sont mes amis ? Tu vas me les rendre !
Dans un avenir lointain se poursuit la bataille entre les cristaux, au corps immortel, et les Séléniens.
Phosphophyllite, le personnage principal, a réussi à se faire enlever par l'ennemi avec l'aide de Morion, et atterrit sur le monde lunaire. Il y trouve… » ••

Ce tome est sans aucun doute le plus important et le plus marquant de cette saga, l'attente a été longue mais largement récompensée !

Comme toujours j'ai retrouvé l'ambiance particulière du mangaka, tant dans la construction de l'histoire que dans les traits de ses personnages, mais à force j'ai appris à aimer son style qui le rend unique. Si de nombreuses questions se posent dans les précédents tomes sans les réponses qui vont avec, maintenant on en sait beaucoup (même si une part de mystère reste toujours à la fin). Les révélations s'enchaînent au fur et à mesure du voyage de Phosphophyllite sur la Lune, voyage par ailleurs déroutant mais extraordinaire. Découvrir les Séléniens sous cet angle m'a ravi, ils sont tout aussi complexes et attachants que les Cristaux, et surtout on comprend enfin d'où vient cette lutte éternelle entre les deux peuples.

J'avais bien des doutes sur Vajra sa véritable identité, mais alors là... J'étais loin de m'imaginer ceci sur lui. Son rôle est encore plus important, et je suis curieuse de savoir ce que Phos va faire face à cet imposant personnage. En parlant de Phos je suis contente de le voir prendre de pareilles initiatives car elles sont de plus en plus risquées et osées, et celle qui est à la fin du tome me paraît décisive pour la suite ; je me demande si cela ne va pas compromettre sévèrement les liens entre les Cristaux. Je suis juste un peu déçue par Cinabre, je pensais vraiment qu'il allait rejoindre certains protagonistes pour le plan de Phos, j'espère qu'il y aura au bout de l'histoire un moyen de l'aider malgré tout.
J'ai eu un énorme coup de cœur pour le prince Sélénien, Aechmea. Il bascule le destin du protagoniste avec une telle force et une telle tranquillité ; tous les passages où il est présent sont d'ailleurs mémorables, tant dans les dialogues que dans les mises en scènes. Et tout comme Vajra il souhaite le meilleur pour son peuple. Cela dit je garde une petite réserve sur lui car je suis convaincue qu'il cache bien des secrets.

En conclusion j'ai vraiment hâte de lire le tome 9, de voir la mise en place du plan de Phos sur la Lune et les conséquences qui vont en découler, autant du côté des Séléniens que des Cristaux. Ce manga a un charme fou mais assez particulier, cela dit chaque tome est une agréable surprise, la preuve avec celui-ci !

11.10.18

[Chronique] Faërie



••  Faërie ••
2007
Raymond E. FEIST
Editions Bragelonne
445 pages
••  20€ ••

•• " La maison du vieux Kessler était perdue dans les bois... Une ferme splendide et pleine de recoins, où Phil et Gloria pensaient trouver le calme, loin de la ville et de l'agitation. Mais ce que trouvent leurs trois enfants est bien différent : d'étranges histoires de clairières hantées, de lueurs qui dansent dans la forêt et de trésors enfouis... Tout un monde secret, enchanté par l'ancienne magie celtique et habité par de mystérieuses présences. S'agit-il des fées et du vieux peuple des légendes ? Ou d'êtres plus dangereux, animés de désirs inquiétants ? ... Bientôt, ce qui avait la couleur du rêve se change en un terrifiant cauchemar. Des puissances oubliées se sont réveillées et convoitent les enfants. Pire encore : leurs âmes. " ••

C'est un roman que j'ai poussé jusqu'au bout pour savoir si j'allais apprécier au moins un élément à l'intérieur, et j'en ressors avec une énorme déception. Donc oui, la lecture était laborieuse mais dans le mauvais sens du terme.

Niveau histoire il y avait de bonnes idées : les parties sur les secrets de la maison des Kessler et la chasse au trésor étaient intéressantes, surtout avec toutes les zones d'ombres du défunt propriétaire et les mystères liés aux fées et à une secte, bref il y avait de la matière. Mais non seulement ça ne représente qu'une infime partie du récit mais en plus c'est assez mal amené : je me suis retrouvée à lire des pages entières de descriptions de sectes, de pratiques ésotériques, d'histoire de la religion, de complots, de voyages dans le monde avec une quantité de noms impossibles à retenir (et fortement dispensables pour la suite). Ça a plombé plus d'une fois mes séances de lecture et ça entraîne de sacrés longueurs dans la narration. Et ce qui m'a encore plus exaspérée c'est la fin. Tout ceci pour en arriver à cette conclusion et à cet épilogue je trouve ça trop facile et frustrant.

J'ai était totalement hermétique à l'aspect horreur de l'histoire, mais c'était un peu couru d'avance puisque ce n'est pas un genre que j'ai l'habitude de lire et de voir. Certaines situations étaient même clichées, ce qui m'a plus amusée qu'autre chose dans les dialogues et/ou les mises en scène - notamment lors d'une scène de possession où un infirmier ne trouve rien de mieux à dire que le gamin au plafond c'est Spider-Man (véridique) -. Je suis attristée de le constater mais le seul point véritablement positif du livre ce sont les créatures magiques. Oui elles sont terrifiantes car aucune d'elle n'est bienveillante, ou presque. Elles sont omniprésentes, vicieuses, sadiques, violentes. Certains passages sont d'ailleurs à déconseiller aux plus sensibles (TW viol). J'ai également adoré en savoir un peu plus sur la légende de la Chasse Sauvage. Mais ça reste malheureusement assez faible comparé au reste.

En parlant de clichés, je vais évoquer brièvement les personnages, gros point noir du roman. Entre l'adolescente Gabbie qui fait ses crises et qui découvre l'amour sous toutes ses formes, les jumeaux Sean et Patrick qui réussissent à se sortir des griffes du Mal malgré leur âge, la maman névrosée et phobique de l’hôpital, le papa pragmatique, l'étrange duo Mark/Gary qui s'immisce dans le plus grand des calmes chez la famille et qui ne disent pas tout sur les dangers qui les menacent - sinon ce n'est pas amusant - et le personnage alcoolique qui se révèle être d'une importance capitale à la toute fin, il n'y en a absolument aucun qui sauve les autres. Leurs interactions étaient souvent plates, banales, sans importance pour le récit, bizarres même dans les moments de confessions sur les phénomènes étranges. Impossible pour moi de compatir à leur mésaventure ou à leur joie.

En conclusion j'ai voulu lire le roman jusqu'au bout mais je pouvais m'en abstenir au vu de la conclusion décevante et de la narration assez lourde à digérer. Les personnages n'aident pas non plus à inverser la balance ; finalement seul le traitement mature et sombre des créatures magiques et des légendes est à garder.

3.10.18

[Chronique] Heartless


•• Heartless ••
2017
Marissa MEYER
Editions Pocket Jeunesse
599 pages
•• 18€50 ••

•• " La Reine de Cœur n’a pas toujours été la terrible souveraine d’Alice au pays des merveilles. Avant d’être couronnée, elle s’appelait Catherine et rêvait de devenir la plus grande pâtissière du royaume. Mais le sort a décidé de lui jouer un vilain tour : le Roi de Cœur veut absolument l’épouser et les parents de Catherine, très ambitieux, placent de gros espoirs en cette union. Catherine, elle, veut vivre librement et aimer celui qui fait battre son cœur : Badin, le bouffon du Roi. Malheureusement au pays des merveilles, où s’entrechoquent magie, folie et monstres, les contes n’ont pas tous une fin heureuse... " ••

Un livre que j'avais hâte de lire depuis ma découverte des Chroniques Lunaires - LE coup de cœur livresque de l'année dernière -, et qui me permet d'avancer dans le Pumpkin Autumn Challenge. Je savais que les avis étaient partagés pour ce one-shot : soit on l'apprécie à 100% soit on est déçu. Je dois sans doute faire partie de la deuxième catégorie car je ressors de ma lecture plutôt mitigée, même si l'histoire a beaucoup de qualités et que j'ai passé un bon moment dans l'ensemble.

Un des points forts du roman à mes yeux, c'est tout simplement son univers. Marissa Meyer a fait un boulot monstre pour emprunter des éléments chez Lewis Carroll (les personnages, les mondes, la folie et l'étrangeté de certains dialogues ou situations) pour les intégrer dans son histoire, tout en mélangeant sa propre patte. Le résultat est agréablement surprenant et efficace, les références à Alice au pays des merveilles et à sa suite, De l'autre côté du miroir, sont nombreuses et apportent des éléments pertinents sans pour autant dénaturer le récit de base. On peut donc enchaîner sans soucis avec les aventures d'Alice car ce préquel fait bien son travail et tient la route, même si le récit est assez sombre et tragique par rapport aux écrits de Carroll.

Car oui, bien que ce soit prévisible dès le début sur le sort de Catherine et son amour avec Badin (merci le résumé de la quatrième de couverture...), le drama est présent jusqu'au bout, et cela ne m'a pas empêchée d'avoir une boule au ventre à la lecture des dernières pages. Des destins tragiques, un amour impossible, des rêves brisés, la folie et la vengeance qui habitent le cœur, des morts violentes, des prises de conscience douloureuses : voilà ce que nous réserve Heartless, et j'ai trouvé regrettable que tout cela se mette en place vers la deuxième moitié du livre car j'ai bien failli abandonné ma lecture au début.

Alors que l'histoire se mette lentement en place, certes, c'est une chose ; mais là où j'ai trouvé que le roman n'était pas bon du tout c'est avec la protagoniste, Catherine. Ce personnage m'a fait hurler, lever les yeux au ciel, soupirer car elle est indécise du début à la fin. Et bien évidemment elle a un talent unique pour ne faire que les mauvais choix. De par son comportement et son attitude envers certaines personnes de son entourage - amis, famille, membre de la noblesse - je pense qu'elle s'est mis des freins toute seule pour réaliser ses rêves : devenir pâtissière, aimer Badin, sauver des vies, épouser ou non le Roi de Cœur... Et ce n'est pas l'événement fatidique du récit qui m'a donné de l'empathie pour elle, bien au contraire.
Quel dommage d'avoir une protagoniste comme ceci alors qu'il y a deux personnages qui valent clairement le coup, et qui sont également importants pour l'intrigue : Badin et Hatta. Et c'est grâce à eux que j'ai renoué avec l'histoire et que j'ai finalement apprécié ma lecture. Le premier est charmant, mystérieux, protecteur, doté d'un bon sens de l'humour et d'une plume ravissante ; j'ai adoré les révélations sur lui, ses origines et sa mission secrète. Pour ce qui est du deuxième, je ne pouvais que l'aimer car c'est un fameux chapelier doué dans son art, et qui va fuir jusqu'au bout un terrible destin... J'ai adoré sa relation chaotique avec Catherine - ce qui fait que Hatta est directement devenu un de mes chouchous -, et je suis encore choquée par les révélations le concernant et ce qu'il a provoqué de manière involontaire.

Je ne m'attarderais pas d'avantage sur les autres personnages, ils sont dans l'ensemble bien construits, avec de fortes personnalités, et font tous avancer de manière tragique le destin de Catherine - je vous avais prévenue pour la fatalité qui se dégage de l'histoire - : le Roi de Cœur est sympathique bien que maladroit en amour et au pouvoir ; Mary Ann est adorable et fidèle en amitié, cela me désole tellement de voir sa relation avec Catherine changer du tout au tout ; les parents de cette dernière sont détestables à souhait à cause de leur égoïsme ; Peter Peter et sa femme sont pleins de mauvaises surprises, honnêtement je ne pensais pas qu'ils allaient avoir autant d'importance ; le chat du Cheshire est fidèle à lui-même : mystérieux ; les Trois Sœurs sont flippantes et glauques ; et le Corbeau qui accompagne Badin est finalement attachant, je ne m'attendais pas non plus à la révélation le concernant.

En conclusion Heartless est un roman qui est séduisant grâce à son univers, son histoire tragique, son ambiance de plus en plus sombre et ses références à Lewis Carroll, mais qui souffre terriblement d'une protagoniste trop hésitante sur ses choix et d'une grande lenteur au début du récit. Cela ne m'arrêtera pas pour autant de lire d'autres romans de Marissa Meyer, bien au contraire : Le Gang des Prodiges me fait terriblement de l’œil !